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Problème : Optimisation d une forme quadratique et endomorphismes autoadjoints

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit EE un espace vectoriel euclidien de dimension n≥2n \ge 2, muni de son produit scalaire canonique ⟨⋅,⋅⟩\langle \cdot, \cdot \rangle et de la norme associée ∥⋅∥\|\cdot\|. On considère un endomorphisme uu de EE qui est symétrique (ou autoadjoint), c’est-à-dire qu’il vérifie : ∀(x,y)∈E2,⟨u(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩\forall (x, y) \in E^2, \quad \langle u(x), y \rangle = \langle x, u(y) \rangle

D’après le théorème spectral, il existe une base orthonormée (e1,e2,…,en)(e_1, e_2, \dots, e_n) de EE constituée de vecteurs propres de uu. On note λ1≤λ2≤⋯≤λn\lambda_1 \le \lambda_2 \le \dots \le \lambda_n les valeurs propres associées comptées avec leur ordre de multiplicité.

L’objectif de ce problème est d’étudier les extrema de la fonction f:E∖{0}→Rf : E \setminus \{0\} \to \mathbb{R} définie par : f(x)=⟨u(x),x⟩∥x∥2f(x) = \frac{\langle u(x), x \rangle}{\|x\|^2} ainsi que les propriétés de commutation de uu avec d’autres endomorphismes.


  1. Préliminaires et bornitude : Montrer que pour tout x∈E∖{0}x \in E \setminus \{0\}, on a l’encadrement : λ1≤f(x)≤λn\lambda_1 \le f(x) \le \lambda_n

  2. Atteinte des extrema : Montrer que ff atteint son maximum sur la sphère unité S(0,1)={x∈E∣∥x∥=1}S(0, 1) = \{x \in E \mid \|x\| = 1\} et préciser en quels points ce maximum est atteint.

  3. Caractérisation du sous-espace propre maximal : Soit En=ker⁡(u−λnidE)E_n = \ker(u - \lambda_n \text{id}_E). Montrer que : max⁡x∈E∖{0}f(x)=λn  ⟺  ∀x∈En∖{0}, f(x)=λn\max_{x \in E \setminus \{0\}} f(x) = \lambda_n \iff \forall x \in E_n \setminus \{0\}, \, f(x) = \lambda_n

  4. Application géométrique : On suppose que uu commute avec un endomorphisme orthogonal v∈O(E)v \in \mathcal{O}(E) (c’est-à-dire u∘v=v∘uu \circ v = v \circ u). Soit FF un sous-espace propre de uu. Montrer que FF est stable par vv.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Pensez à décomposer le vecteur xx dans la base orthonormée de diagonalisation de uu. Exprimez ⟨u(x),x⟩\langle u(x), x \rangle et ∥x∥2\|x\|^2 à l’aide des coordonnées de xx dans cette base.
  • Question 2 : Utilisez le théorème des bornes atteintes (continuité de ff sur un compact). Pour l’atteinte, évaluez f(en)f(e_n) où ene_n est un vecteur propre associé à λn\lambda_n.
  • Question 3 : Raisonnez par condition nécessaire et suffisante en écrivant l’égalité dans l’inégalité de la question 1 sous forme de somme nulle.
  • Question 4 : Soit x∈Fx \in F. Il faut montrer que v(x)∈Fv(x) \in F, c’est-à-dire que u(v(x))=λnv(x)u(v(x)) = \lambda_n v(x). Utilisez l’hypothèse de commutation.

Soit (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) une base orthonormée de EE diagonalisant uu, associée aux valeurs propres λ1≤⋯≤λn\lambda_1 \le \dots \le \lambda_n. Tout vecteur 醸x∈E醸x \in E s’écrit de manière unique sous la forme : x=∑i=1nxieix = \sum_{i=1}^n x_i e_i La norme euclidienne de xx s’exprime par le théorème de Pythagore : ∥x∥2=∑i=1nxi2\|x\|^2 = \sum_{i=1}^n x_i^2 Calculons ⟨u(x),x⟩\langle u(x), x \rangle. Par linéarité : u(x)=∑i=1nxiu(ei)=∑i=1nxiλieiu(x) = \sum_{i=1}^n x_i u(e_i) = \sum_{i=1}^n x_i \lambda_i e_i Puis, par bilinéarité du produit scalaire et orthonorméité de la base : ⟨u(x),x⟩=⟨∑i=1nλixiei,∑j=1nxjej⟩=∑i=1nλixi2\langle u(x), x \rangle = \left\langle \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i e_i, \sum_{j=1}^n x_j e_j \right\rangle = \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2

Puisque λ1≤λi≤λn\lambda_1 \le \lambda_i \le \lambda_n pour tout i∈{1,…,n}i \in \{1, \dots, n\}, on a : λ1∑i=1nxi2≤∑i=1nλixi2≤λn∑i=1nxi2\lambda_1 \sum_{i=1}^n x_i^2 \le \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2 \le \lambda_n \sum_{i=1}^n x_i^2 C’est-à-dire : λ1∥x∥2≤⟨u(x),x⟩≤λn∥x∥2\lambda_1 \|x\|^2 \le \langle u(x), x \rangle \le \lambda_n \|x\|^2 Comme x≠0x \neq 0, ∥x∥2>0\|x\|^2 > 0. En divisant par ∥x∥2\|x\|^2, on obtient l’encadrement recherché : ∀x∈E∖{0},λ1≤f(x)≤λn\forall x \in E \setminus \{0\}, \quad \lambda_1 \le f(x) \le \lambda_n


