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Thermodynamique Chimique : Enthalpie Libre & Équilibres

🎯 Analyse des attentes et critères d’évaluation des jurys

Section titled “🎯 Analyse des attentes et critères d’évaluation des jurys”

En classe préparatoire BCPST, les concours Agro-Véto et G2E accordent une importance capitale à la thermodynamique chimique. Les examinateurs attendent des candidats une rigueur absolue tant dans la manipulation des grandeurs thermodynamiques que dans la rédaction.

Les critères majeurs d’évaluation lors de la correction des copies sont les suivants :

  • L’expression littérale avant l’application numérique : Aucune valeur numérique ne doit être injectée sans qu’une relation littérale claire, démontrée ou justifiée du cours n’ait été posée au préalable.
  • L’homogénéité des unités : Les candidats doivent veiller à exprimer la température en kelvins (K\text{K}), la pression standard en bars (bar\text{bar}) ou en pascals (Pa\text{Pa}), et les énergies molaires en joules par mole (J⋅mol−1\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}).
  • La rigueur du vocabulaire : Confondre constante d’équilibre standard K∘K^\circ (sans dimension) et quotient de réaction QrQ_r, ou omettre l’état standard de référence, est lourdement sanctionné.
  • La justification rigoureuse du sens d’évolution : L’utilisation correcte du signe de l’enthalpie libre de réaction ΔrG\Delta_r G ou de la comparaison entre QrQ_r et K∘K^\circ doit être explicitée en lien avec le second principe de la thermodynamique.

📐 Rappels théoriques & Démonstrations incontournables

Section titled “📐 Rappels théoriques & Démonstrations incontournables”

L’enthalpie libre GG est définie par la relation : G=H−TSG = H - T S

Pour un système fermé subissant une transformation isotherme et isobar, le second principe s’exprime par l’inégalité de Clausius, menant à la condition d’évolution spontanée à température et pression constantes : ΔGsys,T,P≤0\Delta G_{\text{sys}, T, P} \le 0

Pour une réaction chimique symbolisée par : ∑νiAi=0\sum \nu_i \text{A}_i = 0

L’enthalpie libre de réaction ΔrG\Delta_r G s’écrit : ΔrG=(∂G∂ξ)T,P=ΔrG∘+RTln⁡(Qr)\Delta_r G = \left( \frac{\partial G}{\partial \xi} \right)_{T,P} = \Delta_r G^\circ + R T \ln(Q_r)

Où ΔrG∘\Delta_r G^\circ est l’enthalpie libre standard de réaction, liée à l’enthalpie standard ΔrH∘\Delta_r H^\circ et à l’entropie standard ΔrS∘\Delta_r S^\circ par : ΔrG∘=ΔrH∘−TΔrS∘\Delta_r G^\circ = \Delta_r H^\circ - T \Delta_r S^\circ

À l’équilibre thermodynamique, on a ΔrG=0\Delta_r G = 0, ce qui conduit à la relation fondamentale : ΔrG∘=−RTln⁡(K∘)\Delta_r G^\circ = - R T \ln(K^\circ)


📌 Question / Problématique classique 1 : Calcul de l’enthalpie libre de réaction ΔrG\Delta_r G et condition d’évolution spontanée

Section titled “📌 Question / Problématique classique 1 : Calcul de l’enthalpie libre de réaction ΔrG\Delta_r GΔr​G et condition d’évolution spontanée”
  1. Établir l’équation bilan de la réaction en précisant l’état physique de chaque espèce chimique.
  2. Exprimer le quotient de réaction QrQ_r en fonction des activités des espèces (pressions partielles normalisées Pi/P∘P_i / P^\circ pour les gaz parfaits, concentrations normalisées Ci/C∘C_i / C^\circ pour les solutions diluées, et 11 pour les solides ou solvants purs).
  3. Calculer ou récupérer la valeur de ΔrG∘\Delta_r G^\circ à la température TT considérée (souvent via ΔrH∘\Delta_r H^\circ et ΔrS∘\Delta_r S^\circ en supposant ces grandeurs indépendantes de TT si l’approximation d’Ellingham est valide).
  4. Calculer ΔrG\Delta_r G pour l’état initial du système et conclure quant au sens d’évolution spontanée.

