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Exercice 1 : Premier et second principes

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On s’intéresse à un dispositif thermique innovant modélisant un cycle thermodynamique fermé, susceptible d’être utilisé dans des systèmes de micro-cogénération. Le système étudié est une mole de gaz parfait monoatomique (CV=32RC_V = \frac{3}{2} R, CP=52RC_P = \frac{5}{2} R) subissant un cycle quasi-statique réversible constitué de quatre transformations successives entre deux thermostats de températures extrêmes T1T_1 et T2T_2 (avec T2>T1T_2 > T_1).

Le cycle décrit dans le diagramme de Clapeyron (P,V)(P, V) est le suivant :

  1. A→BA \to B : Compression isochore du gaz, faisant passer la pression de PAP_A à PBP_B (volume VA=VBV_A = V_B).
  2. B→CB \to C : Détente isobare de VBV_B à VCV_C sous la pression PB=PCP_B = P_C.
  3. C→DC \to D : Détente isochore du gaz de PCP_C à PDP_D (volume VC=VDV_C = V_D).
  4. D→AD \to A : Compression isobare ramenant le gaz à l’état initial AA sous la pression PA=PDP_A = P_D.

On pose les données caractéristiques suivantes :

  • Quantité de matière : n=1 moln = 1\text{ mol}
  • Température à l’état AA : TA=300 KT_A = 300\text{ K}
  • Pression à l’état AA : PA=1 bar=105 PaP_A = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa}
  • Volume à l’état CC : VC=3VAV_C = 3 V_A
  • Constante des gaz parfaits : R≈8,314 J⋅K−1⋅mol−1R \approx 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Représentation et caractérisation des états a) Exprimer le volume VAV_A en fonction de nn, RR, TAT_A et PAP_A, puis calculer sa valeur numérique. b) Déterminer les coordonnées thermodynamiques (P,V,T)(P, V, T) des états BB, CC et DD en fonction des données initiales et des rapports de volume/pression. c) Représenter qualitativement le cycle ABCDEABCDE dans le diagramme de Clapeyron (P,V)(P, V).

  2. Bilan énergétique (Premier Principe) a) Rapponcer l’expression générale du premier principe de la thermodynamique pour un système fermé en écriture différentielle, puis sous forme intégrée pour une transformation élémentaire. b) Exprimer et calculer le travail WW et la quantité de chaleur QQ échangés par le gaz au cours de chacune des quatre transformations du cycle. c) En déduire le travail total WcycleW_{\text{cycle}} reçu par le gaz au cours d’un cycle complet et la chaleur totale QcycleQ_{\text{cycle}} reçue. Conclure sur le signe de WcycleW_{\text{cycle}} quant à la nature moteur ou réceptrice du cycle.

  3. Bilan entropique (Second Principe) a) Rappeler l’expression de la variation d’entropie élémentaire dSdS d’un gaz parfait en fonction de dTdT et dVdV, puis en fonction de dTdT et dPdP. b) Calculer la variation d’entropie ΔSAB\Delta S_{AB}, ΔSBC\Delta S_{BC}, ΔSCD\Delta S_{CD} et ΔSDA\Delta S_{DA} pour chaque étape, ainsi que la variation d’entropie sur un cycle complet ΔScycle\Delta S_{\text{cycle}}. Le résultat était-il prévisible ? Justifier. c) En considérant que les échanges thermiques s’effectuent avec deux thermostats de températures respectives TsourceT_{\text{source}} et TpuitsT_{\text{puits}}, calculer l’entropie créée ΔScreˊeˊe\Delta S_{\text{créée}} au cours d’un cycle si les transferts thermiques se font à travers des parois de conductivités thermiques finies.

  4. Analyse critique du modèle a) Le cycle décrit est-il un cycle moteur ou un cycle de pompe à chaleur/réfrigérateur ? Justifier. b) Évaluer le rendement (ou l’efficacité) de ce cycle et le comparer au rendement d’un cycle de Carnot fonctionnant entre les mêmes températures extrêmes TminT_{\text{min}} et TmaxT_{\text{max}} du cycle. c) Discuter la pertinence de l’hypothèse de quasi-statisme pour les étapes isochores et isobares dans une optique industrielle.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Q1 : Utilisez l’équation d’état des gaz parfaits PV=nRTPV = nRT. Attention aux unités (utiliser le Système International : Pa, m3\text{m}^3, K).
  • Q2 : Pour un gaz parfait monoatomique, l’énergie interne ne dépend que de la température : ΔU=nCVΔT\Delta U = n C_V \Delta T. Utilisez la relation dU=δW+δQdU = \delta W + \delta Q sachant que δW=−PextdV\delta W = -P_{\text{ext}} dV. Par réversibilité, Pext=PgazP_{\text{ext}} = P_{\text{gaz}}.
  • Q3 : L’entropie est une fonction d’état, sa variation sur un cycle fermé est donc nécessairement nulle. Pour calculer l’entropie créée, appliquez l’inégalité de Clausius en considérant l’entropie échangée avec les sources de chaleur.
  • Q4 : Identifiez clairement les transferts thermiques reçus par le gaz (chaleur reçue positive) et les transferts cédés pour classifier le dispositif.

