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Exercice 2 : Séries entières et équations diff

PROBLÈME GUIDÉ : Séries entières et équations différentielles

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Séries entières et équations différentielles”

Examinateur (CPGE - PC) : Ce problème aborde un classique des concours (X-ENS, Mines-Ponts, Centrale-Supélec) : la résolution d’une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients non constants par la méthode des séries entières, couplée à l’étude des propriétés de la solution (convergence, comportement asymptotique) et à des considérations d’algèbre linéaire (dimension de l’espace des solutions développables en série entière).

Prenez le temps de rédiger rigoureusement chaque étape. La maîtrise du rayon de convergence et des relations de récurrence est ici fondamentale.


On considère l’équation différentielle (E)(E) d’inconnue yy définie sur l’intervalle I=]−1,1[I = ]-1, 1[ : (1−x2)y′′(x)−xy′(x)+α2y(x)=0(1-x^2)y''(x) - xy'(x) + \alpha^2 y(x) = 0 où α∈R\alpha \in \mathbb{R} est un paramètre réel fixé.

L’objectif est de rechercher les solutions de (E)(E) développables en série entière au voisinage de 00, c’est-à-dire sous la forme : y(x)=∑n=0+∞anxny(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n


Partie I : Analyse préliminaire et relation de récurrence

Section titled “Partie I : Analyse préliminaire et relation de récurrence”

Supposons qu’il existe une solution y(x)=∑n=0+∞anxny(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n de (E)(E) de rayon de convergence R>0R > 0 (avec R≤1R \le 1). Rappeler l’expression des dérivées y′(x)y'(x) et y′′(x)y''(x) sous forme de séries entières pour x∈]−R,R[x \in ]-R, R[.

Corrigé guidé : Puisqu’une série entière et ses dérivées successives ont le même rayon de convergence, pour tout x∈]−R,R[x \in ]-R, R[, on a : y′(x)=∑n=1+∞nanxn−1=∑n=0+∞(n+1)an+1xny'(x) = \sum_{n=1}^{+\infty} n a_n x^{n-1} = \sum_{n=0}^{+\infty} (n+1) a_{n+1} x^n Et : y′′(x)=∑n=2+∞n(n−1)anxn−2=∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xny''(x) = \sum_{n=2}^{+\infty} n(n-1) a_n x^{n-2} = \sum_{n=0}^{+\infty} (n+2)(n+1) a_{n+2} x^n


En injectant ces expressions dans l’équation (E)(E), montrer que la recherche d’une solution équivaut à une relation de récurrence simple entre les coefficients ana_n.

Corrigé guidé : En remplaçant yy, y′y' et y′′y'' dans (E)(E), on obtient : (1−x2)∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn−x∑n=0+∞(n+1)an+1xn+α2∑n=0+∞anxn=0(1-x^2) \sum_{n=0}^{+\infty} (n+2)(n+1) a_{n+2} x^n - x \sum_{n=0}^{+\infty} (n+1) a_{n+1} x^n + \alpha^2 \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n = 0

Développons le produit : ∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn−∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn+2−∑n=0+∞(n+1)an+1xn+1+α2∑n=0+∞anxn=0\sum_{n=0}^{+\infty} (n+2)(n+1) a_{n+2} x^n - \sum_{n=0}^{+\infty} (n+2)(n+1) a_{n+2} x^{n+2} - \sum_{n=0}^{+\infty} (n+1) a_{n+1} x^{n+1} + \alpha^2 \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n = 0

Par un changement d’indice adéquat sur les deuxième et troisième sommes (posons k=n+2k = n+2 pour la seconde et k=n+1k = n+1 pour la troisième, puis renommons kk en nn), ou en regroupant par puissances de xx, on identifie les coefficients de xnx^n. Plus précisément, le coefficient de xnx^n dans l’équation est : (n+2)(n+1)an+2−n(n−1)an−nan+α2an=0(n+2)(n+1)a_{n+2} - n(n-1)a_n - n a_n + \alpha^2 a_n = 0 Soit, en factorisant le coefficient de ana_n : (n+2)(n+1)an+2−(n2−α2)an=0(n+2)(n+1)a_{n+2} - (n^2 - \alpha^2) a_n = 0

On en déduit la relation de récurrence pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : an+2=n2−α2(n+1)(n+2)an(Rα)a_{n+2} = \frac{n^2 - \alpha^2}{(n+1)(n+2)} a_n \quad (R_\alpha)


Partie II : Étude du rayon de convergence

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À l’aide de la relation (Rα)(R_\alpha), déterminer le rayon de convergence RR de la série entière ∑n=0+∞anxn\sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n. On distinguera le cas général du cas particulier où α\alpha est un entier.