📋 Exercice type concours résolu pas à pas

Section titled “📋 Exercice type concours résolu pas à pas”

Énoncé : Soit la synthèse de l’ammoniac à T=298 KT = 298 \text{ K} : N2(g)+3 H2(g)⇌2 NH3(g)\text{N}_2(g) + 3 \text{ H}_2(g) \rightleftharpoons 2 \text{ NH}_3(g) On donne ΔrG∘(298 K)=−33.0 kJ⋅mol−1\Delta_r G^\circ(298 \text{ K}) = -33.0 \text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}. Dans un réacteur de volume fixe, on introduit initialement 1.0 mol1.0 \text{ mol} de N2\text{N}_2, 3.0 mol3.0 \text{ mol} de H2\text{H}_2 et 2.0 mol2.0 \text{ mol} de NH3\text{NH}_3 sous une pression totale P=200 barP = 200 \text{ bar}. Déterminer le sens d’évolution spontanée du système.

Résolution rédigée : Étape 1 : Expression du quotient de réaction. Le quotient de réaction QrQ_r s’exprime par : Qr=(PNH3/P∘)2(PN2/P∘)(PH2/P∘)3Q_r = \frac{(P_{\text{NH}_3} / P^\circ)^2}{(P_{\text{N}_2} / P^\circ) (P_{\text{H}_2} / P^\circ)^3} Avec P∘=1 barP^\circ = 1 \text{ bar}. En utilisant la loi des gaz parfaits et la fraction molaires yiy_i, on a Pi=yiPP_i = y_i P. Le nombre total de moles initial est ntot=1.0+3.0+2.0=6.0 moln_{\text{tot}} = 1.0 + 3.0 + 2.0 = 6.0 \text{ mol}. Les fractions molaires initiales sont : yN2=1.06.0,yH2=3.06.0,yNH3=2.06.0y_{\text{N}_2} = \frac{1.0}{6.0}, \quad y_{\text{H}_2} = \frac{3.0}{6.0}, \quad y_{\text{NH}_3} = \frac{2.0}{6.0} Les pressions partielles initiales valent donc : PN2=16×200 bar,PH2=36×200 bar,PNH3=26×200 barP_{\text{N}_2} = \frac{1}{6} \times 200 \text{ bar}, \quad P_{\text{H}_2} = \frac{3}{6} \times 200 \text{ bar}, \quad P_{\text{NH}_3} = \frac{2}{6} \times 200 \text{ bar}

Étape 2 : Calcul de QrQ_r. En injectant ces valeurs dans QrQ_r : Qr=(23×200)2(16×200)(12×200)3=49×4000016×18×8000000=…Q_r = \frac{\left( \frac{2}{3} \times 200 \right)^2}{\left( \frac{1}{6} \times 200 \right) \left( \frac{1}{2} \times 200 \right)^3} = \frac{\frac{4}{9} \times 40000}{\frac{1}{6} \times \frac{1}{8} \times 8000000} = \dots Après simplification numérique, on obtient Qr≈1.28×10−3Q_r \approx 1.28 \times 10^{-3}.

Étape 3 : Calcul de ΔrG\Delta_r G et conclusion. ΔrG=ΔrG∘+RTln⁡(Qr)\Delta_r G = \Delta_r G^\circ + R T \ln(Q_r) ΔrG=−33.0×103+(8.314×298×ln⁡(1.28×10−3))\Delta_r G = -33.0 \times 10^3 + (8.314 \times 298 \times \ln(1.28 \times 10^{-3})) ΔrG=−33000+2477.6×(−6.66)≈−33000−16490=−49490 J⋅mol−1\Delta_r G = -33000 + 2477.6 \times (-6.66) \approx -33000 - 16490 = -49490 \text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} Puisque ΔrG<0\Delta_r G < 0, le système évolue spontanément dans le sens direct (formation d’ammoniac).

⚠️ Les pièges majeurs relevés dans les rapports de jury

Section titled “⚠️ Les pièges majeurs relevés dans les rapports de jury”
  • Oublier de normaliser les pressions par P∘P^\circ dans le calcul de QrQ_r, ce qui rend l’argument du logarithme adimensionné faux (erreur d’analyse dimensionnelle critique).
  • Confondre l’état initial des quantités de matière avec l’avancement à l’équilibre.

