Exercice 2 : Flexion et moment quadratique
Problème guidé : Étude d’une poutre de section creuse en flexion pure et déviée
Section titled “Problème guidé : Étude d’une poutre de section creuse en flexion pure et déviée”1. Énoncé
Section titled “1. Énoncé”Dans le cadre de la conception d’un bras manipulateur léger pour système automatisé, on s’intéresse à la modélisation et au dimensionnement de l’avant-bras. Cet élément est modélisé par une poutre prismatique droite, de longueur , encastrée à une extrémité () et soumise à des efforts à son extrémité libre ().
La section droite de la poutre est un profilé creux rectangulaire de dimensions extérieures et H, et d’épaisseur constante (avec et ). Le matériau constitutif est un alliage d’aluminium de module d’Young et de limite d’élasticité .
Données numériques :
- Effort appliqué à l’extrémité : , avec et .
2. Questions
Section titled “2. Questions”- Modélisation cinématique et statique : Définir le repère local de la poutre et préciser les hypothèses de la Résistance des Matériaux (RDM) appliquées à ce problème (géométrie, chargement, comportement du matériau).
- Calcul géométrique : Exprimer analytiquement, puis calculer numériquement les moments quadratiques et de la section par rapport aux axes principaux de inertia et . On pourra utiliser l’approximation des parois minces.
- Torseur de cohésion : Déterminer l’expression du torseur de cohésion en tout section de la poutre.
- Contraintes normales : Établir l’expression de la contrainte normale dans la section. Calculer sa valeur maximale en valeur absolue et identifier la position des points les plus sollicités.
- Dimensionnement et critère de résistance : En appliquant le critère de Tresca ou de Von Mises (on justifiera l’utilisation de seule), vérifier si le profilé choisi résiste au chargement avec un coefficient de sécurité .
- Déflélection : Calculer la flèche maximale à l’extrémité de la poutre.
- Analyse critique : Discuter des limites du modèle de RDM utilisé, notamment concernant les hypothèses géométriques et les conditions aux limites aux encastrements.
3. Pistes et indications
Section titled “3. Pistes et indications”- Indication Q2 : Pour une section rectangulaire creuse de dimensions et d’épaisseur , le moment quadratique par rapport à l’axe médian horizontal (parallèle à ) est donné approximativement par . Avec l’hypothèse , un développement limité au premier ordre en donne ou plus simplement en considérant les quatre rectilignes composant les parois d’épaisseur .
- Indication Q4 : La formule de Navier donne (selon l’orientation des axes). Soyez rigoureux sur les signes.
- Indication Q7 : Pensez à l’effet de la concentration de contraintes au niveau de l’encastrement et aux déformations par cisaillement (négligées en théorie d’Euler-Bernoulli).
4. Corrigé pas à pas
Section titled “4. Corrigé pas à pas”Q1 : Modélisation et hypothèses
Section titled “Q1 : Modélisation et hypothèses”Le repère local est attaché au centre de gravité de la section droite : . L’axe est porté par la ligne moyenne de la poutre.
- Hypothèses géométriques : Poutre droite, et (élancement vérifié), section constante.
- Hypothèses cinématiques (Bernoulli-Navier) : Les sections droites restent planes, normales à la ligne moyenne et indéformables au cours de la déformation.
- Comportement du matériau : Linéaire, élastique, isotrope (loi de Hooke).
Q2 : Calcul des moments quadratiques
Section titled “Q2 : Calcul des moments quadratiques”En appliquant la formule pour une section creuse mince rectangulaire (, , ) :
- Moment quadratique par rapport à l’axe (flexion dans le plan due à ) : Par simplification des parois minces ( petit devant et ) : A.N. : .
- Moment quadratique par rapport à l’axe (flexion dans le plan due à ) : A.N. : .
