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Exercice 1 : Espaces euclidiens

PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’un endomorphisme remarquable et minimisation vectorielle

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’un endomorphisme remarquable et minimisation vectorielle”

⚠️ Avertissement de l’examinateur (Filière PC)

Section titled “⚠️ Avertissement de l’examinateur (Filière PC)”

Ce problème aborde des notions fondamentales du programme de mathématiques de seconde année en filière PC : la géométrie euclidienne, le théorème spectral (réduction des endomorphismes symétriques), ainsi que des techniques de minimisation.

Ce type de sujet est extrêmement classique à l’écrit (CCINP, Mines-Ponts, Centrale-Supélec). L’examinateur portera une attention particulière à :

  1. La rigueur des justifications (notamment l’utilisation correcte des hypothèses de symétrie et de positivité).
  2. La clarté de la rédaction dans le passage de l’algèbre linéaire à l’analyse (calculs de normes et de distances).
  3. L’esprit critique en fin de problème sur la nature des extrema trouvés.

Soit EE un espace vectoriel euclidien de dimension n≥1n \ge 1, muni du produit scalaire ⟨⋅,⋅⟩\langle \cdot, \cdot \rangle et de la norme associée ∥⋅∥\|\cdot\|. On considère un endomorphisme uu de EE qui est symétrique et positif, c’est-à-dire :

  1. ∀(x,y)∈E2,⟨u(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩\forall (x, y) \in E^2, \quad \langle u(x), y \rangle = \langle x, u(y) \rangle (symétrie)
  2. ∀x∈E,⟨u(x),x⟩≥0\forall x \in E, \quad \langle u(x), x \rangle \ge 0 (positivité)

On introduit l’application Φ\Phi définie sur E×EE \times E par : ∀(x,y)∈E2,φ(x,y)=⟨u(x),y⟩\forall (x, y) \in E^2, \quad \varphi(x, y) = \langle u(x), y \rangle


Partie I : Propriétés fondamentales de φ\varphi et diagonalisation

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Montrer que l’application φ\varphi définie par φ(x,y)=⟨u(x),y⟩\varphi(x, y) = \langle u(x), y \rangle est un produit scalaire sur EE si et seulement si uu est défini positif, c’est-à-dire si : ∀x∈E∖{0E},⟨u(x),x⟩>0\forall x \in E \setminus \{0_E\}, \quad \langle u(x), x \rangle > 0 Indication: Repasser par la définition des quatre axiomes d’un produit scalaire, en exploitant la symétrie et la positivité de uu.*


À l’aide du théorème spectral, justifier qu’il existe une base orthonormée (e1,e2,…,en)(e_1, e_2, \dots, e_n) de EE constituée de vecteurs propres de uu. On note (λ1,λ2,…,λn)(\lambda_1, \lambda_2, \dots, \lambda_n) les valeurs propres associées, rangées dans l’ordre croissant : 0≤λ1≤λ2≤⋯≤λn0 \le \lambda_1 \le \lambda_2 \le \dots \le \lambda_n Que peut-on dire du signe des λi\lambda_i ?


Partie II : Inégalités spectrales et extremums

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On se place désormais dans le cas où uu est strictement positif (i.e., λ1>0\lambda_1 > 0).

Établir pour tout vecteur xx de EE de norme 1 (∥x∥=1\|x\| = 1) les inégalités encadrant le terme ⟨u(x),x⟩\langle u(x), x \rangle à l’aide des valeurs extrémales λ1\lambda_1 et λn\lambda_n.


On considère la fonction f:E∖{0E}→Rf : E \setminus \{0_E\} \to \mathbb{R} définie par : f(x)=⟨u(x),x⟩∥x∥2f(x) = \frac{\langle u(x), x \rangle}{\|x\|^2} Déterminer les bornes inf et sup de ff sur E∖{0E}E \setminus \{0_E\}. Ces bornes sont-elles atteintes ?



Partie I : Propriétés fondamentales de φ\varphi et diagonalisation

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Analyse de l’examinateur : Il s’agit de vérifier si φ\varphi définit une nouvelle structure préhilbertienne (voire euclidienne) sur EE. Il faut tester les 4 propriétés d’un produit scalaire.

Soit φ(x,y)=⟨u(x),y⟩\varphi(x, y) = \langle u(x), y \rangle. Vérifions les axiomes :

  1. Symétrie : Par symétrie de l’endomorphisme uu et du produit scalaire initial : φ(y,x)=⟨u(y),x⟩=⟨x,u(y)⟩=⟨u(x),y⟩=φ(x,y)\varphi(y, x) = \langle u(y), x \rangle = \langle x, u(y) \rangle = \langle u(x), y \rangle = \varphi(x, y) La forme est bien symétrique.
  2. Bilinéarité : Par linéarité de uu et bilinéarité du produit scalaire initial : φ(αx1+x2,y)=⟨u(αx1+x2),y⟩=⟨αu(x1)+u(x2),y⟩=α⟨u(x1),y⟩+⟨u(x2),y⟩\varphi(\alpha x_1 + x_2, y) = \langle u(\alpha x_1 + x_2), y \rangle = \langle \alpha u(x_1) + u(x_2), y \rangle = \alpha \langle u(x_1), y \rangle + \langle u(x_2), y \rangle φ(αx1+x2,y)=αφ(x1,y)+φ(x2,y)\varphi(\alpha x_1 + x_2, y) = \alpha \varphi(x_1, y) + \varphi(x_2, y) Par symétrie, elle est aussi linéaire à droite. φ\varphi est donc bilinéaire.
  3. Positivité : Par hypothèse, uu est positif, donc ∀x∈E, φ(x,x)=⟨u(x),x⟩≥0\forall x \in E, \ \varphi(x, x) = \langle u(x), x \rangle \ge 0.
  4. Caractère défini : Supposons φ(x,x)=0\varphi(x, x) = 0, c’est-à-dire ⟨u(x),x⟩=0\langle u(x), x \rangle = 0. Si uu est supposé défini positif, alors nécessairement x=0Ex = 0_E.

