On s’intéresse à un dispositif thermique innovant modélisant un cycle thermodynamique fermé, susceptible d’être utilisé dans des systèmes de micro-cogénération. Le système étudié est une mole de gaz parfait monoatomique (CV=23R, CP=25R) subissant un cycle quasi-statique réversible constitué de quatre transformations successives entre deux thermostats de températures extrêmes T1 et T2 (avec T2>T1).
Le cycle décrit dans le diagramme de Clapeyron (P,V) est le suivant :
- A→B : Compression isochore du gaz, faisant passer la pression de PA à PB (volume VA=VB).
- B→C : Détente isobare de VB à VC sous la pression PB=PC.
- C→D : Détente isochore du gaz de PC à PD (volume VC=VD).
- D→A : Compression isobare ramenant le gaz à l’état initial A sous la pression PA=PD.
On pose les données caractéristiques suivantes :
- Quantité de matière : n=1 mol
- Température à l’état A : TA=300 K
- Pression à l’état A : PA=1 bar=105 Pa
- Volume à l’état C : VC=3VA
- Constante des gaz parfaits : R≈8,314 J⋅K−1⋅mol−1
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Représentation et caractérisation des états
a) Exprimer le volume VA en fonction de n, R, TA et PA, puis calculer sa valeur numérique.
b) Déterminer les coordonnées thermodynamiques (P,V,T) des états B, C et D en fonction des données initiales et des rapports de volume/pression.
c) Représenter qualitativement le cycle ABCDE dans le diagramme de Clapeyron (P,V).
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Bilan énergétique (Premier Principe)
a) Rapponcer l’expression générale du premier principe de la thermodynamique pour un système fermé en écriture différentielle, puis sous forme intégrée pour une transformation élémentaire.
b) Exprimer et calculer le travail W et la quantité de chaleur Q échangés par le gaz au cours de chacune des quatre transformations du cycle.
c) En déduire le travail total Wcycle reçu par le gaz au cours d’un cycle complet et la chaleur totale Qcycle reçue. Conclure sur le signe de Wcycle quant à la nature moteur ou réceptrice du cycle.
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Bilan entropique (Second Principe)
a) Rappeler l’expression de la variation d’entropie élémentaire dS d’un gaz parfait en fonction de dT et dV, puis en fonction de dT et dP.
b) Calculer la variation d’entropie ΔSAB, ΔSBC, ΔSCD et ΔSDA pour chaque étape, ainsi que la variation d’entropie sur un cycle complet ΔScycle. Le résultat était-il prévisible ? Justifier.
c) En considérant que les échanges thermiques s’effectuent avec deux thermostats de températures respectives Tsource et Tpuits, calculer l’entropie créée ΔScreˊeˊe au cours d’un cycle si les transferts thermiques se font à travers des parois de conductivités thermiques finies.
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Analyse critique du modèle
a) Le cycle décrit est-il un cycle moteur ou un cycle de pompe à chaleur/réfrigérateur ? Justifier.
b) Évaluer le rendement (ou l’efficacité) de ce cycle et le comparer au rendement d’un cycle de Carnot fonctionnant entre les mêmes températures extrêmes Tmin et Tmax du cycle.
c) Discuter la pertinence de l’hypothèse de quasi-statisme pour les étapes isochores et isobares dans une optique industrielle.
- Q1 : Utilisez l’équation d’état des gaz parfaits PV=nRT. Attention aux unités (utiliser le Système International : Pa, m3, K).
- Q2 : Pour un gaz parfait monoatomique, l’énergie interne ne dépend que de la température : ΔU=nCVΔT. Utilisez la relation dU=δW+δQ sachant que δW=−PextdV. Par réversibilité, Pext=Pgaz.
- Q3 : L’entropie est une fonction d’état, sa variation sur un cycle fermé est donc nécessairement nulle. Pour calculer l’entropie créée, appliquez l’inégalité de Clausius en considérant l’entropie échangée avec les sources de chaleur.
- Q4 : Identifiez clairement les transferts thermiques reçus par le gaz (chaleur reçue positive) et les transferts cédés pour classifier le dispositif.
a) D’après l’équation d’état des gaz parfaits appliquée à l’état A :
PAVA=nRTA⟹VA=PAnRTA
A.N. :
VA=1051×8,314×300=2,49×10−2 m3=24,9 L
b) Caractéristiques des autres états :
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État B : Transformation A→B isochore (VB=VA) et PB=PC=3PA (car la transformation B→C est isobare et VC=3VA=3VB).
- VB=VA=2,49×10−2 m3
- PB=3×105 Pa
- TB=nRPBVB=3×TA=900 K
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État C : Transformation B→C isobare (PC=PB) et VC=3VA.
- VC=3×2,49×10−2=7,48×10−2 m3
- PC=3×105 Pa
- TC=nRPCVC=3×TB=2700 K (ou TC=TBVBVC=900×3=2700 K)
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État D : Transformation C→D isochore (VD=VC) et PD=PA=105 Pa (car D→A est isobare).
