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Exercice 2 : Étude de fonctions de deux variables

Dans le cadre de l’optimisation de la production de biocarburants de troisième génération, on étudie la culture d’une micro-algue oléagineuse (Chlorella vulgaris) en photobioréacteur continu. Le taux volumique d’accumulation d’acides gras d’intérêt industriel dépend principalement de deux paramètres opératoires :

  1. La concentration adimensionnée en azote résiduel dans le milieu, notée x∈]0,+∞[x \in ]0, +\infty[.
  2. Le flux photonique adimensionné reçu par la culture, noté y∈]0,+∞[y \in ]0, +\infty[.

Un apport minimal d’azote et de lumière est indispensable à la survie cellulaire, mais des teneurs excessives entraînent une inhibition par photo-oxydation (pour la lumière) et un détournement des voies métaboliques vers la synthèse protéique au détriment des lipides (pour l’azote).

On modélise le taux volumique de synthèse lipidique, noté P(x,y)P(x, y) (exprimé en g⋅L−1⋅j−1\text{g}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{j}^{-1}), par la fonction définie sur l’ouvert U=]0,+∞[2\mathcal{U} = ]0, +\infty[^2 par : f(x,y)=x2y e−(x+y)f(x, y) = x^2 y \, \mathrm{e}^{-(x + y)} où P(x,y)=P0 f(x,y)P(x,y) = P_0 \, f(x,y), avec P0=10 g⋅L−1⋅j−1P_0 = 10 \text{ g}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{j}^{-1} une constante d’échelle biologique.

L’objectif de ce problème est d’analyser le comportement mathématique de cette fonction de deux variables, de déterminer les conditions optimales de fonctionnement du photobioréacteur, et de porter un regard critique sur la pertinence du modèle phénoménologique proposé.


  1. Justifier que l’ensemble U=]0,+∞[2\mathcal{U} = ]0, +\infty[^2 est un ouvert de R2\mathbb{R}^2.
  2. Montrer que la fonction ff est de classe C2\mathcal{C}^2 sur U\mathcal{U}.
  3. Calculer les dérivées partielles d’ordre 11 de ff en tout point (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U}.

Partie II — Recherche et nature des points critiques

Section titled “Partie II — Recherche et nature des points critiques”
  1. Déterminer l’ensemble des points critiques de ff sur U\mathcal{U}. On notera AA l’unique point critique obtenu.
  2. Calculer les dérivées partielles d’ordre 22 de ff sur U\mathcal{U}. Énoncer le théorème de Schwarz et vérifier qu’il s’applique ici.
  3. Écrire la matrice hessienne de ff au point critique AA.
  4. En déduire la nature locale du point critique AA. Calculer la valeur de P(A)P(A) avec son unité.

Partie III — Extrema globaux et optimisation sous contrainte

Section titled “Partie III — Extrema globaux et optimisation sous contrainte”
  1. a. Montrer que pour tout (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U}, on a : f(x,y)⩽4 e−2⋅y e−yf(x, y) \leqslant 4\,\mathrm{e}^{-2} \cdot y\,\mathrm{e}^{-y} b. En étudiant la fonction d’une variable g:t↦te−tg : t \mapsto t \mathrm{e}^{-t} sur ]0,+∞[]0, +\infty[, démontrer que ff admet un maximum global sur U\mathcal{U} atteint uniquement en AA.
  2. Optimisation sous contrainte économique : Le coût d’apport en intrants (éclairage et fertilisation azotée) impose une contrainte budgétaire modélisée par la relation linéaire : x+y=2x + y = 2 On pose, pour x∈]0,2[x \in ]0, 2[, φ(x)=f(x,2−x)\varphi(x) = f(x, 2 - x). a. Déterminer la valeur de xx maximisant la production sous cette contrainte. b. Comparer le rendement obtenu avec le maximum absolu trouvé à la question 8.

Partie IV — Analyse critique et interprétation biologique

Section titled “Partie IV — Analyse critique et interprétation biologique”
  1. Examiner le comportement de f(x,y)f(x, y) lorsque x→0+x \to 0^+ (à yy fixé) et lorsque x→+∞x \to +\infty (à yy fixé). Ce comportement est-il cohérent avec la physiologie de Chlorella vulgaris ?
  2. Discuter brièvement deux limites majeures de cette modélisation mathématique du point de vue biologique.

