Exercice 1 : Compacité et connexité
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Soit l’espace vectoriel normé des fonctions continues de dans , muni de la norme infinie définie par :
On s’intéresse dans ce problème à la structure topologique de certaines parties de , en particulier à l’interaction entre la compacité et la connexité par arcs.
Soit la partie de définie par : Autrement dit, est l’ensemble des fonctions 1-lipschitziennes sur , s’annulant en et valant en .
❓ Questions progressives
Section titled “❓ Questions progressives”-
Topologie et normes a. Rappeler pourquoi est un espace vectoriel normé complet. b. Soit une suite d’éléments de . Montrer que cette suite est équicontinue.
-
Compacité a. Enoncer le théorème d’Arzelà-Ascoli. b. Montrer que la partie est fermée dans . c. En déduire que est une partie compacte de .
-
Connexité par arcs a. Définir la notion de partie connexe par arcs dans un espace vectoriel normé. b. Soit . Pour tout , on pose . Montrer que pour tout , . c. En déduire que est connexe par arcs, puis qu’il est connexe.
-
Analyse critique du modèle et optimisation a. L’ensemble est-il convexe ? Justifier rigoureusement. b. Déterminer et préciser si cette borne inférieure est un minimum.
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Q1.b : Utiliser directement la définition de la propriété lipschitzienne commune à toutes les fonctions de .
- Q2.b : Pour montrer qu’un ensemble est fermé, on considère une suite convergente dans cet ensemble et on montre que sa limite vérifie les propriétés caractéristiques de l’ensemble (passage à la limite dans les inégalités).
- Q2.c : Vérifier les hypothèses du théorème d’Arzelà-Ascoli (fermeture, bornitude, équicontinuité).
- Q3.b : Vérifiez les trois conditions caractérisant : , , et l’inégalité des accroissements finis.
- Q4.b : Représenter graphiquement les contraintes sur pour deviner la fonction optimale (fonction “pente maximale”).
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Topologie et normes
Section titled “1. Topologie et normes”a. est l’espace des fonctions continues sur un compact à valeurs dans . C’est un classique : la complétude résulte du théorème de la double limite (toute suite de Cauchy converge uniformément vers une fonction continue).
b. Soit une suite d’éléments de . Par définition de , pour tout et pour tout , on a : Cette majoration ne dépend ni de ni de . Ainsi, pour tout , en choisissant , on a : La suite est donc équicontinue.
2. Compacité
Section titled “2. Compacité”a. Théorème d’Arzelà-Ascoli : Soit où est un compact. est relativement compact si et seulement si :
- est borné.
- est équicontinu.
b. Montrons que est fermé. Soit une suite d’éléments de convergeant vers une fonction pour la norme .
- Pour tout , . Par convergence uniforme, , donc .
- De même, , donc .
- Pour tous et pour tout , . En passant à la limite lorsque (par continuité de la valeur absolue et convergence simple), on obtient : Ainsi, . L’ensemble est donc fermé.
c. Montrons que est borné : pour tout et tout , en utilisant : Donc , ce qui prouve que est borné. D’après la question 1.b, est équicontinu. Par le théorème d’Arzelà-Ascoli, est relativement compact. Étant fermé (Q2.b), est compact.
3. Connexité par arcs
Section titled “3. Connexité par arcs”a. Une partie d’un EVN est dite connexe par arcs si pour tous , il existe un chemin continu tel que et .
b. Soit et . Posons .
- .
- .
- Pour tous : En utilisant l’inégalité triangulaire et le fait que : Ainsi, .
c. Soit la fonction identité (qui appartient clairement à ). Pour toute fonction , l’application définie par est continue (car ). De plus, et . Ainsi, tout élément de peut être relié à par un arc continu tracé dans . est donc connexe par arcs (et par conséquent connexe, la connexité par arcs impliquant la connexité).
4. Analyse critique du modèle et optimisation
Section titled “4. Analyse critique du modèle et optimisation”a. est convexe. En effet, soient et . La combinaison convexe (avec et ) vérifie trivialement , et l’inégalité des accroissements finis par convexité de la valeur absolue et linéarité.
b. Cherchons . Pour tout , comme et est 1-lipschitzienne, on a (et aussi ). Plus précisément, la contrainte combinée avec impose que : Rigoureusement, traçons l’enveloppe minimale : n’est pas forcément minimal partout, mais l’intégrale est minorée par l’aire sous la plus petite fonction 1-lipschitzienne joignant à . Considérons la fonction . Sautorise-t-on mieux ? Testons — attention, cette fonction n’est pas ou pas 1-lipschitzienne partout. La fonction vérifie ? Non, prenons , . En réalité, la plus petite fonction possible graphiquement sous la contrainte est celle qui reste le plus bas possible, soit ? Non, a une pente de (interdit). La pente maximale est . Pour minimiser l’aire sous la courbe tout en partant de et en arrivant à , la stratégie optimale est de rester à le plus longtemps possible, soit sur , puis de monter avec une pente de jusqu’en . Puisque et que la pente est au plus , on doit avoir ? Si et avec pente , la fonction minimale est nécessairement pour tout car ? Non, est faux, c’est . Puisque et , on a . En effet : . Puisque pour tout et pour tout , on a : De plus, la fonction appartient à et atteint cette valeur. Par conséquent :