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Exercice 1 : Premier principe et bilans énergétiques

Bilan thermique et thermorégulation chez un mammifère marin plongeur (Leptonychotes weddellii)

Section titled “Bilan thermique et thermorégulation chez un mammifère marin plongeur (Leptonychotes weddellii)”

Les mammifères marins des régions polaires, tels que le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii), maintiennent une température centrale homéotherme voisine de 37{,}0\ \text{^\circ C} dans des eaux antarctiques dont la température de congélation atteint -1{,}8\ \text{^\circ C}. Lors de plongées profondes prolongées pouvant dépasser 60 minutes, l’animal est confronté à un compromis physiologique sévère : la déperdition thermique vers l’eau (conducteur thermique bien plus efficace que l’air) et la nécessité d’économiser l’oxygène stocké pour éviter l’asphyxie, limitant la possibilité d’augmenter le métabolisme thermogénique.

Ce problème s’attache à modéliser le bilan thermique du phoque par application du premier principe de la thermodynamique à un système ouvert ou fermé, en reliant les transferts d’énergie aux adaptations anatomiques et physiologiques de l’animal.


Données numériques et caractéristiques du modèle

Section titled “Données numériques et caractéristiques du modèle”
  • Masse totale de l’animal : M=400 kgM = 400\ \text{kg}
  • Masse du compartiment central (« noyau thermique » regroupant les organes vitaux et les muscles squelettiques profonds) : mc=280 kgm_c = 280\ \text{kg}
  • Capacité thermique massique moyenne des tissus biologiques : c=3,5⋅103 J⋅kg−1⋅K−1c = 3{,}5\cdot 10^3\ \text{J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
  • Surface corporelle d’échange : S=2,5 m2S = 2{,}5\ \text{m}^2
  • Épaisseur moyenne du pannicule adipeux (couche de lard ou blubber) : e=5,0 cme = 5{,}0\ \text{cm}
  • Conductivité thermique du lard sous-cutané : λl=0,20 W⋅m−1⋅K−1\lambda_l = 0{,}20\ \text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
  • Coefficient d’échange convectif entre la peau et l’eau : h=250 W⋅m−2⋅K−1h = 250\ \text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}
  • Température de l’eau de mer : T_e = -1{,}8\ \text{^\circ C}
  • Température centrale de consigne : T_{c,0} = 37{,}0\ \text{^\circ C}
  • Relation de Kleiber pour le métabolisme basal des mammifères : Pbasal=k⋅M0,75P_\text{basal} = k \cdot M^{0{,}75} avec k≈3,4 W⋅kg−0,75k \approx 3{,}4\ \text{W}\cdot\text{kg}^{-0{,}75}

On modélise l’animal par un noyau thermique homogène à température uniforme Tc(t)T_c(t), entouré d’une couche protectrice de lard d’épaisseur ee et de surface externe SS. Compte tenu du rapport entre l’épaisseur de lard et les dimensions transversales de l’animal, on traite les transferts thermiques conductifs à travers le lard dans l’approximation plane monodimensionnelle.

Noyau central (Tc) | Lard (e, λ) | Peau (Tp) | Eau de mer (Te, h)
| <--- e ---> |
| Conduction | Convection

Partie A : Bilan en régime stationnaire en surface

Section titled “Partie A : Bilan en régime stationnaire en surface”
  1. Donner l’expression de la résistance thermique conductive RcondR_\text{cond} de la couche de lard, puis celle de la résistance thermique convective RconvR_\text{conv} au niveau de l’interface peau-eau de mer. Calculer leurs valeurs numériques. Quel transfert limite la perte d’énergie thermique ?
  2. Définir le système thermodynamique d’intérêt. En appliquant le premier principe de la thermodynamique sous forme de bilan de puissance en régime stationnaire, exprimer le flux thermique total perdu Φpertes\Phi_\text{pertes} en fonction de TcT_c, TeT_e, RcondR_\text{cond} et RconvR_\text{conv}.
  3. Calculer numériquement Φpertes\Phi_\text{pertes}.
  4. Estimer la puissance métabolique basale théorique d’un mammifère terrestre de même masse à l’aide de la loi de Kleiber. Comparer cette valeur à Φpertes\Phi_\text{pertes}. Quelle adaptation métabolique ce résultat suggère-t-il chez les mammifères marins polaires ?
  5. Exprimer la température superficielle de la peau TpT_p en régime stationnaire. Calculer sa valeur numérique. Commenter l’intérêt adaptatif de cette température pour la faune marine polaire.

