Skip to content

Exercice : Force de Laplace et conversion d énergie électromécanique

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On s’intéresse à un dispositif électromécanique idéalisé destiné à convertir de l’énergie cinétique en énergie électrique (ou inversement).

Le système est constitué d’un rail conducteur horizontal, de résistance négligeable, distant de LL. Ce rail est plongé dans un champ magnétique uniforme, permanent et stationnaire B⃗=B0u⃗z\vec{B} = B_0 \vec{u}_z, orienté selon la verticale ascendante.

Une tige conductrice MNMN, de masse mm, de résistance électrique RR et de longueur LL (assimilée à la distance entre les rails), peut glisser sans frottement sur ces rails tout en restant perpendiculaire à ceux-ci. On repère la position de la tige à l’instant tt par son abscisse x(t)x(t) sur l’axe (Ox)(Ox) orienté de la gauche vers la droite. Le circuit est fermé à l’une de ses extrémités par une résistance globale RR (qui inclut la résistance de la tige et celle des rails).

À l’instant t=0t = 0, la tige est lancée avec une vitesse initiale v0>u⃗xv_0 > \vec{u}_x depuis la position x=0x = 0. On négligera toute inductance propre du circuit (Linductance=0L_{\text{inductance}} = 0).


  1. Analyse préliminaire et loi de Faraday Exprimer le flux magnétique Φ(t)\Phi(t) à travers le circuit en fonction de B0B_0, LL et x(t)x(t). En déduire l’expression de la force électromotrice induite e(t)e(t) dans le circuit.

  2. Bilan électrique et loi d’Ohm En déduire l’intensité du courant induit i(t)i(t) circulant dans le circuit. On précisera la convention choisie.

  3. Force de Laplace Déterminer l’expression vectorielle de la force de Laplace F⃗L\vec{F}_L s’exerçant sur la tige MNMN en fonction de B0B_0, LL, i(t)i(t) et des vecteurs unitaires de la base cartésienne. Quel est l’effet qualitatif de cette force sur le mouvement de la tige ?

  4. Équation différentielle du mouvement Appliquer le théorème du centre d’inertie à la tige MNMN pour établir l’équation différentielle vérifiée par sa vitesse v(t)=dxdtv(t) = \frac{\text{d}x}{\text{d}t}. Mettre cette équation sous la forme caractéristique dvdt+vτ=0\frac{\text{d}v}{\text{d}t} + \frac{v}{\tau} = 0 et exprimer la constante de temps τ\tau en fonction des paramètres du problème.

  5. Résolution et étude énergétique Donner l’expression de la vitesse v(t)v(t) pour t≥0t \ge 0. Calculer l’énergie cinétique initiale Ec(0)E_c(0) et déterminer l’énergie totale EJE_J dissipée par effet Joule dans la résistance RR sur l’ensemble de la phase de ralentissement (tt de 00 à +∞+\infty). Conclure sur la conversion d’énergie.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Indication pour Q1 : Le flux du champ magnétique à travers un circuit plan s’exprime par Φ=∬surfaceB⃗⋅n⃗ dS\Phi = \iint_{\text{surface}} \vec{B} \cdot \vec{n} \, \text{d}S. Attention au choix de la normale n⃗\vec{n} pour respecter l’orientation du circuit.
  • Indication pour Q2 : Utilisez la loi de Faraday e=−dΦdte = -\frac{\text{d}\Phi}{\text{d}t}, puis la loi d’Ohm aux bornes de la résistance équivalente RR.
  • Indication pour Q3 : La force élémentaire de Laplace sur un fil parcouru par un courant ii est dF⃗=i dℓ⃗∧B⃗\text{d}\vec{F} = i \, \vec{\text{d}\ell} \wedge \vec{B}.
  • Indication pour Q5 : Pour l’énergie dissipée par effet Joule, rappelez-vous que PJ(t)=Ri(t)2P_J(t) = R i(t)^2 et que l’énergie totale est l’intégrale de cette puissance entre 00 et +∞+\infty. Vous pouvez aussi utiliser un bilan énergétique global (théorème de l’énergie cinétique).

1. Analyse préliminaire et loi de Faraday

Section titled “1. Analyse préliminaire et loi de Faraday”

Le circuit est délimité par les rails et la tige MNMN mobile. La surface S(t)S(t) du circuit correspond à un rectangle de longueur x(t)x(t) et de largeur LL. Le champ magnétique est B⃗=B0u⃗z\vec{B} = B_0 \vec{u}_z. Si l’on oriente le contour du circuit dans le sens trigonométrique, la normale associée n⃗\vec{n} est u⃗z\vec{u}_z. Le flux magnétique à travers le circuit s’écrit donc : Φ(t)=∬S(t)B0u⃗z⋅u⃗z dS=B0×Aire(S)=B0Lx(t)\Phi(t) = \iint_{S(t)} B_0 \vec{u}_z \cdot \vec{u}_z \, \text{d}S = B_0 \times \text{Aire}(S) = B_0 L x(t)

D’après la loi de Faraday, la force électromotrice induite e(t)e(t) dans le circuit est : e(t)=−dΦdt=−B0Ldxdt=−B0Lv(t)e(t) = -\frac{\text{d}\Phi}{\text{d}t} = -B_0 L \frac{\text{d}x}{\text{d}t} = -B_0 L v(t) où v(t)=x˙(t)v(t) = \dot{x}(t) est la vitesse de la tige.

