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Cours : Géométrie plane et de l espace

Le cadre naturel de l’étude géométrique en classe de MPSI est l’espace affine euclidien orienté de dimension 2 (le plan P\mathcal{P}) ou 3 (l’espace E\mathcal{E}).

  • Espace affine : On appelle espace affine associé au R\mathbb{R}-espace vectoriel E⃗\vec{E} un ensemble non vide E\mathcal{E} muni d’une application (notée + ou →+\, \text{ou}\ \to) de E×E⃗\mathcal{E} \times \vec{E} dans E\mathcal{E}, (M,u⃗)↦M+u⃗(M, \vec{u}) \mapsto M + \vec{u}, telle que :
    1. ∀M∈E,M+0⃗=M\forall M \in \mathcal{E}, \quad M + \vec{0} = M.
    2. ∀(M,u⃗,v⃗)∈E×E⃗2,(M+u⃗)+v⃗=M+(u⃗+v⃗)\forall (M, \vec{u}, \vec{v}) \in \mathcal{E} \times \vec{E}^2, \quad (M + \vec{u}) + \vec{v} = M + (\vec{u} + \vec{v}).
    3. ∀(M,N)∈E2\forall (M, N) \in \mathcal{E}^2, il existe un unique u⃗∈E⃗\vec{u} \in \vec{E} tel que M+u⃗=NM + \vec{u} = N, noté u⃗=MN→\vec{u} = \overrightarrow{MN}.
  • Espace euclidien : L’espace vectoriel E⃗\vec{E} est muni d’un produit scalaire, c’est-à-dire d’une forme bilinéaire symétrique définie positive, notée (⋅∣⋅)(\cdot \mid \cdot).
  • Un repère cartésien de E\mathcal{E} (de dimension n∈{2,3}n \in \{2, 3\}) est la donnée d’un point origine O∈EO \in \mathcal{E} et d’une base (e⃗1,…,e⃗n)( \vec{e}_1, \dots, \vec{e}_n ) de E⃗\vec{E}.
  • Un repère (O,e⃗1,e⃗2,e⃗3)(O, \vec{e}_1, \vec{e}_2, \vec{e}_3) est dit orthonormé (RON) si la base (e⃗1,e⃗2,e⃗3)(\vec{e}_1, \vec{e}_2, \vec{e}_3) est orthonormée pour le produit scalaire.

1.3. Produit scalaire, vectoriel et mixte (en dimension 3)

Section titled “1.3. Produit scalaire, vectoriel et mixte (en dimension 3)”

Soient u⃗,v⃗,w⃗∈E⃗\vec{u}, \vec{v}, \vec{w} \in \vec{E} des vecteurs de l’espace vectoriel orienté E⃗\vec{E} rapporté à une base orthonormée directe :

  • Produit scalaire : Bilinéaire, symétrique, défini positif. (u⃗∣v⃗)=∥u⃗∥∥v⃗∥cos⁡(θ)(\vec{u} \mid \vec{v}) = \|\vec{u}\| \|\vec{v}\| \cos(\theta).
  • Produit vectoriel : L’application E⃗×E⃗→E⃗\vec{E} \times \vec{E} \to \vec{E}, (u⃗,v⃗)↦u⃗∧v⃗(\vec{u}, \vec{v}) \mapsto \vec{u} \wedge \vec{v} est bilinéaire, antisymétrique, et vérifie ∥u⃗∧v⃗∥=∥u⃗∥∥v⃗∥∣sin⁡(θ)∣\|\vec{u} \wedge \vec{v}\| = \|\vec{u}\| \|\vec{v}\| |\sin(\theta)|.
  • Produit mixte : Défini par [u⃗,v⃗,w⃗]=(u⃗∧v⃗∣w⃗)[\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}] = (\vec{u} \wedge \vec{v} \mid \vec{w}). Il représente algébriquement le volume du parallélépipède construit sur (u⃗,v⃗,w⃗)(\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}).

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

2.1. Théorème : Expression analytique de la distance d’un point à un hyperplan

Section titled “2.1. Théorème : Expression analytique de la distance d’un point à un hyperplan”

Soit H\mathcal{H} un hyperplan affine d’équation cartésienne ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 dans un espace affine euclidien orienté de dimension 3 rapporté à un RON. Soit M0(x0,y0,z0)∈EM_0(x_0, y_0, z_0) \in \mathcal{E}. La distance de M0M_0 à H\mathcal{H} est : d(M0,H)=∣ax0+by0+cz0+d∣a2+b2+c2d(M_0, \mathcal{H}) = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}

