Exercice 2 : Oscillateurs harmoniques et amortis
🌐 Énoncé du problème / Étude de cas
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”Dans le cadre de la conception d’un sismomètre haute sensibilité destiné à l’enregistrement de micro-mouvements de la croûte terrestre, on s’intéresse à la modélisation d’un capteur inertiel. Le système est constitué d’une masse (le “pendule”) mobile le long d’un axe horizontal , attachée à un bâti fixe par l’intermédiaire d’un ressort de raideur et de longueur à vide .
Afin de limiter les oscillations parasites lors d’un séisme et d’obtenir une réponse fréquentielle fidèle, le système est plongé dans un fluide visqueux qui exerce sur la masse une force de frottement de type , où est la vitesse de la masse dans le référentiel du laboratoire (supposé galiléen) et un coefficient de frottement fluide.
Le but de ce problème est d’analyser la dynamique de ce système soumis à une excitation sinusoïdale (vibration du sol) et de discuter les limites du modèle linéaire proposé face à des sollicitations réelles de grande amplitude.
❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)
Section titled “❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)”-
Modélisation et mise en équation : Identifier le référentiel d’étude et préciser sa nature. Faire le bilan des forces extérieures agissant sur la masse . Par application de la relation fondamentale de la dynamique (RFD), établir l’équation différentielle régissant le mouvement de la position de la masse par rapport au repère fixe.
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Mise sous forme canonique : Mettre l’équation différentielle sous la forme canonique : Exprimer la pulsation propre et le coefficient d’amortissement (ou le facteur de qualité ) en fonction de , et .
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Étude énergétique et régime libre : Définir l’énergie mécanique du système oscillant. Établir la relation entre la dérivée temporelle de l’énergie mécanique et la puissance des forces non conservatrices. Commenter le signe de .
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Résolution du régime pseudo-périodique : On se place dans le cas d’un amortissement faible (). Déterminer l’expression générale de en sachant qu’à , la masse est lâchée sans vitesse initiale depuis une position . On introduira la pseudo-pulsation .
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Analyse critique du modèle et ordres de grandeur : Données numériques réalistes : , .
- a. Calculer la période propre du système.
- b. Le fluide utilisé est de l’huile silicone dont la viscosité induit un coefficient . Calculer le facteur de qualité . Le régime est-il bien pseudo-périodique ?
- c. Esprit critique : Le modèle linéaire de frottement fluide () est-il toujours valable si l’amplitude des oscillations devient importante (par exemple ) ? Citer un autre régime d’écoulement possible et expliquer qualitativement l’impact sur la décroissance des oscillations.
💡 Pistes & Indications
Section titled “💡 Pistes & Indications”- Q1 : Veillez à bien projeter la relation vectorielle sur l’axe en prenant garde au signe de la force de rappel élastique selon que ou .
- Q3 : L’énergie mécanique est la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle élastique (en posant l’origine de l’énergie potentielle à l’allongement nul). Calculez et utilisez la RFD.
- Q4 : L’équation caractéristique associée est à discriminant négatif. Utilisez la forme générale avec des constantes réelles déterminées par les conditions initiales.
- Q5.c : Pensez au nombre de Reynolds ou aux régimes d’écoulement autour d’un objet en mouvement dans un fluide (linéaire vs quadratique).
📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats
Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”1. Modélisation et mise en équation
Section titled “1. Modélisation et mise en équation”Le référentiel du laboratoire est supposé galiléen. La masse est soumise à :
- Son poids (compensé par la réaction normale du support horizontal, le mouvement étant purement horizontal, on se place dans le plan horizontal ).
- La force de rappel élastique du ressort : si l’origine est choisie à la position d’équilibre ( lorsque le ressort est à sa longueur à vide, ou en redéfinissant l’origine). Plus rigoureusement, si l’origine est la position d’équilibre statique, .
- La force de frottement fluide : .
Par application de la RFD sur l’axe :
2. Mise sous forme canonique
Section titled “2. Mise sous forme canonique”En divisant par la masse , on obtient : Par identification avec la forme canonique, on pose :
- (pulsation propre, en )
- (coefficient d’amortissement, en )
- Le facteur de qualité s’exprime par .
3. Étude énergétique
Section titled “3. Étude énergétique”L’énergie mécanique du système est la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle élastique : Dérivons cette expression par rapport au temps : D’après la RFD, . Ainsi : Analyse: * Puisque et , on a . L’énergie mécanique est strictement décroissante (dissipation d’énergie par frottement visqueux sous forme thermique), ce qui traduit le caractère non conservatif du système.
4. Résolution du régime pseudo-périodique
Section titled “4. Résolution du régime pseudo-périodique”L’amortissement est faible si (soit ). L’équation caractéristique associée est : Le discriminant réduit est . Les racines sont complexes conjuguées : où est la pseudo-pulsation. La solution générale s’écrit : Avec les conditions initiales et :
Finalement :
5. Analyse critique du modèle et ordres de grandeur
Section titled “5. Analyse critique du modèle et ordres de grandeur”-
a. Période propre :
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b. Facteur de qualité : . . Puisque (ou ), le régime est bien pseudo-périodique. L’approximation d’un amortissement faible est ici pleinement validée ().
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c. Analyse critique des limites du modèle : Si l’amplitude des oscillations atteint , la vitesse maximale de la masse est de l’ordre de .
- Limite physique : La force de frottement linéaire () n’est rigoureusement valable que pour des écoulements rampants (nombre de Reynolds ). Pour une vitesse de dans un fluide visqueux ou de l’air, des termes non linéaires en apparaissent (loi de Stokes-Navier ou traînée aérodynamique ).
- Conséquence sur le modèle : L’équation différentielle devient non linéaire. La décroissance de l’amplitude n’est plus strictement exponentielle en enveloppe (), mais présente une décroissance plus rapide au début (dissipation quadratique plus forte aux grandes vitesses) puis se linéarise lorsque l’amplitude diminue. L’ingénieur doit donc restreindre l’utilisation de ce modèle aux petits déplacements, ou corriger l’équation pour les grands séismes.