L’objectif de ce problème est d’étudier le développement en série de Fourier d’une fonction périodique à morceaux, d’appliquer le théorème de Dirichlet pour déterminer la somme de certaines séries numériques, et d’utiliser l’égalité de Parseval pour calculer la somme de séries de carrés.
Soit f:R→R la fonction 2π-périodique, impaire, définie sur l’intervalle [0,π] par :
f(t)=t(π−t)
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Préliminaires et régularité
a. Justifier que la fonction f est de classe C1 par morceaux sur R.
b. Rappeler l’expression des coefficients de Fourier trigonométriques an(f) et bn(f) pour n∈N. Calculer an(f) pour tout n∈N.
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Calcul des coefficients de Fourier
a. Calculer bn(f) pour tout n∈N∗ en effectuant des intégrations par parties.
b. Expliciter la série de Fourier associée à f, notée S(f).
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Application du théorème de Dirichlet
a. Énoncer précisément le théorème de Dirichlet pour une fonction 2π-périodique et de classe C1 par morceaux.
b. En déduire la valeur de la somme de la série numérique ∑k=0+∞(2k+1)3(−1)k.
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Égalité de Parseval et sommation
a. Rappeler l’égalité de Parseval pour une fonction 2π-périodique et continue par morceaux.
b. Appliquer cette égalité à la fonction f pour déterminer la valeur de la somme ∑n=1+∞n61.
- Parité : Pensez à exploiter la parité de f pour simplifier les calculs de coefficients (les coefficients en cosinus sont nuls pour une fonction impaire).
- Intégrations par parties : Pour calculer les intégrales du type ∫0πt(π−t)sin(nx)dt, deux intégrations par parties successives sont nécessaires.
- Théorème de Dirichlet : Vérifiez bien les hypothèses de régularité (continuité et dérivabilité par morceaux) aux points où l’on évalue la somme, notamment en t=2π.
- Parseval : Veillez à bien normaliser les coefficients selon la formule du cours utilisée (version coefficients réels an,bn ou coefficients complexes cn).
a. Régularité de f :
Sur l’intervalle ]0,π[, la fonction f est polynomiale, donc de classe C∞.
La fonction f est 2π-périodique et impaire. En t=0 et t=π, les limites à gauche et à droite existent, ainsi que celles de la dérivée f′(t)=π−2t. Par conséquent, f est continue et de classe C1 par morceaux sur R.
b. Coefficients de Fourier et calcul des an :
Puisque f est impaire, le produit t↦f(t)cos(nt) est impair, et le produit t↦f(t)sin(nt) est pair. Par conséquent, pour tout n∈N :
an(f)=π1∫−ππf(t)cos(nt)dt=0
a. Calcul des bn :
Pour n∈N∗ :
bn(f)=π2∫0πt(π−t)sin(nt)dt=π2∫0π(πt−t2)sin(nt)dt
Effectuons une première intégration par parties en posant u(t)=πt−t2 (de sorte que u′(t)=π−2t) et v′(t)=sin(nt) (donc v(t)=−ncos(nt)) :
∫0π(πt−t2)sin(nt)dt=[−(πt−t2)ncos(nt)]0π+n1∫0π(π−2t)cos(nt)dt
Le terme tout intégré est nul en 0 et en π car πt−t2=0 aux bornes. Il reste :
∫0π(πt−t2)sin(nt)dt=n1∫0π(π−2t)cos(nt)dt
Effectuons une seconde intégration par parties sur cette nouvelle intégrale, en posant u1(t)=π−2t (u1′(t)=−2) et v1′(t)=cos(nt) (v1(t)=nsin(nt)) :
∫0π(π−2t)cos(nt)dt=[(π−2t)nsin(nt)]0π−∫0π(−2)nsin(nt)dt
Le terme tout intégré s’annule (car sin(nπ)=sin(0)=0). Il vient :
∫0π(π−2t)cos(nt)dt=n2∫0πsin(nt)dt=n2[−ncos(nt)]0π=n22(1−(−1)n)
En remplaçant dans l’expression de bn(f) :
bn(f)=π2×n1×n22(1−(−1)n)=πn34(1−(−1)n)
Ainsi :
- Si n=2p est pair, b2p(f)=0.
- Si n=2p+1 est impair, b2p+1(f)=π(2p+1)38.
b. Série de Fourier associée :
La série de Fourier de f est donc :
S(f)(t)=∑p=0+∞π(2p+1)38sin((2p+1)t)
a. Énoncé du théorème de Dirichlet :
Si une fonction g:R→R est 2π-périodique et de classe C1 par morceaux, alors sa série de Fourier converge pour tout t∈R, et sa somme est égale à :
S(g)(t)=2g(t+)+g(t−)
De plus, si g est continue en t, la série converge vers g(t).
b. Application en t=2π :
La fonction f est continue sur R. Par le théorème de Dirichlet, pour tout t∈R, S(f)(t)=f(t).
Évaluons cette égalité en t=2π :
f(2π)=2π(π−2π)=4π2
D’autre part, en remplaçant t par 2π dans la série de Fourier :
S(f)(2π)=∑p=0+∞π(2p+1)38sin((2p+1)2π)
Remarquons que sin((2p+1)2π)=(−1)p. Ainsi :
S(f)(2π)=π8∑p=0+∞(2p+1)3(−1)p
En égalisant les deux expressions :
π8∑p=0+∞(2p+1)3(−1)p=4π2⟹∑p=0+∞(2p+1)3(−1)p=32π3
a. Rappel de l’égalité de Parseval :
Si g est une fonction 2π-périodique et continue par morceaux sur R, alors :
π1∫−ππ(g(t))2dt=2a0(g)2+∑n=1+∞(an(g)2+bn(g)2)
b. Application à la fonction f :
Calculons d’abord le terme intégral :
π1∫−ππ(f(t))2dt=π2∫0πt2(π−t)2dt
Développons l’intégrant :
t2(π−t)2=t2(π2−2πt+t2)=π2t2−2πt3+t4
Calculons l’intégrale terme à terme entre 0 et π :
- ∫0πt2dt=3π3
- ∫0πt3dt=4π4
- ∫0πt4dt=5π5
Donc :
∫0πt2(π−t)2dt=π2(3π3)−2π(4π4)+5π5=π5(31−21+51)
Mettons au même dénominateur (30) :
31−21+51=3010−15+6=301
Ainsi, l’intégrale vaut 30π5, et par conséquent :
π1∫−ππ(f(t))2dt=π2×30π5=15π4
Appliquons maintenant l’égalité de Parseval. On a an(f)=0 pour tout n∈N, et bn(f) non nul uniquement pour les indices impairs n=2p+1 :
15π4=∑p=0+∞(π(2p+1)38)2=π264∑p=0+∞(2p+1)61
En isolant la somme recherchée :
∑p=0+∞(2p+1)61=15π4×64π2=960π6