- VD=VC=7,48×10−2 m3
- PD=105 Pa
- TD=nRPDVD=8,314105×7,48×10−2≈899,7 K (on remarque TD≈TB).
c) Diagramme de Clapeyron :
Le cycle se trace dans le sens horaire entre les volumes VA et VC et les pressions PA et PB.
a) Le premier principe pour un système fermé s’écrit :
ΔU=W+Q
Sous forme infinitésimale :
dU=δW+δQ
Avec δW=−PdV (transformation quasi-statique) et dU=nCVdT.
b) Calcul pour chaque étape :
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Étape A→B (isochore, dV=0) :
- WAB=0
- QAB=ΔUAB=nCV(TB−TA)=1×(23×8,314)×(900−300)=12,471×600=7482,6 J
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Étape B→C (isobare, P=PB) :
- WBC=−PB(VC−VB)=−3×105×(7,48×10−2−2,49×10−2)=−3×105×4,99×10−2=−14970 J
- QBC=ΔHBC=nCP(TC−TB)=1×(25×8,314)×(2700−900)=20,785×1800=37413 J
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Étape C→D (isochore, dV=0) :
- WCD=0
- QCD=ΔUCD=nCV(TD−TC)=1×12,471×(899,7−2700)≈−22489 J
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Étape D→A (isobare, P=PA) :
- WDA=−PA(VA−VD)=−105×(2,49×10−2−7,48×10−2)=−105×(−4,99×10−2)=+4990 J
- QDA=ΔHDA=nCP(TA−TD)=20,785×(300−899,7)≈−12480 J
c) Bilan global sur le cycle :
- Travail total :
Wcycle=WAB+WBC+WCD+WDA=0−14970+0+4990=−9980 J
- Chaleur totale :
Qcycle=−Wcycle=9980 J
Le travail total est négatif (Wcycle<0), le système fournit du travail au milieu extérieur : le cycle est moteur.
a) L’entropie est une fonction d’état. Pour un gaz parfait :
dS=TnCVdT+TPdV=nCVTdT+nRVdV
En utilisant l’équation d’état, on a aussi :
dS=nCPTdT−nRPdP
b) Variations d’entropie par étape :
- ΔSAB=nCVln(TATB)=1×(23×8,314)ln(3)=12,471×1,0986=13,70 J⋅K−1
- ΔSBC=nCPln(TBTC)=1×(25×8,314)ln(3)=20,785×1,0986=22,83 J⋅K−1
- ΔSCD=nCVln(TCTD)=1×12,471ln(2700899,7)=12,471ln(31)=−13,70 J⋅K−1
- ΔSDA=nCPln(TDTA)=20,785ln(899,7300)=20,785ln(31)=−22,83 J⋅K−1
Variation sur le cycle :
ΔScycle=ΔSAB+ΔSBC+ΔSCD+ΔSDA=13,70+22,83−13,70−22,83=0 J⋅K−1
Ce résultat était prévisible car l’entropie S est une fonction d’état, sa variation sur un cycle fermé est nécessairement nulle.
c) L’entropie créée au cours du cycle provient des transferts thermiques avec l’extérieur. Si l’on considère les sources thermiques externes fournissant les chaleurs reçues Qrec¸ue=QAB+QBC>0 et rejetant la chaleur Qceˊdeˊe, l’entropie créée s’écrit par application du second principe à l’univers (système + sources) :
ΔScreˊeˊ,cycle=ΔScycle+∑ΔSsources=0−Tsource,1QAB−Tsource,2QBC−…
Note conceptuelle : Si les transformations internes sont supposées quasi-statiques, l’entropie créée à l’intérieur du gaz est nulle (ΔScreˊeˊe, int=0). Cependant, si les échanges thermiques avec les thermostats se font par différences de températures finies, il y a création d’entropie au niveau des interfaces thermiques.
a) Le travail total reçu par le gaz est négatif (Wcycle<0), ce qui signifie que le système fournit de l’énergie mécanique au milieu extérieur : il s’agit bien d’un cycle moteur.
b) Le rendement thermique η du cycle est défini par le rapport de l’énergie utile fournie sur l’énergie thermique payante (fournie par la source chaude) :
η=Qfournie−Wcycle
Les apports de chaleur positifs se font lors des étapes A→B et B→C :
Qfournie=QAB+QBC=7482,6+37413=44895,6 J
Ainsi :
η=44895,69980≈0,222(soit 22,2%)
Comparaison avec le cycle de Carnot fonctionnant entre Tmin=TA=300 K et Tmax=TC=2700 K :
ηCarnot=1−TmaxTmin=1−2700300=1−91=98≈88,9%
Le rendement réel de ce cycle est nettement inférieur à celui de Carnot, ce qui est conforme au second principe (η<ηCarnot). Cette différence s’explique par le fait que les transferts thermiques ne s’effectuent pas de manière isotherme à Tmin et Tmax, mais sur de larges plages de température, générant d’importantes irreversibilités externes.
c) Critique de l’hypothèse de quasi-statisme :
Dans un système réel, réaliser des transformations isochores et isobares de manière quasi-statique impose des vitesses de déplacement des pistons extrêmement faibles (pour que la pression interne soit uniformément égale à la pression extérieure et que l’équilibre thermique soit permanent). En régime industriel, cela conduirait à des puissances massiques et volumiques très faibles, rendant les machines non rentables économiquement. Le modèle quasi-statique constitue donc une borne idéale (rendement maximal théorique pour ce type de cycle) mais reste éloigné des performances dynamiques des moteurs réels.