Cours : Probabilités continues
Fiche de Cours : Probabilités continues (BCPST 2)
Section titled “Fiche de Cours : Probabilités continues (BCPST 2)”1. Généralités sur les variables aléatoires à densité
Section titled “1. Généralités sur les variables aléatoires à densité”A. Définitions fondamentales
Section titled “A. Définitions fondamentales”Définition (Variable aléatoire à densité) : Soit un espace probabilisé. Une variable aléatoire réelle est dite à densité s’il existe une fonction , positive et continue par morceaux, telle que pour tout intervalle de de la forme : La fonction est appelée densité de probabilité de .
Conditions nécessaires et suffisantes pour qu’une fonction soit une densité : Une fonction est une densité de probabilité s’il and seulement si :
- Positivité : Pour tout , .
- Continuité par morceaux : est continue par morceaux sur .
- Condition de normalisation : L’intégrale généralisée converge et :
Propriété fondamentale : Si est une variable aléatoire à densité, alors pour tout , . Conséquence : Les inégalités larges et strictes sont équivalentes pour le calcul des probabilités ().
B. Fonction de répartition
Section titled “B. Fonction de répartition”Définition : La fonction de répartition d’une variable aléatoire (discrète ou à densité) est la fonction définie par :
Théorème (Lien entre densité et fonction de répartition) : Si est une variable aléatoire à densité de densité , alors sa fonction de répartition est de classe sur (sauf éventuellement en un nombre fini de points où présente des discontinuités de première espèce), et :
2. Espérance, Variance et Moments
Section titled “2. Espérance, Variance et Moments”A. Espérance mathématique
Section titled “A. Espérance mathématique”Définition : Soit une variable aléatoire à densité de densité . On dit que admet une espérance (ou qu’elle est d’ordre 1) si l’intégrale généralisée suivante converge absolument : Dans ce cas, l’espérance de , notée , est définie par :
B. Théorème de transfert (loi de l’statisticien inconscient - LIEG)
Section titled “B. Théorème de transfert (loi de l’statisticien inconscient - LIEG)”Théorème : Soit une variable aléatoire à densité de densité et une fonction continue par morceaux. La variable aléatoire admet une espérance si et seulement si l’intégrale suivante converge absolument : Dans ce cas :
C. Variance et Écart-type
Section titled “C. Variance et Écart-type”Définition : Soit une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2 (c’est-à-dire que existe). On dit que admet une variance, notée (ou ), définie par : L’écart-type est .
Propriétés (identiques au cas discret) :
- Linéarité de l’espérance : .
- Propriété de la variance : .
- König-Huygens : .
3. Lois usuelles
Section titled “3. Lois usuelles”A. Loi uniforme sur ( avec )
Section titled “A. Loi uniforme sur [a,b][a, b][a,b] (U([a,b])\mathcal{U}([a, b])U([a,b]) avec a<ba < ba<b)”- Modélisation : Choix “au hasard” d’un réel dans un intervalle.
- Densité :
- Espérance :
- Variance :
B. Loi exponentielle de paramètre ()
Section titled “B. Loi exponentielle de paramètre λ>0\lambda > 0λ>0 (E(λ)\mathcal{E}(\lambda)E(λ))”- Modélisation : Durée de vie d’un composant sans vieillissement, temps d’attente entre deux événements de Poisson.
- Densité :
- Fonction de répartition : pour .
- Espérance :
- Variance :
- Propriété d’absence de mémoire : Pour tous :
C. Loi normale (ou de Gauss) d’espérance et de variance ( avec )
Section titled “C. Loi normale (ou de Gauss) d’espérance μ\muμ et de variance σ2\sigma^2σ2 (N(μ,σ2)\mathcal{N}(\mu, \sigma^2)N(μ,σ2) avec σ>0\sigma > 0σ>0)”- Densité :
- Espérance :
- Variance :
- Cas particulier ( - Loi normale centrée réduite) : Sa densité est notée et sa fonction de répartition . Propriété de symétrie : .
Théorème (Centrage-Réduction) : Si , alors la variable aléatoire suit la loi normale centrée réduite .
4. Couples de variables aléatoires à densité
Section titled “4. Couples de variables aléatoires à densité”A. Densité conjointe
Section titled “A. Densité conjointe”Définition : Un couple de variables aléatoires est à densité s’il existe une fonction , positive et continue par morceaux, telle que pour tout domaine (convenable) : La fonction est la densité conjointe du couple. Elle vérifie .
B. Densités marginales
Section titled “B. Densités marginales”Théorème : Si a pour densité conjointe , alors et sont des variables à densité dont les densités marginales et sont données par :
C. Indépendance
Section titled “C. Indépendance”Définition : Les variables aléatoires et sont dites indépendantes si pour tout : Dans le cas à densité, cela équivaut à :
Théorème (Espérance du produit) : Si et sont indépendantes et admettent une espérance, alors admet une espérance et :
5. Méthodes et Savoir-faire
Section titled “5. Méthodes et Savoir-faire”-
Vérifier ou déterminer une constante de normalisation :
- Méthode : Intégrer la densité sur (ou le support) et poser l’intégrale égale à . Souvent lié à des primitives classiques ou à des intégrales de Gauss ().
-
Calculer la loi d’une fonction d’une variable aléatoire (Méthode de la fonction de répartition) :
- Étape 1 : Soit . On cherche .
- Étape 2 : Résoudre l’inéquation en fonction de .
- Étape 3 : Exprimer à l’aide de la fonction de répartition ou par une intégrale.
- Étape 4 : Dériver (si possible) pour obtenir la densité .
-
Calcul de transformées de variables (Somme de variables indépendantes) :
- Si et sont indépendantes à densités, la densité de s’obtient par le produit de convolution :
6. Pièges classiques à éviter
Section titled “6. Pièges classiques à éviter”- Confondre et : Pour une variable à densité, , mais peut être strictement supérieur à (par exemple, une loi uniforme sur a pour densité ). La densité n’est pas une probabilité.
- Oublier le domaine de validité : Une densité est nulle en dehors de son support. Ne jamais oublier de préciser les “sinon ” dans l’écriture d’une densité par morceaux.
- Mauvaise gestion des bornes lors du calcul des marginales : Bien dessiner le domaine où est non nulle pour déterminer les bornes des intégrales (en particulier pour les intégrales de Fubini sur des domaines non rectangulaires).
- Conclure hâtivement à l’indépendance : doit être vrai pour tout (ou presque partout), et les supports doivent être des produits cartésiens d’intervalles.