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📌 1. DĂ©finitions & Cadre d'Ă©tude

La diffusion thermique (ou conduction thermique) est un mode de transfert thermique sans dĂ©placement macroscopic de matiĂšre, rĂ©sultant de l’agitation thermique microscopique au sein des milieux condensĂ©s (solides et liquides) ou des gaz au repos.

1.1. Grandeurs scalaires et vectorielles fondamentales

Section titled “1.1. Grandeurs scalaires et vectorielles fondamentales”
  • TempĂ©rature T(r⃗,t)T(\vec{r}, t) : Champ scalaire reprĂ©sentant l’agitation thermique locale (K\text{K} ou ∘C^{\circ}\text{C}).
  • Flux thermique j⃗th\vec{j}_{\text{th}} : Vecteur reprĂ©sentant la puissance thermique traversant par unitĂ© de surface une facette orientĂ©e par sa normale n⃗\vec{n} (W⋅m−2\text{W}\cdot\text{m}^{-2}).
  • Puissance thermique PthP_{\text{th}} : Flux traversant une surface ÎŁ\Sigma : Pth=∏Σj⃗th⋅n⃗ dSP_{\text{th}} = \iint_{\Sigma} \vec{j}_{\text{th}} \cdot \vec{n} \, dS
  • Loi de Fourier (conduction) : Exprime la proportionnalitĂ© entre le gradient de tempĂ©rature et le flux thermique dans un milieu isotrope : j⃗th=−λgrad⃗(T)\vec{j}_{\text{th}} = -\lambda \vec{\text{grad}}(T) oĂč λ\lambda est la conductivitĂ© thermique du matĂ©riau (W⋅m−1⋅K−1\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}). Le signe moins traduit le fait que la chaleur spontanĂ©ment des zones chaudes vers les zones froides.
  • CapacitĂ© thermique volumique CvC_v : Énergie nĂ©cessaire pour Ă©lever d’un kelvin l’unitĂ© de volume du matĂ©riau Ă  volume constant (J⋅m−3⋅K−1\text{J}\cdot\text{m}^{-3}\cdot\text{K}^{-1}). On pose souvent Cv=ρcC_v = \rho c (ρ\rho Ă©tant la masse volumique et cc la capacitĂ© thermique massique).

📐 2. ThĂ©orĂšmes fondamentaux & DĂ©monstrations clĂ©s

Section titled “📐 2. ThĂ©orĂšmes fondamentaux & DĂ©monstrations clĂ©s”

2.1. Établissement de l’équation de la chaleur

Section titled “2.1. Établissement de l’équation de la chaleur”

DĂ©monstration (exigible aux concours) : ConsidĂ©rons un domaine fixe V\mathcal{V} dĂ©limitĂ© par une surface fermĂ©e S\mathcal{S} de normale sortante n⃗\vec{n}. La conservation de l’énergie interne dans le systĂšme (en l’absence de travail des forces pressantes ou visqueuses, et en rĂ©gime non nĂ©cessairement stationnaire) s’écrit : dEthdt=−∬Sj⃗th⋅n⃗ dS+∭Vpvol dV\frac{dE_{\text{th}}}{dt} = -\iint_{\mathcal{S}} \vec{j}_{\text{th}} \cdot \vec{n} \, dS + \iiint_{\mathcal{V}} p_{\text{vol}} \, dV OĂč Eth=∭VρcT dVE_{\text{th}} = \iiint_{\mathcal{V}} \rho c T \, dV et pvolp_{\text{vol}} reprĂ©sente la puissance volumique des sources internes (effet Joule, rĂ©actions chimiques
).

