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Exercice 2 : Régimes transitoires

Problème guidé : Étude d’un circuit RLC série et aspects énergétiques

Section titled “Problème guidé : Étude d’un circuit RLC série et aspects énergétiques”

Matière : Physique-Chimie — Filière PTSI
Chapitre: ** Thermodynamique et Électrocinétique (Régimes transitoires)


Ce problème propose l’étude d’un circuit électrique linéaire du second ordre soumis à un échelon de tension, couplé à une approche énergétique. L’objectif est de vérifier la maîtrise des méthodes de résolution des équations différentielles, l’analyse des différents régimes transitoires et l’interprétation physique des termes énergétiques (analogie thermodynamique).


On considère le circuit de la figure ci-dessous (modélisé par l’esprit du candidat) : un générateur idéal de tension délivrant une force électromotrice EE est branché en série avec un interrupteur KK, une résistance RR, une bobine réelle (modélisée par une inductance LL et une résistance interne rr) et un condensateur de capacité CC initialement déchargé.

À l’instant t=0t = 0, on ferme l’interrupteur KK.

Données numériques :

  • E=10 VE = 10\text{ V}
  • L=0,1 HL = 0,1\text{ H}
  • C=10 μFC = 10\text{ }\mu\text{F}
  • R=20 ΩR = 20\text{ }\Omega
  • r=5 Ωr = 5\text{ }\Omega

Partie I : Établissement de l’équation différentielle

Section titled “Partie I : Établissement de l’équation différentielle”

Représenter schématiquement le circuit (description textuelle ou schéma mental) et, en appliquant les lois de Kirchhoff, établir l’équation différentielle vérifiée par la tension aux bornes du condensateur uC(t)u_C(t) pour t>0t > 0.

Indice : Exprimez la tension aux bornes de l’ensemble de la branche en fonction des tensions partielles uRu_R, ubobineu_{\text{bobine}} et uCu_C.


Partie Résolution et Correction Pas à Pas

Section titled “Partie Résolution et Correction Pas à Pas”

Pour t>0t > 0, l’interrupteur est fermé. La loi des mailles s’écrit : E=uR(t)+ubobine(t)+uC(t)E = u_R(t) + u_{\text{bobine}}(t) + u_C(t)

En utilisant les relations constitutives des composants :

  • uR(t)=R i(t)u_R(t) = R \, i(t)
  • ubobine(t)=r i(t)+Ldidtu_{\text{bobine}}(t) = r \, i(t) + L \frac{d i}{d t}
  • i(t)=CduCdti(t) = C \frac{d u_C}{d t}

On en déduit l’expression de l’intensité et de sa dérivée : i(t)=CduCdtetdidt=Cd2uCdt2i(t) = C \frac{d u_C}{d t} \quad \text{et} \quad \frac{d i}{d t} = C \frac{d^2 u_C}{d t^2}

En regroupant les termes de résistance totale Rtot=R+rR_{\text{tot}} = R + r, la loi des mailles devient : E=(R+r)CduCdt+LCd2uCdt2+uC(t)E = (R + r) C \frac{d u_C}{d t} + L C \frac{d^2 u_C}{d t^2} + u_C(t)

Soit sous forme canonique d’une équation différentielle du second ordre : d2uCdt2+R+rLduCdt+1LCuC(t)=ELC\frac{d^2 u_C}{d t^2} + \frac{R + r}{L} \frac{d u_C}{d t} + \frac{1}{LC} u_C(t) = \frac{E}{LC}


Mettre cette équation sous la forme canonique usuelle : d2uCdt2+2ξω0duCdt+ω02uC(t)=ω02E\frac{d^2 u_C}{d t^2} + 2\xi \omega_0 \frac{d u_C}{d t} + \omega_0^2 u_C(t) = \omega_0^2 E Exprimer la pulsation propre ω0\omega_0 et le facteur d’amortissement ξ\xi en fonction de LL, CC, RR et rr. Calculer leur valeur numérique.


Par identification avec l’équation canonique :

  1. La pulsation propre : ω0=1LC\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}}
  2. Le coefficient d’amortissement : 2ξω0=R+rL  ⟹  ξ=R+r2CL2\xi \omega_0 = \frac{R + r}{L} \implies \xi = \frac{R + r}{2} \sqrt{\frac{C}{L}}

A.N. :

  • Rtot=20+5=25 ΩR_{\text{tot}} = 20 + 5 = 25\text{ }\Omega
  • ω0=10,1×10×10−6=110−6=103 rad⋅s−1\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{0,1 \times 10 \times 10^{-6}}} = \frac{1}{\sqrt{10^{-6}}} = 10^3\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
  • ξ=252×10×10−60,1=12,5×10−4=12,5×10−2=0,125\xi = \frac{25}{2} \times \sqrt{\frac{10 \times 10^{-6}}{0,1}} = 12,5 \times \sqrt{10^{-4}} = 12,5 \times 10^{-2} = 0,125

Quel est le régime transitoire observé ? Justifier. Résoudre l’équation différentielle pour déterminer l’expression de uC(t)u_C(t).


Puisque ξ=0,125<1\xi = 0,125 < 1, le système est en régime pseudo-périodique.

L’équation caractéristique associée est : r2+2ξω0r+ω02=0r^2 + 2\xi \omega_0 r + \omega_0^2 = 0 Le discriminant réduit est Δ′=ξ2ω02−ω02=ω02(ξ2−1)<0\Delta' = \xi^2 \omega_0^2 - \omega_0^2 = \omega_0^2(\xi^2 - 1) < 0.
Les racines complexes conjuguées sont : r1,2=−ξω0±jωpr_{1,2} = -\xi \omega_0 \pm j \omega_p où ωp=ω01−ξ2\omega_p = \omega_0 \sqrt{1 - \xi^2} est la pulsation pseudo-propre.

