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Cours : Séries entières et Séries de Fourier

Fiche de Cours : Séries entières et Séries de Fourier

Section titled “Fiche de Cours : Séries entières et Séries de Fourier”

Niveau: ** Deuxième année (MP)
Matière : Mathématiques


I. Séries entières d’une variable réelle ou complexe

Section titled “I. Séries entières d’une variable réelle ou complexe”

On appelle série entière une série de fonctions de la forme : ∑n≥0anzn\sum_{n \ge 0} a_n z^n où (an)n∈N(a_n)_{n \in \mathbb{N}} est une suite de nombres (réels ou complexes) et zz la variable (R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}).

Soit ∑anzn\sum a_n z^n une série entière. Si la suite (anz0n)n∈N(a_n z_0^n)_{n \in \mathbb{N}} est bornée pour un certain z0≠0z_0 \neq 0, alors la série converge normalement (donc absolument) sur tout disque fermé D(0,r)={z∈C/∣z∣≤r}D(0, r) = \{z \in \mathbb{C} / |z| \le r\} pour tout r<∣z0∣r < |z_0|.

Il existe un unique R∈[0,+∞]R \in [0, +\infty], appelé rayon de convergence de la série entière, tel que :

  • Pour tout zz tel que ∣z∣<R|z| < R, la série ∑anzn\sum a_n z^n converge absolument.
  • Pour tout zz tel que ∣z∣>R|z| > R, la série diverge grossièrement (le terme général ne tend pas vers 0).

Méthode de calcul de RR :

  1. Règle de d’Alembert (si applicable) : Si lim⁡n→+∞∣an+1an∣=L∈[0,+∞]\lim_{n \to +\infty} \left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right| = L \in [0, +\infty], alors R=1LR = \frac{1}{L} (avec la convention 1/0=+∞1/0 = +\infty et 1/∞=01/\infty = 0).
  2. Règle de Cauchy (Hadamard) : 1R=lim sup⁡n→+∞∣an∣1/n\frac{1}{R} = \limsup_{n \to +\infty} |a_n|^{1/n}.
  3. Comparaison ou équivalents : Utiliser les développements limités usuels.

2. Propriétés de la somme d’une série entière

Section titled “2. Propriétés de la somme d’une série entière”

Soit ∑anzn\sum a_n z^n une série entière de rayon de convergence R>0R > 0. On définit la somme S(x)=∑n=0+∞anxnS(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n sur ]−R,R[]-R, R[.

  • Continuité : La somme SS est de classe C0\mathcal{C}^0 sur ]−R,R[]-R, R[.
  • Intégration terme à terme : Pour tout [a,b]⊂]−R,R[[a, b] \subset ]-R, R[ : ∫ab(∑n=0+∞antn)dt=∑n=0+∞an∫abtndt\int_{a}^{b} \left( \sum_{n=0}^{+\infty} a_n t^n \right) dt = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n \int_{a}^{b} t^n dt
  • Dérivation terme à terme : La somme SS est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur ]−R,R[]-R, R[. Sa dérivée s’obtient en dérivant terme à terme, et la série dérivée a le même rayon de convergence RR : S′(x)=∑n=1+∞nanxn−1S'(x) = \sum_{n=1}^{+\infty} n a_n x^{n-1}
  • Formule de Taylor pour les séries entières : Si S(x)=∑n=0+∞anxnS(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n sur ]−R,R[]-R, R[, alors pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : an=S(n)(0)n!a_n = \frac{S^{(n)}(0)}{n!} Conséquence : Unicité du développement en série entière (DSE).

3. Fonctions usuelles développables en série entière

Section titled “3. Fonctions usuelles développables en série entière”

À connaître par cœur (valables pour x∈Cx \in \mathbb{C} ou ]−R,R[]-R, R[) :

  1. ex=∑n=0+∞xnn!(R=+∞)\mathrm{e}^x = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^n}{n!} \quad (R = +\infty)
  2. cos⁡(x)=∑n=0+∞(−1)n(2n)!x2n(R=+∞)\cos(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n}{(2n)!} x^{2n} \quad (R = +\infty)
  3. sin⁡(x)=∑n=0+∞(−1)n(2n+1)!x2n+1(R=+∞)\sin(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n}{(2n+1)!} x^{2n+1} \quad (R = +\infty)
  4. 11−x=∑n=0+∞xn(R=1)\frac{1}{1-x} = \sum_{n=0}^{+\infty} x^n \quad (R = 1)
  5. 11+x=∑n=0+∞(−1)nxn(R=1)\frac{1}{1+x} = \sum_{n=0}^{+\infty} (-1)^n x^n \quad (R = 1)
  6. ln⁡(1+x)=∑n=1+∞(−1)n−1nxn(R=1)\ln(1+x) = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n-1}}{n} x^n \quad (R = 1)
  7. (1+x)α=∑n=0+∞(αn)xn(α∈R,R=1)(1+x)^\alpha = \sum_{n=0}^{+\infty} \binom{\alpha}{n} x^n \quad (\alpha \in \mathbb{R}, R = 1)

1. Cadre général et coefficients de Fourier

Section titled “1. Cadre général et coefficients de Fourier”

Soit f:R→Cf : \mathbb{R} \to \mathbb{C} (ou R\mathbb{R}) une fonction TT-périodique (grammaticalement T=2πT=2\pi par un simple changement d’échelle, qu’on posera par la suite) et continue par morceaux.