1. Représentation et caractérisation des états

Section titled “1. Représentation et caractérisation des états”

a) D’après l’équation d’état des gaz parfaits appliquée à l’état AA : PAVA=nRTA  ⟹  VA=nRTAPAP_A V_A = n R T_A \implies V_A = \frac{n R T_A}{P_A} A.N. : VA=1×8,314×300105=2,49×10−2 m3=24,9 LV_A = \frac{1 \times 8{,}314 \times 300}{10^5} = 2{,}49 \times 10^{-2}\text{ m}^3 = 24{,}9\text{ L}

b) Caractéristiques des autres états :

  • État BB : Transformation A→BA \to B isochore (VB=VAV_B = V_A) et PB=PC=3PAP_B = P_C = 3 P_A (car la transformation B→CB \to C est isobare et VC=3VA=3VBV_C = 3 V_A = 3 V_B).

    • VB=VA=2,49×10−2 m3V_B = V_A = 2{,}49 \times 10^{-2}\text{ m}^3
    • PB=3×105 PaP_B = 3 \times 10^5\text{ Pa}
    • TB=PBVBnR=3×TA=900 KT_B = \frac{P_B V_B}{n R} = 3 \times T_A = 900\text{ K}
  • État CC : Transformation B→CB \to C isobare (PC=PBP_C = P_B) et VC=3VAV_C = 3 V_A.

    • VC=3×2,49×10−2=7,48×10−2 m3V_C = 3 \times 2{,}49 \times 10^{-2} = 7{,}48 \times 10^{-2}\text{ m}^3
    • PC=3×105 PaP_C = 3 \times 10^5\text{ Pa}
    • TC=PCVCnR=3×TB=2700 KT_C = \frac{P_C V_C}{n R} = 3 \times T_B = 2700\text{ K} (ou TC=TBVCVB=900×3=2700 KT_C = T_B \frac{V_C}{V_B} = 900 \times 3 = 2700\text{ K})
  • État DD : Transformation C→DC \to D isochore (VD=VCV_D = V_C) et PD=PA=105 PaP_D = P_A = 10^5\text{ Pa} (car D→AD \to A est isobare).

    • VD=VC=7,48×10−2 m3V_D = V_C = 7{,}48 \times 10^{-2}\text{ m}^3
    • PD=105 PaP_D = 10^5\text{ Pa}
    • TD=PDVDnR=105×7,48×10−28,314≈899,7 KT_D = \frac{P_D V_D}{n R} = \frac{10^5 \times 7{,}48 \times 10^{-2}}{8{,}314} \approx 899{,}7\text{ K} (on remarque TD≈TBT_D \approx T_B).

c) Diagramme de Clapeyron : Le cycle se trace dans le sens horaire entre les volumes VAV_A et VCV_C et les pressions PAP_A et PBP_B.


a) Le premier principe pour un système fermé s’écrit : ΔU=W+Q\Delta U = W + Q Sous forme infinitésimale : dU=δW+δQdU = \delta W + \delta Q Avec δW=−PdV\delta W = -P dV (transformation quasi-statique) et dU=nCVdTdU = n C_V d T.

b) Calcul pour chaque étape :

  • Étape A→BA \to B (isochore, dV=0dV = 0) :

    • WAB=0W_{AB} = 0
    • QAB=ΔUAB=nCV(TB−TA)=1×(32×8,314)×(900−300)=12,471×600=7482,6 JQ_{AB} = \Delta U_{AB} = n C_V (T_B - T_A) = 1 \times \left(\frac{3}{2} \times 8{,}314\right) \times (900 - 300) = 12{,}471 \times 600 = 7482{,}6\text{ J}
  • Étape B→CB \to C (isobare, P=PBP = P_B) :

