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Cours : Réduction de matrices et Probabilités continues

Fiche de Cours : Réduction de matrices et Probabilités continues

Section titled “Fiche de Cours : Réduction de matrices et Probabilités continues”

Filière : BCPST 2ème année — Matière : Mathématiques


PARTIE I : RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

Section titled “PARTIE I : RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES”

Dans cette partie, K=RK = \mathbb{R} ou C\mathbb{C}, EE désigne un KK-espace vectoriel de dimension finie nn, et Mn(K)M_n(K) l’espace des matrices carrées d’ordre nn.

1. Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres

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  • Soit f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E) et M∈Mn(K)M \in M_n(K).
  • Un scalaire λ∈K\lambda \in K est une valeur propre de ff (ou de MM) s’il existe un vecteur non nul x∈Ex \in E (ou X∈Mn,1(K)X \in M_{n,1}(K)) tel que : f(x)=λx(resp. MX=λX)f(x) = \lambda x \quad (\text{resp. } MX = \lambda X)
  • Un tel vecteur xx (ou XX) est appelé vecteur propre associé à λ\lambda.
  • Le sous-espace propre associé à λ\lambda, noté Eλ(f)E_\lambda(f) ou ker⁡(f−λid)\ker(f - \lambda \text{id}), est l’ensemble des vecteurs propres associés à λ\lambda auguré du vecteur nul : Eλ(f)={x∈E∣f(x)=λx}=ker⁡(f−λidE)E_\lambda(f) = \{x \in E \mid f(x) = \lambda x\} = \ker(f - \lambda \text{id}_E)
  1. Eλ(f)E_\lambda(f) est un sous-espace vectoriel de EE.
  2. Une famille (x1,…,xk)(x_1, \dots, x_k) de vecteurs propres associés à des valeurs propres deux à deux distinctes (λ1,…,λk)(\lambda_1, \dots, \lambda_k) est toujours libres.
  3. En conséquence, la somme des sous-espaces propres associés à des valeurs propres distinctes est directe : ∑i=1kEλi(f)=⨁i=1kEλi(f)\sum_{i=1}^k E_{\lambda_i}(f) = \bigoplus_{i=1}^k E_{\lambda_i}(f)

Le polynôme caractéristique d’une matrice M∈Mn(K)M \in M_n(K) est le polynôme noté χM\chi_M défini par : χM(λ)=det⁡(λIn−M)(ou det⁡(M−λIn))\chi_M(\lambda) = \det(\lambda I_n - M) \quad (\text{ou } \det(M - \lambda I_n)) Remarque: χM(λ)\chi_M(\lambda) est un polynôme unitaire de degré nn en la variable λ\lambda.*

Les valeurs propres de MM sur KK sont exactement les racines de son polynôme caractéristique χM\chi_M dans KK.

Pour toute matrice M∈Mn(K)M \in M_n(K) :

  • Trace : La somme des racines de χM\chi_M (comptées avec leur multiplicité) est égale à la trace de MM, Tr(M)\text{Tr}(M).
  • Déterminant : Le produit des racines de χM\chi_M (comptées avec leur multiplicité) est égal à det⁡(M)\det(M).
  • Invariance par similitude : Si AA et BB sont semblables, alors χA=χB\chi_A = \chi_B.

  • Une matrice M∈Mn(K)M \in M_n(K) est dite diagonalisable s’il existe une matrice inversible P∈Mn(K)P \in M_n(K) et une matrice diagonale DD telles que : M=PDP−1M = P D P^{-1}
  • Un endomorphisme f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E) est diagonalisable s’il existe une base de EE constituée de vecteurs propres de ff.

