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Exercice 2 : Cristaux ioniques et covalents

Problème guidé : Étude énergétique et structurale de solides cristallins (Modèle ionique et covalent)

Section titled “Problème guidé : Étude énergétique et structurale de solides cristallins (Modèle ionique et covalent)”

Ce problème aborde la modélisation thermodynamique et géométrique de deux types de solides cristallins majeurs : le chlorure de césium (CsCl\text{CsCl}), prototype du cristal ionique, et le diamant, prototype du cristal covalent.


Partie A : Le cristal ionique du chlorure de césium (CsCl\text{CsCl})

Section titled “Partie A : Le cristal ionique du chlorure de césium (CsCl\text{CsCl}CsCl)”

Le chlorure de césium cristallise dans un système cubique. Les ions chlorure Cl−\text{Cl}^- occupent les sommets d’un cube de paramètre aa, et l’ion césium Cs+\text{Cs}^+ occupe le centre géométrique de ce cube. On modélise les ions par des sphères dures de rayons respectifs R+R_+ pour Cs+\text{Cs}^+ et R−R_- pour Cl−\text{Cl}^-.

  1. Déterminer la coordinence de chaque type d’ion dans cette structure.
  2. Établir la relation géométrique de contact entre les ions le long de la grande diagonale du cube en fonction de aa, R+R_+ et R−R_-.
  3. Exprimer la compacité CC de la maille en fonction des rayons R+R_+ et R−R_-.
  4. Évaluer l’énergie réticulaire de ce cristal à l’aide d’un modèle électrostatique simplifié (Madelung).

Le carbone cristallise sous la structure du diamant. La maille est cubique à faces centrées (CFC), avec un motif double : un premier réseau CFC d’ions/atomes et un second décalé d’un quart de la grande diagonale du cube (14,14,14)\left(\frac{1}{4}, \frac{1}{4}, \frac{1}{4}\right).

  1. Indiquer la coordinence des atomes de carbone dans cette structure.
  2. Exprimer la liaison carbone-carbone dd en fonction du paramètre de maille aa.
  3. Calculer la compacité maximale de cette structure.

  1. (Partie A) Justifier la condition de stabilité géométrique (ou critère de rayon limite) pour que le contact Cs+−Cl−\text{Cs}^+ - \text{Cl}^- soit effectif sans recouvrement illicite des anions entre eux.
  2. (Partie A) Exprimer l’énergie potentielle électrostatique d’une paire d’ions, puis l’énergie réticulaire par mole en introduisant la constante de Madelung MM et le terme répulsif de Born (exposant nn).
  3. (Partie B) Discuter de l’anisotropie et de la directionnalité des liaisons dans le diamant par opposition au cristal ionique.
  4. (Synthèse et Esprit critique) Proposer une analyse critique des limites du modèle des sphères dures et de l’ionicité pure dans ces deux structures.

  • Piste 1 (Géométrie) : Penser à utiliser les coordonnées cartésiennes des sommets et du centre du cube pour exprimer les distances interioniques.
  • Piste 2 (Compacité) : Le volume occupé dans la maille correspond au volume total des sphères considérées comme pleines appartenant en propre à la maille.
  • Piste 3 (Énergétique) : L’énergie réticulaire résulte de la compétition entre l’attraction coulombienne et la répulsion à court terme des nuages électroniques (principe d’exclusion de Pauli).
  • Piste 4 (Critique) : Interrogez-vous sur la sphéricité réelle des nuages électroniques, la polarisabilité des ions et la nature purement électrostatique des liaisons.

