Soit (E,⟨⋅,⋅⟩) un espace euclidien réel de dimension finie n≥1. On note ∥⋅} la norme euclidienne associée.
Soit u∈L(E) un endomorphisme de E. On rappelle l’existence et l’unicité de l’adjoint de u, noté u∗, défini par la relation :
∀(x,y)∈E2,⟨u(x),y⟩=⟨x,u∗(y)⟩
L’objectif de ce problème est d’étudier certaines relations entre l’image, le noyau d’un endomorphisme et de son adjoint, ainsi que d’établir une caractérisation métrique des endomorphismes symétriques.
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Préalables sur les noyaux et images :
Montrer que pour tout u∈L(E), on a les relations orthogones :
ker(u∗)=(Imu)⊥etker(u)=(Imu∗)⊥
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Application au rang :
En déduire que u et u∗ ont même rang.
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Endomorphismes symétriques et normes :
On suppose dans cette question que u est un endomorphisme symétrique (c’est-à-dire u∗=u).
Montrer que si ∀x∈E,⟨u(x),x⟩=0, alors u=0L(E).
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Généralisation aux endomorphismes quelconques :
Soit v∈L(E) un endomorphisme quelconque. Montrer que si ∀x∈E,⟨v(x),x⟩=0, alors v=0L(E) (on pourra utiliser la symétrie de la partie symétrique de v).
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Caractérisation spectrale et normes d’opérateurs :
Soit u un endomorphisme symétrique. On pose :
M=supx∈E,∥x∥=1∣⟨u(x),x⟩∣
Montrer que M=max{∣λ∣∣λ∈Sp(u)}.
- Question 1 : Pour montrer l’égalité de deux ensembles, pensez à faire une double inclusion ou à raisonner par équivalences successives en utilisant la définition de l’orthogonal. Par exemple, y∈(Imu)⊥⟺∀x∈E,⟨u(x),y⟩=0.
- Question 2 : Utilisez le théorème du rang et la dimension de l’orthogonal d’un sous-espace vectoriel.
- Question 3 : C’est un classique de colles et d’écrits. Pensez à l’identité de polarisation (ou à évaluer l’expression en x+y).
- Question 4 : Décomposez v comme la somme d’une partie symétrique et d’une partie antisymétrique. Que dire de la contribution de la partie antisymétrique dans le produit scalaire ⟨v(x),x⟩ ?
- Question 5 : Utilisez le théorème spectral (diagonalisation dans une base orthonormée) pour exprimer ⟨u(x),x⟩ à l’aide de coordonnées et de valeurs propres.
Soit y∈E. Par définition :
y∈ker(u∗)⟺u∗(y)=0E⟺∀x∈E,⟨u∗(y),x⟩=0
Par définition de l’adjoint, ⟨u∗(y),x⟩=⟨y,u(x)⟩. Ainsi :
y∈ker(u∗)⟺∀x∈E,⟨y,u(x)⟩=0⟺y∈(Imu)⊥
On a donc bien ker(u∗)=(Imu)⊥.
En appliquant ce résultat à l’endomorphisme u∗ (et en sachant que (u∗)∗=u), on obtient :
ker(u)=ker((u∗)∗)=(Imu∗)⊥
En prenant l’orthogonal des deux membres de la première relation, et sachant que pour tout sous-espace vectoriel F, (F⊥)⊥=F (car E est de dimension finie), on obtient :
Imu=(ker(u∗))⊥
D’après le théorème du rang appliqué à u∗, on a :
dim(ker(u∗))+dim(Imu∗)=dim(E)
De plus, on sait que dim((ker(u∗))⊥)=dim(E)−dim(ker(u∗)), ce qui donne dim(Imu)=dim(Imu∗).
Ainsi, u et u∗ ont le même rang.
Soit u un endomorphisme symétrique tel que ∀x∈E,⟨u(x),x⟩=0.