  • Question 1 : Penser au produit cartésien d’intervalles ouverts de R\mathbb{R}, ou à l’image réciproque d’ouverts par des projections coordonnées continues.
  • Question 3 & 4 : Factoriser systématiquement par l’exponentielle e−(x+y)\mathrm{e}^{-(x+y)} qui ne s’annule jamais sur R2\mathbb{R}^2.
  • Question 6 & 7 : Calculer le déterminant (ou les valeurs propres) de la matrice hessienne Hf(A)H_f(A) : pour une matrice 2×22 \times 2, det⁡(H)=rt−s2\det(H) = r t - s^2. Si det⁡(H)>0\det(H) > 0 et r<0r < 0, il s’agit d’un maximum local strict.
  • Question 8 : La fonction f(x,y)f(x, y) se factorise sous la forme u(x)v(y)u(x) v(y). La recherche d’un majorant global est grandement facilitée par l’étude indépendante de fonctions d’une seule variable.
  • Question 9 : Réduire le problème bidimensionnel contraint à un problème univarié en étudiant les variations de la fonction d’une seule variable φ\varphi sur l’intervalle ]0,2[]0, 2[.
  • Question 11 : Réfléchir aux phénomènes d’ombrage mutuel (effet de densité optique), à l’inhibition enzymatique irréversible et à la dynamique temporelle (régime transitoire vs permanent).

L’ensemble I=]0,+∞[I = ]0, +\infty[ est un intervalle ouvert de R\mathbb{R} muni de sa topologie usuelle. L’ensemble U=]0,+∞[×]0,+∞[\mathcal{U} = ]0, +\infty[ \times ]0, +\infty[ est le produit cartésien de deux ouverts de R\mathbb{R}, c’est donc un ouvert de R2\mathbb{R}^2.

Autre justification valide : Les applications de projection p1:(x,y)↦xp_1 : (x, y) \mapsto x et p2:(x,y)↦yp_2 : (x, y) \mapsto y sont continues sur R2\mathbb{R}^2. Comme U=p1−1(]0,+∞[)∩p2−1(]0,+∞[)\mathcal{U} = p_1^{-1}(]0, +\infty[) \cap p_2^{-1}(]0, +\infty[), U\mathcal{U} est l’intersection finie de deux ouverts de R2\mathbb{R}^2, donc U\mathcal{U} est un ouvert de R2\mathbb{R}^2.

Les fonctions polynômes (x,y)↦x2y(x, y) \mapsto x^2 y et (x,y)↦−(x+y)(x, y) \mapsto -(x + y) sont de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur R2\mathbb{R}^2. La fonction exponentielle t↦ett \mapsto \mathrm{e}^t est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur R\mathbb{R}. Par composition et produit de fonctions de classe C∞\mathcal{C}^\infty, ff est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur R2\mathbb{R}^2. En particulier, ff est de classe C2\mathcal{C}^2 sur l’ouvert U\mathcal{U}.

Pour tout (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U}, en dérivant par rapport à chaque coordonnée : ∂f∂x(x,y)=∂∂x(x2y e−(x+y))=(2xy−x2y)e−(x+y)=xy(2−x)e−(x+y)\frac{\partial f}{\partial x}(x, y) = \frac{\partial}{\partial x}\left(x^2 y \, \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) = \left(2x y - x^2 y\right) \mathrm{e}^{-(x+y)} = x y (2 - x) \mathrm{e}^{-(x+y)}

∂f∂y(x,y)=∂∂y(x2y e−(x+y))=(x2−x2y)e−(x+y)=x2(1−y)e−(x+y)\frac{\partial f}{\partial y}(x, y) = \frac{\partial}{\partial y}\left(x^2 y \, \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) = \left(x^2 - x^2 y\right) \mathrm{e}^{-(x+y)} = x^2 (1 - y) \mathrm{e}^{-(x+y)}


Partie II — Recherche et nature des points critiques

Section titled “Partie II — Recherche et nature des points critiques”

Un point (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U} est un point critique de ff si et seulement si son gradient s’annule : ∇⃗f(x,y)=0⃗  ⟺  {∂f∂x(x,y)=0∂f∂y(x,y)=0\vec{\nabla} f(x, y) = \vec{0} \iff \begin{cases} \dfrac{\partial f}{\partial x}(x, y) = 0 \\ \dfrac{\partial f}{\partial y}(x, y) = 0 \end{cases}

