Exercice 2 : Ouverts, fermés et compacité
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Soit un espace vectoriel normé (EVN) sur le corps (où ou ). L’objet de ce problème est d’étudier certaines interactions topologiques fondamentales entre les ouverts, les fermés et les parties compactes de , en s’intéressant plus particulièrement à la préservation de ces propriétés par des applications continues et par l’intermédiaire de distances à des ensembles.
On rappelle qu’une partie de est dite compacte si de tout recouvrement ouvert de on peut extraire un recouvrement fini (ou de manière équivalente dans les espaces métriques, si toute suite d’éléments de admet une sous-suite convergente vers un élément de ).
Pour toute partie non vide de et tout point , on définit la distance du point à l’ensemble par :
❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)
Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”-
Caractérisation séquentielle et topologique de l’adhérence Soit une partie non vide de . On note l’adhérence de .
- (a) Établir que pour tout , on a l’équivalence : .
- (b) En déduire que l’application est 1-lipschitzienne sur .
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Propriétés de séparation par la distance Soient et deux parties non vides, disjointes et fermées de .
- (a) On suppose que est compacte et est fermée. Montrer qu’il existe et tels que : Analyse critique : Le résultat précédent subsiste-t-il si l’on suppose seulement et fermés, sans compacité ? On construira un contre-exemple explicite dans muni de la norme euclidienne.
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Images directes et réciproques par des applications continues Soient et deux EVN, et une application continue.
- (a) Soit une partie compacte de . Montrer que est compacte dans .
- (b) L’image directe d’un fermé de par une application continue est-elle nécessairement un fermé de ? Justifier par un contre-exemple.
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Caractérisation des compacts par la propriété de finite intersection (Extension) Soit une partie non vide d’un EVN . On suppose que pour toute famille de fermés de telle que , il existe une sous-famille finie telle que . Montrer que est compact.
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Q1. Pour l’implication non triviale de la question (a), exploitez la définition de la borne inférieure pour construire une suite d’éléments de convergeant vers . Pour la question (b), majorez à l’aide de l’inégalité triangulaire inverse.
- Q2. Utilisez le théorème de Weierstrass (atteinte des bornes pour une fonction continue sur un compact). Pour le contre-exemple, pensez à une hyperbole et à son asymptote dans .
- Q3. Revenez à la définition séquentielle de la compacité (Bolzano-Weierstrass généralisé). Pour la question (b), pensez à une application exponentielle ou trigonométrique (par exemple ou ).
- Q4. Passez aux complémentaires en considérant les ouverts et traduisez l’hypothèse de recouvrement par les ouverts.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Caractérisation séquentielle et topologique de l’adhérence
Section titled “1. Caractérisation séquentielle et topologique de l’adhérence”-
(a) Soit .
- Supposons . Par définition de l’adhérence dans un espace métrique/normé, il existe une suite d’éléments de qui converge vers . Pour tout , par définition de la borne inférieure, . En passant à la limite lorsque , par encadrement, on obtient .
- Réciproquement, supposons que . Par définition de la borne inférieure, pour tout entier , il existe un élément tel que . La suite ainsi construite est à valeurs dans et converge vers puisque . Ainsi, est limite d’une suite d’éléments de , ce qui signifie exactement que . Conclusion: * .
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(b) Soient . Soit . Par définition de la borne inférieure, il existe tel que . Par l’inégalité triangulaire : Par définition de la distance à l’ensemble , on a , d’où : Cette inéquation étant vraie pour tout , on en déduit que : En échangeant les rôles de et (ou par symétrie de la norme), on obtient : L’application est donc 1-lipschitzienne (et en particulier continue).
2. Propriétés de séparation par la distance
Section titled “2. Propriétés de séparation par la distance”-
(a) L’application définie par est continue sur (car est 1-lipschitzienne sur ). Puisque est une partie compacte de l’EVN , le théorème de Weierstrass garantit que atteint ses bornes sur . Il existe donc tel que : Par ailleurs, comme est fermée, d’après la question 1-(a), . Cependant, les ensembles et sont disjoints, donc , ce qui implique . Par définition de la borne inférieure sur , il existe une suite dans telle que . Cependant, sans compacité de , cette suite n’a aucune raison de converger dans . Correction rigoureuse de l’atteinte sur : Comme la fonction est continue et que l’on cherche sur un fermé non nécessairement compact, on peut restreindre l’étude à une boule fermée centrée en : l’intersection de avec cette boule est fermée et bornée (donc compacte si est de dimension finie, mais attention en dimension infinie !). Si est de dimension finie, et fermés avec compact implique que et peuvent être séparés. Précisément, on pose . Si est compact et fermé, on considère qui est compact. Ainsi, il existe tel que .
Contre-exemple (lorsque la compacité est omise, en dimension 2) : Soit muni de la norme euclidienne. Considérons les deux fermés : Prenons plus explicitement : (l’axe des abscisses, qui est fermé) et (graphe d’une fonction, fermé dans ). Ici, et sont fermés et disjoints. La distance . Cependant, il n’existe aucun et tels que , car . La borne 0 n’est donc jamais atteinte.
3. Images directes et réciproques par des applications continues
Section titled “3. Images directes et réciproques par des applications continues”-
(a) Soit une partie compacte de et soit une suite d’éléments de . Par définition de l’image directe, pour tout , il existe tel que . La suite est à valeurs dans . Puisque est compact, il existe une sous-suite qui converge vers un élément . Par continuité de l’application en , la suite sous-extraite converge vers . Ainsi, de toute suite d’éléments de , on peut extraire une suite convergente vers un élément de . Conclusion: * est compact.
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(b) L’image directe d’un fermé par une application continue n’est pas nécessairement un fermé. Contre-exemple: * Soit définie par . L’application est continue sur . L’ensemble est un fermé de (tout l’espace). Cependant, l’image directe est , qui est un intervalle ouvert, donc strictement non fermé dans .
4. Caractérisation des compacts par la propriété de finite intersection
Section titled “4. Caractérisation des compacts par la propriété de finite intersection”-
Traduisons l’hypothèse topologiquement. Soit une partie non vide de . L’énoncé stipule que pour toute famille de fermés telle que : il existe un sous-ensemble fini tel que :
En posant (qui sont des ouverts de ), la condition se réécrit par passage au complémentaire : C’est-à-dire que est un recouvrement ouvert de .
L’hypothèse devient : si est une famille d’ouverts recouvrant , alors il existe une sous-famille finie telle que :
Cette propriété correspond exactement à la définition topologique de la compacité (théorème de Borel-Lebesgue généralisé aux espaces topologiques/métriques). Par conséquent, est un compact.