Partie B : Bilan thermique transitoire lors d’une plongée prolongée

Section titled “Partie B : Bilan thermique transitoire lors d’une plongée prolongée”

En plongée profonde, l’animal déclenche la « réponse de plongée » (dive response) caractérisée par une bradycardie intense et une vasoconstriction périphérique quasi totale. Le métabolisme interne est réduit pour économiser l’oxygène : Pmet′=180 WP_\text{met}' = 180\ \text{W}. Les échanges thermiques respiratoires sont nuls (apnée complète).

  1. Par application du premier principe de la thermodynamique au noyau central de masse mcm_c, établir l’équation différentielle régissant l’évolution de la température centrale Tc(t)T_c(t).
  2. Mettre cette équation sous la forme canonique : dTcdt+Tc−Teqτ=0\frac{\mathrm{d}T_c}{\mathrm{d}t} + \frac{T_c - T_\text{eq}}{\tau} = 0 On précisera les expressions analytiques de la température d’équilibre asymptotique TeqT_\text{eq} et du temps caractéristique τ\tau.
  3. Calculer la valeur numérique de τ\tau.
  4. Résoudre l’équation différentielle avec la condition initiale T_c(0) = T_{c,0} = 37{,}0\ \text{^\circ C}.
  5. Déterminer la durée maximale de plongée tmaxt_\text{max} au bout de laquelle la température centrale chute à T_c(t_\text{max}) = 35{,}0\ \text{^\circ C} (seuil d’hypothermie modérée chez les mammifères).

Partie C : Analyse critique et limites du modèle biologique

Section titled “Partie C : Analyse critique et limites du modèle biologique”
  1. Citer au moins deux simplifications majeures introduites dans ce modèle physique. En quoi la géométrie réelle de l’animal et la vascularisation du pannicule adipeux modifient-elles quantitativement les transferts d’énergie ?
  2. Les extrémités (nageoires pectorales et caudale) ne possèdent pas de couche de lard épaisse. Quel dispositif anatomique vasculaire permet néanmoins de minimiser les fuites thermiques à leur niveau ? Décrire succinctement son principe thermodynamique.

  • Partie A :
    • Assimiler le flux thermique à un courant et l’écart de température à une tension : Rcond=eλlSR_\text{cond} = \frac{e}{\lambda_l S} et Rconv=1hSR_\text{conv} = \frac{1}{h S}.
    • En régime stationnaire, dUdt=0  ⟹  Pmet−Φpertes=0\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0 \implies P_\text{met} - \Phi_\text{pertes} = 0.
    • Utiliser le diviseur de tension (ou la continuité du flux) pour déterminer la température de peau TpT_p.
  • Partie B :
    • Écrire dU=mcc dTc\mathrm{d}U = m_c c\,\mathrm{d}T_c pendant dt\mathrm{d}t. Le bilan enthalpique ou d’énergie interne pour une phase condensée indilatable et incompressible s’écrit dUdt=Pmet′−Tc(t)−TeRth\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = P_\text{met}' - \frac{T_c(t) - T_e}{R_\text{th}}.
    • Identifier la forme différentielle standard du premier ordre à coefficients constants avec second membre constant.
  • Partie C :
    • Considérer la géométrie cylindro-conique de l’animal (la surface extérieure est supérieure à la surface interne de la couche de graisse).
    • Penser aux échangeurs de chaleur à contre-courant (artères entourées de veines satellites) au niveau du système vasculaire des appendices locomoteurs.

Partie A : Bilan en régime stationnaire en surface

Section titled “Partie A : Bilan en régime stationnaire en surface”

1. Résistances thermiques conductive et convective

Section titled “1. Résistances thermiques conductive et convective”

En géométrie plane monodimensionnelle :

  • La résistance thermique de conduction de la couche de lard s’écrit : Rcond=eλl⋅SR_\text{cond} = \frac{e}{\lambda_l \cdot S} Application numérique : Rcond=5,0⋅10−2 m0,20 W⋅m−1⋅K−1×2,5 m2=0,0500,50=0,10 K⋅W−1R_\text{cond} = \frac{5{,}0\cdot 10^{-2}\ \text{m}}{0{,}20\ \text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 2{,}5\ \text{m}^2} = \frac{0{,}050}{0{,}50} = 0{,}10\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1}

