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Exercice 1 : Schémas-blocs et modélisation par variables d état

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Le système étudié est un axe motorisé à courant continu piloté en courant, utilisé pour le positionnement de haute précision d’une charge industrielle. L’objectif de ce problème est d’analyser le comportement dynamique de ce système en combinant deux approches fondamentales de la SI en CPGE : la représentation fréquentielle par schémas-blocs et la représentation temporelle par variables d’état.

Le système est constitué des éléments suivants :

  1. Un convertisseur statique (amplificateur de courant) : il délivre un courant i(t)i(t) proportionnel à la tension de commande uc(t)u_c(t) avec un gain pur KaK_a et une dynamique négligeable devant la mécanique.
  2. Un moteur à courant continu (MCC) à aimants permanents :
    • Résistance d’induit : RR
    • Inductance d’induit : LL (que l’on pourra parfois négliger)
    • Constante de couple : KcK_c
    • Constante de force contre-électromotrice : KeK_e (avec Ke=Kc=KK_e = K_c = K dans le S.I.)
  3. Une chaîne cinématique et une charge :
    • Moment d’inertie total ramené sur l’arbre moteur : JJ
    • Coefficient de frottement visqueux : ff
    • Couple de perturbation extérieur : Cp(t)C_p(t)
    • Position angulaire de la charge : θ(t)\theta(t), vitesse angulaire : Ω(t)=dθdt\Omega(t) = \frac{d\theta}{dt}.

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”

Partie I : Modélisation fréquentielle et schéma-blocs

Section titled “Partie I : Modélisation fréquentielle et schéma-blocs”
  1. Établir les équations électriques et mécaniques régissant le comportement du moteur à courant continu dans le domaine temporel.
  2. En appliquant la transformation de Laplace (conditions initiales nulles), donner les fonctions de transfert associées à chaque équation.
  3. En déduire le schéma-blocs global du système faisant apparaître la tension de commande Uc(p)U_c(p) et le couple de perturbation Cp(p)C_p(p) en entrées, et la vitesse Ω(p)\Omega(p) en sortie.
  4. Par une manipulation algébrique du schéma-blocs (ou par superposition), exprimer la fonction de transfert en boucle ouverte HBO(p)=Ω(p)Ue(p)H_{BO}(p) = \frac{\Omega(p)}{U_e(p)} (où UeU_e est l’entrée équivalente) et mettre la fonction de transfert en boucle fermée sous la forme canonique : Ω(p)=Kv11+2ζω0p+1ω02p2Uc(p)+Hp(p)Cp(p)\Omega(p) = K_v \frac{1}{1 + \frac{2\zeta}{\omega_0} p + \frac{1}{\omega_0^2} p^2} U_c(p) + H_p(p) C_p(p) Exprimer KvK_v, ζ\zeta et ω0\omega_0 en fonction des paramètres du système (R,L,J,f,K,KaR, L, J, f, K, K_a). On négligera l’inductance LL pour la suite de cette partie (simplification en un système du 1er ordre).

Partie II : Représentation par variables d’état

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  1. Choisir un vecteur d’état pertinent X(t)X(t) pour ce système en considérant l’inductance LL non négligeable. Quel est l’ordre du système ?
  2. Écrire les équations différentielles d’état sous la forme matricielle standard : X˙(t)=AX(t)+BU(t)\dot{X}(t) = A X(t) + B U(t) Y(t)=CX(t)+DU(t)Y(t) = C X(t) + D U(t) En précisant les matrices AA, BB, CC et DD pour le vecteur d’état choisi, l’entrée U(t)=[uc(t)cp(t)]U(t) = \begin{bmatrix} u_c(t) \\ c_p(t) \end{bmatrix} et la sortie Y(t)=Ω(t)Y(t) = \Omega(t).
  3. Déterminer la condition de commandabilité du système. Le système est-il commandable dans le cas général ?
  1. Discuter des limites de la modélisation proposée : quel impact l’oubli des phénomènes de non-linéarité (comme les frottements secs et le jeu dans les engrenages) a-t-il sur la validité du schéma-blocs et du modèle d’état au voisinage de Ω=0\Omega = 0 ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Pour la Partie I : Rappelez la loi des mailles pour l’induit et le principe fondamental de la dynamique (PFD) en rotation pour l’arbre. Pensez à exprimer le couple électromagnétique Cem=K⋅iC_{em} = K \cdot i.
  • Pour la Partie II : Le nombre de variables d’état indépendantes correspond au nombre de儲能 (stockage d’énergie) éléments indépendants. Ici, l’inductance LL (énergie magnétique) et l’inertie JJ (énergie cinétique). Le vecteur d’état sera donc de dimension 2 : X=[i(t)Ω(t)]TX = \begin{bmatrix} i(t) \\ \Omega(t) \end{bmatrix}^T.
  • Pour la Partie III : Pensez aux phénomènes dissipatifs non linéaires (Coulomb) et aux limitations physiques des actionneurs (saturation en tension et en courant).

