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Cours : Arithmétique dans Z

L’étude arithmétique de l’anneau commutatif unitaire (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times) repose sur la structure fondamentale d’idéal principal et sur la relation de divisibilité.

Soient (a,b)∈Z2(a, b) \in \mathbb{Z}^2. On dit que aa divise bb (noté a∣ba \mid b) s’il existe un entier k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que b=kab = ka.

Théorème (Division euclidienne dans Z\mathbb{Z}): Soit a∈Za \in \mathbb{Z} et b∈Z∗b \in \mathbb{Z}^*. Il existe un unique couple (q,r)∈Z2(q, r) \in \mathbb{Z}^2 tel que : a=bq+ret0≤r<∣b∣a = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \le r < |b|

  • Idéaux de Z\mathbb{Z} : Tout idéal de Z\mathbb{Z} est principal, c’est-à-dire de la forme aZa\mathbb{Z} pour un certain a∈Na \in \mathbb{N}.
  • PGCD : Pour (a,b)∈Z2∖{(0,0)}(a, b) \in \mathbb{Z}^2 \setminus \{(0,0)\}, le plus grand commun diviseur, noté pgcd(a,b)\text{pgcd}(a, b) ou a∧ba \land b, est l’unique entier naturel générateur de l’idéal aZ+bZa\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}.
  • PPCM : Le plus petit commun multiple, noté ppcm(a,b)\text{ppcm}(a, b) ou a∨ba \lor b, est l’unique entier naturel générateur de l’idéal intersection aZ∩bZa\mathbb{Z} \cap b\mathbb{Z}.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Soient (a,b)∈Z2(a, b) \in \mathbb{Z}^2. a∧b=1  ⟺  ∃(u,v)∈Z2,  au+bv=1a \land b = 1 \iff \exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, \; au + bv = 1

Démonstration : Considérons l’idéal I=aZ+bZI = a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}. Puisque Z\mathbb{Z} est principal, il existe d∈Nd \in \mathbb{N} tel que I=dZI = d\mathbb{Z}.

  1. Par définition, a∈I  ⟹  d∣aa \in I \implies d \mid a, et b∈I  ⟹  d∣bb \in I \implies d \mid b. Ainsi, dd est un diviseur commun de aa et bb.
  2. Réciproquement, si cc est un diviseur commun de aa et bb, alors pour tout (u,v)∈Z2(u, v) \in \mathbb{Z}^2, c∣(au+bv)c \mid (au + bv). Comme d∈Id \in I, il existe (u0,v0)∈Z2(u_0, v_0) \in \mathbb{Z}^2 tel que d=au0+bv0d = au_0 + bv_0, donc c∣dc \mid d.
  3. Le générateur positif dd est donc le plus grand commun diviseur de aa et bb. Si a∧b=1a \land b = 1, alors d=1d = 1, ce qui signifie 1∈aZ+bZ1 \in a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}, d’où l’existence de uu et vv. La réciproque est immédiate par transitivité de la divisibilité. ■\blacksquare

Soient (a,b,c)∈Z3(a, b, c) \in \mathbb{Z}^3. Si a∣bca \mid bc et a∧b=1a \land b = 1, alors a∣ca \mid c.

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et (a1,…,an)∈Zn(a_1, \dots, a_n) \in \mathbb{Z}^n. Si pour tout i∈{1,…,n−1}i \in \{1, \dots, n-1\}, ai∧an=1a_i \land a_n = 1, alors : (a1…an−1)∧an=1(a_1 \dots a_{n-1}) \land a_n = 1

Soit p∈Zp \in \mathbb{Z} un nombre premier. p∣ab  ⟹  (p∣a∨p∣b)p \mid ab \implies (p \mid a \lor p \mid b)

Théorème Fondamental de l’Arithmétique

Section titled “Théorème Fondamental de l’Arithmétique”

Tout entier n∈Z∖{−1,0,1}n \in \mathbb{Z} \setminus \{-1, 0, 1\} se décompose de manière unique (à l’ordre près des facteurs et au signe près des unités ±1\pm 1) sous la forme : n=ϵ∏i=1rpiαin = \epsilon \prod_{i=1}^{r} p_i^{\alpha_i} où ϵ∈{−1,1}\epsilon \in \{-1, 1\}, les pip_i sont des nombres premiers distincts et les αi\alpha_i sont des entiers strictement positifs.


Pour calculer d=a∧bd = a \land b et trouver une relation de Bézout au+bv=dau + bv = d, on utilise des divisions euclidiennes successives : a=bq1+r1(0<r1<b)a = bq_1 + r_1 \quad (0 < r_1 < b) b=r1q2+r2(0<r2<r1)b = r_1 q_2 + r_2 \quad (0 < r_2 < r_1) Le processus s’arrête lorsque rk+1=0r_{k+1} = 0. Le dernier reste non nul est dd. La remontée des coefficients permet d’obtenir (u,v)(u, v).

Résolution de l’équation diophantienne linéaire ax+by=cax + by = c

Section titled “Résolution de l’équation diophantienne linéaire ax+by=cax + by = cax+by=c”

Soit (a,b,c)∈Z2×Z(a, b, c) \in \mathbb{Z}^2 \times \mathbb{Z} avec (a,b)≠(0,0)(a, b) \neq (0,0) et d=a∧bd = a \land b.

  1. Condition d’existence : L’équation admet des solutions si et seulement si d∣cd \mid c.
  2. Solution particulière : On détermine (x0,y0)∈Z2(x_0, y_0) \in \mathbb{Z}^2 par l’algorithme d’Euclide étendu appliqué à a/da/d et b/db/d.
  3. Solution générale : L’ensemble des solutions de l’équation est donné par : S={(x0+kbd,  y0−kad)|k∈Z}\mathcal{S} = \left\{ \left( x_0 + k \frac{b}{d}, \; y_0 - k \frac{a}{d} \right) \middle| k \in \mathbb{Z} \right\}

  1. Oubli des conditions initiales du PGCD : Le PGCD de deux entiers est par définition un entier positif ou nul (a∧b≥0a \land b \ge 0). Attention aux simplifications hâtives avec les signes négatifs.
  2. Mauvaise manipulation de l’unicité dans la décomposition en facteurs premiers : Ne pas oublier que l’unicité s’entend à l’ordre des facteurs près et à l’inversion près des facteurs associés (multiplication par ±1\pm 1).
  3. Application abusive du Lemme de Gauss : Le lemme de Gauss requiert impérativement la primalité entre aa et bb (a∧b=1a \land b = 1). Si a∣bca \mid bc sans que aa et bb soient premiers entre eux, on ne peut conclure que a∣ca \mid c (ex: 6∣2×36 \mid 2 \times 3, mais 6∤26 \nmid 2 et 6∤36 \nmid 3).
  4. Erreurs de quantification dans les congruences : Travailler dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} nécessite de bien préciser les classes d’équivalence et de vérifier l’inversibilité (un élément aa est inversible modulo nn si et seulement si a∧n=1a \land n = 1).