Réciproquement, si φ\varphi est un produit scalaire, il est défini, donc φ(x,x)=0  ⟹  x=0E\varphi(x,x) = 0 \implies x = 0_E, ce qui implique la définition stricte.


Analyse de l’examinateur : Application directe et immédiate du cours. Ne pas oublier de mentionner le théorème spectral.

Puisque uu est un endomorphisme symétrique de l’espace euclidien (E,⟨⋅,⋅⟩)(E, \langle \cdot, \cdot \rangle), le théorème spectral garantit l’existence d’une base orthonormée B=(e1,e2,…,en)\mathcal{B} = (e_1, e_2, \dots, e_n) de EE constituée de vecteurs propres de uu.

Soit λi\lambda_i la valeur propre associée au vecteur eie_i (u(ei)=λieiu(e_i) = \lambda_i e_i). Puisque uu est positif, on a : ∀i∈{1,…,n},⟨u(ei),ei⟩=⟨λiei,ei⟩=λi∥ei∥2=λi≥0\forall i \in \{1, \dots, n\}, \quad \langle u(e_i), e_i \rangle = \langle \lambda_i e_i, e_i \rangle = \lambda_i \|e_i\|^2 = \lambda_i \ge 0 Les valeurs propres de uu sont donc toutes des nombres réels positifs ou nuls.


Partie II : Inégalités spectrales et extremums

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Soit x∈Ex \in E tel que ∥x∥=1\|x\| = 1. Puisque (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) est une base orthonormée de EE, on peut décomposer xx dans cette base : x=∑i=1nxieix = \sum_{i=1}^{n} x_i e_i La condition ∥x∥=1\|x\| = 1 se réécrit, par isométrie de la base (Pythagore), sous la forme : ∑i=1nxi2=1\sum_{i=1}^{n} x_i^2 = 1

Calculons alors ⟨u(x),x⟩\langle u(x), x \rangle : ⟨u(x),x⟩=⟨u(∑i=1nxiei),∑j=1nxjej⟩=⟨∑i=1nxiλiei,∑j=1nxjej⟩\langle u(x), x \rangle = \left\langle u\left(\sum_{i=1}^n x_i e_i\right), \sum_{j=1}^n x_j e_j \right\rangle = \left\langle \sum_{i=1}^n x_i \lambda_i e_i, \sum_{j=1}^n x_j e_j \right\rangle Par bilinéarité et orthogonalité de la base (ei)(e_i) : ⟨u(x),x⟩=∑i=1nλixi2⟨ei,ei⟩=∑i=1nλixi2\langle u(x), x \rangle = \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2 \langle e_i, e_i \rangle = \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2

Puisque λ1≤λi≤λn\lambda_1 \le \lambda_i \le \lambda_n pour tout ii, on majore et minore ainsi : λ1∑i=1nxi2≤∑i=1nλixi2≤λn∑i=1nxi2\lambda_1 \sum_{i=1}^n x_i^2 \le \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i^2 \le \lambda_n \sum_{i=1}^n x_i^2

Comme ∑xi2=1\sum x_i^2 = 1, on obtient l’encadrement fondamental : λ1≤⟨u(x),x⟩≤λn\lambda_1 \le \langle u(x), x \rangle \le \lambda_n


Soit x∈E∖{0E}x \in E \setminus \{0_E\}. Posons y=x∥x∥y = \frac{x}{\|x\|}, de sorte que ∥y∥=1\|y\| = 1. Par homogénéité, on a : f(x)=⟨u(∥x∥y),∥x∥y⟩∥x∥2=∥x∥2⟨u(y),y⟩∥x∥2=⟨u(y),y⟩f(x) = \frac{\langle u(\|x\|y), \|x\|y \rangle}{\|x\|^2} = \frac{\|x\|^2 \langle u(y), y \rangle}{\|x\|^2} = \langle u(y), y \rangle

D’après la question 3, lorsque yy parcourt la sphère unité, ⟨u(y),y⟩\langle u(y), y \rangle prend ses valeurs dans l’intervalle [λ1,λn][\lambda_1, \lambda_n].

  • Borne inférieure : inf⁡x≠0f(x)=λ1\inf_{x \neq 0} f(x) = \lambda_1. Elle est atteinte pour x=e1x = e_1 (car f(e1)=⟨u(e1),e1⟩=λ1f(e_1) = \langle u(e_1), e_1 \rangle = \lambda_1).
  • Borne supérieure : sup⁡x≠0f(x)=λn\sup_{x \neq 0} f(x) = \lambda_n. Elle est atteinte pour x=enx = e_n (car f(en)=⟨u(en),en⟩=λnf(e_n) = \langle u(e_n), e_n \rangle = \lambda_n).

💡 Analyse critique et bilan de l’examinateur

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  1. Ce qu’il fallait retenir : Le quotient de Rayleigh f(x)f(x) est un outil puissant en physique-mathématique (mécanique des milieux continus, vibrations propres). Ses extrema sont atteints exactement sur les sous-espaces propres associés aux valeurs propres extrémales.
  2. Piège classique évité : Ne pas oublier de diviser par ∥x∥2\|x\|^2 pour ramener l’étude à la sphère unité. Le passage par la base orthonormée propre est l’unique voie efficace ici.