📌 Question / Problématique classique 2 : Influence de la température et de la pression (loi de van ‘t Hoff)

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  1. Partir de la relation liant la constante d’équilibre K∘K^\circ à l’enthalpie libre standard : ln⁡(K∘)=−ΔrG∘RT\ln(K^\circ) = - \frac{\Delta_r G^\circ}{R T}.
  2. Dériver cette expression par rapport à la température TT en utilisant la relation de Gibbs-Helmholtz : ddT(ΔrG∘T)=−ΔrH∘T2\frac{d}{dT} \left( \frac{\Delta_r G^\circ}{T} \right) = - \frac{\Delta_r H^\circ}{T^2}
  3. Obtenir la loi de van ‘t Hoff différentielle : dln⁡(K∘)dT=ΔrH∘RT2\frac{d \ln(K^\circ)}{dT} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2}
  4. Intégrer cette équation en supposant ΔrH∘\Delta_r H^\circ constante sur l’intervalle de température considéré pour évaluer K∘K^\circ à une nouvelle température.

📋 Exercice type concours résolu pas à pas

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Énoncé : On considère l’équilibre chimique endothermique de dissociation du dioxyde d’azote : N2O4(g)⇌2 NO2(g)\text{N}_2\text{O}_4(g) \rightleftharpoons 2 \text{ NO}_2(g) À T1=298 KT_1 = 298 \text{ K}, la constante d’équilibre vaut K1∘=0.14K^\circ_1 = 0.14. Sachant que l’enthalpie standard de réaction vaut ΔrH∘=57.2 kJ⋅mol−1\Delta_r H^\circ = 57.2 \text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} (supposée indépendante de TT), calculer la constante d’équilibre K2∘K^\circ_2 à T2=350 KT_2 = 350 \text{ K}.

Résolution rédigée : Étape 1 : Poser la loi de van ‘t Hoff intégrée. En intégrant la loi de van ‘t Hoff entre T1T_1 et T2T_2 sous l’hypothèse de l’indépendance de ΔrH∘\Delta_r H^\circ vis-à-vis de TT, on obtient : ln⁡(K2∘K1∘)=−ΔrH∘R(1T2−1T1)\ln\left( \frac{K^\circ_2}{K^\circ_1} \right) = - \frac{\Delta_r H^\circ}{R} \left( \frac{1}{T_2} - \frac{1}{T_1} \right)

Étape 2 : Application numérique rigoureuse. ln⁡(K2∘0.14)=−57.2×1038.314(1350−1298)\ln\left( \frac{K^\circ_2}{0.14} \right) = - \frac{57.2 \times 10^3}{8.314} \left( \frac{1}{350} - \frac{1}{298} \right) Calculons le terme entre parenthèses : 1350−1298=2.857×10−3−3.356×10−3=−4.99×10−4 K−1\frac{1}{350} - \frac{1}{298} = 2.857 \times 10^{-3} - 3.356 \times 10^{-3} = -4.99 \times 10^{-4} \text{ K}^{-1} Calculons le préfacteur : −572008.314≈−6879.9 K- \frac{57200}{8.314} \approx -6879.9 \text{ K} Ainsi : ln⁡(K2∘0.14)=−6879.9×(−4.99×10−4)≈3.433\ln\left( \frac{K^\circ_2}{0.14} \right) = -6879.9 \times (-4.99 \times 10^{-4}) \approx 3.433 Étape 3 : Calcul final de K2∘K^\circ_2. K2∘0.14=exp⁡(3.433)≈30.98\frac{K^\circ_2}{0.14} = \exp(3.433) \approx 30.98 K2∘=0.14×30.98≈4.34K^\circ_2 = 0.14 \times 30.98 \approx 4.34 La constante d’équilibre augmente, ce qui est cohérent avec une réaction endothermique (ΔrH∘>0\Delta_r H^\circ > 0) favorisée par une élévation de température (loi de moderation de Le Châtelier).

⚠️ Les pièges majeurs relevés dans les rapports de jury

Section titled “⚠️ Les pièges majeurs relevés dans les rapports de jury”
  • Inverser les bornes de l’intégrale (T2T_2 et T1T_1), ce qui conduit à une erreur de signe aberrante sur le logarithme.
  • Oublier de convertir les kilojoules en joules pour le terme énergétique ΔrH∘\Delta_r H^\circ.

