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Exercice 1 : Variables aléatoires à densité

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Dans le cadre de l’étude de signaux aléatoires en traitement de l’information (filière MPI), on s’intéresse à un système de transmission bruité. Le signal émis est une variable aléatoire positive, et le bruit ambiant modifie ce signal selon une loi bien spécifique.

Soit α>0\alpha > 0 un paramètre réel. On considère une variable aléatoire XX à valeurs dans R+∗\mathbb{R}_+^*, dont la densité de probabilité fXf_X est définie par : fX(x)={αxα−1e−xαsi x>00sinonf_X(x) = \begin{cases} \alpha x^{\alpha-1} e^{-x^\alpha} & \text{si } x > 0 \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}

On introduit également une seconde variable aléatoire YY, indépendante de XX, suivant une loi exponentielle de paramètre 11, de densité : fY(y)={e−ysi y>00sinonf_Y(y) = \begin{cases} e^{-y} & \text{si } y > 0 \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}

L’objectif de ce problème est d’étudier les propriétés probabilistes de XX, de calculer certaines transformations de couples de variables aléatoires, et d’analyser un estimateur issu de ce modèle.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Vérification de la densité : Montrer que fXf_X est bien une densité de probabilité sur R\mathbb{R}.
  2. Fonction de répartition : Calculer la fonction de répartition FXF_X de la variable aléatoire XX.
  3. Moments : Soit r∈Rr \in \mathbb{R}. Pour quelles valeurs de rr la variable aléatoire XX admet-elle un moment d’ordre rr ? Exprimer alors E[Xr]\mathbb{E}[X^r] à l’aide de la fonction Γd′Euler\Gamma d'Euler.
  4. Transformation et loi conjointe : On pose U=XαU = X^\alpha et V=YV = Y.
    • Déterminer la loi de la variable aléatoire UU.
    • En déduire la densité du couple (U,V)(U, V).
  5. Somme de variables aléatoires : À l’aide d’un changement de variables ou d’un produit de convolution, déterminer la densité de la variable aléatoire Z=Xα+YZ = X^\alpha + Y.
  6. Analyse critique du modèle :
    • Pour α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[, que peut-on dire de l’existence de l’espérance E[X]\mathbb{E}[X] ?
    • Discuter des limites de ce modèle pour représenter un signal physique mesurable dont l’énergie moyenne devrait être finie.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Effectuez un changement de variable simple du type u=xαu = x^\alpha pour évaluer l’intégrale de fXf_X sur R+∗\mathbb{R}_+^*.
  • Question 2 : Intégrez la densité fXf_X sur l’intervalle ]0,x]]0, x] pour x>0x > 0.
  • Question 3 : Utilisez le théorème de transfert. L’intégrale obtenue se ramène par changement de variable à la définition intégrale de la fonction Γ(β)=∫0+∞tβ−1e−t dt\Gamma(\beta) = \int_0^{+\infty} t^{\beta-1} e^{-t} \, \mathrm{d}t.
  • Question 4 : Utilisez le théorème de transfert ou la méthode de la fonction de répartition pour UU. L’indépendance de XX et YY se transmet naturellement à UU et VV.
  • Question 5 : Exprimez la loi de la somme Z=U+VZ = U + V de deux variables indépendantes en utilisant le produit de convolution de leurs densités.
  • Question 6 : Analysez le comportement de l’intégrale définissant l’espérance au voisinage de 00 et de +∞+\infty selon les valeurs du paramètre α\alpha.

