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Exercice 1 : Usinage, moulage et forgeage

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

On s’intéresse à la fabrication d’un composant structurel aéronautique en alliage d’aluminium (densité ρ=2700 kg/m3\rho = 2700 \text{ kg/m}^3, limite d’élasticité Re=420 MPaR_e = 420 \text{ MPa}). Ce composant, initialement conçu pour être usiné directement dans un bloc massif (technologie d’enlévement de matière), présente un taux de copeaux très élevé, ce qui pose des questions environnementales, énergétiques et économiques.

L’équipe méthodes envisage d’alterner les procédés pour optimiser la chaîne de fabrication :

  1. Ébauche : Réalisation d’une préforme par forgeage ou par fonderie (moulage en sable ou en coquille).
  2. Finition : Opérations d’usinage (fraisage grand vitesse) pour atteindre les tolérances géométriques et dimensionnelles requises (IT7\text{IT7}, rugosité Ra=0,8 μmR_a = 0{,}8 \text{ }\mu\text{m}).

L’objectif de ce problème est d’analyser comparativement les procédés d’obtention de la préforme et d’évaluer la pertinence énergétique et mécanique de la solution hybride (Forgeage/Fonderie + Usinage) par rapport au bloc usiné dans la masse.


Partie 1 : Analyse critique du choix du procédé d’obtention de la préforme

Section titled “Partie 1 : Analyse critique du choix du procédé d’obtention de la préforme”
  1. Le volume final de la pièce est Vf=450 cm3V_f = 450 \text{ cm}^3. Si l’on part d’un lingot parallélépipédique brut de Vi=1800 cm3V_i = 1800 \text{ cm}^3 usiné dans la masse, calculez le taux de perte matière τm\tau_m en pourcentage. Discutez des limites de ce choix du point de vue énergétique et développement durable.
  2. Pour réduire ce taux de perte, on envisage la forge. Rappelez brièvement le principe physique du forgeage et son impact sur la structure micrographique de l’alliage d’aluminium par rapport à l’usinage dans la masse.
  3. On envisage également le moulage. Citez deux défauts majeurs inhérents au procédé de fonderie (moulage) que l’on ne retrouve généralement ni en forge ni en usinage, et expliquez leur origine physique.

Partie 2 : Modélisation et optimisation de l’opération d’usinage de finition

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L’ébauche forgée procure une préforme dont la surépaisseur d’usinage est uniformément de e=2 mme = 2 \text{ mm} sur toutes les surfaces fonctionnelles. On s’intéresse au surfaçage plan de cette préforme à l’aide d’une fraise de diamètre D=50 mmD = 50 \text{ mm} comportant Z=4Z = 4 dents.

  1. Les conditions de coupe retenues sont : vitesse de coupe Vc=300 m/minV_c = 300 \text{ m/min}, avance par dent fz=0,1 mm/(dent⋅tour)f_z = 0{,}1 \text{ mm/(dent}\cdot\text{tour)}, profondeur de passe axiale ap=2 mma_p = 2 \text{ mm} et profondeur de passe radiale ae=40 mma_e = 40 \text{ mm}. Calculez la fréquence de rotation de la broche NN en tr/min\text{tr/min} et la vitesse d’avance table VfV_f en mm/min\text{mm/min}.
  2. L’effort tangentiel de coupe par unité de surface est modélisé par l’effort spécifique de coupe kck_c donné par la relation empirique : kc=kc1.1⋅h−mk_c = k_{c1.1} \cdot h^{-m} avec kc1.1=800 MPak_{c1.1} = 800 \text{ MPa}, l’exposant d’affleurement m=0,25m = 0{,}25 et hh l’épaisseur moyenne du copeau. En régime de surfaçage, on approxime l’épaisseur moyenne par l’avance par dent fzf_z. Calculez la valeur de kck_c et déduisez-en l’effort de coupe tangentiel moyen FcF_c, sachant que la section instantanée du copeau est S=ap⋅fzS = a_p \cdot f_z.
  3. Analyse critique du modèle : Le modèle ci-dessus suppose un effort kck_c uniforme et néglige l’usure de l’outil. Citez deux phénomènes physiques réels en cours d’usinage à grande vitesse (GVU) qui font diverger ce modèle idéal, et précisez l’impact sur la durée de vie de l’outil (loi de Taylor).

  • Q1 : Le taux de perte se calcule par le rapport du volume de matière enlevée sur le volume initial. Pensez à relier cela à l’énergie grise du matériau.
  • Q2 : Pensez aux lignes de flux métalliques et à l’écrouissage/affinement du grain.
  • Q4 : Attention aux formules cinématiques de liaison entre VcV_c et NN (Vc=π⋅D⋅NV_c = \pi \cdot D \cdot N), ainsi qu’entre VfV_f, NN, ZZ et fzf_z.
  • Q5 : Veillez à bien homogénéiser les unités (en particulier les mm\text{mm} et les MPa=N/mm2\text{MPa} = \text{N/mm}^2).

