Cours : Espaces préhilbertiens réels
Espaces préhilbertiens réels — Fiche de cours MPSI
Section titled “Espaces préhilbertiens réels — Fiche de cours MPSI”1. Produit scalaire
Section titled “1. Produit scalaire”A. Définitions fondamentales
Section titled “A. Définitions fondamentales”Soit un -espace vectoriel. Une application est appelée produit scalaire si elle vérifie les propriétés suivantes :
- Bilinéarité :
- Pour tout , l’application est linéaire ().
- Pour tout , l’application est linéaire.
- Symétrie : .
- Positivité : .
- Caractère défini : .
Un espace préhilbertien réel est un couple formé d’un -espace vectoriel et d’un produit scalaire. Si de plus est de dimension finie, on parle souvent d’espace euclidien.
B. Exemples fondamentaux au programme
Section titled “B. Exemples fondamentaux au programme”- Sur : Le produit scalaire usuel défini par .
- Sur : .
- Sur : .
2. Norme et orthogonalité
Section titled “2. Norme et orthogonalité”A. Norme induite
Section titled “A. Norme induite”Tout produit scalaire permet de définir une norme sur en posant :
Théorème (Inégalité de Cauchy-Schwarz) : Pour tous : Cas d’égalité : Il y equality si et seulement si la famille est liée.
Théorème (Inégalité triangulaire de Minkowski) : Pour tous :
B. Orthogonalité
Section titled “B. Orthogonalité”- Définition : Deux vecteurs sont dit orthogonaux (noté ) si .
- Identité de Pythagore : Si , alors .
- Théorème de Pythagore généralisé : Si est une famille de vecteurs deux à deux orthogonaux, alors :
3. Familles orthonormales
Section titled “3. Familles orthonormales”A. Définitions
Section titled “A. Définitions”- Une famille de vecteurs de est dite orthogonale si ses éléments sont deux à deux orthogonaux ().
- Elle est dite orthonormale (FON) si elle est orthogonale et que chaque vecteur est de norme ().
Proposition : Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre. En particulier, toute FON est libre.
B. Coordonnées dans une base orthonormée
Section titled “B. Coordonnées dans une base orthonormée”Si est une base orthonormée de , alors pour tout vecteur :
C. Procédé d’orthonormalisation de Schmidt
Section titled “C. Procédé d’orthonormalisation de Schmidt”Théorème : Tout sous-espace vectoriel de dimension finie d’un espace préhilbertien possède une base orthonormée. De plus, tout espace préhilbertien de dimension finie possède une B.O.N.
Principe de construction (Schmidt) : À partir d’une base , on construit une base orthogonale par récurrence :
- Et ainsi de suite, en projetant orthogonalement le vecteur sur l’espace engendré par les précédents. On normalise ensuite chaque vecteur.
4. Supplémentaire orthogonal
Section titled “4. Supplémentaire orthogonal”A. Définition et propriétés
Section titled “A. Définition et propriétés”Soit une partie d’un espace préhilbertien . L’orthogonal de , noté , est l’ensemble :
- Propriétés fondamentales :
- Pour toute partie , est un sous-espace vectoriel de .
- et .
- Si , alors .
- .
- Pour tout sous-espace vectoriel , .
B. Cas de la dimension finie
Section titled “B. Cas de la dimension finie”Théorème : Si est un espace préhilbertien de dimension finie et un sous-espace vectoriel de , alors : De plus, et .
5. Méthodes
Section titled “5. Méthodes”- Démontrer qu’une application est un produit scalaire : Vérifier rigoureusement les 4 axiomes. Pour la positivité et le caractère défini, on part souvent de pour arriver à . Attention: * Dans les espaces de fonctions, la positivité est immédiate (intégrale d’une fonction positive). Le caractère défini repose sur la continuité : si est continue et positive, d’intégrale nulle, alors est nulle.
- Calculer une distance ou un angle : Se ramener à l’utilisation du produit scalaire via .
- Utiliser l’orthogonalité pour simplifier des calculs de normes : Penser immédiatement à Pythagore si les vecteurs proviennent d’une construction orthogonale.
6. Pièges classiques (À éviter)
Section titled “6. Pièges classiques (À éviter)”- Oublier la continuité pour le produit scalaire des fonctions : Sur , est un produit scalaire. Sur l’espace de toutes les fonctions de dans , l’intégrale n’implique pas que est nulle partout (seulement presque partout), ce qui pose un problème pour l’axiome du caractère défini.
- Confondre orthogonal et suppémentaire orthogonal en dimension infinie : En dimension infinie, on a bien , mais on n’a pas toujours (considérer par exemple un sous-espace dense strict).
- Appliquer Schmidt sans vérifier la liberté : Le procédé de Schmidt nécessite de partir d’une base (donc d’une famille libre).