Problème : Optimisation d une forme quadratique et endomorphismes autoadjoints
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Soit un espace vectoriel euclidien de dimension , muni de son produit scalaire canonique et de la norme associée . On considère un endomorphisme de qui est symétrique (ou autoadjoint), c’est-à-dire qu’il vérifie :
D’après le théorème spectral, il existe une base orthonormée de constituée de vecteurs propres de . On note les valeurs propres associées comptées avec leur ordre de multiplicité.
L’objectif de ce problème est d’étudier les extrema de la fonction définie par : ainsi que les propriétés de commutation de avec d’autres endomorphismes.
❓ Questions progressives
Section titled “❓ Questions progressives”-
Préliminaires et bornitude : Montrer que pour tout , on a l’encadrement :
-
Atteinte des extrema : Montrer que atteint son maximum sur la sphère unité et préciser en quels points ce maximum est atteint.
-
Caractérisation du sous-espace propre maximal : Soit . Montrer que :
-
Application géométrique : On suppose que commute avec un endomorphisme orthogonal (c’est-à-dire ). Soit un sous-espace propre de . Montrer que est stable par .
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Question 1 : Pensez à décomposer le vecteur dans la base orthonormée de diagonalisation de . Exprimez et à l’aide des coordonnées de dans cette base.
- Question 2 : Utilisez le théorème des bornes atteintes (continuité de sur un compact). Pour l’atteinte, évaluez où est un vecteur propre associé à .
- Question 3 : Raisonnez par condition nécessaire et suffisante en écrivant l’égalité dans l’inégalité de la question 1 sous forme de somme nulle.
- Question 4 : Soit . Il faut montrer que , c’est-à-dire que . Utilisez l’hypothèse de commutation.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Préliminaires et bornitude
Section titled “1. Préliminaires et bornitude”Soit une base orthonormée de diagonalisant , associée aux valeurs propres . Tout vecteur s’écrit de manière unique sous la forme : La norme euclidienne de s’exprime par le théorème de Pythagore : Calculons . Par linéarité : Puis, par bilinéarité du produit scalaire et orthonorméité de la base :
Puisque pour tout , on a : C’est-à-dire : Comme , . En divisant par , on obtient l’encadrement recherché :
2. Atteinte des extrema
Section titled “2. Atteinte des extrema”La fonction est continue sur comme quotient d’applications continues (produits scalaires et normes) dont le dénominateur ne s’annule pas. La sphère unité est fermée et bornée en dimension finie, c’est donc un compact. Par restriction, la fonction est continue sur le compact , donc elle y borne ses valeurs et atteint ses bornes.
Soit un vecteur propre normé associé à la plus grande valeur propre (i.e., ). Alors : D’après la question 1, est un majorant de sur (donc sur ). Puisque , le maximum de sur est , et il est atteint en tout vecteur propre unitaire associé à .
3. Caractérisation du sous-espace propre maximal
Section titled “3. Caractérisation du sous-espace propre maximal”Soit .
- Sens direct : Supposons que . Soit . Puisque , on a :
- Sens réciproque : Supposons que . Reprenons la décomposition dans une base orthonormée de vecteurs propres. On a : Si pour tout , cela signifie que la différence est nulle, soit . Puisque pour tout , et , cette somme de termes positifs est nulle si et seulement si, pour tout tel que , on a . Par conséquent, ne possède des coordonnées non nulles que pour les indices tels que . Cela signifie exactement que .
4. Application géométrique
Section titled “4. Application géométrique”Soit un sous-espace propre de associé à la valeur propre (c’est-à-dire ). Soit . Montrons que , c’est-à-dire que .
Par hypothèse, l’endomorphisme commute avec , ce qui s’écrit :
Appliquons cette relation au vecteur : Puisque , on a . Par linéarité de : En combinant ces deux égalités, il vient : Ainsi, vérifie l’équation propre associée à , ce qui prouve que . Le sous-espace propre est donc stable par l’endomorphisme orthogonal . (Ce résultat est fondamental en réduction des endomorphismes : les sous-espaces propres d’un endomorphisme symétrique sont stables par tout endomorphisme qui commute avec lui).