Partie I : Modélisation fréquentielle et schéma-blocs

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  1. Équations temporelles du MCC :

    • Électrique (loi des mailles) : u(t)=R⋅i(t)+Ldi(t)dt+e(t)u(t) = R \cdot i(t) + L \frac{di(t)}{dt} + e(t) avec e(t)=K⋅Ω(t)e(t) = K \cdot \Omega(t) (force contre-électromotrice).
    • Électromécanique : Cem(t)=K⋅i(t)C_{em}(t) = K \cdot i(t)
    • Mécanique (PFD en rotation sur l’axe) : JdΩ(t)dt=Cem(t)−f⋅Ω(t)−Cp(t)J \frac{d\Omega(t)}{dt} = C_{em}(t) - f \cdot \Omega(t) - C_p(t)
  2. Transformation de Laplace (avec conditions initiales nulles) :

    • U(p)−E(p)=(R+Lp)I(p)U(p) - E(p) = (R + L p) I(p)
    • Cem(p)=KI(p)C_{em}(p) = K I(p)
    • JpΩ(p)=Cem(p)−fΩ(p)−Cp(p)J p \Omega(p) = C_{em}(p) - f \Omega(p) - C_p(p)
    • E(p)=KΩ(p)E(p) = K \Omega(p)
  3. Schéma-blocs global : En assemblant les relations précédentes sous forme de blocs fonctionnels :

    • Entrée amplificateur : Uc(p)→×KaU(p)U_c(p) \xrightarrow{\times K_a} U(p)
    • Boucle de courant : (U(p)−E(p))→1R+LpI(p)(U(p) - E(p)) \xrightarrow{\frac{1}{R+Lp}} I(p)
    • Couple : I(p)→×KCem(p)I(p) \xrightarrow{\times K} C_{em}(p)
    • Sommation mécanique : Cem(p)−Cp(p)→1Jp+fΩ(p)C_{em}(p) - C_p(p) \xrightarrow{\frac{1}{Jp+f}} \Omega(p)
    • Rétro-cinématique : Ω(p)→×KE(p)\Omega(p) \xrightarrow{\times K} E(p)
  4. Mise sous forme canonique (en posant L≈0L \approx 0) : Si L=0L = 0, l’équation électrique devient U(p)−KΩ(p)=RI(p)U(p) - K\Omega(p) = R I(p), soit I(p)=Uc(p)Ka−KΩ(p)RI(p) = \frac{U_c(p) K_a - K \Omega(p)}{R}. En injectant dans l’équation mécanique : (Jp+f)Ω(p)=K(KaUc(p)−KΩ(p)R)−Cp(p)(J p + f)\Omega(p) = K \left( \frac{K_a U_c(p) - K \Omega(p)}{R} \right) - C_p(p) (Jp+f+K2R)Ω(p)=KKaRUc(p)−Cp(p)\left( J p + f + \frac{K^2}{R} \right) \Omega(p) = \frac{K K_a}{R} U_c(p) - C_p(p) (RJRf+K2p+1)Ω(p)=KKaRf+K2Uc(p)−RRf+K2Cp(p)\left( \frac{R J}{R f + K^2} p + 1 \right) \Omega(p) = \frac{K K_a}{R f + K^2} U_c(p) - \frac{R}{R f + K^2} C_p(p) On identifie une forme de premier ordre 1+τp1 + \tau p :

