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Exercice 2 : Engrenages et roulement sans glissement

Problème GUIDÉ : Étude d’un réducteur à engrenages et contact avec roulement sans glissement

Section titled “Problème GUIDÉ : Étude d’un réducteur à engrenages et contact avec roulement sans glissement”

Cet énoncé est structuré comme un problème de concours de Sciences Industrielles de l’Ingénieur (filière PTSI). L’objectif est d’étudier les performances d’un mécanisme de transmission de puissance associant un réducteur à engrenages droits et un système de roulement sans glissement sur un plan.

Compétences évaluées :

  • Modélisation cinématique des liaisons et des mécanismes (engrenages, roulement sans glissement).
  • Application du Principe Fundamental de la Statique (PFS) pour la détermination des efforts transmissibles.
  • Analyse critique des résultats (rendement, conditions de non-glissement).

Le système étudié est un mécanisme de propulsion miniature. Il est composé de :

  • Un bâti (0), galérien fixe.
  • Un pignon d’entrée (1), lié à un arbre moteur tournant à la vitesse angulaire Ω1/0=θ˙1\Omega_{1/0} = \dot{\theta}_1. Le pignon a un rayon primitif R1R_1 et comporte Z1Z_1 dents.
  • Une roue intermédiaire (2), de rayon primitif R2R_2 et de nombre de dents Z2Z_2, mobile en rotation autour d’un axe fixe par rapport à 0. (Note : cet engrenage est extérieur).
  • Une roue motrice (3), liée à un tambour de rayon RR, en contact direct par roulement sans glissement avec un plan horizontal (O,x⃗,y⃗)(O, \vec{x}, \vec{y}).

La liaison entre le pignon (1) et la roue (2) est un engrenage droit à crémaillère ou à denture externe (on considère ici un engrenage extérieur standard).


Question 2.1 : Relation entre les vitesses de rotation des engrenages

Section titled “Question 2.1 : Relation entre les vitesses de rotation des engrenages”

On note V⃗(I,1/0)\vec{V}(I, 1/0) et ∂\partial le point de contact géométrique entre les dents du pignon (1) et de la roue (2). En traduisant la condition de roulement sans glissement au point de contact II entre les deux flancs de dents (absence de vitesse de glissement tangentiel), exprimer le rapport de réduction cinématique k=Ω3/0Ω1/0k = \frac{\Omega_{3/0}}{\Omega_{1/0}} en fonction des rayons R1,R2R_1, R_2 et du rayon R3R_3 de la roue (3).

  1. Condition d’engrènement : Au point de contact II entre (1) et (2), la vitesse du point II appartenant au solide (1) par rapport à (0) est égale à la vitesse du point II appartenant au solide (2) par rapport à (0) : V⃗(I,1/0)=V⃗(I,2/0)\vec{V}(I, 1/0) = \vec{V}(I, 2/0)
  2. Expression vectorielle : En projetant sur l’axe tangentiel au cercle primitif, on obtient l’égalité des vitesses scalaires modulaires : R1⋅Ω1/0=−R2⋅Ω2/0R_1 \cdot \Omega_{1/0} = - R_2 \cdot \Omega_{2/0} (Le signe moins traduit l’inversion du sens de rotation pour un engrenage extérieur).
  3. Généralisation au train de roulement : La roue (3) est solidaire de l’arbre portant la roue (2) ou directement engrenée. On pose l’hypothèse d’un réducteur tel que Ω3/0=k′⋅Ω2/0\Omega_{3/0} = k' \cdot \Omega_{2/0}.
  4. Conclusion : Le rapport global s’exprime par : k=Ω3/0Ω1/0=(−1)nZ1Z3=−R1R3k = \frac{\Omega_{3/0}}{\Omega_{1/0}} = (-1)^{n} \frac{Z_1}{Z_3} = -\frac{R_1}{R_3} (Application numérique type : si R1=20 mmR_1 = 20\text{ mm} et R3=80 mmR_3 = 80\text{ mm}, k=−0,25k = -0{,}25.)