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”

Partie 1 : Analyse critique du choix du procédé d’obtention de la préforme

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  1. Calcul du taux de perte matière : Le volume de matière éliminée est Venleveˊ=Vi−Vf=1800−450=1350 cm3V_{enlevé} = V_i - V_f = 1800 - 450 = 1350 \text{ cm}^3. Le taux de perte matière τm\tau_m vaut : τm=Vi−VfVi=1800−4501800=13501800=0,75 soit 75%\tau_m = \frac{V_i - V_f}{V_i} = \frac{1800 - 450}{1800} = \frac{1350}{1800} = 0{,}75 \text{ soit } 75\% Analyse critique : Un taux de perte de 75%75\% est catastrophique d’un point de vue énergétique. L’aluminium possède une énergie grise très élevée (≈200 MJ/kg\approx 200 \text{ MJ/kg}). Jeter 75%75\% de la matière sous forme de copeaux, c’est gaspiller de l’énergie de production et alourdir considérablement les coûts de retraitement/recyclage.

  2. Principe du forgeage : Le forgeage consiste à déformer plastiquement le métal (à chaud ou à froid) entre deux matrices. Impact micrographique : Contrairement à l’usinage dans la masse qui coupe les fibres cristallines, le forgeage respecte et épouse les lignes de flux (continuité fibrée). Cela confère à la pièce une résistance mécanique accrue (notamment à la fatigue et aux chocs) et permet d’affiner la taille des grains par recristallisation dynamique.

  3. Défauts majeurs en fonderie :

    • Les retassures : Cavités internes dues au retrait volumétrique du métal lors de son passage de l’état liquide à l’état solide.
    • Les soufflures (ou porosités gazeuses) : Piégeage de bulles de gaz (air ou hydrogène dissous) dans la matrice solide lors de la solidification.

Partie 2 : Modélisation et optimisation de l’opération d’usinage de finition

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  1. Cinématique de coupe :

    • Fréquence de rotation NN : Vc=π⋅D⋅N  ⟹  N=Vcπ⋅D=300×103 mm/minπ×50 mm≈1909,86 tr/minV_c = \pi \cdot D \cdot N \implies N = \frac{V_c}{\pi \cdot D} = \frac{300 \times 10^3 \text{ mm/min}}{\pi \times 50 \text{ mm}} \approx 1909{,}86 \text{ tr/min} Soit N≈1910 tr/minN \approx 1910 \text{ tr/min}.
    • Vitesse d’avance table VfV_f : Vf=fz⋅Z⋅N=0,1 mm/dent×4 dents×1910 tr/min=764 mm/minV_f = f_z \cdot Z \cdot N = 0{,}1 \text{ mm/dent} \times 4 \text{ dents} \times 1910 \text{ tr/min} = 764 \text{ mm/min}
  2. Effort de coupe :

    • Épaisseur moyenne h≈fz=0,1 mmh \approx f_z = 0{,}1 \text{ mm}.
    • Calcul de kck_c : kc=800×(0,1)−0,25=800×(10−1)−0,25=800×100,25≈800×1,778=1422,5 MPak_c = 800 \times (0{,}1)^{-0{,}25} = 800 \times (10^{-1})^{-0{,}25} = 800 \times 10^{0{,}25} \approx 800 \times 1{,}778 = 1422{,}5 \text{ MPa}
    • Section du copeau SS : S=ap⋅fz=2 mm×0,1 mm=0,2 mm2S = a_p \cdot f_z = 2 \text{ mm} \times 0{,}1 \text{ mm} = 0{,}2 \text{ mm}^2
    • Effort tangentiel moyen FcF_c (pour une dent en prise) : Fc=kc⋅S=1422,5 MPa×0,2 mm2=284,5 NF_c = k_c \cdot S = 1422{,}5 \text{ MPa} \times 0{,}2 \text{ mm}^2 = 284{,}5 \text{ N}
  3. Analyse critique des limites du modèle :

    • Phénomène 1 : Échauffement thermique extrême en GVU. À haute vitesse, le flux thermique est si intense que les caractéristiques mécaniques locales du matériau chutent (adoucissement thermique), rendant l’hypothèse d’un kck_c purement géométrique (dépendant seulement de hh) caduque.
    • Phénomène 2 : L’usure de l’outil (en dépouille ou en cratère). L’augmentation de la surface d’usure modifie la géométrie de coupe effective, augmentant les frottements et donc l’effort réel par rapport au modèle initial. Selon la loi de Taylor (Vc⋅Tn=CV_c \cdot T^n = C), une augmentation de la température ou de l’effort accélère drastiquement l’usure, réduisant la durée de vie TT de l’outil de manière non linéaire.