    • Gain statique vitesse/commande : K_v = \frac{K K_a}{R f + K^2} \text{ \left[ rad}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{V}^{-1} \text{]}}
    • Constante de temps mécanique globale : \tau = \frac{R J}{R f + K^2} \text{ \left[ s \right]}

Partie II : Représentation par variables d’état

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  1. Choix du vecteur d’état : Le système possède deux éléments de stockage d’énergie indépendants (l’inductance LL et l’inertie JJ). Le système est donc d’ordre 2. On choisit le vecteur d’état : X(t)=[i(t)Ω(t)]X(t) = \begin{bmatrix} i(t) \\ \Omega(t) \end{bmatrix}

  2. Établissement des matrices d’état : À partir des équations physiques avec L≠0L \neq 0 : di(t)dt=−RLi(t)−KLΩ(t)+KaLuc(t)\frac{di(t)}{dt} = -\frac{R}{L} i(t) - \frac{K}{L} \Omega(t) + \frac{K_a}{L} u_c(t) dΩ(t)dt=KJi(t)−fJΩ(t)−1Jcp(t)\frac{d\Omega(t)}{dt} = \frac{K}{J} i(t) - \frac{f}{J} \Omega(t) - \frac{1}{J} c_p(t)

    Sous forme matricielle X˙=AX+BU\dot{X} = A X + B U avec U=[uccp]U = \begin{bmatrix} u_c \\ c_p \end{bmatrix} : A=[−RL−KLKJ−fJ],B=[KaL00−1J]A = \begin{bmatrix} -\frac{R}{L} & -\frac{K}{L} \\ \frac{K}{J} & -\frac{f}{J} \end{bmatrix}, \quad B = \begin{bmatrix} \frac{K_a}{L} & 0 \\ 0 & -\frac{1}{J} \end{bmatrix}

    Pour la sortie Y(t)=Ω(t)Y(t) = \Omega(t) : C=[01],D=[00]C = \begin{bmatrix} 0 & 1 \end{bmatrix}, \quad D = \begin{bmatrix} 0 & 0 \end{bmatrix}

  3. Analyse de la commandabilité : La matrice de commandabilité CrC_r pour un système à plusieurs entrées s’écrit par blocs : Cr=[B1AB1…B2AB2…]C_r = \begin{bmatrix} B_1 & A B_1 & \dots & B_2 & A B_2 \dots \end{bmatrix}. Plus simplement, examinons le rang de la matrice CrC_r pour l’entrée unique ucu_c (en considérant cp=0c_p = 0) : Cr1=[Bcol1ABcol1]=[KaL−RKaL20KKaLJ]C_{r1} = \begin{bmatrix} B_{col1} & A B_{col1} \end{bmatrix} = \begin{bmatrix} \frac{K_a}{L} & -\frac{R K_a}{L^2} \\ 0 & \frac{K K_a}{LJ} \end{bmatrix} Le déterminant de cette matrice vaut Ka2KL2J≠0\frac{K_a^2 K}{L^2 J} \neq 0 (car les paramètres physiques sont non nuls). La matrice est de rang 2, le système est donc totalement commandable par la tension d’induit uc(t)u_c(t).


Partie III : Analyse critiqueétique du modèle

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  1. Limites de la modélisation :
    • Linéarité : Le modèle néglige les frottements secs (loi de Coulomb Cssgn(Ω)C_s \text{sgn}(\Omega)). Au voisinage de la vitesse nulle (Ω=→0\Omega = \to 0), ce phénomène induit une zone morte ou des erreurs statiques non prises en compte par la fonction de transfert linéaire.
    • Saturations : Les équations linéaires supposent des amplificateurs parfaits. En réalité, la tension ucu_c et le courant ii sont bornés (saturations physiques de l’onduleur/hacheur).
    • Domaine de validité : Le modèle d’état linéaire est rigoureusement exact uniquement autour d’un point de fonctionnement ou pour de petits signaux si les non-linéarités sont négligeables, ce qui constitue néanmoins une excellente approximation pour le dimensionnement préliminaire des boucles d’asservissement en CPGE.