    • WBC=−PB(VC−VB)=−3×105×(7,48×10−2−2,49×10−2)=−3×105×4,99×10−2=−14970 JW_{BC} = -P_B (V_C - V_B) = -3 \times 10^5 \times (7{,}48 \times 10^{-2} - 2{,}49 \times 10^{-2}) = -3 \times 10^5 \times 4{,}99 \times 10^{-2} = -14970\text{ J}
    • QBC=ΔHBC=nCP(TC−TB)=1×(52×8,314)×(2700−900)=20,785×1800=37413 JQ_{BC} = \Delta H_{BC} = n C_P (T_C - T_B) = 1 \times \left(\frac{5}{2} \times 8{,}314\right) \times (2700 - 900) = 20{,}785 \times 1800 = 37413\text{ J}
  • Étape C→DC \to D (isochore, dV=0dV = 0) :

    • WCD=0W_{CD} = 0
    • QCD=ΔUCD=nCV(TD−TC)=1×12,471×(899,7−2700)≈−22489 JQ_{CD} = \Delta U_{CD} = n C_V (T_D - T_C) = 1 \times 12{,}471 \times (899{,}7 - 2700) \approx -22489\text{ J}
  • Étape D→AD \to A (isobare, P=PAP = P_A) :

    • WDA=−PA(VA−VD)=−105×(2,49×10−2−7,48×10−2)=−105×(−4,99×10−2)=+4990 JW_{DA} = -P_A (V_A - V_D) = -10^5 \times (2{,}49 \times 10^{-2} - 7{,}48 \times 10^{-2}) = -10^5 \times (-4{,}99 \times 10^{-2}) = +4990\text{ J}
    • QDA=ΔHDA=nCP(TA−TD)=20,785×(300−899,7)≈−12480 JQ_{DA} = \Delta H_{DA} = n C_P (T_A - T_D) = 20{,}785 \times (300 - 899{,}7) \approx -12480\text{ J}

c) Bilan global sur le cycle :

  • Travail total : Wcycle=WAB+WBC+WCD+WDA=0−14970+0+4990=−9980 JW_{\text{cycle}} = W_{AB} + W_{BC} + W_{CD} + W_{DA} = 0 - 14970 + 0 + 4990 = -9980\text{ J}
  • Chaleur totale : Qcycle=−Wcycle=9980 JQ_{\text{cycle}} = -W_{\text{cycle}} = 9980\text{ J} Le travail total est négatif (Wcycle<0W_{\text{cycle}} < 0), le système fournit du travail au milieu extérieur : le cycle est moteur.

a) L’entropie est une fonction d’état. Pour un gaz parfait : dS=nCVdTT+PdVT=nCVdTT+nRdVVdS = \frac{n C_V dT}{T} + \frac{P dV}{T} = n C_V \frac{dT}{T} + n R \frac{dV}{V} En utilisant l’équation d’état, on a aussi : dS=nCPdTT−nRdPPdS = n C_P \frac{dT}{T} - n R \frac{dP}{P}

b) Variations d’entropie par étape :

  • ΔSAB=nCVln⁡(TBTA)=1×(32×8,314)ln⁡(3)=12,471×1,0986=13,70 J⋅K−1\Delta S_{AB} = n C_V \ln\left(\frac{T_B}{T_A}\right) = 1 \times \left(\frac{3}{2} \times 8{,}314\right) \ln(3) = 12{,}471 \times 1{,}0986 = 13{,}70\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • ΔSBC=nCPln⁡(TCTB)=1×(52×8,314)ln⁡(3)=20,785×1,0986=22,83 J⋅K−1\Delta S_{BC} = n C_P \ln\left(\frac{T_C}{T_B}\right) = 1 \times \left(\frac{5}{2} \times 8{,}314\right) \ln(3) = 20{,}785 \times 1{,}0986 = 22{,}83\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • ΔSCD=nCVln⁡(TDTC)=1×12,471ln⁡(899,72700)=12,471ln⁡(13)=−13,70 J⋅K−1\Delta S_{CD} = n C_V \ln\left(\frac{T_D}{T_C}\right) = 1 \times 12{,}471 \ln\left(\frac{899{,}7}{2700}\right) = 12{,}471 \ln\left(\frac{1}{3}\right) = -13{,}70\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • ΔSDA=nCPln⁡(TATD)=20,785ln⁡(300899,7)=20,785ln⁡(13)=−22,83 J⋅K−1\Delta S_{DA} = n C_P \ln\left(\frac{T_A}{T_D}\right) = 20{,}785 \ln\left(\frac{300}{899{,}7}\right) = 20{,}785 \ln\left(\frac{1}{3}\right) = -22{,}83\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}

