Exercice 1 : Torseurs cinématiques
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”On s’intéresse à un mécanisme de levage industriel utilisé sur un chantier de BTP, modélisé par le système spatial schématisé ci-dessous.
Le système est rattaché à un bâti fixe noté . Il est composé de :
- Un bras principal (solide ) en liaison pivot d’axe avec le bâti . On pose .
- Un vérin hydraulique modélisé par deux solides en liaison glissière : le corps du vérin (solide ) et la tige (solide ).
- La liaison entre le corps et le bâti est une liaison pivot d’axe . On note .
- La liaison entre la tige et le bras est une liaison pivot d’axe . On pose .
- Une charge (solide ) en liaison pivot d’axe avec le bras . Dans le cadre de cette étude cinématique, on se limitera à l’étude du mécanisme de déploiement .
Paramétrage et bases associées :
- Base 0$.
- Base associée au solide , avec . On a et .
- Le paramètre cinématique d’entrée est la vitesse de rotation .
- Le paramètre de longueur du vérin est noté .
❓ Questions progressives
Section titled “❓ Questions progressives”-
Paramétrage et fermeture géométrique
- Exprimer le vecteur position dans la base en fonction de , , et .
- En déduire l’expression de la longueur du vérin en fonction de ces mêmes paramètres.
-
Champs des vitesses et torseurs cinématiques élémentaires
- Définir et écrire le torseur cinématique de la liaison pivot entre le solide et le bâti au point , noté .
- Définir et écrire le torseur cinématique de la liaison pivot entre le corps et le bâti au point , noté .
-
Composition des vitesses et cinématique du vérin
- Écrire la relation de composition des vitesses angulaires pour le mouvement de la tige par rapport au corps à travers le bras . Plus simplement, exprimer la fermeture cinématique via l’égalité des vitesses au point : .
- En déduire la vitesse de coulissement de la tige (où est le vecteur unitaires dirigé de vers ) en fonction de et de la géométrie du système.
-
Analyse critique du modèle
- Le modèle de liaison glissière entre et suppose des pièces parfaitement rigides. Citer un phénomène physique réel non modélisé ici qui pourrait modifier la loi entrée-sortie cinématique. Quel est l’impact sur le torseur cinématique de la liaison glissière ?
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Q1 : Utiliser la relation de Chasles vectorielle : . Projeter habilement sur .
- Q2 : Rappeler qu’une liaison pivot d’axe impose une vitesse de rotation orientée selon et une vitesse nulle au point .
- Q3 : Utiliser la dérivation vectorielle dans les différentes bases pour exprimer et .
- Q4 : Penser aux imperfections géométriques, aux jeux dans les liaisons et aux déformations élastiques (flexion/compression) des corps de vérin sous charge.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Paramétrage et fermeture géométrique
Section titled “1. Paramétrage et fermeture géométrique”Par application de la relation de Chasles dans le triangle des positionnements : D’après l’énoncé : . De plus, et . Donc . En remplaçant dans :
La longueur du vérin s’obtient par la norme du vecteur : En utilisant :
2. Champs des vitesses et torseurs cinématiques élémentaires
Section titled “2. Champs des vitesses et torseurs cinématiques élémentaires”-
Mouvement de par rapport à ( au point ) : Le solide est en liaison pivot d’axe avec . Le vecteur taux de rotation est . Le point appartient à l’axe de rotation, donc sa vitesse est nulle : . Le torseur s’écrit :
-
Mouvement de par rapport à ( au point ) : Le corps du vérin est en liaison pivot d’axe avec . Soit sa vitesse de rotation propre (attention, cette rotation est liée à la géométrie et n’est pas un degré de liberté indépendant si le système est isostatique, mais formalisons-la).
3. Composition des vitesses et cinématique du vérin
Section titled “3. Composition des vitesses et cinématique du vérin”Exprimons la vitesse du point (qui appartient à la tige , liée elle-même au bras en ) par rapport au bâti : Puisque et (liaison pivot en entre et ), on a . Calculons cette vitesse via le champ des moments du torseur : Avec .
Par ailleurs, par composition des mouvements du point (considéré appartenant à , mouvement par rapport à , corps du vérin) :
- La vitesse de glissement est portée par l’axe du vérin . Donc .
- La vitesse d’entraînement due à la rotation du corps autour de s’exprime par :
En projetant judicieusement ou en dérivant directement la relation scalaire , on obtient par dérivation temporelle : Or, . Donc : En remplaçant et en sachant que (à vérifier selon orientation, restons cartésiens ou scalaires) : On en déduit la vitesse de déploiement du vérin :
4. Analyse critique du modèle
Section titled “4. Analyse critique du modèle”- Phénomène physique non modélisé : La flexion du corps du vérin (solide ) et de la tige (solide ) sous l’effet des efforts de transmission, ainsi que les jeux mécaniques inévitables dans les liaisons pivots (qui ne sont jamais parfaits).
- Impact sur le torseur cinématique : Dans une liaison glissière idéale entre et , le torseur cinématique ne comporte qu’une seule composante non nulle (la translation suivant ). La prise en compte des défauts géométriques et des flexions engendre des parasites cinématiques : de petits mouvements parasites de rotation selon les axes transversaux (roulis et lacet) ainsi que des translations induites non désirées, modifiant légèrement la loi entrée-sortie établie théoriquement.