  • La résistance thermique de convection à l’interface peau/eau s’exprime par : Rconv=1h⋅SR_\text{conv} = \frac{1}{h \cdot S} Application numérique : Rconv=1250 W⋅m−2⋅K−1×2,5 m2=1625≈1,6⋅10−3 K⋅W−1R_\text{conv} = \frac{1}{250\ \text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} \times 2{,}5\ \text{m}^2} = \frac{1}{625} \approx 1{,}6\cdot 10^{-3}\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1} Comparaison: ** Rcond≈62,5×RconvR_\text{cond} \approx 62{,}5 \times R_\text{conv} La résistance conductive du lard est près de deux ordres de grandeur supérieure à la résistance convective. C’est donc la conduction à travers le lard qui constitue le facteur limitant (l’étape cinétiquement limitante) du transfert thermique. L’eau refroidit l’interface externe presque instantanément par rapport à la vitesse à laquelle la chaleur diffuse au travers du pannicule.

2. Système et expression du flux thermique

Section titled “2. Système et expression du flux thermique”
  • Système thermodynamique fermé : l’organisme entier du phoque à l’instant tt.
  • Les parois du lard et l’interface externe étant montées en série pour le transfert thermique, la résistance thermique globale vaut : Rth=Rcond+Rconv=eλlS+1hSR_\text{th} = R_\text{cond} + R_\text{conv} = \frac{e}{\lambda_l S} + \frac{1}{h S}
  • Le flux thermique net évacué vers le milieu extérieur par déperdition passive est : Φpertes=Tc−TeRth=Tc−TeRcond+Rconv\Phi_\text{pertes} = \frac{T_c - T_e}{R_\text{th}} = \frac{T_c - T_e}{R_\text{cond} + R_\text{conv}}

En régime stationnaire, le premier principe pour ce système fermé à volume constant s’écrit : dUdt=Pmet−Φpertes=0  ⟹  Pmet=Φpertes\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = P_\text{met} - \Phi_\text{pertes} = 0 \implies P_\text{met} = \Phi_\text{pertes}

ΔT=Tc−Te=37,0−(−1,8)=38,8 K\Delta T = T_c - T_e = 37{,}0 - (-1{,}8) = 38{,}8\ \text{K} Rth=0,10+0,0016=0,1016 K⋅W−1R_\text{th} = 0{,}10 + 0{,}0016 = 0{,}1016\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1} Φpertes=38,8 K0,1016 K⋅W−1≈3,82⋅102 W≈382 W\Phi_\text{pertes} = \frac{38{,}8\ \text{K}}{0{,}1016\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1}} \approx 3{,}82\cdot 10^2\ \text{W} \approx 382\ \text{W}

4. Comparaison avec la loi de Kleiber et interprétation

Section titled “4. Comparaison avec la loi de Kleiber et interprétation”

D’après la loi d’échelle allométrique de Kleiber pour un mammifère terrestre : Pbasal=3,4×(400)0,75=3,4×(4003)0,25≈3,4×89,44≈304 WP_\text{basal} = 3{,}4 \times (400)^{0{,}75} = 3{,}4 \times \left(400^3\right)^{0{,}25} \approx 3{,}4 \times 89{,}44 \approx 304\ \text{W}

La déperdition thermique minimale calculée (Φpertes≈382 W\Phi_\text{pertes} \approx 382\ \text{W}) est nettement supérieure au métabolisme basal attendu pour un mammifère terrestre standard (304 W304\ \text{W}). Pour compenser ces pertes sans grever sa température corporelle en continu, le phoque de Weddell présente un taux métabolique de repos surélevé (environ 1,3 à 2 fois supérieur à la courbe standard de Kleiber), une adaptation biochimique et mitochondriale fréquente chez les mammifères marins polaires.

5. Température de surface de la peau TpT_p

Section titled “5. Température de surface de la peau TpT_pTp​”

La continuité du flux à travers les résistances en série permet d’écrire : Φpertes=Tp−TeRconv  ⟹  Tp=Te+Rconv⋅Φpertes\Phi_\text{pertes} = \frac{T_p - T_e}{R_\text{conv}} \implies T_p = T_e + R_\text{conv} \cdot \Phi_\text{pertes}

Application numérique : T_p = -1{,}8 + (1{,}6\cdot 10^{-3}\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1} \times 382\ \text{W}) = -1{,}8 + 0{,}61 = -1{,}19\ \text{^\circ C} \approx -1{,}2\ \text{^\circ C} Commentaire: ** La peau externe est à une température extrêmement proche de celle de l’eau ambiante (écart inférieur à 1 K1\ \text{K}). L’animal maintient un gradient thermique presque intégralement confiné à l’intérieur du lard adipeux. Cela réduit à l’extrême l’écart de température moteur (Tp−Te)(T_p - T_e) responsable des pertes convectives, limitant drastiquement les transferts d’énergie vers le milieu aquatique.