  1. Par dĂ©finition, Eth=∭VCvT dVE_{\text{th}} = \iiint_{\mathcal{V}} C_v T \, dV, donc sa dĂ©rivĂ©e temporelle (pour un domaine fixe) est : dEthdt=∭VCv∂T∂t dV\frac{dE_{\text{th}}}{dt} = \iiint_{\mathcal{V}} C_v \frac{\partial T}{\partial t} \, dV
  2. En appliquant le thĂ©orĂšme de Green-Ostrogradski au flux thermique Ă  travers S\mathcal{S} : ∏Sj⃗th⋅n⃗ dS=∭Vdiv(j⃗th) dV\iint_{\mathcal{S}} \vec{j}_{\text{th}} \cdot \vec{n} \, dS = \iiint_{\mathcal{V}} \text{div}(\vec{j}_{\text{th}}) \, dV
  3. En injectant la loi de Fourier j⃗th=−λgrad⃗(T)\vec{j}_{\text{th}} = -\lambda \vec{\text{grad}}(T) (avec λ\lambda supposĂ© homogĂšne et isotrope) : div(j⃗th)=−div(λgrad⃗(T))=−λΔT\text{div}(\vec{j}_{\text{th}}) = -\text{div}(\lambda \vec{\text{grad}}(T)) = -\lambda \Delta T
  4. En rassemblant tous les termes sous une mĂȘme intĂ©grale volumique (vraie pour tout volume V\mathcal{V} arbitraire, d’oĂč l’égalitĂ© ponctuelle des intĂ©grants) : Cv∂T∂t=λΔT+pvolC_v \frac{\partial T}{\partial t} = \lambda \Delta T + p_{\text{vol}}

En posant D=λCv=λρc\text{D} = \frac{\lambda}{C_v} = \frac{\lambda}{\rho c} (la diffusivitĂ© thermique, en m2⋅s−1\text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}), on obtient l’équation aux dĂ©rivĂ©es partielles (EDP) fondamentale :

∂T∂t−DΔT=pvolCv\frac{\partial T}{\partial t} - D \Delta T = \frac{p_{\text{vol}}}{C_v}

  • RĂ©gime stationnaire (∂T∂t=0\frac{\partial T}{\partial t} = 0) : ΔT=−pvolλ\Delta T = -\frac{p_{\text{vol}}}{\lambda} (Équation de Poisson). Si pvol=0p_{\text{vol}} = 0, on obtient l’équation de Laplace : ΔT=0\Delta T = 0.
  • RĂ©gime transitoire sans source : ∂T∂t=DΔT\frac{\partial T}{\partial t} = D \Delta T.

3.1. Analogies et régimes stationnaires unidirectionnels

Section titled “3.1. Analogies et rĂ©gimes stationnaires unidirectionnels”

En gĂ©omĂ©trie cartĂ©sienne (mur plan d’épaisseur ee), l’équation stationnaire sans source se rĂ©duit Ă  : d2Tdx2=0  âŸč  T(x)=Ax+B\frac{d^2 T}{dx^2} = 0 \implies T(x) = Ax + B

  • Analogie thermo-Ă©lectrique :
    • Flux thermique PthP_{\text{th}} (analogue Ă  l’intensitĂ© II)
    • DiffĂ©rence de tempĂ©rature ΔT\Delta T (analogue Ă  la tension UU)
    • RĂ©sistance thermique thermique Rth=ΔTPth=eλSR_{\text{th}} = \frac{\Delta T}{P_{\text{th}}} = \frac{e}{\lambda S} (K⋅W−1\text{K}\cdot\text{W}^{-1}).

3.2. Analyse dimensionnelle et temps caractéristique de diffusion

Section titled “3.2. Analyse dimensionnelle et temps caractĂ©ristique de diffusion”

Soit un systĂšme de dimension caractĂ©ristique LL (Ă©paisseur d’un mur, rayon d’un cylindre). Par analyse dimensionnelle de l’équation de la chaleur : Tτdiff∌DTL2\frac{T}{\tau_{\text{diff}}} \sim D \frac{T}{L^2} On dĂ©finit le temps caractĂ©ristique de diffusion thermique : τdiff=L2D\tau_{\text{diff}} = \frac{L^2}{D}

  • InterprĂ©tation : C’est le temps nĂ©cessaire pour qu’une perturbation thermique s’isole ou diffuse Ă  travers l’échelle LL du systĂšme. Si le temps d’observation τobsâ‰Șτdiff\tau_{\text{obs}} \ll \tau_{\text{diff}}, le systĂšme est en rĂ©gime transitoire local ; si τobs≫τdiff\tau_{\text{obs}} \gg \tau_{\text{diff}}, le rĂ©gime stationnaire est atteint.