1. Vérification de la densité fXf_X

Section titled “1. Vérification de la densité fXf_XfX​”

La fonction fXf_X est positive ou nulle sur R\mathbb{R} par construction. Elle est clairement continue sur R∖{0}\mathbb{R} \setminus \{0\}. Il reste à vérifier que son intégrale sur R\mathbb{R} vaut 11 : ∫−∞+∞fX(x) dx=∫0+∞αxα−1e−xα dx\int_{-\infty}^{+\infty} f_X(x) \, \mathrm{d}x = \int_0^{+\infty} \alpha x^{\alpha-1} e^{-x^\alpha} \, \mathrm{d}x Effectuons le changement de variable u=xαu = x^\alpha, qui est un C1C^1-difféomorphisme strictement croissant de ]0,+∞[]0, +\infty[ dans ]0,+∞[]0, +\infty[. On a du=αxα−1dx\mathrm{d}u = \alpha x^{\alpha-1} \mathrm{d}x. L’intégrale devient : ∫0+∞e−u du=[−e−u]0+∞=0−(−1)=1\int_0^{+\infty} e^{-u} \, \mathrm{d}u = \left[ -e^{-u} \right]_0^{+\infty} = 0 - (-1) = 1 La fonction fXf_X est donc bien une densité de probabilité.

Pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, FX(x)=P(X≤x)F_X(x) = \mathbb{P}(X \le x).

  • Si x≤0x \le 0, FX(x)=0F_X(x) = 0 car XX est à valeurs dans R+∗\mathbb{R}_+^*.
  • Si x>0x > 0 : FX(x)=∫0xαtα−1e−tα dtF_X(x) = \int_0^x \alpha t^{\alpha-1} e^{-t^\alpha} \, \mathrm{d}t En posant u=tαu = t^\alpha, on obtient : FX(x)=∫0xαe−u du=1−e−xαF_X(x) = \int_0^{x^\alpha} e^{-u} \, \mathrm{d}u = 1 - e^{-x^\alpha} Ainsi, FX(x)=(1−e−xα)1R+∗(x)F_X(x) = (1 - e^{-x^\alpha})\mathbf{1}_{\mathbb{R}_+^*}(x). (On reconnaît ici la loi de Weibull).

Soit r∈Rr \in \mathbb{R}. La variable XX admet un moment d’ordre rr si et seulement si l’intégrale suivante converge absolument : Ir=∫0+∞xrαxα−1e−xα dx=α∫0+∞xr+α−1e−xα dxI_r = \int_0^{+\infty} x^r \alpha x^{\alpha-1} e^{-x^\alpha} \, \mathrm{d}x = \alpha \int_0^{+\infty} x^{r+\alpha-1} e^{-x^\alpha} \, \mathrm{d}x En effectuant le changement de variable u=xαu = x^\alpha (donc x=u1/αx = u^{1/\alpha} et dx=1αu1α−1du\mathrm{d}x = \frac{1}{\alpha} u^{\frac{1}{\alpha}-1} \mathrm{d}u), l’intégrale se réécrit : Ir=∫0+∞(u1/α)r+α−1e−u1αu1α−1α du=∫0+∞ur+αα−1e−u duI_r = \int_0^{+\infty} \left(u^{1/\alpha}\right)^{r+\alpha-1} e^{-u} \frac{1}{\alpha} u^{\frac{1}{\alpha}-1} \alpha \, \mathrm{d}u = \int_0^{+\infty} u^{\frac{r+\alpha}{\alpha} - 1} e^{-u} \, \mathrm{d}u Cette intégrale converge si et seulement si l’exposant de uu en 00 est strictement supérieur à −1-1, c’est-à-dire : r+αα−1>−1  ⟺  r+αα>0  ⟺  r+α>0  ⟺  r>−α\frac{r+\alpha}{\alpha} - 1 > -1 \iff \frac{r+\alpha}{\alpha} > 0 \iff r + \alpha > 0 \iff r > -\alpha (La convergence en +∞+\infty est assurée pour tout rr par domination exponentielle). Sous la condition r>−αr > -\alpha, le moment d’ordre rr existe et vaut : E[Xr]=Γ(1+rα)\mathbb{E}[X^r] = \Gamma\left(1 + \frac{r}{\alpha}\right)

