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📌 1. Définitions & Cadre d'étude

Soit EE un R\mathbb{R}-espace vectoriel.

On appelle produit scalaire sur EE une application, notée (x,y)↦⟨x,y⟩(x, y) \mapsto \langle x, y \rangle ou (x∣y)(x|y), qui à tout couple de vecteurs (x,y)deE2(x, y) de E^2 associe un réel, telle que :

  1. Bilinéarité : Pour tout y∈Ey \in E, l’application x↦⟨x,y⟩x \mapsto \langle x, y \rangle est linéaire, et pour tout x∈Ex \in E, l’application y↦⟨x,y⟩y \mapsto \langle x, y \rangle est linéaire.
  2. Symétrie : Pour tous (x,y)∈E2(x, y) \in E^2, ⟨x,y⟩=⟨y,x⟩\langle x, y \rangle = \langle y, x \rangle.
  3. Positivité : Pour tout x∈Ex \in E, ⟨x,x⟩≥0\langle x, x \rangle \ge 0.
  4. Caractère défini : Pour tout x∈Ex \in E, ⟨x,x⟩=0  ⟺  x=0E\langle x, x \rangle = 0 \iff x = 0_E.

Un espace préhilbertien réel est un couple (E,⟨⋅,⋅⟩(E, \langle \cdot, \cdot \rangle où EE est un R\mathbb{R}-espace vectoriel muni d’un produit scalaire. Si de plus EE est de dimension finie, on parle souvent d’espace euclidien.

Tout espace préhilbertien (E,⟨⋅,⋅⟩)(E, \langle \cdot, \cdot \rangle) possède une norme associée définie pour tout x∈Ex \in E par : ∥x∥=⟨x,x⟩\|x\| = \sqrt{\langle x, x \rangle}

  • Deux vecteurs x,y∈Ex, y \in E sont dit orthogonaux (noté x⊥yx \perp y) si ⟨x,y⟩=0\langle x, y \rangle = 0.
  • Soit A⊂EA \subset E. L’orthogonal de AA est l’ensemble noté A⊥A^\perp défini par : A⊥={x∈E∣∀a∈A, ⟨x,a⟩=0}A^\perp = \{ x \in E \mid \forall a \in A, \, \langle x, a \rangle = 0 \} A⊥A^\perp est toujours un sous-espace vectoriel fermé (si EE est normé) de EE.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Théorème 1 : Inégalité de Cauchy-Schwarz

Section titled “Théorème 1 : Inégalité de Cauchy-Schwarz”

Pour tous (x,y)∈E2(x, y) \in E^2, on a : ∣⟨x,y⟩∣≤∥x∥∥y∥|\langle x, y \rangle| \le \|x\| \|y\| Cas d’égalité : Il y a égalité si et seulement si xx et yy sont colinéaires.

Si y=0Ey = 0_E, l’inégalité est triviale (0=00 = 0). Supposons y≠0Ey \neq 0_E. Pour tout réel λ∈R\lambda \in \mathbb{R}, on considère la positivité de la norme du vecteur x+λyx + \lambda y : 0≤∥x+λy∥2=⟨x+λy,x+λy⟩=∥x∥2+2λ⟨x,y⟩+λ2∥y∥20 \le \|x + \lambda y\|^2 = \langle x + \lambda y, x + \lambda y \rangle = \|x\|^2 + 2\lambda \langle x, y \rangle + \lambda^2 \|y\|^2 Soit P(λ)=∥y∥2λ2+2⟨x,y⟩λ+∥x∥2P(\lambda) = \|y\|^2 \lambda^2 + 2\langle x, y \rangle \lambda + \|x\|^2. C’est un polynôme du second degré en λ\lambda qui est positif ou nul pour tout ∈R\in \mathbb{R}. Son discriminant réduit Δ′\Delta' doit donc être négatif ou nul : Δ′=⟨x,y⟩2−∥x∥2∥y∥2≤0\Delta' = \langle x, y \rangle^2 - \|x\|^2 \|y\|^2 \le 0 D’où ⟨x,y⟩2≤∥x∥2∥y∥2\langle x, y \rangle^2 \le \|x\|^2 \|y\|^2. En prenant la racine carrée, on obtient ∣⟨x,y⟩∣≤∥x∥∥y∥|\langle x, y \rangle| \le \|x\| \|y\|. ■\blacksquare

