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Cours : Systèmes discrets et échantillonnés

Fiche de Cours : Systèmes discrets et échantillonnés (PSI - STI / SII)

Section titled “Fiche de Cours : Systèmes discrets et échantillonnés (PSI - STI / SII)”

En classe préparatoire PSI, l’étude des systèmes asservis ne se limite plus aux signaux continus. Avec l’omniprésence des microcontrôleurs, des DSP et des automates programmables industriels (API), le traitement de l’information s’effectue de manière discrète (échantillonnée). Cette fiche pose le formalisme rigoureux indispensable pour modéliser, analyser et corriger ces systèmes.


1. Échantillonnage et bloc d’ordre zéro (BOZ)

Section titled “1. Échantillonnage et bloc d’ordre zéro (BOZ)”

L’échantillonnage consiste à prélever à intervalles réguliers de période TeT_e (période d’échantillonnage) la valeur d’un signal analogique s(t)s(t).

  • Définition mathématique du signal échantillonné s∗(t)s^*(t) : s∗(t)=s(t)⋅ШTe(t)=∑k=−∞+∞s(t)⋅δ(t−kTe)s^*(t) = s(t) \cdot \text{Ш}_{T_e}(t) = \sum_{k=-\infin}^{+\infin} s(t) \cdot \delta(t - k T_e) où ШTe(t)\text{Ш}_{T_e}(t) est le peigne de Dirac de période TeT_e et δ\delta la distribution de Dirac.
  • Fréquence d’échantillonnage : fe=1Tef_e = \frac{1}{T_e}.

B. Le bloqueur d’ordre zéro (BOZ) ou Zero-Order Hold (ZOH)

Section titled “B. Le bloqueur d’ordre zéro (BOZ) ou Zero-Order Hold (ZOH)”

Dans la chaîne de commande, un convertisseur Numérique-Analogique (CNA) est généralement suivi d’un bloqueur qui maintient la valeur échantillonnée constante pendant toute la période TeT_e.

  • Fonctionnement temporel : Pour t∈[kTe,(k+1)Te[t \in [kT_e, (k+1)T_e[, sboz(t)=s(kTe)\quad s_{boz}(t) = s(kT_e).
  • Fonction de transfert du BOZ (dans le domaine de Laplace) : En considérant la réponse à une impulsion de Dirac, on montre que : Hboz(p)=1−e−TppH_{boz}(p) = \frac{1 - e^{-Tp}}{p} (Note : en PSI, on note souvent TT ou TeT_e la période d’échantillonnage).

De même que la transformation de Laplace permet de résoudre les équations différentielles linéaires à coefficients constants, la transformée en ZZ est l’outil algébrique adapté aux équations aux différences (récurrences) régissant les systèmes discrets.

Soit une suite de nombres réels ou complexes (sk)k∈N(s_k)_{k \in \mathbb{N}} représentant un signal discret (où sk=s(kTe)s_k = s(kT_e)).

  • Définition (Transformée en ZZ unilatérale) : Z{sk}=S(z)=∑k=0+∞skz−k\mathcal{Z}\{s_k\} = S(z) = \sum_{k=0}^{+\infin} s_k z^{-k} où zz est une variable complexe.
  • Opérateur de retard temporel : La transformée en ZZ possède une propriété fondamentale concernant le retard d’un échantillon : Z{sk−1}=z−1S(z)+s−1\mathcal{Z}\{s_{k-1}\} = z^{-1}S(z) + s_{-1} Si les conditions initiales sont nulles (s−1=0,s−2=0s_{-1} = 0, s_{-2} = 0, etc.) : Z{sk−n}=z−nS(z)\mathcal{Z}\{s_{k-n}\} = z^{-n}S(z) Le multiplieur z−1z^{-1} joue donc le rôle d’un opérateur de retard d’une période d’échantillonnage.

B. Transformées usuelles à connaître par cœur

Section titled “B. Transformées usuelles à connaître par cœur”
Signal temporel sks_k (k≥0k \geq 0)Transformée en ZZ S(z)S(z)
Impulsion de Kronecker δ0[k]=(1,0,0,… )\delta_0[k] = (1, 0, 0, \dots)11
Échelon unité uk=(1,1,1,… )u_k = (1, 1, 1, \dots)11−z−1=zz−1\displaystyle\frac{1}{1 - z^{-1}} = \frac{z}{z-1}
Rampe sk=ks_k = kz−1(1−z−1)2=z(z−1)2\displaystyle\frac{z^{-1}}{(1 - z^{-1})^2} = \frac{z}{(z-1)^2}
Exponentielle sk=aks_k = a^k11−az−1=zz−a\displaystyle\frac{1}{1 - a z^{-1}} = \frac{z}{z-a}

Pour un système linéaire invariant (SLI) discret, régi par une équation aux différences de la forme : sk+a1sk−1+⋯+ansk−n=b0ek+b1ek−1+⋯+bmek−ms_k + a_1 s_{k-1} + \dots + a_n s_{k-n} = b_0 e_k + b_1 e_{k-1} + \dots + b_m e_{k-m}