La fonction x↦f(x)x \mapsto f(x) est continue sur E∖{0}E \setminus \{0\} comme quotient d’applications continues (produits scalaires et normes) dont le dénominateur ne s’annule pas. La sphère unité S(0,1)={x∈E∣∥x∥=1}S(0, 1) = \{x \in E \mid \|x\| = 1\} est fermée et bornée en dimension finie, c’est donc un compact. Par restriction, la fonction ff est continue sur le compact S(0,1)S(0, 1), donc elle y borne ses valeurs et atteint ses bornes.

Soit ene_n un vecteur propre normé associé à la plus grande valeur propre λn\lambda_n (i.e., ∥en∥=1\|e_n\| = 1). Alors : f(en)=⟨u(en),en⟩∥en∥2=⟨λnen,en⟩1=λn∥en∥2=λnf(e_n) = \frac{\langle u(e_n), e_n \rangle}{\|e_n\|^2} = \frac{\langle \lambda_n e_n, e_n \rangle}{1} = \lambda_n \|e_n\|^2 = \lambda_n D’après la question 1, λn\lambda_n est un majorant de ff sur E∖{0}E \setminus \{0\} (donc sur S(0,1)S(0, 1)). Puisque f(en)=λnf(e_n) = \lambda_n, le maximum de ff sur S(0,1)S(0, 1) est λn\lambda_n, et il est atteint en tout vecteur propre unitaire associé à λn\lambda_n.


3. Caractérisation du sous-espace propre maximal

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Soit En=ker⁡(u−λnidE)E_n = \ker(u - \lambda_n \text{id}_E).

  • Sens direct : Supposons que max⁡x∈E∖{0}f(x)=λn\max_{x \in E \setminus \{0\}} f(x) = \lambda_n. Soit x∈En∖{0}x \in E_n \setminus \{0\}. Puisque u(x)=λnxu(x) = \lambda_n x, on a : f(x)=⟨λnx,x⟩∥x∥2=λn∥x∥2∥x∥2=λnf(x) = \frac{\langle \lambda_n x, x \rangle}{\|x\|^2} = \lambda_n \frac{\|x\|^2}{\|x\|^2} = \lambda_n
  • Sens réciproque : Supposons que ∀x∈En∖{0}, f(x)=λn\forall x \in E_n \setminus \{0\}, \, f(x) = \lambda_n. Reprenons la décomposition x=∑i=1nxieix = \sum_{i=1}^n x_i e_i dans une base orthonormée de vecteurs propres. On a : f(x)−λn=∑i=1n(λi−λn)xi2∑i=1nxi2f(x) - \lambda_n = \frac{\sum_{i=1}^n (\lambda_i - \lambda_n)x_i^2}{\sum_{i=1}^n x_i^2} Si f(x)=λnf(x) = \lambda_n pour tout x∈Enx \in E_n, cela signifie que la différence est nulle, soit ∑i=1n(λn−λi)xi2=0\sum_{i=1}^n (\lambda_n - \lambda_i)x_i^2 = 0. Puisque pour tout ii, λn−λi≥0\lambda_n - \lambda_i \ge 0 et xi2≥0x_i^2 \ge 0, cette somme de termes positifs est nulle si et seulement si, pour tout ii tel que λi≠λn\lambda_i \neq \lambda_n, on a xi=0x_i = 0. Par conséquent, xx ne possède des coordonnées non nulles que pour les indices ii tels que λi=λn\lambda_i = \lambda_n. Cela signifie exactement que x∈Enx \in E_n.

Soit FF un sous-espace propre de uu associé à la valeur propre λ\lambda (c’est-à-dire F=ker⁡(u−λidE)F = \ker(u - \lambda \text{id}_E)). Soit x∈Fx \in F. Montrons que v(x)∈Fv(x) \in F, c’est-à-dire que u(v(x))=λv(x)u(v(x)) = \lambda v(x).

Par hypothèse, l’endomorphisme vv commute avec uu, ce qui s’écrit : u∘v=v↾u  ⟹  ∀z∈E, u(v(z))=v(u(z))u \circ v = v \upharpoonright u \implies \forall z \in E, \, u(v(z)) = v(u(z))

Appliquons cette relation au vecteur x∈Fx \in F : u(v(x))=v(u(x))u(v(x)) = v(u(x)) Puisque x∈Fx \in F, on a u(x)=λxu(x) = \lambda x. Par linéarité de vv : v(u(x))=v(λx)=λv(x)v(u(x)) = v(\lambda x) = \lambda v(x) En combinant ces deux égalités, il vient : u(v(x))=λv(x)u(v(x)) = \lambda v(x) Ainsi, v(x)v(x) vérifie l’équation propre associée à λ\lambda, ce qui prouve que v(x)∈Fv(x) \in F. Le sous-espace propre FF est donc stable par l’endomorphisme orthogonal vv. (Ce résultat est fondamental en réduction des endomorphismes : les sous-espaces propres d’un endomorphisme symétrique sont stables par tout endomorphisme qui commute avec lui).