X-ENS - Physique (Mécanique & Électromagnétisme)
📄 Partie 1 : Énoncé du Problème
Section titled “📄 Partie 1 : Énoncé du Problème”Dynamique quantique d’un électron relativiste en champ électromagnétique intense et effets radiatifs
Section titled “Dynamique quantique d’un électron relativiste en champ électromagnétique intense et effets radiatifs”Le présent problème se propose d’étudier le comportement d’un électron de masse et de charge () soumis à un champ électromagnétique extérieur intense, en s’affranchissant progressivement du cadre de la mécanique classique pour aborder la formulation quantique et l’interaction avec le rayonnement du vide (électrodynamique quantique de non-équilibre).
Dans un premier temps (Partie A), on s’intéresse à la mise en équation Lagrangienne et Hamiltonienne du mouvement d’une particule chargée dans un potentiel vecteur et un potentiel scalaire , puis à sa description semi-classique par l’équation de Schrödinger-Pauli tenant compte du spin.
Dans un second temps (Partie B), on modélise l’interaction d’un système à deux états (représentant une transition électronique du sodium ou d’un atome piégé) avec un champ électromagnétique stationnaire intense, en utilisant l’approximation des ondes tournantes et le formalisme de la matrice densité pour inclure les effets de relaxation par émission spontanée.
❓ Partie 3 : Questions
Section titled “❓ Partie 3 : Questions”Partie A : Formulation canonique et Mécanique Quantique du Spin en champ électromagnétique
Section titled “Partie A : Formulation canonique et Mécanique Quantique du Spin en champ électromagnétique”- Établir le lagrangien d’une particule non-relativiste de masse et de charge dans un champ électromagnétique décrit par le potentiel scalaire et le potentiel vecteur . En déduire l’impulsion canonique et l’hamiltonien du système .
- Par quantification canonique, en posant et , écrire l’opérateur hamiltonien . Démontrer l’apparition explicite du terme d’interaction magnétique du spin avec le champ magnétique lorsque l’on considère l’équation de Pauli (en introduisant les matrices de Pauli ).
- On considère un champ magnétique uniforme et stationnaire . Déterminer les niveaux d’énergie du système (niveaux de Landau) pour un mouvement restreint au plan . On exprimera ces niveaux en fonction de la fréquence cyclotron .
Partie B : Interaction atome-champ et Relaxation Radiative
Section titled “Partie B : Interaction atome-champ et Relaxation Radiative”On modélise un électron lié par un potentiel harmonique de pulsation propre (atome à un électron éthéré) soumis à une onde électromagnétique plane monochromatique polarisée rectilignement : .
- Écrire l’équation différentielle régissant le déplacement de l’oscillateur en tenant compte d’une force de frottement liée à l’amortissement radiatif (force d’Abraham-Lorentz non-relativiste : ). Exprimer la constante en fonction de , , et .
- Résoudre l’équation du mouvement en régime permanent sous la forme . Déterminer la polarisabilité complexe définie par le moment dipolaire induit .
- Analyser le comportement de au voisinage de la résonance (). Discuter de la largeur à mi-hauteur de la résonance d’absorption en lien direct avec le coefficient .
💡 Partie 3 : Rapport du Jury
Section titled “💡 Partie 3 : Rapport du Jury”- Erreurs classiques : Confondre l’impulsion cinétique et l’impulsion canonique dans l’expression de l’hamiltonien. C’est une faute rédhibitoire pour l’ENS.
- Manipulation vectorielle : Les identités vectorielles (notamment ou le développement de ) doivent être menées sans erreur de signe.
- Rigueur mathématique : Pour l’étude des niveaux de Landau, l’utilisation de l’analogie avec l’oscillateur harmonique via la création/annihilation est fortement valorisée par rapport à une résolution bourrine des équations différentielles partielles.
📋 Partie 4 : Corrigé Détaillé et Analyse
Section titled “📋 Partie 4 : Corrigé Détaillé et Analyse”Partie A : Formulation canonique et Mécanique Quantique du Spin
Section titled “Partie A : Formulation canonique et Mécanique Quantique du Spin”-
Lagrangien et Hamiltonien classique : Le lagrangien d’une particule chargée dans un champ électromagnétique est donné par : Avec , il vient : L’impulsion canonique associée est définie par : L’hamiltonien s’obtient par la transformation de Legendre : En simplifiant, on obtient :
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Quantification et Équation de Pauli : Par quantification canonique (), l’opérateur hamiltonien s’écrit : Pour faire apparaître le spin, partons du carré de l’opérateur vectoriel . En utilisant l’identité de Pauli , on développe : Or, le commutateur de deux composantes de l’impulsion cinétique donne : En introduisant le champ magnétique (soit ), on obtient : D’où : L’hamiltonien de Pauli complet est donc : Le terme est précisément l’énergie d’interaction magnétique du moment cinétique de spin avec le champ (avec un facteur de Landé ).
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Niveaux de Landau : En choisissant la jauge de Landau , on a . L’hamiltonien orbital (en négligeant le spin pour l’instant) est : Comme ne dépend pas explicitement de , l’opérateur commute avec et sa valeur propre est . L’hamiltonien se réécrit : avec . C’est exactement l’hamiltonien d’un oscillateur harmonique quantique de pulsation dont le minimum du potentiel est centré en . Les niveaux d’énergie (niveaux de Landau) sont donc :
Partie B : Interaction atome-champ et Relaxation Radiative
Section titled “Partie B : Interaction atome-champ et Relaxation Radiative”-
Équation du mouvement avec amortissement radiatif : L’oscillateur subit la force de rappel élastique , la force extérieure due au champ électrique , et la force d’Abraham-Lorentz . L’application du PFD selon l’axe donne : Soit sous forme canonique : Par identification avec l’expression classique de la puissance rayonnée (formule de Larmor), on établit que .
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Polarisabilité complexe : En notation complexe, avec et , l’équation différentielle devient : Le moment dipolaire induit est . Par définition, , d’où la polarisabilité complexe :
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Analyse au voisinage de la résonance : Au voisinage de la résonance, on pose avec . On approxime le dénominateur : Le terme d’amortissement s’écrit . La polarisabilité devient : La partie imaginaire de , responsable de l’absorption, présente un profil lorentzien. La largeur à mi-hauteur en pulsation est dictée par le terme imaginaire du dénominateur, soit : Ce résultat montre que l’amortissement radiatif naturel (indispensable en Électrodynamique Quantique) lève la singularité classique de l’oscillateur non amorti à la résonance et fixe la largeur intrinsèque des raies spectrales atomiques.