Corrigé guidé : Exprimons a2pa_{2p} et a2p+1a_{2p+1} en fonction de a0a_0 et a1a_1 respectivement. Pour les indices pairs : ∣a2p+2a2p∣=∣(2p)2−α2∣(2p+1)(2p+2)∼p→+∞4p24p2=1\left|\frac{a_{2p+2}}{a_{2p}}\right| = \frac{|(2p)^2 - \alpha^2|}{(2p+1)(2p+2)} \underset{p \to +\infty}{\sim} \frac{4p^2}{4p^2} = 1

Par la règle de d’Alembert (ou par comparaison), le rayon de convergence RR associé aux termes pairs (et de même pour les termes impairs) vérifie : lim⁡p→+∞∣a2p+2x2p+2a2px2p∣=x2<1  ⟹  R=1\lim_{p \to +\infty} \left|\frac{a_{2p+2} x^{2p+2}}{a_{2p} x^{2p}}\right| = x^2 < 1 \implies R = 1

Remarque d’examinateur : Si α∈Z\alpha \in \mathbb{Z}, l’un des coefficients s’annule (par exemple si α=2k\alpha = 2k, a2k=0a_{2k} = 0), ce qui transforme la série entière en un polynôme, mais le rayon de convergence formel reste R=1R = 1 (ou +∞+\infty pour le polynôme). Dans le cas général, R=1R = 1, ce qui correspond exactement au domaine de validité de l’équation (E)(E) défini par I=]−1,1[I = ]-1, 1[.


Partie III : Structure de l’espace des solutions

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Montrer que l’ensemble des solutions de (E)(E) développables en série entière sur ]−\1,1[]-\1, 1[ forme un sous-espace vectoriel de RI\mathbb{R}^I, noté S\mathcal{S}, et déterminer sa dimension.

Corrigé guidé :

  • Structure d’EV : L’application y↦(1−x2)y′′−xy′+α2yy \mapsto (1-x^2)y'' - xy' + \alpha^2 y est un opérateur linéaire. S\mathcal{S} est donc le noyau d’un endomorphisme linéaire, c’est un sous-espace vectoriel de RI\mathbb{R}^I.
  • Dimension : D’après la relation de récurrence (Rα)(R_\alpha), tous les coefficients d’indice pair a2pa_{2p} sont entièrement déterminés par le choix de a0a_0. De même, tous les coefficients d’indice impair a2p+1a_{2p+1} sont déterminés par le choix de a1a_1. Ainsi, toute solution développable s’écrit de manière unique : y(x)=a0y1(x)+a1y2(x)y(x) = a_0 y_1(x) + a_1 y_2(x) où y1y_1 est la solution obtenue pour (a0=1,a1=0)(a_0=1, a_1=0) (solution paire) et y2y_2 pour (a0=0,a1=1)(a_0=0, a_1=1) (solution impaire). Puisque (y1,y2)(y_1, y_2) est une famille libre et génératrice de S\mathcal{S}, on conclut que dim⁡(S)=2\dim(\mathcal{S}) = 2.

Partie IV : Analyse critique et liens avec le cours

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Questions d’approfondissement (pour aller vers la mention Très Bien) :

  1. Lien avec le théorème de Cauchy-Lipschitz : L’équation (E)(E) peut se réécrire sous forme normale y′′−x1−x2y′+α21−x2y=0y'' - \frac{x}{1-x^2}y' + \frac{\alpha^2}{1-x^2}y = 0. Les fonctions p(x)=−x1−x2p(x) = -\frac{x}{1-x^2} et q(x)=α21−x2q(x) = \frac{\alpha^2}{1-x^2} sont continues sur ]−1,1[]-1, 1[. D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire, pour tout x0∈]−1,1[x_0 \in ]-1, 1[ et tous (y0,y1)∈R2(y_0, y_1) \in \mathbb{R}^2, il existe une unique solution maximale définie sur ]−1,1[]-1, 1[. Le fait que l’espace des solutions soit de dimension 2 est donc parfaitement cohérent avec la théorie générale des équations différentielles linéaires d’ordre 2.

  2. Cas particulier remarquable (Polynômes de Tchebychev / Légende) : Si α=n\alpha = n (où n∈Nn \in \mathbb{N}), la récurrence s’arrête : pour p=np = n, an+2=0a_{n+2} = 0.

    • Si nn est pair, y1(x)y_1(x) est un polynôme de degré nn (et y2y_2 reste une série entière infinie).
    • Si nn est impair, y2(x)y_2(x) est un polynôme de degré nn. Ces solutions polynomiales jouent un rôle fondamental en analyse numérique (interpolation, approximation) et en physique mathématique.

Bilan de l’examinateur : Ce type d’exercice teste à la fois votre agilité calculatoire sur les séries entières (indices, décalages, rayon de convergence) et votre culture théorique (théorèmes d’existence, dimension d’un espace de solutions). Veillez à toujours bien expliciter le lien entre la récurrence sur les coefficients et la dimension de l’espace vectoriel associé.