Soit (x,y)∈E2. Évaluons ⟨u(x+y),x+y> par bilinéarité :
⟨u(x+y),x+y⟩=⟨u(x),x⟩+⟨u(y),y⟩+⟨u(x),y⟩+⟨u(y),x⟩
Par hypothèse, les deux premiers termes sont nuls. De plus, par symétrie de u :
⟨u(y),x⟩=⟨y,u(x)⟩=⟨u(x),y⟩
L’équation devient donc :
0=0+0+2⟨u(x),y⟩⟹∀(x,y)∈E2,⟨u(x),y⟩=0
En particulier, en choisissant y=u(x), on obtient ⟨u(x),u(x)⟩=∥u(x)∥2=0, soit u(x)=0E pour tout x∈E.
Par conséquent, u=0L(E).
Soit v∈L(E) tel que ∀x∈E,⟨v(x),x⟩=0.
Tout endomorphisme se décompose de manière unique comme la somme d’une partie symétrique s et d’une partie antisymétrique a :
v=s+aavecs=2v+v∗eta=2v−v∗
Calculons ⟨v(x),x⟩ pour un vecteur x∈E :
⟨v(x),x⟩=⟨s(x)+a(x),x⟩=⟨s(x),x⟩+⟨a(x),x⟩
Puisque a est antisymétrique (a∗=−a), on a pour tout x∈E :
⟨a(x),x⟩=⟨x,a∗(x)⟩=⟨x,−a(x)⟩=−⟨a(x),x⟩
Ceci implique que ⟨a(x),x⟩=0. Par conséquent :
∀x∈E,⟨v(x),x⟩=⟨s(x),x⟩=0
Puisque s est un endomorphisme symétrique, la question précédente permet de conclure que s=0L(E). Ainsi, v=a, c’est-à-dire que v est antisymétrique.
Attention, l’énoncé demande de montrer que v=0. Reprenons : si v est antisymétrique, alors ∀x∈E,⟨v(x),x⟩=0.
Pour tout (x,y)∈E2, en développant ⟨v(x+y),x+y⟩=0, et sachant ⟨v(x),x⟩=⟨v(y),y⟩=0, il vient :
⟨v(x),y⟩+⟨v(y),x⟩=0
Puisque v est antisymétrique, ⟨v(y),x⟩=⟨y,v(x)⟩=−⟨v(x),y⟩. L’égalité précédente donne :
⟨v(x),y⟩−⟨v(x),y⟩=0(ce qui est toujours vrai)
Correction de la déduction : Pour un endomorphisme antisymétrique quelconque, on n’a pas nécessairement v=0 (ex: une rotation vectorielle plane d’angle π/2). L’énoncé classique suppose v symétrique ou impose une condition supplémentaire. Si v est quelconque, on a seulement montré que v est antisymétrique.
Puisque u est symétrique, le théorème spectral garantit l’existence d’une base orthonormée (e1,…,en) de E constituée de vecteurs propres de u. Soit (λ1,…,λn) les valeurs propres associées.
Soit x=∑i=1nxiei∈E tel que ∥x∥=1, ce qui se traduit par ∑i=1nxi2=1.
Calculons ⟨u(x),x⟩ :
⟨u(x),x⟩=⟨∑i=1nxiλiei,∑j=1nxjej⟩=∑i=1nλixi2
Majorons cette expression en valeur absolue :
|\langle u(x), x \rangle| = \left| \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2 \right| \le \sum_{i=1}^n |\lambda_i| x_i^2 \le \max_{1 \le i \le n} |\lambda_i| \left( \sum_{i=1}^n x_i^2 \right) = \max_{1 \le i \le n} |\lambda_i}
Ainsi, M≤max1≤i≰n∣λi∣.
De plus, si l’on choisit x=ej où j est un indice tel que ∣λj∣=max1≤i≤n∣λi∣, on a ∥ej∥=1 et :
∣⟨u(ej),ej⟩∣=∣λj⟨ej,ej⟩∣=∣λj∣=max1≤i≤n∣λi∣
Par conséquent, le supremum est atteint, et l’on conclut bien que :
M=maxλ∈Sp(u)∣λ∣