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Exercice 2 : Transferts thermiques par conduction

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Le problème s’intéresse à la modélisation thermique d’un barreau cylindrique métallique (ou gaine de combustible nucléaire simplifiée), de rayon RR, de longueur LL (avec L≫RL \gg R, ce qui permet de négliger les effets de bords selon l’axe) et de conductivité thermique λ\lambda supposée constante. Ce barreau est le siège d’une source volumique de chaleur uniforme P0\mathcal{P}_0 (en W⋅m−3\text{W}\cdot\text{m}^{-3}) due à des réactions de désintégration ou à l’effet Joule.

Le système est en régime permanent. La surface extérieure du cylindre (en r=Rr = R) est maintenue à une température constante T0T_0 par un fluide thermostaté.

L’objectif de ce problème est de déterminer le profil de température au sein du barreau, d’analyser le flux thermique échangé avec l’extérieur, et d’évaluer les limites du modèle stationnaire face à une variation temporelle de la puissance interne.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Bilan thermique et équation locale À l’aide d’un bilan d’énergie sur une coquille cylindrique élémentaire comprise entre rr et r+drr + \text{d}r, ou par application directe de la loi de Fourier et du premier principe, établir l’équation différentielle régissant la température T(r)T(r) en régime permanent. On exprimera cette équation en coordonnées cylindriques, en exploitant les symétries du problème.

  2. Résolution du profil de température Intégrer cette équation différentielle en tenant compte des conditions aux limites physiques adaptées. Exprimer la température T(r)T(r) en fonction de rr, RR, T0T_0, λ\lambda et P0\mathcal{P}_0. Application numérique : Calculer la température maximale au centre du barreau T(0)T(0) pour P0=1,0×107 W⋅m−3\mathcal{P}_0 = 1,0 \times 10^7\text{ W}\cdot\text{m}^{-3}, R=1,0 cmR = 1,0\text{ cm}, λ=20 W⋅m−1⋅K−1\lambda = 20\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et T0=300 KT_0 = 300\text{ K}.

  3. Flux thermique et résistance thermique équivalente Déterminer l’expression du vecteur densité de courant thermique j⃗th(r)\vec{j}_{\text{th}}(r) dans le barreau. En déduire le flux thermique total Φth\Phi_{\text{th}} traversant la surface de la gaine (r=Rr = R) par unité de longueur. Définir une résistance thermique linéique Rth, linR_{\text{th, lin}} du cylindre.

  4. Analyse critique et régime transitoire (amorce) On suppose à présent que la source de puissance subit une modulation temporelle sinusoïdale autour de sa valeur moyenne : P(t)=P0+ΔPcos⁡(ωt)\mathcal{P}(t) = \mathcal{P}_0 + \Delta \mathcal{P} \cos(\omega t).

    • a) Établir l’équation aux dérivées partielles régissant T(r,t)T(r,t) en tenant compte de la capacité thermique volumique Cp=ρcC_{\text{p}} = \rho c du matériau (ρ\rho étant la masse volumique et cc la capacité thermique massique).
    • b) Introduire une grandeur caractéristique de temps de diffusion thermique τdiff\tau_{\text{diff}} à travers le rayon RR. Proposer un critère qualitatif permettant de justifier l’approximation du régime stationnaire étudiée aux questions précédentes.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Pensez à identifier les invariances du système (par rapport à l’angle θ\theta et à la hauteur zz) pour simplifier l’opérateur laplacien ou pour poser correctement le bilan sur un volume élémentaire dτ=2πrLdr\text{d}\tau = 2\pi r L \text{d}r.
  • Question 2 : Une double integration successive est nécessaire. La régularité de la température au centre (r=0r=0) fournit une condition limite incontournable.
  • Question 3 : Le flux thermique à travers une surface cylindrique de rayon rr et de longueur LL s’exprime par le flux du vecteur j⃗th\vec{j}_{\text{th}}.
  • Question 4 : Pour l’analyse dimensionnelle, relier la longueur caractéristique RR, la conductivité λ\lambda et la capacité thermique volumique CpC_{\text{p}} pour former un temps caractéristique.

Par symétrie cylindrique et en raison du caractère infiniment long du barreau (L≫RL \gg R), le champ de température ne dépend que de la distance radiale rr : T=T(r)T = T(r).