Théorème de diagonalisation (Conditions nécessaires et suffisantes)

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Soit M∈Mn(K)M \in M_n(K) (ou f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E)) et soient λ1,…,λk\lambda_1, \dots, \lambda_k les valeurs propres distinctes de MM. Les assertions suivantes sont équivalentes :

  1. MM est diagonalisable.
  2. ∑i=1kdim⁡(Eλi)=n\sum_{i=1}^k \dim(E_{\lambda_i}) = n.
  3. Pour tout i∈{1,…,k}i \in \{1, \dots, k\}, le polynôme χM\chi_M est scindé sur KK et, si αi\alpha_i est la multiplicité de λi\lambda_i comme racine de χM\chi_M, on a l’égalité : dim⁡(Eλi)=αi\dim(E_{\lambda_i}) = \alpha_i (Rappel : on a toujours l’inégalité dim⁡(Eλi)≤αi\dim(E_{\lambda_i}) \le \alpha_i).

Si MM possède nn valeurs propres distinctes dans KK, alors MM est diagonalisable (le polynôme caractéristique est alors scindé à racines simples).


Une matrice M∈Mn(K)M \in M_n(K) est dite trigonalisable s’il existe une matrice inversible PP et une matrice triangulaire supérieure TT telles que : M=PTP−1M = P T P^{-1}

  • Une matrice M∈Mn(K)M \in M_n(K) est trigonalisable si et seulement si son polynôme caractéristique χM\chi_M est scindé sur KK.
  • Corollaire (fondamental pour C\mathbb{C}) : Toute matrice de Mn(C)M_n(\mathbb{C}) est trigonalisable.

Soit M∈Mn(K)M \in M_n(K) et soit χM\chi_M son polynôme caractéristique. Alors, la matrice MM annule son propre polynôme : χM(M)=0Mn(K)\chi_M(M) = 0_{M_n(K)} (Attention : l’évaluation s’effectue dans l’anneau Mn(K)M_n(K), le terme constant c0Inc_0 I_n remplace la constante scalaire).


1. Variables aléatoires à densité sur R\mathbb{R}

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Une fonction f:R→Rf : \mathbb{R} \to \mathbb{R} est appelée densité de probabilité si :

  1. ff est positive ou nulle : ∀x∈R,f(x)≥0\forall x \in \mathbb{R}, f(x) \ge 0.
  2. ff est continue (ou continue par morceaux) sur R\mathbb{R}.
  3. L’intégrale généralisée de ff sur R\mathbb{R} converge et vaut 11 : ∫−∞+∞f(x) dx=1\int_{-\infty}^{+\infty} f(x) \, dx = 1

Définition : Variable aléatoire à densité

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Une variable aléatoire réelle XX (définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P)(\Omega, \mathcal{A}, P)) est dite à densité s’il existe une densité de probabilité ff telle que, pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, la fonction de répartition FXF_X de XX s’exprime par : FX(x)=P(X≤x)=∫−∞xf(t) dtF_X(x) = P(X \le x) = \int_{-\infty}^{x} f(t) \, dt Propriété : FXF_X est de classe C1\mathcal{C}^1 sur R\mathbb{R} (sauf éventuellement en un nombre fini de points) et FX′(x)=f(x)F'_X(x) = f(x) là où ff est continue.


Soit XX une variable aléatoire à densité de densité ff. On dit que XX admet une espérance (ou est d’espérance finie) si l’intégrale (absolument convergente) suivante existe : E(X)=∫−∞+∞tf(t) dtE(X) = \int_{-\infty}^{+\infty} t f(t) \, dt

Si XX admet un moment d’ordre 2 (c’est-à-dire si ∫−∞+∞t2f(t) dt\int_{-\infty}^{+\infty} t^2 f(t) \, dt converge), alors XX admet une variance définie par : V(X)=E[(X−E(X))2]=E(X2)−(E(X))2=∫−∞+∞(t−E(X))2f(t) dtV(X) = E\left[(X - E(X))^2\right] = E(X^2) - (E(X))^2 = \int_{-\infty}^{+\infty} (t - E(X))^2 f(t) \, dt L’écart-type est σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}.


