Exercice 2 : Équations différentielles linéaires
Problème guidé : Étude d’une équation différentielle linéaire avec perturbation
Section titled “Problème guidé : Étude d’une équation différentielle linéaire avec perturbation”Ce problème est inspiré des épreuves écrites de mathématiques pour la filière PCSI. Il aborde la résolution d’une équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients non constants, l’étude des solutions sur un intervalle ouvert et l’utilisation de la méthode de variation des constantes.
I. Préambule et notations
Section titled “I. Préambule et notations”Soit . On considère l’équation différentielle définie sur par :
L’objectif de ce problème est de déterminer l’ensemble des solutions de sur en étudiant d’abord l’équation homogène associée :
II. Recherche d’une solution particulière polynomiale de
Section titled “II. Recherche d’une solution particulière polynomiale de (H)(H)(H)”Question 1. Montrer que l’équation homogène admet une solution évidente de la forme d’un polynôme de degré , que l’on précisera.
Indication : Si est un polynôme de degré , quel est le degré de et de ?
Corrigé et Analyse (Q1)
Section titled “Corrigé et Analyse (Q1)”Soit avec et . On a alors et .
Substituons , et dans le membre de gauche de :
On en déduit que , tandis que peut être choisi arbitrairement (par exemple ). Une solution évidente de est donc :
III. Abaissement d’ordre
Section titled “III. Abaissement d’ordre”Pour trouver une seconde solution linéairement indépendante de sur , on utilise la méthode d’abaissement d’ordre. On cherche une solution de sous la forme , où est une fonction deux fois dérivable sur .
Question 2. a) Calculer et en fonction de , , et . b) En déduire l’équation différentielle d’ordre vérifiée par . c) Résoudre cette équation en , puis déterminer et enfin la seconde solution .
Corrigé et Analyse (Q2)
Section titled “Corrigé et Analyse (Q2)”a) Soit .
b) Injectons ces expressions dans : Développons et simplifions :
En posant , on obtient l’équation linéaire d’ordre 1 :
c) Sur , et . On peut réécrire sous la forme : Remarquons que . Ainsi : En intégrant, on obtient (à une constante multiplicative près) : En choisissant , on a . Puisque , on intègre pour trouver : On en déduit la seconde solution :
IV. Résolution de l’équation complète
Section titled “IV. Résolution de l’équation complète (E)(E)(E)”Question 3. a) Vérifier que et forment un système fondamental de solutions de sur . b) À l’aide de la méthode de variation des constantes, déterminer une solution particulière de l’équation avec second membre . c) Écrire la solution générale de sur .
Corrigé et Analyse (Q3)
Section titled “Corrigé et Analyse (Q3)”a) Le Wronskien de en tout point vaut : Puisque sur , la famille est libre et forme un système fondamental de solutions de .
b) On cherche une solution particulière sous la forme en résolvant le système :
Soit :
Multiplions la première équation par (valide car ) : . Substituons dans la seconde : On en déduit .
En intégrant (sans constantes d’intégration) :
D’où la solution particulière :
c) La solution générale de sur est la somme de la solution générale de et de la solution particulière :
V. Analyse critique des résultats
Section titled “V. Analyse critique des résultats”Question 4. L’énoncé initial pose l’équation sur . Que se passerait-il si l’on cherchait à résoudre sur tout entier ? Discuter de la validité du théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire.
Corrigé et Analyse (Q4)
Section titled “Corrigé et Analyse (Q4)”Le coefficient dominant de l’équation est . Pour tout , , donc ne s’annule jamais sur .
Le théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire garantit l’existence et l’unicité de solutions globales sur tout intervalle où le coefficient dominant ne s’annule pas et où les fonctions , et le second membre sont continus. Puisque ces fonctions sont polynomiales, elles sont de classe sur tout entier.
Par conséquent, les solutions trouvées s’étendent de manière unique et globale sur tout entier, et non seulement sur . Le choix de . dans l’énoncé était une précaution superflue du point de vue théorique, mais pédagogiquement utile pour simplifier l’intégration par la méthode d’abaissement d’ordre en évitant les problèmes de signes autour de .