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Cours : Introduction à la thermodynamique statistique

Introduction à la thermodynamique statistique — CPGE PC

Section titled “Introduction à la thermodynamique statistique — CPGE PC”

Ce chapitre jette les ponts entre le monde microscopique (mécanique quantique et statistique) et le monde macroscopique (thermodynamique classique). L’objectif est de comprendre l’origine moléculaire des grandeurs macroscopiques comme la température, la pression ou l’entropie.


1. Description microscopique d’un système

Section titled “1. Description microscopique d’un système”
  • Système isolé : Système ne échangeant ni matière ni énergie (thermique ou mécanique) avec l’extérieur. Son énergie totale EE, son volume VV et le nombre de particules NN sont constants.
  • État macroscopique : Défini par les variables d’état macroscopiques (P,V,T,NP, V, T, N).
  • État microscopique (ou micro-état) : Spécification complète de l’état de chaque particule du système (positions et impulsions en mécanique classique, ou occupation des niveaux d’énergie quantiques).
  • Postulat fondamental de la physique statistique (ergodicité) : Pour un système isolé à l’équilibre macroscopique, tous les micro-états accessibles compatibles avec les contraintes macroscopiques (E,V,NE, V, N) ont la même probabilité d’apparaître.

2. Le nombre de micro-états et l’entropie statistique

Section titled “2. Le nombre de micro-états et l’entropie statistique”

Soit Ω(E,V,N)\Omega(E, V, N) le nombre de micro-états accessibles à un système isolé caractérisé par les macro-variables E,V,NE, V, N.

L’entropie statistique SS d’un système à l’équilibre est reliée au nombre de micro-états Ω\Omega par la relation universelle : S=kBln⁡ΩS = k_B \ln \Omega où kB≈1,38×10−23 J⋅K−1k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23} \, \text{J}\cdot\text{K}^{-1} est la constante de Boltzmann.

Propriétés de l’entropie :

  • SS est une grandeur extensive. Si l’on considère deux sous-systèmes indépendants 1 et 2, Ω=Ω1×Ω2\Omega = \Omega_1 \times \Omega_2, ce qui implique S=S1+S2S = S_1 + S_2 (additivité de l’entropie).
  • S≥0S \ge 0 (car Ω≥1\Omega \ge 1).

Définition statistique de la température

Section titled “Définition statistique de la température”

Considérons deux systèmes en contact thermique (échange d’énergie possible, E=E1+E2=cstE = E_1 + E_2 = \text{cst}). À l’équilibre, le nombre de micro-états accessibles du système global Ωtotal=Ω1(E1)×Ω2(E−E1)\Omega_{\text{total}} = \Omega_1(E_1) \times \Omega_2(E - E_1) est maximal. Cela conduit à la condition d’équilibre ∂ln⁡Ω1∂E1=∂ln⁡Ω2∂E2\frac{\partial \ln \Omega_1}{\partial E_1} = \frac{\partial \ln \Omega_2}{\partial E_2}.

On définit la température absolue TT par : 1kBT=(∂ln⁡Ω∂E)V,N\frac{1}{k_B T} = \left(\frac{\partial \ln \Omega}{\partial E}\right)_{V,N}

De même, lors d’un échange de volume à énergie et nombre de particules constants, la condition d’équilibre mécanique permet de définir la pression PP : PkBT=(∂ln⁡Ω∂V)E,N\frac{P}{k_B T} = \left(\frac{\partial \ln \Omega}{\partial V}\right)_{E,N}


4. Distribution de Boltzmann (Système en contact thermique)

Section titled “4. Distribution de Boltzmann (Système en contact thermique)”

Considérons un système (ou une particule) en contact thermique avec un thermostat à la température TT. La probabilité PiP_i que le système se trouve dans un micro-état d’énergie EiE_i est proportionnelle au facteur de Boltzmann : Pi=e−EikBTZP_i = \frac{e^{-\frac{E_i}{k_B T}}}{Z}

Où ZZ est la fonction de partition (ou somme sur les états), définie par : Z=∑ie−EikBTZ = \sum_{\text{i}} e^{-\frac{E_i}{k_B T}}

L’énergie interne macroscopique UU est la valeur moyenne de l’énergie microscopique : U=⟨E⟩=∑iPiEi=1Z∑iEie−EikBTU = \langle E \rangle = \sum_i P_i E_i = \frac{1}{Z} \sum_i E_i e^{-\frac{E_i}{k_B T}} On démontre élégamment la relation fondamentale : U=kBT2∂ln⁡Z∂TU = k_B T^2 \frac{\partial \ln Z}{\partial T}


Pour un gaz parfait monatomique de NN particules de masse mm dans un volume VV, la résolution de l’équation de Schrödinger (particule dans une boîte) permet de dénombrer les états et d’exprimer la fonction de partition. On aboutit aux résultats macroscopiques bien connus :

  1. Énergie interne : U=32NkBT=32nRTU = \frac{3}{2} N k_B T = \frac{3}{2} n R T (Interprétation : chaque degré de liberté translationnel quadratique apporte 12kBT\frac{1}{2} k_B T par particule, soit 3×12kBT3 \times \frac{1}{2} k_B T au total).

  2. Équation d’état : PV=NkBT=nRTP V = N k_B T = n R T


  • Calculer une fonction de partition ZZ :
    1. Identifier les niveaux d’énergie EiE_i accessibles et leur dégénérescence éventuelle gig_i.
    2. Écrire la somme Z=∑igie−EikBTZ = \sum_i g_i e^{-\frac{E_i}{k_B T}}.
    3. Reconnaître le cas échéant des séries usuelles (géométriques).
  • Déduire les grandeurs thermodynamiques :
    • UU via ∂ln⁡Z∂T\frac{\partial \ln Z}{\partial T}
    • SS via UU et l’énergie libre F=−kBTln⁡Z=U−TSF = -k_B T \ln Z = U - TS.

Pièges à éviter (Attention aux concours)

Section titled “Pièges à éviter (Attention aux concours)”
  1. Confusion micro-état / macro-état : Ω\Omega compte le nombre de micro-états, pas les macro-états.
  2. Unités de l’énergie : Dans le facteur de Boltzmann exp⁡(−Ei/kBT)\exp(-E_i / k_B T), le rapport EikBT\frac{E_i}{k_B T} doit impérativement être sans dimension. Veillez à exprimer EiE_i en Joules (J) et non en électron-volts (eV) ou en ergs, sauf si kBk_B est converti en conséquence.
  3. Extensivité : L’entropie SS et l’énergie interne UU sont extensives (proportionnelles à NN ou nn), tandis que la température TT et la pression PP sont intensives. La fonction de partition d’un système de NN particules indépendantes est ZN=(Z1)NZ_N = (Z_1)^N, ce qui donne S=NkBln⁡Z1+…S = N k_B \ln Z_1 + \dots (grandeur extensive).