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Exercice 2 : Réseaux par réflexion

Problème Guidé : Étude d’un réseau par réflexion en configuration autocollimante

Section titled “Problème Guidé : Étude d’un réseau par réflexion en configuration autocollimante”

Ce problème aborde l’étude classique d’un réseau par réflexion, un dispositif incontournable en physique expérimentale et en optique instrumentale, fréquemment rencontré aux concours (type Centrale-Supélec ou Mines-Ponts).


On considère un réseau par réflexion, plan, constitué de NN traits parallèles équidistants gravés sur une surface plane. Le pas du réseau (distance entre deux traits consécutifs) est noté aa. Le réseau est éclairé sous incidence normale par une source lumineuse polychromique, et l’on s’intéresse à l’observation du spectre dans le plan focal d’une lentille convergente.

Données numériques et notations :

  • Pas du réseau : a=2,00 μma = 2,00 \, \mu\text{m}
  • Nombre de traits illuminés : N=1000N = 1000
  • Longueur d’onde de travail dans le visible : λ0=589 nm\lambda_0 = 589 \, \text{nm} (raie du sodium)

2. Étude géométrique et condition d’interférence constructive

Section titled “2. Étude géométrique et condition d’interférence constructive”

Soit un réseau par réflexion éclairé par une onde plane monochromatique de longueur d’onde λ\lambda. L’incidence du faisceau incident par rapport à la normale au réseau est notée ii. Un rayon diffracté émerge sous un angle i′i' (mesuré algébriquement par rapport à la normale).

Établir la différence de marche δ\delta entre deux rayons consécutifs diffractés par le réseau.

  1. Construction géométrique : Considérons deux traits consécutifs P1P_1 et P2P_2 du réseau, distants de aa. Le front d’onde incident fait un angle ii avec le plan du réseau. Le chemin optique supplémentaire parcouru par le rayon incident atteignant P2P_2 par rapport à P1P_1 est AH=−asin⁡iAH = -a \sin i.
  2. Après réflexion et diffraction dans la direction i′i', le chemin optique supplémentaire parcouru par le rayon issu de P2P_2 pour rattraper celui issu de P1P_1 est P2H′=asin⁡i′P_2H' = a \sin i'.
  3. Expression de la différence de marche : δ=(P1P2)diffeˊrentiel=a(sin⁡i′−sin⁡i)\delta = (P_1 P_2)_{\text{différentiel}} = a (\sin i' - \sin i)

En déduire la condition d’interférence constructive (ou formule des réseaux) donnant les angles de diffraction ip′i'_p pour un ordre d’interférence pp entier.

  1. L’interférence est constructive si la différence de marche est un multiple entier de la longueur d’onde λ\lambda : δ=pλavecp∈Z\delta = p\lambda \quad \text{avec} \quad p \in \mathbb{Z}
  2. On en déduit la formule fondamentale des réseaux par réflexion : a(sin⁡i′−sin⁡i)=pλa (\sin i' - \sin i) = p\lambda

On place le réseau en incidence dite autocollimante (ou de Littrow), ce qui signifie que le faisceau diffracté d’ordre pp repasse exactement sur lui-même (le faisceau revient en arrière). Quelle est la relation entre l’angle d’incidence ii et l’angle de diffraction i′i' dans cette configuration ?

  1. Par définition, en autocollimation, le faisceau est renvoyé dans sa direction d’origine.
  2. Les rayons repartent en sens inverse, donc l’angle de diffraction est l’opposé de l’angle d’incidence : i′=−ii' = -i
  3. En reportant dans la formule des réseaux : a(sin⁡(−i)−sin⁡i)=−2asin⁡i=pλ  ⟹  2asin⁡i=−pλa (\sin(-i) - \sin i) = -2a \sin i = p\lambda \implies 2a \sin i = -p\lambda En considérant les valeurs absolues ou en orientant adéquatement les angles, on retient classiquement : 2asin⁡i=∣p∣λ2a \sin i = |p|\lambda

4. Analyse spectrale et pouvoir de résolution

Section titled “4. Analyse spectrale et pouvoir de résolution”

Le réseau est éclairé sous cette configuration autocollimante par une source émettant un doublet du sodium (constitué de deux longueurs d’onde λ1=589,0 nm\lambda_1 = 589,0 \, \text{nm} et λ2=589,6 nm\lambda_2 = 589,6 \, \text{nm}). Calculer l’angle d’incidence ii nécessaire pour observer la raie λ0=589 nm\lambda_0 = 589 \, \text{nm} à l’ordre p=1p = 1.