Q3 : Torseur de cohésion
Section titled “Q3 : Torseur de cohésion”En coupant la poutre à une abscisse , pour un effort appliqué en , le torseur de cohésion est :
0 & 0 \\ 0 & M_{fy}(x) = -F_z (L-x) \\ 0 & M_{fz}(x) = F_y (L-x) \end{Bmatrix}_G$$ Les efforts tranchants sont $T_y = F_y$ et $T_z = F_z$. Le moment de torsion est nul ($Mt = 0$). ### Q4 : Contraintes normales La contrainte normale maximale est obtenue à l'encastrement ($x=0$) là où les moments fléchissants sont maximaux en valeur absolue : * $M_{fy}(0) = -F_z L = -500 \times 1,0 = -500 \text{ N}\cdot\text{m}$ * $M_{fz}(0) = F_y L = 1500 \times 1,0 = 1500 \text{ N}\cdot\text{m}$ La formule de Navier donne : $$\sigma_{xx}(y, z) = -\frac{M_{fy}(0)}{I_y} z + \frac{M_{fz}(0)}{I_z} y$$ Les contraintes maximales se produisent aux coins de la section, là où $|y| = B/2 = 30 \text{ mm}$ et $|z| = H/2 = 50 \text{ mm}$ : $$\sigma_{\max} = \left| -\frac{-500}{1,80 \times 10^{-6}} \times (0,050) \right| + \left| \frac{1500}{5,00 \times 10^{-6}} \times (0,030) \right|$$ $$\sigma_{\max} = 13,89 \text{ MPa} + 9,00 \text{ MPa} = 22,89 \text{ MPa}$$ ### Q5 : Dimensionnement et critère de résistance La contrainte équivalente de Von Mises (ou Tresca, puisque $\tau$ est faible devant $\sigma$ en bout de poutre) se réduit ici à $\sigma_{\text{eq}} = \sigma_{\max} = 22,89 \text{ MPa}$. La condition de résistance avec un coefficient de sécurité $s = 2$ est : $$\sigma_{\text{eq}} \le \frac{\text{R}_e}{s} \implies 22,89 \text{ MPa} \le \frac{280}{2} = 140 \text{ MPa}$$ Conclusion: ** La condition de résistance est largement respectée. Le profilé est même surdimensionné. ### Q6 : Déflélection maximale La flèche totale à l'extrémité $x=L$ se calcule par composition des flèches selon les deux axes principaux : * Flèche selon $\vec{y}$ due à $M_{fz}$ : $\delta_y(L) = \frac{F_y L^3}{3 E I_z} = \frac{1500 \times 1,0^3}{3 \times 70 \times 10^9 \times 5,00 \times 10^{-6}} = 1,43 \times 10^{-3} \text{ m} = 1,43 \text{ mm}$ * Flèche selon $\vec{z}$ due à $M_{fy}$ : $\delta_z(L) = \frac{F_z L^3}{3 E I_y} = \frac{500 \times 1,0^3}{3 \text{ (attention signe)} 70 \times 10^9 \times 1,80 \times 10^{-6}} = 1,32 \times 10^{-3} \text{ m} = 1,32 \text{ mm}$ La flèche totale est : $$\delta_{\max} = \sqrt{\delta_y^2 + \delta_z^2} = \sqrt{1,43^2 + 1,32^2} \approx 1,95 \text{ mm}$$ ### Q7 : Analyse critique et limites du modèle * **Hypothèse de Bernoulli :** Néglige l'effet du cisaillement transverse sur la déformée (correction de Timoshenko). Vu l'élancement ($L/H = 1,0 / 0,1 = 10$), cette erreur reste faible (estimée à moins de 5%). * **Effet d'encastrement :** Le modèle de RDM suppose l'encastrement parfait sans concentration de contraintes. Or, géométriquement, les zones de raccordement subissent des effets de bord tridimensionnels (effet Saint-Venant) non captés par la théorie des poutres, pouvant induire des pics de contraintes locales supérieurs au calcul nominal. * **Voilement des parois minces :** Avec $e = 4 \text{ mm}$ pour une largeur de $60 \text{ mm}$, les parois comprimées risquent un **voilement local** (instabilité élastique) bien avant que la limite d'élasticité du matériau $\text{R}_e$ ne soit atteinte. Ce phénomène n'est pas modélisé par la RDM classique et nécessite une analyse par plaques/coques ou éléments finis.