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Cours : Statistiques inférentielles et tests

Soit (Ω,A,P)(\Omega, \mathcal{A}, \mathbb{P}) un espace probabilisé. En statistique inférentielle, on cherche a evaluer des caracteristiques inconnues d’une population mere a partir de l’observation d’un echantillon.

  • Definition (Echantillon i.i.d.) : Soit XX une variable aleatoire reelle definie sur (Ω,A,P)(\Omega, \mathcal{A}, \mathbb{P}). Un echantillon i.i.d. de taille nn de la loi de XX est un nn-uple de variables aleatoires (X1,X2,…,Xn)(X_1, X_2, \dots, X_n) definies sur (Ω,A,P)(\Omega, \mathcal{A}, \mathbb{P}), mutuellement independantes et toutes de meme loi que XX.
  • Definition (Statistique) : On appelle statistique toute variable aleatoire TnT_n qui s’exprime comme une fonction measurable de l’echantillon : Tn=g(X1,X2,…,Xn)T_n = g(X_1, X_2, \dots, X_n) avec g:Rn→Rg : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une application continue (ou borelienne). Remarque fondamentale : une statistique ne depend d’aucun parametre inconnu.

Soit θ∈Θ\theta \in \Theta un parametre reel inconnu caracterisant la loi de XX (par exemple l’esperance μ\mu ou la variance σ2\sigma^2).

  • Estimateur : Un estimateur θ^n\widehat{\theta}_n de θ\theta est une statistique destinee a approcher θ\theta : θ^n=φ(X1,…,Xn)\widehat{\theta}_n = \varphi(X_1, \dots, X_n).
  • Biais : Le biais d’un estimateur θ^n\widehat{\theta}_n est defini par : bias(θ^n)=E(θ^n)−θ\text{bias}(\widehat{\theta}_n) = \mathbb{E}(\widehat{\theta}_n) - \theta L’estimateur est dit sans biais si, pour tout θ∈Θ\theta \in \Theta, bias(θ^n)=0\text{bias}(\widehat{\theta}_n) = 0.
  • Risque quadratique moyen (RQM) : Il quantifie l’erreur globale de l’estimateur : RQM(θ^n)=E((θ^n−θ)2)=var(θ^n)+(bias(θ^n))2\text{RQM}(\widehat{\theta}_n) = \mathbb{E}\left((\widehat{\theta}_n - \theta)^2\right) = \text{var}(\widehat{\theta}_n) + (\text{bias}(\widehat{\theta}_n))^2
  • Convergence en probabilite : L’estimateur θ^n\widehat{\theta}_n est convergent si la suite de variables aleatoires (θ^n)n≥1(\widehat{\theta}_n)_{n \ge 1} converge en probabilite vers θ\theta : ∀ε>0,lim⁡n→+∞P(∣θ^n−θ∣>ε)=0\forall \varepsilon > 0, \quad \lim_{n \to +\infty} \mathbb{P}\left(|\widehat{\theta}_n - \theta| > \varepsilon\right) = 0

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Soit (X1,…,Xn)(X_1, \dots, X_n) un echantillon i.i.d. de variables admettant une esperance μ\mu et une variance σ2\sigma^2 finies.

  1. Moyenne empirique : X‾n=1n∑i=1nXi\overline{X}_n = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n X_i.
  2. Variance empirique (non ajustee) : S~n2=1n∑i=1n(Xi−X‾n)2=(1n∑i=1nXi2)−(X‾n)2\widetilde{S}_n^2 = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n (X_i - \overline{X}_n)^2 = \left(\frac{1}{n} \sum_{i=1}^n X_i^2\right) - (\overline{X}_n)^2.
  3. Variance empirique ajustee (sans biais) : Sn2=1n−1∑i=1n(Xi−X‾n)2S_n^2 = \frac{1}{n-1} \sum_{i=1}^n (X_i - \overline{X}_n)^2.