Question 2.2 : Condition de roulement sans glissement sur le sol

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La roue (3) de rayon RR roule sans glisser sur un plan horizontal en un point de contact CC. Écrire la condition cinématique traduisant le roulement sans glissement (RSG) au point CC entre la roue (3) et le plan horizontal (0).

  1. Par définition, le roulement sans glissement implique que le vecteur vitesse du point de contact CC de la roue (3) par rapport au plan (0) est nul : V⃗(C,3/0)=0⃗\vec{V}(C, 3/0) = \vec{0}
  2. En utilisant le champ des vitesses du solide (3) en rotation par rapport à (0) de centre d’axe Ω3/0\Omega_{3/0} : V⃗(C,3/0)=V⃗(O3,3/0)+Ω⃗3/0∧O3C⃗=0⃗\vec{V}(C, 3/0) = \vec{V}(O_3, 3/0) + \vec{\Omega}_{3/0} \wedge \vec{O_3 C} = \vec{0}
  3. En notant V=∥V⃗(O3,3/0)∥V = \|\vec{V}(O_3, 3/0)\| la vitesse d’avancement du centre de la roue et Ω3/0\Omega_{3/0} la vitesse de rotation, la condition scalaire de RSG s’écrit : V+Ω3/0⋅R=0  ⟹  V=−R⋅Ω3/0V + \Omega_{3/0} \cdot R = 0 \implies V = -R \cdot \Omega_{3/0}

3. Étude Statique (Détermination des efforts)

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On suppose le mécanisme en régime permanent (accélération nulle). Un couple moteur C⃗m=Cmz⃗\vec{C}_m = C_m \vec{z} est appliqué sur l’arbre (1). On cherche à déterminer l’effort de propulsion transmissible au niveau du sol en CC.

Question 3.1 : Bilan des actions mécaniques sur l’ensemble {1 + 2 + 3}

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Isoler l’ensemble mobile Σ={1,2,3}\Sigma = \{1, 2, 3\}. Écrire le Théorème du Moment Statique (TMS) appliqué à Σ\Sigma au point O3O_3 (centre de la roue motrice), en projection sur l’axe z⃗\vec{z}.

  1. Recensement des actions extérieures à Σ\Sigma :
    • Action du bâti (0) sur l’arbre (1) : couple moteur C⃗m=Cmz⃗\vec{C}_m = C_m \vec{z} (et liaisons pivot).
    • Action du plan (0) sur la roue (3) au point CC : R⃗0→3=Ny⃗+Tx⃗\vec{R}_{0 \to 3} = N \vec{y} + T \vec{x} (où NN est la réaction normale et TT l’effort tangentiel).
    • Action de la pesanteur (négligée devant les efforts transmis).
  2. Application du TMS en O3O_3 sur l’axe z⃗\vec{z} : ∑MO3(Ext→Σ)⋅z⃗=0\sum \mathcal{M}_{O_3}(\text{Ext} \to \Sigma) \cdot \vec{z} = 0
    • Moment du couple moteur rapporté à l’arbre 3 via le rapport de transmission : Cm⋅(Ω1/0Ω3/0)=CmkC_m \cdot \left(\frac{\Omega_{1/0}}{\Omega_{3/0}}\right) = \frac{C_m}{k} (en considérant un rendement parfait pour l’instant).
    • Plus rigoureusement, par application du théorème de l’énergie puissance (ou rendement η=1\eta = 1) : Pmoteur+Psol=0  ⟹  Cm⋅Ω1/0+T⋅V=0P_{\text{moteur}} + P_{\text{sol}} = 0 \implies C_m \cdot \Omega_{1/0} + T \cdot V = 0
  3. En remplaçant VV par −RΩ3/0-R \Omega_{3/0} et sachant que Ω3/0=k⋅Ω1/0\Omega_{3/0} = k \cdot \Omega_{1/0} : Cm⋅Ω1/0+T⋅(−R⋅k⋅Ω1/0)=0C_m \cdot \Omega_{1/0} + T \cdot (-R \cdot k \cdot \Omega_{1/0}) = 0 T=CmR⋅kT = \frac{C_m}{R \cdot k} (en valeur algébrique, selon l’orientation).

