Cours : Probabilités et variables aléatoires
📌 1. Définitions & Cadre d’étude
Section titled “📌 1. Définitions & Cadre d’étude”Soit un espace probabilisé. En classe de seconde année de CPGE PC, le cadre d’étude se restreint principalement aux variables aléatoires discrètes et à densités.
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Espace probabilisé : est l’univers (ensemble des possibles), une tribu (ou -algèbre) de parties de , et une probabilité, c’est-à-dire une application vérifiant les axiomes de Kolmogorov :
- .
- Pour toute suite d’événements de deux à deux incompatibles ( pour ), on a :
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Variable aléatoire discrète : Une application est dite variable aléatoire discrète si est fini ou dénombrable, et si pour tout , l’événement appartient à .
- Loi de : Déterminée par la donnée des pour .
- Espérance : admet une espérance si la famille est sommable, et on pose :
- Variance : admet une variance si admet une espérance, et :
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Variable aléatoire à densité : Une application est dite à densité s’il existe une fonction , positive, continue par morceaux, telle que pour tous réels et avec : La fonction est appelée densité de probabilité de .
- Espérance : admet une espérance si l’intégrale est absolument convergente, et :
- Variance : admet une variance si est intégrable sur , et :
📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés
Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”Théorème : Positivité et croissance de l’espérance
Section titled “Théorème : Positivité et croissance de l’espérance”Soient et deux variables aléatoires admettant une espérance.
- Si presque sûrement, alors .
- Si presque sûrement, alors .
Démonstration (dans le cas discret) : Supposons p.s. Par definition de l’esperance : Puisque , pour tout , . De plus, par definition d’une probabilite, . Chaque terme de la somme est donc positif ou nul. Par propriete de convergence des series a termes positifs (la sommation etant absolument convergente), on en deduit que . Pour le second point, on applique le premier resultat a la variable aléatoire p.s., par linearite de l’esperance :
Théorème : Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Section titled “Théorème : Inégalité de Bienaymé-Tchebychev”Soit une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2 (donc une espérance et une variance ). Pour tout :
Démonstration (cas à densité) : Par definition de la variance et en utilisant la relation de Chasles pour couper le domaine d’integration : Sur le domaine d’integration où , on a . Par croissance de l’integrale : Or, par definition de la probabilite de cet evenement : D’où , ce qui donne l’inegalite voulue en divisant par .
💡 3. Méthodes de calcul & Algorithmes
Section titled “💡 3. Méthodes de calcul & Algorithmes”-
Calcul de la loi d’une fonction de variable aléatoire :
- Méthode de la fonction de répartition (cas général) : On calcule en résumant l’inéquation en fonction de , puis on dérive si est à densité pour obtenir .
- Cas discret : . Pour tout :
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Utilisation du théorème de transfert : Si est une variable aléatoire et une fonction continue (ou continue par morceaux), alors admet une espérance si et seulement si :
- Cas discret : , et alors .
- Cas à densité : , et alors .
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Sommation par isomorphisme ou par réarrangement (Loi de pour indépendantes) : Si et sont indépendantes et à valeurs dans :
⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours
Section titled “⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours”- Confondre existence de l’espérance et existence de la variance : doit exister pour que existe. Dire “la variance existe donc l’espérance existe” est un automatisme sain (parce que ou par convexité), mais l’inverse est faux (une loi de Cauchy a une espérance non définie mais on ne parle pas de variance ; une loi à densité en peut avoir une espérance mais pas de variance).
- Oublier de vérifier la convergence absolue : En CPGE, l’écriture ou sans mentionner au préalable la convergence absolue (sommabilité ou intégrabilité) est une faute éliminatoire.
- Indépendance vs. Incorrélation : Deux variables aléatoires indépendantes et admettant des moments d’ordre 2 sont toujours non corrélées (). La réciproque est fausse.
- Mauvaise manipulation des densités : Une densité de probabilité n’est pas une probabilité : elle peut être strictement supérieure à en un point (par exemple, la densité d’une loi uniforme sur vaut sur son support). Seule son intégrale sur vaut .
- Passage à la limite sous le signe somme/intégrale : Ne jamais permuter limite et espérance/somme/intégrale sans invoquer un théorème du programme (Convergence Dominée, Théorème de Fubini, ou convergence monotone).