Soit H(x1,y1,z1)H(x_1, y_1, z_1) le projeté orthogonal de M0M_0 sur H\mathcal{H}. Le vecteur normal à H\mathcal{H} est n⃗=(abc)\vec{n} = \begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix}. Le vecteur HM0‾\overline{H M_0} est colinéaire à n⃗\vec{n}, donc il existe λ∈R\lambda \in \mathbb{R} tel que HM0→=λn⃗\overrightarrow{HM_0} = \lambda \vec{n}. Ainsi, x0=x1+λax_0 = x_1 + \lambda a, y0=y1+λby_0 = y_1 + \lambda b, z0=z1+λcz_0 = z_1 + \lambda c. Puisque H∈HH \in \mathcal{H}, ses coordonnées vérifient l’équation de H\mathcal{H} : ax1+by1+cz1+d=0ax_1 + by_1 + cz_1 + d = 0. En remplaçant : ax0+by0+cz0+d=a(x1+λa)+b(y1+λb)+c(z1+λc)+dax_0 + by_0 + cz_0 + d = a(x_1 + \lambda a) + b(y_1 + \lambda b) + c(z_1 + \lambda c) + d (ax1+by1+cz1+d)+λ(a2+b2+c2)=0+λ∥n⃗∥2(ax_1 + by_1 + cz_1 + d) + \lambda(a^2 + b^2 + c^2) = 0 + \lambda\|\vec{n}\|^2 On en déduit que λ=ax0+by0+cz0+d∥n⃗∥2\lambda = \frac{ax_0 + by_0 + cz_0 + d}{\|\vec{n}\|^2}. La distance cherchée est d(M0,H)=∥HM0→∥=∣λ∣∥n⃗∥=∣ax0+by0+cz0+d∣∥n⃗∥d(M_0, \mathcal{H}) = \|\overrightarrow{HM_0}\| = |\lambda| \|\vec{n}\| = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\|\vec{n}\|}, ce qui donne la formule voulue. ■\blacksquare

2.2. Théorème de projection et symétrie orthogonale

Section titled “2.2. Théorème de projection et symétrie orthogonale”

Soit FF un sous-espace affine de E\mathcal{E} défini par un système d’équations. Pour tout point M∈EM \in \mathcal{E}, il existe un unique projeté orthogonal p(M)∈Fp(M) \in F tel que ∀N∈F, d(M,N)≥d(M,p(M))\forall N \in F, \, d(M,N) \ge d(M,p(M)).


3.1. Détermination de l’intersection d’une droite et d’un plan

Section titled “3.1. Détermination de l’intersection d’une droite et d’un plan”

Soit D\mathcal{D} définie par une représentation paramétrique et P\mathcal{P} par une équation cartésienne ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0.

  • Algorithme :
    1. Injecter les expressions paramétriques (x(t),y(t),z(t))(x(t), y(t), z(t)) de D\mathcal{D} dans l’équation de P\mathcal{P}.
    2. Résoudre l’équation linéaire d’inconnue t∈Rt \in \mathbb{R}.
    • Si l’équation admet une unique solution t0t_0, la droite et le plan sont sécants en un point unique obtenu pour t=t0t = t_0.
    • Si l’équation n’a pas de solution, la droite est strictement parallèle au plan.
    • Si l’équation est toujours vraie (∀t∈R\forall t \in \mathbb{R}), la droite est incluse dans le plan.

3.2. Calcul de la distance entre deux droites non coplanaires

Section titled “3.2. Calcul de la distance entre deux droites non coplanaires”

Soient D1=A1+Ru⃗1\mathcal{D}_1 = A_1 + \mathbb{R}\vec{u}_1 et D2=A2+Ru⃗2\mathcal{D}_2 = A_2 + \mathbb{R}\vec{u}_2 deux droites non coplanaires de E\mathcal{E} (dim⁡E=3\dim \mathcal{E} = 3).

  • Algorithme :
    1. Le vecteur directeur commun orthogonal aux deux droites est n⃗=u⃗1∧u⃗2\vec{n} = \vec{u}_1 \wedge \vec{u}_2.
    2. La distance entre D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 correspond à la hauteur du parallélépipède formé par les vecteurs A1A2→,u⃗1,u⃗2\overrightarrow{A_1A_2}, \vec{u}_1, \vec{u}_2.
    3. Formule explicite : d(D1,D2)=∣(A1A2→∣u⃗1∧u⃗2)∣∥u⃗1∧u⃗2∥=∣[A1A2→,u⃗1,u⃗2]∣∥u⃗1∧u⃗2∥d(\mathcal{D}_1, \mathcal{D}_2) = \frac{|(\overrightarrow{A_1A_2} \mid \vec{u}_1 \wedge \vec{u}_2)|}{\|\vec{u}_1 \wedge \vec{u}_2\|} = \frac{|[\overrightarrow{A_1A_2}, \vec{u}_1, \vec{u}_2]|}{\|\vec{u}_1 \wedge \vec{u}_2\|}

  1. Oubli du repère orthonormé (RON) : Beaucoup de formules métriques (distances, orthogonalité via les coefficients, normes de produits vectoriels) exigent un repère orthonormé. Dans un repère quelconque, l’expression du produit scalaire utilise la matrice S∈Mn(R)S \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{R}) de la métrique. Ne l’utilisez jamais aveuglément.
  2. Confusion entre droites concourantes, coplanaires et non coplanaires : En dimension 3, deux droites qui ne sont pas sécantes ne sont pas nécessairement parallèles. On les dit non coplanaires. Veillez à bien tester le déterminant (produit mixte) pour caractériser leur position relative.
  3. Erreurs d’orientation : Le produit vectoriel dépend de l’orientation de l’espace. Dans les exercices de physique ou de géométrie analytique avancée, inverser l’ordre des vecteurs dans un produit vectoriel ou mixte conduit à un signe opposé erroné.
  4. Mauvaise manipulation des équations cartésiennes d’hyperplans : Le vecteur normal n⃗=(abc)\vec{n} = \begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix} se lit directement à partir des coefficients de x,y,zx, y, z uniquement lorsque l’équation est sous forme cartésienne standard dans un RON.