Theoreme (Etude de la moyenne et de la variance empirique) :

  • X‾n\overline{X}_n est un estimateur sans biais et convergent de μ\mu.
  • Sn2S_n^2 est un estimateur sans biais de σ2\sigma^2 (pour n≥2n \ge 2).

Démonstration (Non-biais de Sn2S_n^2) : Exprimons d’abord ∑i=1n(Xi−X‾n)2\sum_{i=1}^n (X_i - \overline{X}_n)^2 : ∑i=1n(Xi−X‾n)2=∑i=1nXi2−nX‾n2\sum_{i=1}^n (X_i - \overline{X}_n)^2 = \sum_{i=1}^n X_i^2 - n \overline{X}_n^2 Calculons l’esperance de ∑i=1nXi2\sum_{i=1}^n X_i^2. Par independance et identite de loi : E(∑i=1nXi2)=∑i=1nE(Xi2)=n(σ2+μ2)\mathbb{E}\left(\sum_{i=1}^n X_i^2\right) = \sum_{i=1}^n \mathbb{E}(X_i^2) = n (\sigma^2 + \mu^2) Pour le terme en X‾n2\overline{X}_n^2, on utilise var(X‾n)=E(X‾n2)−(E(X‾n))2\text{var}(\overline{X}_n) = \mathbb{E}(\overline{X}_n^2) - (\mathbb{E}(\overline{X}_n))^2, soit : E(X‾n2)=var(X‾n)+(E(X‾n))2=σ2n+μ2\mathbb{E}(\overline{X}_n^2) = \text{var}(\overline{X}_n) + (\mathbb{E}(\overline{X}_n))^2 = \frac{\sigma^2}{n} + \mu^2 Ainsi : E(nX‾n2)=n(σ2n+μ2)=σ2+nμ2\mathbb{E}\left(n \overline{X}_n^2\right) = n \left(\frac{\sigma^2}{n} + \mu^2\right) = \sigma^2 + n \mu^2 Par linearite de l’esperance : E(∑i=1n(Xi−X‾n)2)=n(σ2+μ2)−(σ2+nμ2)=(n−1)σ2\mathbb{E}\left(\sum_{i=1}^n (X_i - \overline{X}_n)^2\right) = n(\sigma^2 + \mu^2) - (\sigma^2 + n \mu^2) = (n-1)\sigma^2 En divisant par n−1n-1 (n≥2n \ge 2), on obtient E(Sn2)=σ2\mathbb{E}(S_n^2) = \sigma^2. ■\blacksquare

  • Definition : Soit θ\theta un parametre inconnu et α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[. Un intervalle de confiance au niveau de confiance 1−α1-\alpha pour θ\theta est un intervalle aleatoire [An,Bn][A_n, B_n] tel que : P(θ∈[An,Bn])≥1−α\mathbb{P}\left(\theta \in [A_n, B_n]\right) \ge 1 - \alpha

A. Cas gaussiens ou Asymptotiques (Théorème de la Limite Centrale)

Section titled “A. Cas gaussiens ou Asymptotiques (Théorème de la Limite Centrale)”

Si nn est grand (n≥30n \ge 30) ou si la loi parente est gaussienne N(μ,σ2)\mathcal{N}(\mu, \sigma^2) :

  1. Intervalle de confiance pour l’esperance μ\mu (σ\sigma connue) : IC1−α(μ)=[X‾n−u1−α/2σn, X‾n+u1−α/2σn]\text{IC}_{1-\alpha}(\mu) = \left[ \overline{X}_n - u_{1-\alpha/2} \frac{\sigma}{\sqrt{n}}, \, \overline{X}_n + u_{1-\alpha/2} \frac{\sigma}{\sqrt{n}} \right] ou u1−α/2u_{1-\alpha/2} est le fractile d’ordre 1−α/21-\alpha/2 de la loi normale centre-reduite N(0,1)\mathcal{N}(0,1) (ex: 1.961.96 pour α=0.05\alpha = 0.05).