En appliquant la transformée en ZZ (avec conditions initiales nulles), on définit la fonction de transfert discrète H(z)H(z) : H(z)=S(z)E(z)=b0+b1z−1+⋯+bmz−m1+a1z−1+⋯+anz−nH(z) = \frac{S(z)}{E(z)} = \frac{b_0 + b_1 z^{-1} + \dots + b_m z^{-m}}{1 + a_1 z^{-1} + \dots + a_n z^{-n}}

B. Lien entre le domaine continu et le domaine discret

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Si un système continu H(p)H(p) est précédé d’un BOZ et suivi d’un échantillonneur (cadencement synchrone), on définit la fonction de transfert échantillonnée en cascade : H(z)=Z{T−1(Hboz(p)⋅H(p))}=Z{T−1(1−e−TppH(p))}H(z) = \mathcal{Z}\left\{ \mathcal{T}^{-1} \left( H_{boz}(p) \cdot H(p) \right) \right\} = \mathcal{Z}\left\{ \mathcal{T}^{-1} \left( \frac{1 - e^{-Tp}}{p} H(p) \right) \right\}


C’est un point crucial fréquemment évalué aux concours.

Théorème de stabilité (Critère des racines)

Section titled “Théorème de stabilité (Critère des racines)”

Un système linéaire discret de fonction de transfert H(z)H(z) est asymptotiquement stable si et seulement si tous les pôles de H(z)H(z) (c’est-à-dire les racines du dénominateur) sont situés ** strictement à l’intérieur du cercle unité** du plan complexe zz.

∀i,∣pi∣<1\forall i, \quad |p_i| < 1

  • Interprétation :
    • Si un pôle est à l’extérieur du cercle unité (∣pi∣>1|p_i| > 1), la réponse tend vers l’infini (instabilité).
    • Si un pôle est sur le cercle unité (∣pi∣=1|p_i| = 1), le système est limite stable (oscillations non amorties).

A. Erreur statique et théorème de la valeur finale

Section titled “A. Erreur statique et théorème de la valeur finale”

Soit un système en boucle fermée de fonction de transfert en boucle ouverte (FTBO) FTBO(z)FTBO(z). L’erreur epsilon est définie par E(z)=Z{ek}E(z) = \mathcal{Z}\{e_k\}.

Si toutes les singularités de (1−z−1)S(z)(1 - z^{-1})S(z) sont à l’intérieur du cercle unité : lim⁡k→+∞sk=lim⁡z→1(1−z−1)S(z)\lim_{k \to +\infty} s_k = \lim_{z \to 1} (1 - z^{-1})S(z)

Pour un échelon d’entrée d’amplitude E0E_0 (E(z)=E01−z−1E(z) = \frac{E_0}{1-z^{-1}}), l’erreur statique εs\varepsilon_s s’exprime via l’efficacité du système (classe nn du système, nombre d’intégrateurs purs 1−z−11 - z^{-1} dans la chaîne ouverte).

La rapidité d’un système discret est liée à la position des pôles dominants en boucle fermée :

  • Plus les pôles sont proches de l’origine z=0z = 0, plus le système est rapide (le régime transitoire s’amortit en un nombre restreint de périodes TeT_e).
  • Plus les pôles se rapprochent du point z=1z = 1, plus le système est lent.

  1. Passer d’une équation récurrente à la fonction de transfert : Remplacer sk−ns_{k-n} par z−nS(z)z^{-n}S(z) (en négligeant les conditions initiales si on cherche la fonction de transfert).
  2. Déterminer la stabilité : Calculer les racines du polynôme caractéristique (dénominateur de H(z)H(z)) et vérifier que leur module est strictement inférieur à 1.
  3. Calculer la réponse temporelle :
    • Exprimer S(z)=H(z)E(z)S(z) = H(z)E(z).
    • Effectuer une décomposition en éléments simples (DES) de S(z)z\frac{S(z)}{z} (astuce classique : décomposer S(z)/zS(z)/z et non S(z)S(z) pour faire apparaitre les termes en zz−a\frac{z}{z-a}).
    • Inverser via le formulaire de transformées en ZZ.

7. Pièges à éviter (Attention aux concours)

Section titled “7. Pièges à éviter (Attention aux concours)”
  • Piège 1 : Confondre les plans pp et zz. Pour la stabilité, la zone stable est le demi-plan gauche pour le plan de Laplace (Re(p)<0Re(p) < 0), mais c’est l’intérieur du cercle unité pour le plan en ZZ (∣z∣<1|z| < 1). Un pôle à z=−0.5z = -0.5 est stable (oscillant amorti), tandis qu’un pôle à p=−0.5p = -0.5 l’est aussi, mais leur dynamique temporelle est très différente.
  • Piège 2 : Oublier le zz au numérateur lors de la DES. Pour inverser une transformée en ZZ par identification, pensez toujours à manipuler S(z)z\frac{S(z)}{z} pour retrouver les formes canoniques zz−a\frac{z}{z-a}.
  • Piège 3 : Conditions initiales non nulles. Ne pas appliquer bêtement Z{sk−1}=z−1S(z)\mathcal{Z}\{s_{k-1}\} = z^{-1}S(z) si l’énoncé précise explicitement des conditions initiales non nulles (ce qui est rare en SII en CPGE, mais théoriquement rigoureux).