Puisque (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U}, on a x>0x > 0, y>0y > 0 et e−(x+y)>0\mathrm{e}^{-(x+y)} > 0. Par conséquent : {xy(2−x)e−(x+y)=0x2(1−y)e−(x+y)=0  ⟺  {2−x=01−y=0  ⟺  {x=2y=1\begin{cases} x y (2 - x) \mathrm{e}^{-(x+y)} = 0 \\ x^2 (1 - y) \mathrm{e}^{-(x+y)} = 0 \end{cases} \iff \begin{cases} 2 - x = 0 \\ 1 - y = 0 \end{cases} \iff \begin{cases} x = 2 \\ y = 1 \end{cases}

Le couple (2,1)(2, 1) appartient bien à U\mathcal{U}. Ainsi, ff admet un unique point critique sur U\mathcal{U}, le point A(2,1)A(2, 1).

5. Dérivées partielles d’ordre 22 et théorème de Schwarz

Section titled “5. Dérivées partielles d’ordre 222 et théorème de Schwarz”

Comme ff est de classe C2\mathcal{C}^2 sur U\mathcal{U}, le théorème de Schwarz assure l’égalité des dérivées croisées : ∂2f∂x∂y(x,y)=∂2f∂y∂x(x,y)\frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y}(x, y) = \frac{\partial^2 f}{\partial y \partial x}(x, y)

Calculons les différentes dérivées secondes pour tout (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U} :

  • Dérivée en x2x^2 : \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(x, y) &= \frac{\partial}{\partial x}\left((2x - x^2) y \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) \\ &= \left[(2 - 2x) y - (2x - x^2) y\right] \mathrm{e}^{-(x+y)} \\ &= y(x^2 - 4x + 2)\mathrm{e}^{-(x+y)} \end{aligned}$$
  • Dérivée en y2y^2 : \frac{\partial^2 f}{\partial y^2}(x, y) &= \frac{\partial}{\partial y}\left(x^2 (1 - y) \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) \\ &= \left[-x^2 - x^2(1 - y)\right] \mathrm{e}^{-(x+y)} \\ &= x^2(y - 2)\mathrm{e}^{-(x+y)} \end{aligned}$$
  • Dérivée croisée : \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y}(x, y) &= \frac{\partial}{\partial y}\left(x(2 - x) y \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) \\ &= x(2 - x) \frac{\partial}{\partial y}\left(y \mathrm{e}^{-(x+y)}\right) \\ &= x(2 - x)(1 - y)\mathrm{e}^{-(x+y)} \end{aligned}$$

On vérifie immédiatement que dériver ∂f∂y\frac{\partial f}{\partial y} par rapport à xx donne la même expression.

6. Matrice hessienne au point critique A(2,1)A(2, 1)

Section titled “6. Matrice hessienne au point critique A(2,1)A(2, 1)A(2,1)”

Évaluons les dérivées partielles secondes en A(2,1)A(2, 1) :

  • r=∂2f∂x2(2,1)=1⋅(4−8+2)e−(2+1)=−2e−3r = \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(2, 1) = 1 \cdot (4 - 8 + 2)\mathrm{e}^{-(2+1)} = -2\mathrm{e}^{-3}
  • t=∂2f∂y2(2,1)=4⋅(1−2)e−(2+1)=−4e−3t = \frac{\partial^2 f}{\partial y^2}(2, 1) = 4 \cdot (1 - 2)\mathrm{e}^{-(2+1)} = -4\mathrm{e}^{-3}
  • s=∂2f∂x∂y(2,1)=2(2−2)(1−1)e−3=0s = \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y}(2, 1) = 2(2 - 2)(1 - 1)\mathrm{e}^{-3} = 0

La matrice hessienne en AA est donc : Hf(A)=(rsst)=e−3(−200−4)H_f(A) = \begin{pmatrix} r & s \\ s & t \end{pmatrix} = \mathrm{e}^{-3} \begin{pmatrix} -2 & 0 \\ 0 & -4 \end{pmatrix}

7. Nature locale de AA et calcul de production

Section titled “7. Nature locale de AAA et calcul de production”

La matrice Hf(A)H_f(A) est diagonale : ses valeurs propres sont λ1=−2e−3\lambda_1 = -2\mathrm{e}^{-3} et λ2=−4e−3\lambda_2 = -4\mathrm{e}^{-3}. Puisque les deux valeurs propres sont strictement négatives, la matrice hessienne Hf(A)H_f(A) est définie négative (on retrouve det⁡(Hf(A))=rt−s2=8e−6>0\det(H_f(A)) = rt - s^2 = 8\mathrm{e}^{-6} > 0 et r<0r < 0).