  1. On applique la formule de l’autocollimation pour p=1p = 1 : sin⁡i=pλ02a\sin i = \frac{p\lambda_0}{2a}
  2. A.N. : sin⁡i=1×589×10−92×2,00×10−6=589×10−94,00×10−6=0,14725\sin i = \frac{1 \times 589 \times 10^{-9}}{2 \times 2,00 \times 10^{-6}} = \frac{589 \times 10^{-9}}{4,00 \times 10^{-6}} = 0,14725
  3. On en déduit l’angle d’incidence : i=arcsin⁡(0,14725)≈0,148 rad≈8,46∘i = \arcsin(0,14725) \approx 0,148 \, \text{rad} \approx 8,46^\circ

Rappeler l’expression théorique du pouvoir de résolution R=λΔλ\mathcal{R} = \frac{\lambda}{\Delta \lambda} d’un réseau en fonction du nombre de traits illuminés NN et de l’ordre d’interférence pp. Calculer sa valeur numérique pour N=1000N = 1000 et p=1p = 1. Le doublet du sodium peut-il être résolu dans ces conditions ?

  1. Le critère de Rayleigh appliqué à un réseau donne pour le pouvoir de résolution : R=λΔλ=∣p∣⋅N\mathcal{R} = \frac{\lambda}{\Delta \lambda} = |p| \cdot N
  2. A.N. : R=1×1000=1000\mathcal{R} = 1 \times 1000 = 1000
  3. Calculons le pouvoir de résolution requis pour séparer le doublet du sodium : (λΔλ)requis=589 nm589,6−589,0 nm=5890,6≈982\left(\frac{\lambda}{\Delta \lambda}\right)_{\text{requis}} = \frac{589 \, \text{nm}}{589,6 - 589,0 \, \text{nm}} = \frac{589}{0,6} \approx 982
  4. Puisque Rexp(1000)>Rrequis(982)\mathcal{R}_{\text{exp}} (1000) > \mathcal{R}_{\text{requis}} (982), le doublet est résolu à l’ordre p=1p = 1.

Discuter des limites de ce dispositif expérimental. Que se passerait-il si l’on augmentait significativement l’ordre pp de diffraction ? Quel est l’impact pratique d’augmenter le nombre de traits NN ?

  • Influence de l’ordre pp : Augmenter l’ordre pp permet d’augmenter linéairement le pouvoir de résolution (R=∣p∣N\mathcal{R} = |p|N), ce qui est très favorable pour séparer des raies spectrales très proches. Cependant, cela implique d’augmenter l’angle d’incidence ii (car sin⁡i=∣p∣λ/(2a)\sin i = |p|\lambda / (2a)), ce qui se heurte à une limite physique : sin⁡i≤1\sin i \le 1, soit ∣p∣≤2aλ|p| \le \frac{2a}{\lambda}. De plus, aux grands angles, les aberrations géométriques de la optique d’accompagnement (lentilles) dégradent la qualité de l’image, et l’efficacité énergétique du réseau diminue (le flux lumineux se répartit sur un plus grand nombre d’ordres).
  • Influence du nombre de traits NN : Augmenter NN (en élargissant le faisceau incident sur le réseau) améliore directement le pouvoir de résolution et affine les pics d’interférence (les raies spectrales deviennent plus fines, car la largeur angulaire d’un pic principal est inversement proportionnelle à NN). En pratique, cela nécessite des réseaux de grande dimension de très haute qualité optique (exigence sur la régularité du pas aa meilleure que λ/10\lambda / 10).