Skip to content

Cours : Thermodynamique et moteurs thermiques

Le cadre d’étude de la thermodynamique macroscopique en classes préparatoires se fonde sur la description d’un système thermodynamique fermé ou ouvert, échangeant de l’énergie avec l’extérieur sous forme de travail δW\delta W et de transfert thermique δQ\delta Q.

  • Système fermé : Aucun échange de matière avec l’extérieur (dN=0dN = 0).
  • Transformation monotherme : Le système échange de l’énergie avec une seule source de température extérieure T0T_0.
  • Transformation réversible : Transformation quasi-statique et sans phénonmènes dissipatifs internes (viscosité, frottements, effets Joule). L’entropie créée δScreˊeˊe\delta S_{\text{créée}} est nulle.
  • Premier principe (Principe de conservation de l’énergie) : Pour une transformation fermée finie entre un état initial AA et un état final BB, la variation d’énergie totale UU (en négligeant les énergies macroscopiques cinétique et potentielle) s’écrit : ΔU=W+Q\Delta U = W + Q
  • Second principe (Principe d’évolution) : Pour toute transformation, l’entropie SS du système vérifie : ΔS=Seˊch+ScreˊeˊeavecScreˊeˊe≥0\Delta S = S_{\text{éch}} + S_{\text{créée}} \quad \text{avec} \quad S_{\text{créée}} \ge 0 où Seˊch=∫δQTextS_{\text{éch}} = \int \frac{\delta Q}{T_{\text{ext}}}.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Pour tout cycle thermodynamique monotherme au contact d’une source à la température T0T_0, l’inégalité de Clausius s’établit à partir du second principe.

Démonstration : Considérons un système effectuant un cycle fermé (ΔScycle=0\Delta S_{\text{cycle}} = 0). D’après le second principe : ΔScycle=Seˊch, cycle+Screˊeˊe=0\Delta S_{\text{cycle}} = S_{\text{éch, cycle}} + S_{\text{créée}} = 0 Soit : ∮δQText+Screˊeˊe=0\oint \frac{\delta Q}{T_{\text{ext}}} + S_{\text{créée}} = 0 Puisque le système est au contact d’une source unique à la température T0T_0, Text=T0T_{\text{ext}} = T_0 (constante) : 1T0∮δQ+Screˊeˊe=0  ⟹  ∮δQ=−T0Screˊeˊe\frac{1}{T_0} \oint \delta Q + S_{\text{créée}} = 0 \implies \oint \delta Q = -T_0 S_{\text{créée}} Comme Screˊeˊe≥0S_{\text{créée}} \ge 0, il vient immédiatement : ∮δQT0≤0\oint \frac{\delta Q}{T_0} \le 0 Dans le cas particulier d’un cycle réversible, Screˊeˊe=0S_{\text{créée}} = 0, d’où ∮δQrevT=0\oint \frac{\delta Q_{\text{rev}}}{T} = 0.

Efficacité et rendement des moteurs thermiques et machines thermiques

Section titled “Efficacité et rendement des moteurs thermiques et machines thermiques”

Un moteur thermique monokinetique ou fonctionnant entre deux sources (sources chaude T2T_2 et froide T1T_1, avec T2>T1T_2 > T_1) reçoit de l’énergie thermique Q2>0Q_2 > 0 de la source chaude, cède Q1<0Q_1 < 0 à la source froide et fournit un travail W<0W < 0 au milieu extérieur.

Le premier principe appliqué sur un cycle donne : ΔUcycle=0=W+Q1+Q2  ⟹  −W=Q1+Q2\Delta U_{\text{cycle}} = 0 = W + Q_1 + Q_2 \implies -W = Q_1 + Q_2

Le rendement η\eta du moteur est défini par le rapport de l’énergie utile sur l’énergie dépensée : η=−WQ2=Q1+Q2Q2=1+Q1Q2\eta = \frac{-W}{Q_2} = \frac{Q_1 + Q_2}{Q_2} = 1 + \frac{Q_1}{Q_2}

Démonstration du théorème de Carnot : Appliquons le second principe sur le cycle en faisant intervenir les transferts thermiques avec les deux thermostats T1T_1 et T2T_2 : Screˊeˊe=ΔScycle−(Q1T1+Q2T2)=−(Q1T1+Q2T2)≥0S_{\text{créée}} = \Delta S_{\text{cycle}} - \left( \frac{Q_1}{T_1} + \frac{Q_2}{T_2} \right) = -\left( \frac{Q_1}{T_1} + \frac{Q_2}{T_2} \right) \ge 0 Puisque Q2>0Q_2 > 0, divisons par Q2Q_2 : Q1Q2T1+1T2≤0  ⟹  Q1Q2≤−T1T2\frac{Q_1}{Q_2 T_1} + \frac{1}{T_2} \le 0 \implies \frac{Q_1}{Q_2} \le -\frac{T_1}{T_2} En injectant cette relation dans l’expression du rendement : η=1+Q1Q2≤1−T1T2\eta = 1 + \frac{Q_1}{Q_2} \le 1 - \frac{T_1}{T_2} On définit ainsi le rendement de Carnot maximal : ηCarnot=1−T1T2\eta_{\text{Carnot}} = 1 - \frac{T_1}{T_2}


Pour traiter un problème de thermodynamique appliquée aux moteurs (cycles de Beau de Rochas, Diesel, Hirn, etc.) :

  1. Bilan des états : Identifier tous les états caractéristiques du cycle (A,B,C,…A, B, C, \dots) dans le diagramme de Clapeyron (P,VP, V).
  2. Modélisation des transformations :
    • Isotherme (T=cteT = \text{cte})
    • Isobare (P=cteP = \text{cte})
    • Isochore (V=cteV = \text{cte})
    • Adiabatique réversible (Isentropique, PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte})
  3. Calcul des transferts énergétiques par étape :
    • Pour un gaz parfait de capacité thermique CvC_v constante : ΔU=CvΔT\Delta U = C_v \Delta T et ΔH=CpΔT\Delta H = C_p \Delta T.
    • Utiliser W=−∫PdVW = -\int P dV pour le travail échangé lors des transformations quasi-statiques.
  4. Calcul global : Sommer les travaux et transferts thermiques sur l’ensemble du cycle pour en déduire le travail net et le rendement global.

  • Confusion de signe sur les grandeurs échangées : Toujours orienter les flux énergétiques du point de vue du système (reçu > 0, cédé < 0). Un moteur fournit un travail négatif à l’extérieur (W<0W < 0), d’où l’utilisation de −W-W pour exprimer l’énergie mécanique produite.
  • Utilisation abusive de la formule de Laplace : La relation PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte} n’est valable que pour un gaz parfait subissant une transformation adiabatique réversible (isentropique). Elle est fausse si la transformation est irréversible, même adiabatique.
  • Températures en Celsius : Dans toutes les expressions faisant intervenir des quotients de températures (notamment le rendement de Carnot η=1−T1/T2\eta = 1 - T_1 / T_2), T1T_1 et T2T_2 doivent impérativement être exprimées en Kelvin (K\text{K}).
  • Oubli du nombre de cycles par seconde : Attention à bien distinguer l’énergie par cycle (en Joules) de la puissance moyenne (en Watts), cette dernière dépendant de la fréquence de rotation du moteur.