Partie A : Chlorure de Césium (CsCl\text{CsCl})

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  1. Coordinence : L’ion Cs+\text{Cs}^+ au centre est entouré par 8 ions Cl−\text{Cl}^- situés aux sommets. Réciproquement, par translation du réseau, un ion Cl−\text{Cl}^- est au centre d’un cube formé par 8 ions Cs+\text{Cs}^+. Les coordinences sont donc de (8,8)(8, 8).
  2. Relation géométrique : Le contact s’établit le long de la grande diagonale du cube de longueur a3a\sqrt{3}. Cette diagonale passe par un sommet (Cl−\text{Cl}^-), traverse le centre (Cs+\text{Cs}^+) et va jusqu’au sommet opposé (Cl−\text{Cl}^-). On a donc : a3=2(R++R−)a\sqrt{3} = 2(R_+ + R_-)
  3. Compacité CC : Le nombre d’entités par maille est NCs+=8×18=1N_{\text{Cs}^+} = 8 \times \frac{1}{8} = 1 et NCl−=1N_{\text{Cl}^-} = 1 (centre) + contributions des sommets (comptées dans le premier). La maille contient donc 1 motif CsCl\text{CsCl}. C=VionsVmaille=43π(R+3+R−3)a3C = \frac{\mathcal{V}_{\text{ions}}}{\mathcal{V}_{\text{maille}}} = \frac{\frac{4}{3}\pi(R_+^3 + R_-^3)}{a^3} En remplaçant a=2(R++R−)3a = \frac{2(R_+ + R_-)}{\sqrt{3}}, on obtient : C=43π(R+3+R−3)(2(R++R−)3)3=3π2R+3+R−3(R++R−)3C = \frac{\frac{4}{3}\pi(R_+^3 + R_-^3)}{\left(\frac{2(R_+ + R_-)}{\sqrt{3}}\right)^3} = \frac{\sqrt{3}\pi}{2} \frac{R_+^3 + R_-^3}{(R_+ + R_-)^3}

  1. Coordinence : Chaque atome de carbone est au centre d’un tétraèdre régulier formé par 4 autres atomes de carbone. La coordinence est 4.
  2. Liaison C-C : La distance interatomique dd correspond à la distance entre un sommet du tétraèdre et son centre. D’après la géométrie du tétraèdre inclus dans la fraction de maille, cette distance vaut : d=a34d = \frac{a\sqrt{3}}{4}
  3. Compacité : La maille CFC contient 8×18+6×12=48 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 4 atomes, auxquels s’ajoutent 4 atomes entièrement intérieurs (réseau décalé), soit un total de Z=8Z = 8 atomes par maille. C=8×(43πR3)a3C = \frac{8 \times \left(\frac{4}{3}\pi R^3\right)}{a^3} Avec R=d2=a38R = \frac{d}{2} = \frac{a\sqrt{3}}{8}, on trouve : C=32π3a3(a38)3=3π16≈0,34C = \frac{32\pi}{3 a^3} \left(\frac{a\sqrt{3}}{8}\right)^3 = \frac{\sqrt{3}\pi}{16} \approx 0{,}34

Analyse critique des limites du modèle (Questions de synthèse)

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  1. Modèle des sphères dures : Ce modèle géométrique suppose une incompressibilité absolue des ions/atomes et une sphéricité parfaite. Or, les nuages électroniques sont déformables (phénomène de polarisabilité), en particulier pour les grands anions comme Cl−\text{Cl}^- soumis au champ électrique intense des cations voisins.
  2. Hypothèse d’ionicité pure : Le cristal CsCl\text{CsCl} n’est pas strictement ionique (transfert d’électron intégraux). Il existe un faible pourcentage de covalence dans la liaison Cs-Cl\text{Cs-Cl} liée au recouvrement partiel des orbitales atomiques. Inversement, la liaison dans le diamant est purement covalente et fortement directionnelle (hybridation sp3sp^3), ce qui explique la faible compacité (34%34\%) comparée aux empilements compacts métalliques ou ioniques (74%74\%).
  3. Potentiel de Born-Mayer : L’évaluation de l’énergie réticulaire néglige souvent les termes d’ van der Waals attractifs à plus longue distance et suppose un terme répulsif empirique (exposant nn de Born) qui ne reflète qu’imparfaitement la réalité quantique de la répulsion interélectronique.