Par conséquent, ff admet un maximum local strict au point A(2,1)A(2, 1).

La production maximale locale est donnée par : P(A)=P0 f(2,1)=10×(22×1×e−(2+1))=40 e−3 g⋅L−1⋅j−1≈1,99 g⋅L−1⋅j−1P(A) = P_0 \, f(2, 1) = 10 \times \left(2^2 \times 1 \times \mathrm{e}^{-(2+1)}\right) = 40\,\mathrm{e}^{-3} \text{ g}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{j}^{-1} \approx 1{,}99 \text{ g}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{j}^{-1}


Partie III — Extrema globaux et optimisation sous contrainte

Section titled “Partie III — Extrema globaux et optimisation sous contrainte”

a. Pour (x,y)∈U(x, y) \in \mathcal{U}, la fonction se factorise en : f(x,y)=(x2e−x)(ye−y)f(x, y) = \left(x^2 \mathrm{e}^{-x}\right) \left(y \mathrm{e}^{-y}\right) Étudions la fonction h:x↦x2e−xh : x \mapsto x^2 \mathrm{e}^{-x} sur ]0,+∞[]0, +\infty[. hh est dérivable et : h′(x)=(2x−x2)e−x=x(2−x)e−xh'(x) = (2x - x^2)\mathrm{e}^{-x} = x(2 - x)\mathrm{e}^{-x} h′(x)>0h'(x) > 0 sur ]0,2[]0, 2[, h′(2)=0h'(2) = 0, et h′(x)<0h'(x) < 0 sur ]2,+∞[]2, +\infty[. hh admet donc un maximum global absolu strict en x=2x = 2, valant h(2)=4e−2h(2) = 4\mathrm{e}^{-2}. Ainsi, pour tout x>0x > 0, x2e−x⩽4e−2x^2 \mathrm{e}^{-x} \leqslant 4\mathrm{e}^{-2}. Comme y>0  ⟹  ye−y>0y > 0 \implies y\mathrm{e}^{-y} > 0, on obtient par produit : ∀(x,y)∈U,f(x,y)⩽4 e−2⋅y e−y\forall (x, y) \in \mathcal{U}, \quad f(x, y) \leqslant 4\,\mathrm{e}^{-2} \cdot y\,\mathrm{e}^{-y}

b. De même, considérons g:t↦te−tg : t \mapsto t \mathrm{e}^{-t} sur ]0,+∞[]0, +\infty[. g′(t)=(1−t)e−tg'(t) = (1 - t)\mathrm{e}^{-t}. La fonction gg croît strictement sur ]0,1[]0, 1[ et décroît strictement sur ]1,+∞[]1, +\infty[. gg admet un maximum global strict en t=1t = 1, valant g(1)=e−1g(1) = \mathrm{e}^{-1}. Donc pour tout y>0y > 0, ye−y⩽e−1y\mathrm{e}^{-y} \leqslant \mathrm{e}^{-1}, avec égalité si et seulement si y=1y = 1.

En combinant ces résultats : ∀(x,y)∈U,f(x,y)⩽4 e−2⋅e−1=4 e−3=f(2,1)\forall (x, y) \in \mathcal{U}, \quad f(x, y) \leqslant 4\,\mathrm{e}^{-2} \cdot \mathrm{e}^{-1} = 4\,\mathrm{e}^{-3} = f(2, 1) L’inégalité est stricte dès que x≠2x \neq 2 ou y≠1y \neq 1. Le point A(2,1)A(2, 1) est donc l’unique maximum global absolu de ff sur U\mathcal{U}.

9. Optimisation sous contrainte x+y=2x + y = 2

Section titled “9. Optimisation sous contrainte x+y=2x + y = 2x+y=2”

a. Sous la contrainte y=2−xy = 2 - x avec x∈]0,2[x \in ]0, 2[, la fonction devient : φ(x)=f(x,2−x)=x2(2−x)e−(x+2−x)=(2x2−x3)e−2\varphi(x) = f(x, 2 - x) = x^2 (2 - x) \mathrm{e}^{-(x + 2 - x)} = (2x^2 - x^3) \mathrm{e}^{-2} La fonction φ\varphi est dérivable sur ]0,2[]0, 2[ : φ′(x)=(4x−3x2)e−2=x(4−3x)e−2\varphi'(x) = (4x - 3x^2) \mathrm{e}^{-2} = x(4 - 3x) \mathrm{e}^{-2} Pour x∈]0,2[x \in ]0, 2[ :