La solution générale de l’équation avec second membre est la somme de la solution générale de l’équation sans second membre et d’une solution particulière (constante uC,part=Eu_{C,\text{part}} = E) : uC(t)=e−ξω0t(Acos⁡(ωpt)+Bsin⁡(ωpt))+Eu_C(t) = e^{-\xi \omega_0 t} (A \cos(\omega_p t) + B \sin(\omega_p t)) + E

Détermination des constantes AA et BB à l’aide des conditions initiales à t=0+t = 0^+ :

  1. Continuité de la tension aux bornes du condensateur (car le courant reste fini) :
    uC(0+)=uC(0−)=0  ⟹  A+E=0  ⟹  A=−Eu_C(0^+) = u_C(0^-) = 0 \implies A + E = 0 \implies A = -E
  2. Continuité du courant (donc de la dérivée de uCu_C) puisque la bobine s’oppose à la variation instantanée du courant :
    i(0+)=CduCdt∣t=0+=0  ⟹  duCdt∣t=0+=0i(0^+) = C \left. \frac{d u_C}{d t} \right|_{t=0^+} = 0 \implies \left. \frac{d u_C}{d t} \right|_{t=0^+} = 0

En dérivant uC(t)u_C(t) : duCdt=−ξω0e−ξω0t(Acos⁡(ωpt)+Bsin⁡(ωpt))+e−ω0tωp(−Asin⁡(ωpt)+Bcos⁡(ωpt))\frac{d u_C}{d t} = -\xi \omega_0 e^{-\xi \omega_0 t} (A \cos(\omega_p t) + B \sin(\omega_p t)) + e^{-\omega_0 t} \omega_p (-A \sin(\omega_p t) + B \cos(\omega_p t)) À t=0t = 0 : duCdt∣t=0=−ξω0A+ωpB=0  ⟹  B=ξω0ωpA=ξ1−ξ2E\left. \frac{d u_C}{d t} \right|_{t=0} = -\xi \omega_0 A + \omega_p B = 0 \implies B = \frac{\xi \omega_0}{\omega_p} A = \frac{\xi}{\sqrt{1 - \xi^2}} E

Finalement : uC(t)=E[1−e−ξω0t(cos⁡(ωpt)+ξ1−ξ2sin⁡(ωpt)) permanent]u_C(t) = E \left[ 1 - e^{-\xi \omega_0 t} \left( \cos(\omega_p t) + \frac{\xi}{\sqrt{1 - \xi^2}} \sin(\omega_p t) \right) \ permanent \right]


Partie II : Bilan énergétique et Analyse critique

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Établir l’équation bilan des puissances du circuit en multipliant l’équation de la maille par i(t)i(t). Interpréter physiquement chaque terme à la fin du régime transitoire (analogie avec le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert ou fermé).


En partant de la loi des mailles : E=(R+r)i+Ldidt+uCE = (R + r)i + L\frac{di}{dt} + u_C Multiplions par i(t)=CduCdti(t) = C \frac{du_C}{dt} : E i(t)=(R+r)i2(t)+Li(t)didt+uC(t)i(t)E \, i(t) = (R + r)i^2(t) + L i(t) \frac{di}{dt} + u_C(t) i(t)

En intégrant sur une durée longue (ou en considérant les formes différentielles d’énergie) :

  • E i(t)=dEgendtE \, i(t) = \frac{dE_{\text{gen}}}{dt} : Puissance fournie par le générateur.
  • (R+r)i2(t)=PJoule(t)(R + r)i^2(t) = P_{\text{Joule}}(t) : Puissance dissipée par effet Joule par les résistances RR et rr.
  • Li(t)didt=ddt(12Li2(t))=dEmagndtL i(t) \frac{di}{dt} = \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2} L i^2(t)\right) = \frac{dE_{\text{magn}}}{dt} : Variation de l’énergie magnétique stockée dans la bobine.
  • uC(t)CduCdt=ddt(12CuC2(t))=dEelecdtu_C(t) C \frac{du_C}{dt} = \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2} C u_C^2(t)\right) = \frac{dE_{\text{elec}}}{dt} : Variation de l’énergie électrostatique stockée dans le condensateur.

  1. Cohérence physique du régime :
    Le facteur d’amortissement ξ=0,125\xi = 0,125 étant largement inférieur à 11, le système oscille avant de converger vers la valeur E=10 VE = 10\text{ V}. Cette oscillation traduit un échange permanent d’énergie entre le champ magnétique de la bobine et le champ électrique du condensateur.
  2. Dissipation énergétique :
    À t→+∞t \to +\infty, le courant i(t)i(t) s’annule (car uCu_C atteint la constante EE). L’énergie totale fournie par le générateur s’est donc intégralement partagée entre l’énergie stockée dans le condensateur (Eelec=12CE2E_{\text{elec}} = \frac{1}{2} C E^2) et l’énergie dissipée par effet Joule à travers les résistances RR et rr tout au long du régime transitoire.
  3. Limites du modèle :
    Le modèle linéaire suppose LL, CC, RR et rr constants. En pratique, la résistance interne de la bobine rr peut varier par effet Joule (chauffage du fil de cuivre, ΔT\Delta T), modifiant ainsi légèrement le facteur d’amortissement ξ\xi au cours du temps, ce qui constitue un couplage thermo-électrique non pris en compte ici.