📌 Question / Problématique classique 3 : Couplage de réactions endergoniques et exergoniques en biochimie

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  1. Identifier la réaction biologique non spontanée (endergonique, ΔrG1∘>0\Delta_r G_1^\circ > 0) que l’organisme souhaite réaliser.
  2. Identifier la réaction de couplage exergonique disponible (généralement l’hydrolyse de l’adénosine triphosphate - ATP, ΔrG2∘<0\Delta_r G_2^\circ < 0).
  3. Écrire la réaction globale bilan comme la somme des deux réactions : Bilan=Reˊaction 1+Reˊaction 2\text{Bilan} = \text{Réaction } 1 + \text{Réaction } 2
  4. Appliquer la propriété additive des enthalpies libres standard de réaction : ΔrGbilan∘=ΔrG1∘+ΔrG2∘\Delta_r G_{\text{bilan}}^\circ = \Delta_r G_1^\circ + \Delta_r G_2^\circ
  5. Conclure sur la faisabilité thermodynamique du couplage (ΔrGbilan∘<0\Delta_r G_{\text{bilan}}^\circ < 0).

📋 Exercice type concours résolu pas à pas

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Énoncé : En biochimie, la phosphorylation du glucose en glucose-6-phosphate (G6P) à partir de glucose et de phosphate inorganique (PiP_i) est une réaction endergonique : Glucose+Pi⇌G6P+H2O(ΔrG1∘=+13.8 kJ⋅mol−1)\text{Glucose} + P_i \rightleftharpoons \text{G6P} + \text{H}_2\text{O} \quad (\Delta_r G_1^\circ = +13.8 \text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}) L’hydrolyse de l’ATP est exergonique : ATP+H2O⇌ADP+Pi(ΔrG2∘=−30.5 kJ⋅mol−1)\text{ATP} + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{ADP} + P_i \quad (\Delta_r G_2^\circ = -30.5 \text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}) Déterminer l’enthalpie libre standard de la réaction globale de phosphorylation du glucose couplée à l’hydrolyse de l’ATP, et conclure.

Résolution rédigée : Étape 1 : Écriture de la réaction globale de couplage. En sommant les deux équations chimiques, la molécule d’eau H2O\text{H}_2\text{O} et le phosphate inorganique PiP_i s’annulent de part et d’autre : Glucose+ATP⇌G6P+ADP\text{Glucose} + \text{ATP} \rightleftharpoons \text{G6P} + \text{ADP}

Étape 2 : Calcul de l’enthalpie libre standard globale. Par application du premier principe et de la fonction d’état GG, l’enthalpie libre standard de la réaction globale est la somme des enthalpies libres standard des deux réactions couplées : ΔrGbilan∘=ΔrG1∘+ΔrG2∘\Delta_r G_{\text{bilan}}^\circ = \Delta_r G_1^\circ + \Delta_r G_2^\circ ΔrGbilan∘=13.8+(−30.5)=−16.7 kJ⋅mol−1\Delta_r G_{\text{bilan}}^\circ = 13.8 + (-30.5) = -16.7 \text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}

Étape 3 : Conclusion thermodynamique. Puisque ΔrGbilan∘<0\Delta_r G_{\text{bilan}}^\circ < 0, la réaction globale de phosphorylation du glucose couplée à l’hydrolyse de l’ATP est thermodynamiquement favorisée (exergonique), contrairement à la réaction isolée. Le couplage énergétique par un intermédiaire métabolique commun (ici l’ATP) permet ainsi de contourner le verrou cinétique ou thermodynamique cellulaire.

⚠️ Les pièges majeurs relevés dans les rapports de jury

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  • Croire erronément que le couplage modifie les constantes d’équilibre de manière multiplicative simple sans additionner les ΔrG∘\Delta_r G^\circ (Rappel : Kbilan∘=K1∘×K2∘K^\circ_{\text{bilan}} = K^\circ_1 \times K^\circ_2).
  • Ne pas préciser les conditions standard biologiques (pH souvent fixé à 77 pour les grandeurs notées avec un prime ΔrG′∘\Delta_r G^{\prime\circ}, bien que le raisonnement thermodynamique brut reste identique en concours).