  • φ′(x)>0\varphi'(x) > 0 sur ]0,43[\left]0, \frac{4}{3}\right[
  • φ′(43)=0\varphi'\left(\frac{4}{3}\right) = 0
  • φ′(x)<0\varphi'(x) < 0 sur ]43,2[\left]\frac{4}{3}, 2\right[

φ\varphi admet son maximum absolu en x∗=43x^* = \frac{4}{3}. Le couple optimal sous contrainte est donc : (x∗,y∗)=(43,23)(x^*, y^*) = \left(\frac{4}{3}, \frac{2}{3}\right)

b. Calculons la valeur de ff en ce point : f(43,23)=(43)2(23)e−2=3227e−2≈1,185 e−2f\left(\frac{4}{3}, \frac{2}{3}\right) = \left(\frac{4}{3}\right)^2 \left(\frac{2}{3}\right) \mathrm{e}^{-2} = \frac{32}{27}\mathrm{e}^{-2} \approx 1{,}185 \, \mathrm{e}^{-2} Or le maximum absolu non contraint vaut : f(2,1)=4e−3=4ee−2≈1,472 e−2f(2, 1) = 4\mathrm{e}^{-3} = \frac{4}{\mathrm{e}}\mathrm{e}^{-2} \approx 1{,}472 \, \mathrm{e}^{-2} Le rendement maximal sous contrainte ne représente que : f(4/3,2/3)f(2,1)=3227e−24e−3=827e≈8×2,71827≈0,805(80,5 % du potentiel maximal)\frac{f(4/3, 2/3)}{f(2, 1)} = \frac{\frac{32}{27}\mathrm{e}^{-2}}{4\mathrm{e}^{-3}} = \frac{8}{27}\mathrm{e} \approx \frac{8 \times 2{,}718}{27} \approx 0{,}805 \quad (80{,}5\,\% \text{ du potentiel maximal}) Cette contrainte budgétaire induit une perte de productivité d’environ 19,5 %19{,}5\,\%.


Partie IV — Analyse critique et interprétation biologique

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10. Limites aux frontières et sens biologique

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  • Carence en azote (x→0+x \to 0^+ à yy fixé) : lim⁡x→0+f(x,y)=0\lim_{x \to 0^+} f(x, y) = 0 Interprétation : L’azote est un constituant structurel fondamental (protéines, acides nucléiques, enzymes de la lipogenèse). Sans azote, aucune machinerie enzymatique ne peut être synthétisée ou maintenue : l’arrêt de la production de biomasse et de lipides est biologiquement cohérent.
  • Excès d’azote (x→+∞x \to +\infty à yy fixé) : Par croissances comparées, pour tout y>0y > 0 : lim⁡x→+∞x2e−x⋅ye−y=0\lim_{x \to +\infty} x^2 \mathrm{e}^{-x} \cdot y \mathrm{e}^{-y} = 0 Interprétation : En abondance d’azote, les algues privilégient la prolifération cellulaire active (synthèse de protéines et division) au détriment de l’accumulation de triacylglycérols (lipides de réserve accumulés préférentiellement en condition de stress). Une diminution de la teneur relative en lipides est réaliste, mais prédire une production volumique strictement nulle à l’infini constitue une exagération mathématique du phénomène de réorientation métabolique.
  1. Facteur d’ombrage mutuel (self-shading) et hétérogénéité spatiale : Le paramètre yy (flux photonique) est supposé uniforme dans tout le photobioréacteur. En réalité, la lumière est absorbée de manière exponentielle selon la loi de Beer-Lambert le long du chemin optique en fonction de la concentration cellulaire. Un point de fonctionnement (x,y)(x, y) global ne rend pas compte du fait que les cellules proches de la paroi subissent une photo-inhibition (y≫1y \gg 1) tandis que celles au centre du réacteur sont en carence lumineuse (y→0y \to 0).
  2. Couplage métabolique et découplage temporel : Le modèle propose une interaction purement multiplicative et découplée des facteurs sous la forme u(x)v(y)u(x)v(y). Or, in vivo, les effets de l’azote et de la lumière sont intimement couplés : la synthèse de pigments photorécepteurs nécessite de l’azote, et la fixation de l’azote dépend du pouvoir réducteur généré par la photosynthèse. De plus, l’accumulation lipidique chez Chlorella est un processus biphasique dynamique (phase de croissance végétative suivie d’une phase de privation), mal décrit par une fonction statique de production instantanée.