Partie B : Bilan thermique transitoire lors d’une plongée prolongée

Section titled “Partie B : Bilan thermique transitoire lors d’une plongée prolongée”

6. Équation différentielle sur Tc(t)T_c(t)

Section titled “6. Équation différentielle sur Tc(t)T_c(t)Tc​(t)”

Considérons le noyau thermique de masse mcm_c, assimilé à une phase condensée indilatable et incompressible d’énergie interne U=mccTc(t)U = m_c c T_c(t). Pendant une durée élémentaire dt\mathrm{d}t, le premier principe de la thermodynamique appliqué au noyau s’écrit : dU=δQech+δWautre=(Pmet′−Φpertes(t))dt\mathrm{d}U = \delta Q_\text{ech} + \delta W_\text{autre} = \left( P_\text{met}' - \Phi_\text{pertes}(t) \right) \mathrm{d}t

Soit en dérivant par rapport au temps : mccdTcdt=Pmet′−Tc(t)−TeRthm_c c \frac{\mathrm{d}T_c}{\mathrm{d}t} = P_\text{met}' - \frac{T_c(t) - T_e}{R_\text{th}}

Réorganisons les termes : mccdTcdt+1RthTc(t)=Pmet′+TeRthm_c c \frac{\mathrm{d}T_c}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{R_\text{th}} T_c(t) = P_\text{met}' + \frac{T_e}{R_\text{th}}

En multipliant l’ensemble par RthR_\text{th} : mccRthdTcdt+Tc(t)=Te+RthPmet′m_c c R_\text{th} \frac{\mathrm{d}T_c}{\mathrm{d}t} + T_c(t) = T_e + R_\text{th} P_\text{met}'

On pose : τ=mccRth\tau = m_c c R_\text{th} Teq=Te+RthPmet′T_\text{eq} = T_e + R_\text{th} P_\text{met}'

L’équation devient : dTcdt+Tc−Teqτ=0\frac{\mathrm{d}T_c}{\mathrm{d}t} + \frac{T_c - T_\text{eq}}{\tau} = 0

τ=280 kg×(3,5⋅103 J⋅kg−1⋅K−1)×0,1016 K⋅W−1\tau = 280\ \text{kg} \times (3{,}5\cdot 10^3\ \text{J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) \times 0{,}1016\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1} τ=9,80⋅105×0,1016≈9,96⋅104 s≈27,7 h\tau = 9{,}80\cdot 10^5 \times 0{,}1016 \approx 9{,}96\cdot 10^4\ \text{s} \approx 27{,}7\ \text{h}

Le temps caractéristique de refroidissement du phoque est de l’ordre d’une journée en raison de son importante inertie thermique couplée à l’isolation du lard.

9. Résolution de l’équation différentielle

Section titled “9. Résolution de l’équation différentielle”

L’équation différentielle linéaire d’ordre 1 avec second membre constant a pour solution générale : Tc(t)=Teq+Aexp⁡(−tτ)T_c(t) = T_\text{eq} + A \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

Avec la condition initiale T_c(0) = T_{c,0} = 37{,}0\ \text{^\circ C} : A=Tc,0−TeqA = T_{c,0} - T_\text{eq} D’où : Tc(t)=Teq+(Tc,0−Teq)exp⁡(−tτ)T_c(t) = T_\text{eq} + (T_{c,0} - T_\text{eq})\exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

Calculons au préalable la valeur de TeqT_\text{eq} avec le métabolisme de plongée Pmet′=180 WP_\text{met}' = 180\ \text{W} : T_\text{eq} = -1{,}8\ \text{^\circ C} + (0{,}1016\ \text{K}\cdot\text{W}^{-1} \times 180\ \text{W}) = -1{,}8 + 18{,}3 = 16{,}5\ \text{^\circ C}

10. Temps maximal avant hypothermie (T_c = 35{,}0\ \text{^\circ C})

Section titled “10. Temps maximal avant hypothermie (T_c = 35{,}0\ \text{^\circ C})”