Considérons une coquille cylindrique de rayon rr, d’épaisseur dr\text{d}r et de longueur LL. Le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système en régime permanent s’écrit : Φth(r)−Φth(r+dr)+P0⋅(Vcoquille)=0\Phi_{\text{th}}(r) - \Phi_{\text{th}}(r+\text{d}r) + \mathcal{P}_0 \cdot (\mathcal{V}_{\text{coquille}}) = 0 avec Vcoquille=2πrLdr\mathcal{V}_{\text{coquille}} = 2\pi r L \text{d}r.

Par définition, le flux thermique s’exprime via la loi de Fourier j⃗th=−λgrad⃗T\vec{j}_{\text{th}} = -\lambda \vec{\text{grad}} T, soit selon la direction radiale : jth(r)=−λdTdrj_{\text{th}}(r) = -\lambda \frac{\text{d}T}{\text{d}r} Le flux traversant la surface cylindrique de rayon rr et de longueur LL est : Φth(r)=jth(r)×2πrL=−2πrLλdTdr\Phi_{\text{th}}(r) = j_{\text{th}}(r) \times 2\pi r L = -2\pi r L \lambda \frac{\text{d}T}{\text{d}r}

En effectuant un développement limité au premier ordre : Φth(r+dr)=Φth(r)+dΦthdrdr\Phi_{\text{th}}(r+\text{d}r) = \Phi_{\text{th}}(r) + \frac{\text{d}\Phi_{\text{th}}}{\text{d}r} \text{d}r L’équation de bilan devient : −dΦthdrdr+P0(2πrLdr)=0  ⟹  1rddr(rdTdr)+P0λ=0-\frac{\text{d}\Phi_{\text{th}}}{\text{d}r} \text{d}r + \mathcal{P}_0 (2\pi r L \text{d}r) = 0 \implies \frac{1}{r} \frac{\text{d}}{\text{d}r}\left( r \frac{\text{d}T}{\text{d}r} \right) + \frac{\mathcal{P}_0}{\lambda} = 0 C’est l’équation différentielle recherchée (qui correspond à l’équation de la chaleur stationnaire avec source ΔT+P0λ=0\Delta T + \frac{\mathcal{P}_0}{\lambda} = 0 en coordonnées cylindriques).


Intégrons une première fois l’équation par rapport à rr : rdTdr=−P02λr2+Ar \frac{\text{d}T}{\text{d}r} = -\frac{\mathcal{P}_0}{2\lambda} r^2 + A où AA est une constante d’intégration. En divisant par rr (pour r≠0r \neq 0) : dTdr=−P02λr+Ar\frac{\text{d}T}{\text{d}r} = -\frac{\mathcal{P}_0}{2\lambda} r + \frac{A}{r} La température physique au centre du cylindre (r=0r=0) doit être finie (pas de singularité de type puits ou source infinie de température). Or, le terme Ar\frac{A}{r} diverge en 00 si A≠0A \neq 0. Par conséquent, A=0A = 0.

Intégrons une seconde fois : T(r)=−P04λr2+BT(r) = -\frac{\mathcal{P}_0}{4\lambda} r^2 + B où BB est une nouvelle constante d’intégration. Utilisons la condition aux limites à la surface r=Rr = R : T(R)=T0T(R) = T_0. T0=−P04λR2+B  ⟹  B=T0+P0R24λT_0 = -\frac{\mathcal{P}_0}{4\lambda} R^2 + B \implies B = T_0 + \frac{\mathcal{P}_0 R^2}{4\lambda}

Finalement, le profil de température est : T(r)=T0+P0R24λ(1−r2R2)T(r) = T_0 + \frac{\mathcal{P}_0 R^2}{4\lambda} \left( 1 - \frac{r^2}{R^2} \right)

Application numérique : La température maximale est atteinte au centre (r=0r=0) : Tmax=T(0)=T0+P0R24λT_{\text{max}} = T(0) = T_0 + \frac{\mathcal{P}_0 R^2}{4\lambda} A.N. : Tmax=300+1,0×107×(1,0×10−2)24×20=300+10380=300+12,5=312,5 KT_{\text{max}} = 300 + \frac{1,0 \times 10^7 \times (1,0 \times 10^{-2})^2}{4 \times 20} = 300 + \frac{10^3}{80} = 300 + 12,5 = 312,5\text{ K}