  • Loi de U=XαU = X^\alpha : Pour tout t>0t > 0, la fonction de répartition de UU est : FU(t)=P(U≤t)=P(Xα≤t)=P(X≤t1/α)=FX(t1/α)=1−e−tF_U(t) = \mathbb{P}(U \le t) = \mathbb{P}(X^\alpha \le t) = \mathbb{P}(X \le t^{1/\alpha}) = F_X(t^{1/\alpha}) = 1 - e^{-t} Ainsi, UU suit une loi exponentielle de paramètre 11 (E(1)\mathcal{E}(1)).
  • Densité du couple (U,V)(U, V) : Puisque U=XαU = X^\alpha et V=YV = Y, et que (X,Y(X, Y est un couple de variables indépendantes, par le théorème de transformation, le couple (U,V)(U, V) admet pour densité conjointe sur R2\mathbb{R}^2 : fU,V(u,v)=fU(u)fV(v)={e−ue−v=e−(u+v)si (u,v)∈(R+∗)20sinonf_{U,V}(u, v) = f_U(u) f_V(v) = \begin{cases} e^{-u} e^{-v} = e^{-(u+v)} & \text{si } (u, v) \in (\mathbb{R}_+^*)^2 \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}

5. Densité de la somme Z=Xα+YZ = X^\alpha + Y (soit Z=U+VZ = U + V)

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Les variables UU et VV sont indépendantes et suivent toutes deux la loi E(1)\mathcal{E}(1). La densité de leur somme Z=U+VZ = U + V s’obtient par produit de convolution de leurs densités sur R+∗\mathbb{R}_+^* : Pour z>0z > 0 : fZ(z)=∫−∞+∞fU(u)fV(z−u) du=∫0ze−ue−(z−u) du=e−z∫0z1 du=ze−zf_Z(z) = \int_{-\infty}^{+\infty} f_U(u) f_V(z-u) \, \mathrm{d}u = \int_0^z e^{-u} e^{-(z-u)} \, \mathrm{d}u = e^{-z} \int_0^z 1 \, \mathrm{d}u = z e^{-z} Pour z≤0z \le 0, fZ(z)=0f_Z(z) = 0. Ainsi, ZZ suit une loi gamma de paramètres (2,1)(2, 1), notée Γ(2,1)\Gamma(2, 1), de densité : fZ(z)=ze−z1R+∗(z)f_Z(z) = z e^{-z} \mathbf{1}_{\mathbb{R}_+^*}(z)

  • Cas α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[ : D’après la question 3, l’existence du moment d’ordre rr requiert r>−αr > -\alpha. Pour r=1r = 1 (l’espérance E[X]\mathbb{E}[X]), la condition est 1>−α1 > -\alpha, ce qui est toujours vrai puisque α>0\alpha > 0. Cependant, si l’on s’intéresse à la variance ou à des moments d’ordre supérieur négatifs, ou si l’on modifie le domaine, observons le comportement en 00 : si α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[, alors fX(x)∼αxα−1f_X(x) \sim \alpha x^{\alpha-1} au voisinage de 00. Comme α−1<0\alpha-1 < 0, la densité diverge en 00 (tend vers +∞+\infty).
  • Limites physiques : Dans de nombreux contextes physiques (traitement du signal, télécommunications), la variable eˊneˊrgeˊtiqueénérgétique ou l’amplitude du signal mesuré ne peut pas posséder une densité qui explose de manière inintégrable en 00 si l’on souhaite garantir des propriétés de stabilité du système. De plus, bien que l’espérance E[X]=Γ(1+1α)\mathbb{E}[X] = \Gamma(1 + \frac{1}{\alpha}) existe toujours pour tout α>0\alpha > 0, le choix d’un paramètre α\alpha petit conduit à des variations extrêmes de la variable aléatoire, rendant l’estimateur empirique hautement instable en pratique (variance infinie si α≤12\alpha \le \frac{1}{2}).