Le circuit ne comportant pas de générateur idéal de tension et son inductance étant négligeable, la loi d’Ohm aux bornes de la résistance RR (unique récepteur du circuit) s’écrit : e(t)−Ri(t)=0  ⟹  i(t)=e(t)R=−B0Lv(t)Re(t) - R i(t) = 0 \implies i(t) = \frac{e(t)}{R} = -\frac{B_0 L v(t)}{R} Note: Le signe dépend de l’orientation du courant. Si v>0v > 0, ii est négatif, ce qui signifie que le courant circule dans le sens trigonométrique indirect.*

La tige MNMN est traversée par le courant i(t)i(t) sur une longueur LL selon la direction −u⃗y-\vec{u}_y (si les rails sont selon u⃗x\vec{u}_x). La force de Laplace s’obtient en intégrant sur la portion de tige : F⃗L=∫MNi dℓ⃗∧B⃗=i (L(−u⃗y))∧(B0u⃗z)\vec{F}_L = \int_{M}^{N} i \, \vec{\text{d}\ell} \wedge \vec{B} = i \, (L (-\vec{u}_y)) \wedge (B_0 \vec{u}_z) F⃗L=−iB0L(u⃗y∧u⃗z)=−iB0Lu⃗x\vec{F}_L = -i B_0 L (\vec{u}_y \wedge \vec{u}_z) = -i B_0 L \vec{u}_x

En remplaçant i(t)i(t) par son expression trouvée à la question 2 : F⃗L=−(−B0Lv(t)R)B0Lu⃗x=−B02L2Rv(t)u⃗x\vec{F}_L = -\left(-\frac{B_0 L v(t)}{R}\right) B_0 L \vec{u}_x = -\frac{B_0^2 L^2}{R} v(t) \vec{u}_x

Interprétation qualitative : Puisque F⃗L\vec{F}_L est opposée au vecteur vitesse v⃗=v(t)u⃗x\vec{v} = v(t)\vec{u}_x (car B02L2R>0\frac{B_0^2 L^2}{R} > 0), cette force s’oppose systématiquement au mouvement. C’est la manifestation de la loi de Lenz : le système s’oppose par ses effets à la cause qui lui a donné naissance.

Appliquons le Théorème du Centre d’Inertie (TCI) à la tige MNMN dans le référentiel terrestre supposé galiléen, en projection sur l’axe (Ox)(Ox) : Le bilan des forces extérieures se résume à la force de Laplace F⃗L\vec{F}_L (les forces de frottement mécanique étant supposées nulles, de même que le poids et la réaction normale qui se compensent verticalement). mdvdt=FL,x=−B02L2Rv(t)m \frac{\text{d}v}{\text{d}t} = F_{L,x} = -\frac{B_0^2 L^2}{R} v(t)

En réorganisant les termes, on obtient l’équation différentielle : dvdt+B02L2mRv(t)=0\frac{\text{d}v}{\text{d}t} + \frac{B_0^2 L^2}{m R} v(t) = 0

Cette équation se met sous la forme canonique demandée : dvdt+vτ=0avecτ=mRB02L2\frac{\text{d}v}{\text{d}t} + \frac{v}{\tau} = 0 \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{m R}{B_0^2 L^2} Où τ\tau représente une constante de temps caractéristique du freinage électromagnétique.

La résolution de l’équation différentielle du premier ordre avec la condition initiale v(0)=v0v(0) = v_0 donne : v(t)=v0exp⁡(−tτ)v(t) = v_0 \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

  • Énergie cinétique initiale : Ec(0)=12mv02E_c(0) = \frac{1}{2} m v_0^2

  • Énergie dissipée par effet Joule : La puissance instantanée dissipée par effet Joule dans la résistance RR est : PJ(t)=Ri(t)2=R(B0Lv(t)R)2=B02L2Rv(t)2P_J(t) = R i(t)^2 = R \left(\frac{B_0 L v(t)}{R}\right)^2 = \frac{B_0^2 L^2}{R} v(t)^2

    L’énergie totale EJE_J dissipée de t=0t = 0 à t=+∞t = +\infty est l’intégrale de cette puissance : EJ=∫0+∞PJ(t) dt=B02L2R∫0+∞(v0e−t/τ)2dtE_J = \int_{0}^{+\infty} P_J(t) \, \text{d}t = \frac{B_0^2 L^2}{R} \int_{0}^{+\infty} \left( v_0 e^{-t/\tau} \right)^2 \text{d}t EJ=B02L2v02R∫0+∞e−2t/τ dtE_J = \frac{B_0^2 L^2 v_0^2}{R} \int_{0}^{+\infty} e^{-2t/\tau} \, \text{d}t

    En calculant l’intégrale : ∫0+∞e−2t/τ dt=[−τ2e−2t/τ]0+∞=τ2\int_{0}^{+\infty} e^{-2t/\tau} \, \text{d}t = \left[ -\frac{\tau}{2} e^{-2t/\tau} \right]_{0}^{+\infty} = \frac{\tau}{2}

    En remplaçant τ\tau par mRB02L2\frac{m R}{B_0^2 L^2} : EJ=B02L2v02R×12(mRB02L2)=12mv02E_J = \frac{B_0^2 L^2 v_0^2}{R} \times \frac{1}{2} \left(\frac{m R}{B_0^2 L^2}\right) = \frac{1}{2} m v_0^2

Conclusion sur la conversion d’énergie : On constate que EJ=Ec(0)E_J = E_c(0). Intégralement, l’énergie cinétique initiale de la tige a été convertie en énergie électrique, puis entièrement dissipée sous forme thermique par effet Joule dans la résistance du circuit à cause des courants induits. C’est le principe de base du freinage par courants de Foucault (conversion électromécanique passive).