Question 3.2 : Condition limite de non-glissement

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Rappeler la loi de Coulomb régissant le contact frottant au point CC entre la roue (3) et le plan (0). En déduire la condition maximale sur le couple moteur CmC_m pour que le roulement sans glissement soit effectif.

  1. Loi de Coulomb : Au point de contact CC, le rapport de l’effort tangentiel TT sur l’effort normal NN doit être inférieur ou égal au coefficient de frottement statique ff : ∣T∣≤f⋅∣N∣|T| \le f \cdot |N|
  2. Détermination de NN : Par application du PFD/PFS en projection sur y⃗\vec{y} pour l’ensemble Σ\Sigma (en négligeant le poids) : N=Ptotal≈0(ou eˊgal au poids Mg si la masse est prise en compte).N = P_{\text{total}} \approx 0 \quad (\text{ou égal au poids } Mg \text{ si la masse est prise en compte}). Supposons une charge verticale totale WW appliquée sur le centre du système : N=WN = W.
  3. Condition sur le couple moteur : ∣CmR⋅k∣≤f⋅W\left|\frac{C_m}{R \cdot k}\right| \le f \cdot W ∣Cm∣≤f⋅W⋅R⋅∣k∣|C_m| \le f \cdot W \cdot R \cdot |k|
  4. Interprétation : Si le couple moteur dépasse cette limite, ∣T∣>f⋅W|T| > f \cdot W, la condition de roulement sans glissement n’est plus respectée : la roue patine.

Cette dernière partie consiste à analyser l’impact des hypothèses simplificatrices et les limites physiques du modèle.

Question 4.1 : Influence du rendement des engrenages

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Dans la réalité, les engrenages possèdent un rendement η<1\eta < 1 (généralement compris entre 0,900{,}90 et 0,980{,}98 par étage en raison des frottements aux flancs des dents).

  1. Comment l’expression de l’effort tangentiel TT est-elle modifiée ?

    • Correction : Le puissance utile transmise au sol est diminuée des pertes par frottement dans l’engrenage. L’équation de conservation de la puissance devient : η⋅Cm⋅Ω1/0+T⋅V=0\eta \cdot C_m \cdot \Omega_{1/0} + T \cdot V = 0 L’effort tangentiel disponible TT est donc réduit : T=η⋅CmR⋅∣k∣T = \eta \cdot \frac{C_m}{R \cdot |k|}
  2. Qu’en est-il de la susceptibilité au patinage ?

    • Correction : Puisque l’effort tangentiel TT effectif est réduit d’un facteur η\eta, le risque de patinage (exigé par ∣T∣≤f⋅N|T| \le f \cdot N) est paradoxalement légèrement diminué pour un même couple moteur nominal CmC_m. Cependant, pour obtenir la même performance de traction, il faut fournir un couple moteur supérieur, ce qui augmente les pertes thermiques.

Question 4.2 : Limites du modèle de contact ponctuel rigide

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Le modèle cinématique suppose un contact ponctuel (ou linéique) entre des solides rigides.

  • Citez deux phénomènes physiques réels non pris en compte qui modifient la zone de contact et la cinématique :
    1. Le déformation élastique locale (Hertz) : Le contact s’établit sur une surface (et non un point géométrique), ce qui engendre un phénomène d’hystérésis élastique à l’origine d’une résistance au roulement (couple résistant CrC_r).
    2. Le micro-glissement (glissement élastique) : Au sein même de la surface de contact sous charge, les zones avant et arrière subissent des micro-allongements et des micro-retractions élastiques (phénomène de creep ou glissement microscopique), rendant le “roulement sans glissement” parfait impossible en pratique (le glissement réel est de l’ordre de 0,1%0{,}1\% à 1%1\%).