Pour tous (x,y)∈E2(x, y) \in E^2, ∥x+y∥≤∥x∥+∥y∥\|x + y\| \le \|x\| + \|y\|

Si xx et yy sont orthogonaux, alors : ∥x+y∥2=∥x∥2+∥y∥2\|x + y\|^2 = \|x\|^2 + \|y\|^2

Théorème 4 : Projection orthogonale en dimension finie

Section titled “Théorème 4 : Projection orthogonale en dimension finie”

Soit EE un espace euclidien et FF un sous-espace vectoriel de EE. Alors : E=F⊕F⊥E = F \oplus F^\perp De plus, pour tout x∈Ex \in E, il existe un unique couple (y,z)∈F×F⊥(y, z) \in F \times F^\perp tel que x=y+zx = y + z. Le vecteur yy est appelé le projeté orthogonal de xx sur FF.


Algorithme d’orthogonalisation de Gram-Schmidt

Section titled “Algorithme d’orthogonalisation de Gram-Schmidt”

Permet de transformer une base (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) de EE en une base orthogonale (voire orthonormée) (u1,…,un)(u_1, \dots, u_n).

  1. Initialisation : u1=e1u_1 = e_1
  2. Récurrence : Pour k∈{2,…,n}k \in \{2, \dots, n\}, on pose : uk=ek−∑j=1k−1⟨ek,uj⟩∥uj∥2uju_k = e_k - \sum_{j=1}^{k-1} \frac{\langle e_k, u_j \rangle}{\|u_j\|^2} u_j
  3. Normalisation (pour obtenir une base orthonormée) : εk=uk∥uk∥\varepsilon_k = \frac{u_k}{\|u_k\|}

Représentation matricielle d’un produit scalaire

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Soit EE un R\mathbb{R}-espace vectoriel de dimension finie nn et B=(e1,…,en)\mathcal{B} = (e_1, \dots, e_n) une base de EE. Le produit scalaire est entièrement déterminé par la matrice symétrique S∈Mn(R)S \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) de terme général Si,j=⟨ei,ej⟩S_{i,j} = \langle e_i, e_j \rangle. Si XX et YY sont les vecteurs colonnes des coordonnées de xx et yy dans B\mathcal{B}, alors : ⟨x,y⟩=XTSY\langle x, y \rangle = X^T S Y


  1. Oublier le caractère défini : Ne pas vérifier que ⟨x,x⟩=0  ⟹  x=0\langle x, x \rangle = 0 \implies x = 0 lors de l’étude de formes bilinéaires. Une forme bilinéaire symétrique positive est seulement un produit scalaire si elle est non dégénérée (définie).
  2. Confondre orthogonal et supplémentaire : Dans un espace préhilbertiens de dimension infinie, un sous-espace vectoriel fermé FF n’admet pas toujours F⊥F^\perp comme supplémentaire topologique (le théorème de projection sur un convexe fermé s’applique, mais F⊕F⊥=EF \oplus F^\perp = E requiert des hypothèses de complétude - espaces de Hilbert).
  3. Mauvaise utilisation de Gram-Schmidt : Appliquer la formule de Gram-Schmidt directement sur des vecteurs liés sans s’assurer qu’ils forment une base (le terme ∥uj∥\|u_j\| s’annulerait, provoquant une division par zéro).
  4. Confusion transposition et adjoignage : Pour un endomorphisme u∈L(E)u \in \mathcal{L}(E), l’adjoint u∗u^* est défini par ⟨u(x),y⟩=⟨x,u∗(y)⟩\langle u(x), y \rangle = \langle x, u^*(y) \rangle. En base orthonormée, la matrice de u∗u^* est la transités de la matrice de uu : MatB(u∗)=(MatB(u))T\text{Mat}_{\mathcal{B}}(u^*) = (\text{Mat}_{\mathcal{B}}(u))^T. Attention, cela exige une base orthonormée.