Variation sur le cycle : ΔScycle=ΔSAB+ΔSBC+ΔSCD+ΔSDA=13,70+22,83−13,70−22,83=0 J⋅K−1\Delta S_{\text{cycle}} = \Delta S_{AB} + \Delta S_{BC} + \Delta S_{CD} + \Delta S_{DA} = 13{,}70 + 22{,}83 - 13{,}70 - 22{,}83 = 0\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} Ce résultat était prévisible car l’entropie SS est une fonction d’état, sa variation sur un cycle fermé est nécessairement nulle.

c) L’entropie créée au cours du cycle provient des transferts thermiques avec l’extérieur. Si l’on considère les sources thermiques externes fournissant les chaleurs reçues Qrec¸ue=QAB+QBC>0Q_{\text{reçue}} = Q_{AB} + Q_{BC} > 0 et rejetant la chaleur QceˊdeˊeQ_{\text{cédée}}, l’entropie créée s’écrit par application du second principe à l’univers (système + sources) : ΔScreˊeˊ,cycle=ΔScycle+∑ΔSsources=0−QABTsource,1−QBCTsource,2−…\Delta S_{\text{créé},\text{cycle}} = \Delta S_{\text{cycle}} + \sum \Delta S_{\text{sources}} = 0 - \frac{Q_{AB}}{T_{\text{source},1}} - \frac{Q_{BC}}{T_{\text{source},2}} - \dots Note conceptuelle : Si les transformations internes sont supposées quasi-statiques, l’entropie créée à l’intérieur du gaz est nulle (ΔScreˊeˊe, int=0\Delta S_{\text{créée, int}} = 0). Cependant, si les échanges thermiques avec les thermostats se font par différences de températures finies, il y a création d’entropie au niveau des interfaces thermiques.


a) Le travail total reçu par le gaz est négatif (Wcycle<0W_{\text{cycle}} < 0), ce qui signifie que le système fournit de l’énergie mécanique au milieu extérieur : il s’agit bien d’un cycle moteur.

b) Le rendement thermique η\eta du cycle est défini par le rapport de l’énergie utile fournie sur l’énergie thermique payante (fournie par la source chaude) : η=−WcycleQfournie\eta = \frac{-W_{\text{cycle}}}{Q_{\text{fournie}}} Les apports de chaleur positifs se font lors des étapes A→BA \to B et B→CB \to C : Qfournie=QAB+QBC=7482,6+37413=44895,6 JQ_{\text{fournie}} = Q_{AB} + Q_{BC} = 7482{,}6 + 37413 = 44895{,}6\text{ J} Ainsi : η=998044895,6≈0,222(soit 22,2%)\eta = \frac{9980}{44895{,}6} \approx 0{,}222 \quad (\text{soit } 22{,}2\%)

Comparaison avec le cycle de Carnot fonctionnant entre Tmin=TA=300 KT_{\text{min}} = T_A = 300\text{ K} et Tmax=TC=2700 KT_{\text{max}} = T_C = 2700\text{ K} : ηCarnot=1−TminTmax=1−3002700=1−19=89≈88,9%\eta_{\text{Carnot}} = 1 - \frac{T_{\text{min}}}{T_{\text{max}}} = 1 - \frac{300}{2700} = 1 - \frac{1}{9} = \frac{8}{9} \approx 88{,}9\% Le rendement réel de ce cycle est nettement inférieur à celui de Carnot, ce qui est conforme au second principe (η<ηCarnot\eta < \eta_{\text{Carnot}}). Cette différence s’explique par le fait que les transferts thermiques ne s’effectuent pas de manière isotherme à TminT_{\text{min}} et TmaxT_{\text{max}}, mais sur de larges plages de température, générant d’importantes irreversibilités externes.

c) Critique de l’hypothèse de quasi-statisme : Dans un système réel, réaliser des transformations isochores et isobares de manière quasi-statique impose des vitesses de déplacement des pistons extrêmement faibles (pour que la pression interne soit uniformément égale à la pression extérieure et que l’équilibre thermique soit permanent). En régime industriel, cela conduirait à des puissances massiques et volumiques très faibles, rendant les machines non rentables économiquement. Le modèle quasi-statique constitue donc une borne idéale (rendement maximal théorique pour ce type de cycle) mais reste éloigné des performances dynamiques des moteurs réels.