On définit les coefficients de Fourier exponentiels de ff par : cn(f)=12π∫−ππf(t)e−intdt(n∈Z)c_n(f) = \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \mathrm{e}^{-i n t} dt \quad (n \in \mathbb{Z}) Si ff est à valeurs réelles, on utilise les coefficients trigonométriques : an(f)=1π∫−ππf(t)cos⁡(nt)dt(n∈N)a_n(f) = \frac{1}{\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \cos(n t) dt \quad (n \in \mathbb{N}) bn(f)=1π∫−ππf(t)sin⁡(nt)dt(n∈N∗)b_n(f) = \frac{1}{\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \sin(n t) dt \quad (n \in \mathbb{N}^*) (Lien : c0=a02c_0 = \frac{a_0}{2}, et pour n≥1n \ge 1, cn=an−ibn2c_n = \frac{a_n - i b_n}{2} et c−n=an+ibn2c_{-n} = \frac{a_n + i b_n}{2}).

On appelle série de Fourier de ff la série de fonctions : S(f)(t)=∑n=−∞+∞cn(f)eint=a02+∑n=1+∞(an(f)cos⁡(nt)+bn(f)sin⁡(nt))S(f)(t) = \sum_{n=-\infty}^{+\infty} c_n(f) \mathrm{e}^{i n t} = \frac{a_0}{2} + \sum_{n=1}^{+\infty} \left( a_n(f)\cos(nt) + b_n(f)\sin(nt) \right)


Théorème de Dirichlet (Convergence simple)

Section titled “Théorème de Dirichlet (Convergence simple)”

Si ff est 2π2\pi-périodique, de classe C1\mathcal{C}^1 par morceaux sur R\mathbb{R}, alors pour tout t∈Rt \in \mathbb{R}, la série de Fourier de ff converge et l’on a : S(f)(t)=f(t+)+f(t−)2S(f)(t) = \frac{f(t^+) + f(t^-)}{2} En tout point de continuité tt, la série converge simplement vers f(t)f(t).

Théorème de Parseval (Convergence quadratique)

Section titled “Théorème de Parseval (Convergence quadratique)”

Si ff est 2π2\pi-périodique et continue par morceaux (ou L2\mathcal{L}^2), alors la série de Fourier converge en moyenne quadratique, et l’on a l’égalité de Parseval : 12π∫−ππ∣f(t)∣2dt=∑n=−∞+∞∣cn(f)∣2=(a02)2+12∑n=1+∞(an(f)2+bn(f)2)\frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} |f(t)|^2 dt = \sum_{n=-\infty}^{+\infty} |c_n(f)|^2 = \left(\frac{a_0}{2}\right)^2 + \frac{1}{2} \sum_{n=1}^{+\infty} \left(a_n(f)^2 + b_n(f)^2\right)

Théorème de Jordan-Dirichlet (Convergence uniforme)

Section titled “Théorème de Jordan-Dirichlet (Convergence uniforme)”

Si ff est 2π2\pi-périodique, continue sur R\mathbb{R} et de classe C1\mathcal{C}^1 par morceaux, alors sa série de Fourier converge uniformément vers ff sur R\mathbb{R}.


  1. Calculer la somme d’une série numérique via les séries entières :
    • Méthode : Reconnaître une série entière évaluée en un point x0∈]−R,R[x_0 \in ]-R, R[. Exprimer la somme sous forme close en combinant des fonctions usuelles (intégration, dérivation, produit de Cauchy).
  2. Résolution d’équations différentielles par les séries entières :
    • Méthode : Suppumer l’existence d’une solution y(x)=∑anxny(x) = \sum a_n x^n de rayon R>0R > 0. Injecter dans l’équation, identifier les coefficients par unicité du DSE pour obtenir une relation de récurrence sur (an)(a_n). Calculer le rayon de convergence de la série obtenue.
  3. Calculer des sommes de séries numériques par Parseval :
    • Méthode : Choisir judicieusement une fonction ff simple dont on sait calculer les coefficients de Fourier ana_n et bnb_n, puis appliquer le théorème de Parseval à l’intégrale ∫−ππ∣f(t)∣2dt\int_{-\pi}^\pi |f(t)|^2 dt.

IV. Pièges à Éviter (Alerte Rouge CPGE)

Section titled “IV. Pièges à Éviter (Alerte Rouge CPGE)”
  • Intervertir limite et somme/intégrale sans justification : Toujours vérifier les hypothèses (convergence normale pour les séries entières, domination pour les intégrales).
  • Confondre convergence simple et convergence uniforme/normale : Ce n’est pas parce qu’une série de Fourier converge (Dirichlet) que sa somme est égale à la fonction en norme infinie partout (phénomène de Gibbs aux points de discontinuité).
  • Oublier le domaine de validité : Un DSE n’est valable que pour ∣x∣<R|x| < R. Sur la frontière (∣x∣=R|x| = R), il faut étudier la série au cas par cas (Abel, Dirichlet, etc.).
  • Erreur de calcul sur a0a_0 : Ne pas oublier le facteur 1/21/2 dans a02\frac{a_0}{2} dans la série de Fourier ou dans la formule de Parseval.