3. Flux thermique et résistance thermique équivalente

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La densité de courant thermique s’obtient par dérivation du profil de température : j⃗th(r)=−λdTdru⃗r=−λ(−P0r2λ)u⃗r=P0r2u⃗r\vec{j}_{\text{th}}(r) = -\lambda \frac{\text{d}T}{\text{d}r} \vec{u}_r = -\lambda \left( -\frac{\mathcal{P}_0 r}{2\lambda} \right) \vec{u}_r = \frac{\mathcal{P}_0 r}{2} \vec{u}_r

Le flux thermique total Φth\Phi_{\text{th}} traversant la surface de la gaine de rayon RR pour une longueur LL est : Φth=∬surfacej⃗th(R)⋅u⃗r dS=(P0R2)×(2πRL)=πR2LP0\Phi_{\text{th}} = \iint_{\text{surface}} \vec{j}_{\text{th}}(R) \cdot \vec{u}_r \, dS = \left( \frac{\mathcal{P}_0 R}{2} \right) \times (2\pi R L) = \pi R^2 L \mathcal{P}_0 Remarque physique : Ce résultat correspond exactement à la puissance totale générée dans le volume du cylindre (Ptot=P0×(πR2L)P_{\text{tot}} = \mathcal{P}_0 \times (\pi R^2 L)), ce qui valide le théorème de conservation global.

La résistance thermique linéique Rth, linR_{\text{th, lin}} est définie par analogie avec la loi d’Ohm thermique entre la température maximale (ou un écart moyen) et la température extérieure rapportée au flux linéique Φlin=ΦthL\Phi_{\text{lin}} = \frac{\Phi_{\text{th}}}{L} : ΔT=T(0)−T(R)=P0R24λ=Φlin4πλ\Delta T = T(0) - T(R) = \frac{\mathcal{P}_0 R^2}{4\lambda} = \frac{\Phi_{\text{lin}}}{4\pi \lambda} On définit ainsi la résistance thermique linéique : Rth, lin=T(0)−T0Φlin=14πλR_{\text{th, lin}} = \frac{T(0) - T_0}{\Phi_{\text{lin}}} = \frac{1}{4\pi \lambda} exprimée en K⋅m⋅W−1\text{K}\cdot\text{m}\cdot\text{W}^{-1}.


4. Analyse critique et régime transitoire (amorce)

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  • a) L’équation locale de la chaleur en présence d’une source volumique variable s’écrit : Cp∂T∂t=div(λgrad⃗T)+P(r,t)C_{\text{p}} \frac{\partial T}{\partial t} = \text{div}(\lambda \vec{\text{grad}} T) + \mathcal{P}(r, t) En coordonnées cylindriques, avec λ\lambda et CpC_{\text{p}} uniformes : Cp∂T∂t=λ(∂2T∂r2+1r∂T∂r)+P0+ΔPcos⁡(ωt)C_{\text{p}} \frac{\partial T}{\partial t} = \lambda \left( \frac{\partial^2 T}{\partial r^2} + \frac{1}{r} \frac{\partial T}{\partial r} \right) + \mathcal{P}_0 + \Delta \mathcal{P} \cos(\omega t)

  • b) Par analyse dimensionnelle de l’équation homogène associée (ou par le rapport des termes caractéristiques de conduction et d’accumulation), le temps caractéristique de diffusion thermique τdiff\tau_{\text{diff}} à l’échelle du rayon RR est : τdiff=R2DthavecDth=λCp(diffusiviteˊ thermique)\tau_{\text{diff}} = \frac{R^2}{D_{\text{th}}} \quad \text{avec} \quad D_{\text{th}} = \frac{\lambda}{C_{\text{p}}} \quad (\text{diffusivité thermique})

L’approximation du régime stationnaire est valide si le système réagit “instantanément” aux fluctuations de la source de puissance, c’est-à-dire si la période des fluctuations Tosc=2πωT_{\text{osc}} = \frac{2\pi}{\omega} est très grande devant le temps de diffusion thermique : 2πω≫τdiff  ⟺  ω≪DthR2\frac{2\pi}{\omega} \gg \tau_{\text{diff}} \iff \omega \ll \frac{D_{\text{th}}}{R^2} Si cette condition est vérifiée, le terme ∂T\otor∂t\frac{\partial T}{\otor{\partial t}} devient négligeable devant les termes spatiaux, ramenant l’équation au cas stationnaire résolu aux questions précédentes à chaque instant quasi-statique.