  2. Intervalle de confiance pour l’esperance μ\mu (σ\sigma inconnue) : On remplace σ\sigma par sa version ajustee SnS_n : IC1−α(μ)=[X‾n−tn−1,1−α/2Snn, X‾n+tn−1,1−α/2Snn]\text{IC}_{1-\alpha}(\mu) = \left[ \overline{X}_n - t_{n-1, 1-\alpha/2} \frac{S_n}{\sqrt{n}}, \, \overline{X}_n + t_{n-1, 1-\alpha/2} \frac{S_n}{\sqrt{n}} \right] ou tn−1,1−α/2t_{n-1, 1-\alpha/2} est le fractile de la loi de Student a n−1n-1 dures de liberte (si n≥30n \ge 30, on approxime par u1−α/2u_{1-\alpha/2}).

  3. Intervalle de confiance pour une proportion pp (echantillon de Bernoulli) : Par application du TLC (nn grand, np≥5np \ge 5, n(1−p)≥5n(1-p) \ge 5) : IC1−α(p)=[Fn−u1−α/2Fn(1−Fn)n, Fn+u1−α/2Fn(1−Fn)n]\text{IC}_{1-\alpha}(p) = \left[ F_n - u_{1-\alpha/2} \sqrt{\frac{F_n(1-F_n)}{n}}, \, F_n + u_{1-\alpha/2} \sqrt{\frac{F_n(1-F_n)}{n}} \right] ou Fn=X‾nF_n = \overline{X}_n est la frequence empirique.

Protocole standard en BCPST :

  1. Formulation des hypotheses : Hypothese nulle H0:θ=θ0H_0 : \theta = \theta_0 contre l’hypothese alternative H1:θ≠θ0H_1 : \theta \neq \theta_0 (bilateral) ou θ>θ0\theta > \theta_0 (unilateral).
  2. Choix de la statistique de test DnD_n : Construction d’une statistique dont la loi sous H0H_0 est connue (ex: loi normale ou loi de Student).
  3. Region critique (ou de rejet) W\mathcal{W} : Ensemble des valeurs de DnD_n conduisant au rejet de H0H_0 pour un risque de premiere espece α\alpha fixe (seuil de signification, generalement 5%5\% ou 1%1\%).
  4. Conclusion : Comparaison de la valeur observee dobsd_{obs} avec les bornes de W\mathcal{W}.

  1. Confusion entre S~n2\widetilde{S}_n^2 et Sn2S_n^2 : Utiliser la variance empirique non ajustee S~n2\widetilde{S}_n^2 (divisee par nn) pour estimer la variance d’un echantillon genere une estimation biaisee. Il faut imperativement utiliser Sn2S_n^2 (divisee par n−1n-1).
  2. Mauvaise verification des conditions d’application du TLC : Ne jamais appliquer l’approximation normale pour des echantillons de petite taille (n<30n < 30) sur des variables non gaussiennes, en particulier pour des variables de Bernoulli avec nFn<5nF_n < 5 ou n(1−Fn)<5n(1-F_n) < 5.
  3. Redaction des tests d’hypothese : Ne jamais ecrire “on accepte H0H_0”. La rigueur scientifique impose de formuler : “on ne rejette pas H0H_0 ” ou “les donnees ne permettent pas de rejeter H0H_0 au seuil α\alpha”.
  4. Interpretation erronee d’un intervalle de confiance : Un intervalle de confiance realise [a,b][a, b] n’est pas un intervalle aleatoire : θ\theta est une constante (inconnue) et [a,b][a, b] est un intervalle fixe. L’alea reside dans la procedure d’echantillonnage (avant l’experience). On ne dit pas “il y a 95%95\% de chance que θ\theta soit dans [a,b][a, b]”, mais “la methode utilisee fournit un intervalle qui, dans 95%95\% des echantillons, recouvre la vraie valeur θ\theta”.