LoiSupport / ParamètresDensité f(x)f(x)Espérance E(X)E(X)Variance V(X)V(X)
Uniforme U([a,b])\mathcal{U}([a,b])[a,b][a, b] (a<ba < b)1b−aI[a,b](x)\frac{1}{b-a} \mathbb{I}_{[a,b]}(x)a+b2\frac{a+b}{2}(b−a)212\frac{(b-a)^2}{12}
Exponentielle mathcalE(λ)\mathcal{mathcal{E}}(\lambda)R+\mathbb{R}_+ (λ>0\lambda > 0)λe−λxIR+(x)\lambda e^{-\lambda x} \mathbb{I}_{\mathbb{R}_+}(x)1λ\frac{1}{\lambda}1λ2\frac{1}{\lambda^2}
Gaussienne (Normale) N(μ,σ2)\mathcal{N}(\mu, \sigma^2)R\mathbb{R} (μ∈R,σ>0\mu \in \mathbb{R}, \sigma > 0)1σ2πexp⁡(−(x−μ)22σ2)\frac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}} \exp\left(-\frac{(x-\mu)^2}{2\sigma^2}\right)μ\muσ2\sigma^2

Note sur la loi normale centrée réduite X∼N(0,1)X \sim \mathcal{N}(0,1) : Sa densité est notée φ(x)=12πe−x2/2\varphi(x) = \frac{1}{\sqrt{2\pi}}e^{-x^2/2} et sa fonction de répartition Φ(x)=∫−∞xφ(t) dt\Phi(x) = \int_{-\infty}^x \varphi(t) \, dt. Si X∼N(μ,σ2)X \sim \mathcal{N}(\mu, \sigma^2), alors la variable Y=X−μσY = \frac{X-\mu}{\sigma} suit la loi N(0,1)\mathcal{N}(0,1).


4. Couples de variables aléatoires à densité

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Soit (X,Y)(X, Y) un couple de variables aléatoires à valeurs dans R2\mathbb{R}^2. Ce couple admet une densité conjointe f(X,Y):R2→Rf_{(X,Y)} : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} (positive, continue par morceaux) telle que pour tout domaine D⊂R2D \subset \mathbb{R}^2 : P((X,Y)∈D)=∬Df(X,Y)(x,y) dx dyP((X,Y) \in D) = \iint_D f_{(X,Y)}(x,y) \, dx \, dy

Si le couple (X,Y)(X,Y) a pour densité conjointe f(X,Y)f_{(X,Y)}, alors XX et YY sont des variables à densité, et leurs densités marginales s’obtiennent par intégration : fX(x)=∫−∞+∞f(X,Y)(x,y) dyetfY(y)=∫−∞+∞f(X,Y)(x,y) dxf_X(x) = \int_{-\infty}^{+\infty} f_{(X,Y)}(x, y) \, dy \quad \text{et} \quad f_Y(y) = \int_{-\infty}^{+\infty} f_{(X,Y)}(x, y) \, dx

Les variables aléatoires XX et YY sont dites indépendantes si, pour tous boréliens AA et BB de R\mathbb{R} : P(X∈A et Y∈B)=P(X∈A)P(Y∈B)P(X \in A \text{ et } Y \in B) = P(X \in A)P(Y \in B) Dans le cas à densité, XX et YY sont indépendantes si et seulement si on peut choisir : f(X,Y)(x,y)=fX(x)fY(y)f_{(X,Y)}(x,y) = f_X(x) f_Y(y)

Si g:R2→Rg : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} est continue, alors l’espérance de la variable aléatoire g(X,Y)g(X,Y) existe si et seulement si l’intégrale double suivante converge absolument : E[g(X,Y)]=∫−∞+∞∫−∞+∞g(x,y)f(X,Y)(x,y) dx dyE[g(X,Y)] = \int_{-\infty}^{+\infty} \int_{-\infty}^{+\infty} g(x,y) f_{(X,Y)}(x,y) \, dx \, dy Conséquence (Linéarité) : E(aX+bY)=aE(X)+bE(Y)E(aX + bY) = aE(X) + bE(Y). Si XX et YY sont indépendantes : E(XY)=E(X)E(Y)E(XY) = E(X)E(Y) et V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y) = V(X) + V(Y).