3.3. Ondes thermiques (Régime sinusoïdal forcé)

Section titled “3.3. Ondes thermiques (RĂ©gime sinusoĂŻdal forcĂ©)”

Si la tempĂ©rature d’une face d’un milieu semi-infini subit une variation sinusoĂŻdale T(0,t)=T0+ΔT0cos⁥(ωt)T(0,t) = T_0 + \Delta T_0 \cos(\omega t), on cherche une solution sous forme complexe : T‟(x,t)=T0+T‟xejωt\underline{T}(x,t) = T_0 + \underline{T}_x e^{j\omega t} En injectant dans l’équation de la diffusion : jωT‟x=Dd2T‟xdx2  âŸč  T‟x(x)=ΔT0e−xÎŽe−jxÎŽj\omega \underline{T}_x = D \frac{d^2 \underline{T}_x}{dx^2} \implies \underline{T}_x(x) = \Delta T_0 e^{-\frac{x}{\delta}} e^{-j\frac{x}{\delta}} OĂč l’on introduit la longueur de pĂ©nĂ©tration thermique (ou Ă©paisseur de peau) ÎŽ\delta : ÎŽ=2Dω\delta = \sqrt{\frac{2D}{\omega}}

  • ConsĂ©quences physiques majeures :
    1. Amortissement exponentiel de l’onde thermique (attĂ©nuation par un facteur e−2π≈0.0018e^{-2\pi} \approx 0.0018 Ă  une profondeur de 2πΎ2\pi \delta).
    2. Déphasage croissant avec la profondeur. Application géophysique : inertie thermique de la Terre (les caves souterraines gardent une température constante car les variations diurnes et saisonniÚres sont totalement atténuées).

  1. Oublier le signe de la loi de Fourier : Le vecteur flux thermique est dirigĂ© des hautes vers les basses tempĂ©ratures. Le signe "−-" est impĂ©ratif.
  2. Confondre conductivité et diffusivité :
    • λ\lambda (W⋅m−1⋅K−1\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) caractĂ©rise l’aptitude d’un matĂ©riau Ă  conduire la chaleur.
    • DD (m2⋅s−1\text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}) caractĂ©rise la rapiditĂ© avec laquelle le champ de tempĂ©rature s’homogĂ©nĂ©ise. Un bon conducteur n’a pas nĂ©cessairement une grande diffusivitĂ© si sa capacitĂ© thermique volumique est trĂšs Ă©levĂ©e.
  3. Erreurs d’unitĂ©s et homogĂ©nĂ©itĂ© : VĂ©rifier systĂ©matiquement l’homogĂ©nĂ©itĂ© des Ă©quations aux dĂ©rivĂ©es partielles, notamment lors du passage en coordonnĂ©es cylindriques ou sphĂ©riques (attention aux expressions des opĂ©rateurs div\text{div} et Δ\Delta hors du systĂšme cartĂ©sien, par exemple ΔT=1r∂∂r(r∂T∂r)\Delta T = \frac{1}{r}\frac{\partial}{\partial r}\left(r\frac{\partial T}{\partial r}\right) en symĂ©trie cylindrique radiale).
  4. Conditions aux limites : Ne pas oublier de prĂ©ciser les conditions de raccordement aux interfaces (continuitĂ© de la tempĂ©rature TT et continuitĂ© du flux thermique normal j⃗th⋅n⃗\vec{j}_{\text{th}}\cdot\vec{n} en l’absence de source surfacique).