On cherche tmaxt_\text{max} tel que : Tc(tmax)−TeqTc,0−Teq=exp⁡(−tmaxτ)\frac{T_c(t_\text{max}) - T_\text{eq}}{T_{c,0} - T_\text{eq}} = \exp\left(-\frac{t_\text{max}}{\tau}\right)

Soit : tmax=τln⁡(Tc,0−TeqTc(tmax)−Teq)t_\text{max} = \tau \ln\left( \frac{T_{c,0} - T_\text{eq}}{T_c(t_\text{max}) - T_\text{eq}} \right)

Application numérique : T_{c,0} - T_\text{eq} = 37{,}0 - 16{,}5 = 20{,}5\ \text{^\circ C} T_c(t_\text{max}) - T_\text{eq} = 35{,}0 - 16{,}5 = 18{,}5\ \text{^\circ C} tmax=9,96⋅104 s×ln⁡(20,518,5)=9,96⋅104×ln⁡(1,1081)≈9,96⋅104×0,1026≈1,02⋅104 st_\text{max} = 9{,}96\cdot 10^4\ \text{s} \times \ln\left( \frac{20{,}5}{18{,}5} \right) = 9{,}96\cdot 10^4 \times \ln(1{,}1081) \approx 9{,}96\cdot 10^4 \times 0{,}1026 \approx 1{,}02\cdot 10^4\ \text{s} tmax≈2,8 h≈170 mint_\text{max} \approx 2{,}8\ \text{h} \approx 170\ \text{min}

Conclusion biologique : Le temps nécessaire pour atteindre un seuil d’hypothermie significatif (170 min170\ \text{min}) excède largement la durée typique des plongées d’apnée les plus extrêmes du phoque de Weddell (qui dépassent rarement 60 aˋ 90 min60\ \text{à}\ 90\ \text{min}). L’inertie thermique assure une stabilité thermique suffisante pour que l’hypoxie, et non l’hypothermie, constitue le facteur d’arrêt limitant la plongée.


Partie C : Analyse critique et limites du modèle biologique

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11. Limites du modèle physique et corrections physiologiques

Section titled “11. Limites du modèle physique et corrections physiologiques”
  1. Approximation géométrique plane : L’animal possède une géométrie proche d’un cylindre ou d’un ellipsoïde fuselé. En géométrie cylindrique de rayons RintR_\text{int} et RextR_\text{ext}, la résistance conductive s’exprime par : Rcond, cyl=ln⁡(Rext/Rint)2πλlLR_\text{cond, cyl} = \frac{\ln(R_\text{ext}/R_\text{int})}{2\pi \lambda_l L} La surface externe d’échange étant plus grande que la surface interne du noyau, l’approximation plane sous-estime légèrement les pertes thermiques réelles (effet de surface amplificatrice).

  2. Conductivité constante et perfusion dynamique : Dans la réalité, le lard n’est pas un isolant passif rigide : il est vascularisé.

    • En état de vasodilatation (à la surface lors d’efforts intenses ou thermolyse), la convection sanguine court-circuite la conduction du lard, augmentant drastiquement sa conductivité apparente.
    • En plongée, la vasoconstriction périphérique est totale mais non uniforme : les muscles locomoteurs en travail continuent de générer une puissance thermique locale hétérogène, invalidant l’hypothèse d’une température du noyau spatialement uniforme.

12. Échangeurs à contre-courant dans les appendices

Section titled “12. Échangeurs à contre-courant dans les appendices”

Les nageoires ne possèdent pas d’épaisseur protectrice de lard significative afin de préserver l’hydrodynamisme et la mobilité articulaire. Pour limiter les pertes de chaleur, le système vasculaire met en œuvre un système d’échangeur à contre-courant (rete mirabile) :

  • Anatomie : Les artères transportant du sang chaud issu du cœur vers les extrémités sont entourées d’un réseau dense de veines satellites ramenant le sang froid de la périphérie.
  • Principe thermodynamique : Le sang artériel chaud cède sa chaleur par conduction au sang veineux froid tout au long du trajet vasculaire longitudinal. Le sang arrivant à la surface de la nageoire est donc déjà précoulé à une température proche de l’eau ambiante, réduisant le flux déperditif externe Φ∝(Tnageoire−Te)\Phi \propto (T_\text{nageoire} - T_e). Réciproquement, le sang veineux réchauffé revient vers le noyau avec une déperdition enthalpique minimale pour les organes vitaux.