Exercice 2 : Conversion mécano-électrique et bilans énergétiques globaux
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Les systèmes mécano-électriques couplés sont omniprésents dans les systèmes industriels et de transport modernes (véhicules électriques, actionneurs aéronautiques, récupération d’énergie par piézoélectricité ou électromagnétisme). L’objectif de ce problème est d’étudier la conversion d’énergie au sein d’un actionneur électromagnétique linéaire réversible.
Le dispositif étudié est constitué d’un circuit magnétique parfait (perméabilité magnétique infinie, pas de pertes par courants de Foucault ni par hystérésis) comportant un entrefer d’épaisseur variable , où désigne le déplacement de la partie mobile (le piston) par rapport à sa position de repos.
- : Résistance électrique de l’enroulement de commande ( spires).
- : Intensité du courant traversant l’enroulement.
- : Tension aux bornes de l’enroulement.
- : Inductance propre de la bobine, modélisée sous la forme , avec et .
- : Masse de la partie mobile.
- : Force de frottement visqueux associée au mouvement, de coefficient .
- : Force extérieure appliquée sur le piston.
- : Position de la partie mobile (repère galiléen).
❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)
Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”- Modélisation électrique : Établir la relation entre la tension , le courant , la résistance et le flux magnétique total enlacé par la bobine. Exprimer ce flux en fonction de et .
- Bilan énergétique et force électromagnétique : En considérant le système conservatif du point de vue magnétique (variation d’énergie emmagasinée dans l’entrefer), exprimer l’énergie magnétique stockée dans le circuit. En déduire l’expression de la force électromagnétique agissant sur la partie mobile dans le sens de l’axe .
- Mise en équation dynamique : Écrire l’équation fondamentale de la dynamique (PFD) régissant le mouvement du piston de masse , soumis à la force électromagnétique , aux frottements visqueux de coefficient et à une force extérieure .
- Linéarisation et mise sous forme d’état : Autour d’un point de repos (courant constant et position ), on pose et avec des perturbations supposées faibles. Linéariser le système d’équations couplées électromécaniques.
- Analyse critique du modèle : Discuter la validité de l’hypothèse de perméabilité magnétique infinie et l’absence de saturation du matériau ferromagnétique. Quel est l’impact d’une saturation magnétique sur l’expression de la force et sur la stabilité du système ?
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Question 1 : Penser à la loi de Faraday pour l’induction et à la définition du flux propre . Attention au fait que dépend du temps par l’intermédiaire de la position .
- Question 2 : L’énergie magnétique stockée est définie par . La force électromagnétique se déduit par dérivation de la co-énergie ou de l’énergie par rapport à la position à flux constant ou courant constant.
- Question 3 : Projeter le PFD sur l’axe du mouvement et identifier clairement les différentes composantes des efforts (inertie, frottements, électromagnétique, extérieur).
- Question 4 : Effectuer un développement limité de au voisinage de à l’ordre 1.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Modélisation électrique
Section titled “1. Modélisation électrique”D’après la loi d’Ohm généralisée (loi de Faraday), la tension aux bornes de l’enroulement s’exprime par :
Le flux magnétique total enlacé par les spires de la bobine est lié à l’inductance propre et au courant par la relation linéaire (en l’absence de saturation) :
En dérivant par rapport au temps, il vient :
L’équation électrique complète est donc :
2. Bilan énergétique et force électromagnétique
Section titled “2. Bilan énergétique et force électromagnétique”L’énergie magnétique emmagasinée dans le circuit se calcule par intégration du travail électrique élémentaire lié au flux :
La force électromagnétique généralisée associée à la variable de déplacement se déduit par dérivation de l’énergie magnétique à courant constant (ou de la co-énergie) :
En dérivant l’expression de :
Calculons la dérivée de l’inductance :
On en déduit l’expression explicite de la force électromagnétique : Note: Cette force est toujours positive (quel que soit le signe de ), ce qui traduit un comportement d’attraction du noyau mobile vers l’intérieur du circuit magnétique ( croissant).*
3. Mise en équation dynamique
Section titled “3. Mise en équation dynamique”Appliquons le Principe Fondamental de la Dynamique (PFD) à la partie mobile de masse en translation rectiligne de coordonnée , dans le référentiel galiléen lié au bâti :
Soit, en remplaçant par l’expression de :
4. Linéarisation et mise sous forme d’état
Section titled “4. Linéarisation et mise sous forme d’état”On se place au voisinage du point de repos défini par , et . On pose :
- avec
Effectuons un développement limité au premier ordre des non-linéarités :
- Inductance : et .
- Force électromagnétique :
L’équation électrique linéarisée devient :
L’équation mécanique linéarisée devient :
On remarque la présence du terme dans l’équation mécanique, qui agit comme une raideur négative (due au couplage électromagnétique). Si cette raideur dépasse les efforts de rappel ou d’amortissement, le système présente un risque d’instabilité par claquage (phénomène de “pull-in”).
5. Analyse critique du modèle
Section titled “5. Analyse critique du modèle”- Hypothèse de perméabilité infinie et absence de saturation : Dans la réalité, le matériau ferromagnétique constituant le circuit magnétique possède une aimantation maximale (saturation ). Lorsque le courant augmente ou que l’entrefer devient très petit, le champ magnétique atteint cette limite.
- Conséquence de la saturation : Le flux ne varie plus proportionnellement au courant (). L’inductance apparente diminue, ce qui réduit drastiquement la force électromagnétique réelle par rapport au modèle idéal en .
- Intérêt et limites : Le modèle linéaire par morceaux ou l’introduction d’un coefficient de saturation empirique est indispensable pour le dimensionnement industriel des actionneurs afin d’éviter les erreurs d’estimation de course et d’effort maximal.