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Exercice 1 : Lois de Newton et moment cinétique

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

On s’intéresse à la modélisation dynamique d’un système mécanique inspiré de dispositifs utilisés en génie civil et en robotique : un bras manipulateur simplifié. Le système est constitué d’une tige rigide OAOA, de masse négligeable, de longueur LL, mobile dans le plan vertical (O,u⃗x,u⃗z)(O, \vec{u}_x, \vec{u}_z) (où u⃗z\vec{u}_z est dirigé vers le haut).

À l’extrémité AA de la tige est fixé un solide ponctuel SS de masse mm. Le mouvement de rotation de la tige autour de l’axe fixe (O,u⃗y)(O, \vec{u}_y) est commandé par un moteur qui exerce un couple moteur de moment Mmu⃗y\mathcal{M}_m \vec{u}_y.

L’angle θ\theta entre l’axe vertical ascendant (O,u⃗z)(O, \vec{u}_z) et la tige OAOA repère la position du système. On note u⃗r\vec{u}_r le vecteur unitaires dirigé de OO vers AA et u⃗θ\vec{u}_\theta le vecteur orthogonal tel que (u⃗r,u⃗θ,u⃗y)(\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_y) forme une base orthonormée directe.

Dans un souci d’écoconception et d’optimisation énergétique, on cherche à analyser le comportement dynamique de ce bras pour des mouvements rapides, tout en évaluant les limites du modèle de corps ponctuel et de la tige rigide sans masse face à des phénomènes réels tels que les frottements et la déformabilité des matériaux.


  1. Cinématique du point SS Exprimer le vecteur position OA⃗\vec{OA}, le vecteur vitesse v⃗(S/R)\vec{v}(S/\text{R}) et le vecteur accélération a⃗(S/R)\vec{a}(S/\text{R}) dans la base locale (u⃗r,u⃗theta,u⃗y)(\vec{u}_r, \vec{u}_theta, \vec{u}_y), par rapport au référentiel terrestre R\text{R}, supposé galiléen.

  2. Application du Théorème du Moment Cinétique (TMC) Déterminer le moment cinétique L⃗O(S)\vec{L}_O(S) du point SS par rapport au point fixe OO dans son mouvement par rapport à R\text{R}. En appliquant le théorème du moment cinétique scalaire par rapport à l’axe (O,u⃗y)(O, \vec{u}_y), établir l’équation différentielle du mouvement régissant l’évolution de θ(t)\theta(t), en tenant compte de la pesanteur (champ de pesanteur g⃗=−gu⃗z\vec{g} = -g \vec{u}_z) et du moment du couple moteur Mm\mathcal{M}_m.

  3. Analyse énergétique et conservation Dans le cas particulier où le couple moteur est nul (Mm=0\mathcal{M}_m = 0) et en l’absence de frottements, exprimer l’énergie mécanique EmE_m du système. Vérifier sa conservation à partir de l’équation différentielle précédente.

  4. Modélisation d’un frottement visqueux et analyse critique Dans la réalité, les liaisons mécaniques au niveau de l’axe OO engendrent un couple de frottement fluide modélisé par Mf=−fθ˙\mathcal{M}_f = -f \dot{\theta} (avec f>0f > 0).

    • Établir la nouvelle équation différentielle.
    • Analyse critique : Si l’on applique ce modèle pour des vitesses angulaires très élevées (θ˙≫1\dot{\theta} \gg 1), ce modèle linéaire est-il valide ? Justifier en citant des phénomènes physiques négligés et proposer une modélisation plus réaliste.

  • Q1 : Rappelez les relations de derivation vectorielle dans la base polaire/cylindrique : du⃗rdt=θ˙u⃗θ\frac{d\vec{u}_r}{dt} = \dot{\theta}\vec{u}_\theta et du⃗θdt=−θ˙u⃗r\frac{d\vec{u}_\theta}{dt} = -\dot{\theta}\vec{u}_r.
  • Q2 : Le théorème du moment cinétique s’écrit dL⃗Odt=∑M⃗O(ext)\frac{d\vec{L}_O}{dt} = \sum \vec{\mathcal{M}}_O(\text{ext}). Pensez à identifier toutes les forces s’exerçant sur SS (poids et action de la tige, dont le moment en OO doit être évalué soigneusement).
  • Q3 : Multiplier l’équation différentielle par θ˙\dot{\theta} fait souvent apparaître la dérivée temporelle d’une fonction d’énergie.
  • Q4 : Pour l’analyse critique, pensez aux régimes d’écoulement des lubrifiants (transition vers des frottements turbulents ou non-linéaires) et aux limites de la rigidité de la structure (phénomènes vibratoires).

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”

Le vecteur position du point SS est : OA⃗=Lu⃗r\vec{OA} = L \vec{u}_r

Dans le triangle de repérage, la base locale (u⃗r,u⃗θ)(\vec{u}_r, \vec{u}_\theta) est liée à l’angle θ\theta défini par rapport à −u⃗z-\vec{u}_z. Exprimons u⃗r\vec{u}_r et u⃗θ\vec{u}_\theta en fonction des coordonnées cartésiennes : u⃗r=sin⁡θ u⃗x−cos⁡θ u⃗z\vec{u}_r = \sin\theta \, \vec{u}_x - \cos\theta \, \vec{u}_z u⃗θ=cos⁡θ u⃗x+sin⁡θ u⃗z\vec{u}_\theta = \cos\theta \, \vec{u}_x + \sin\theta \, \vec{u}_z

En dérivant par rapport au temps (en remarquant que u⃗˙r=θ˙u⃗θ\dot{\vec{u}}_r = \dot{\theta}\vec{u}_\theta et u⃗˙θ=−θ˙u⃗r\dot{\vec{u}}_\theta = -\dot{\theta}\vec{u}_r) : v⃗(S/R)=dOA⃗dt=Lθ˙u⃗θ\vec{v}(S/\text{R}) = \frac{d\vec{OA}}{dt} = L \dot{\theta} \vec{u}_\theta

En dérivant une seconde fois : a⃗(S/R)=dv⃗dt=Lθ¨u⃗θ+Lθ˙u⃗˙θ=−Lθ˙2u⃗r+Lθ¨u⃗θ\vec{a}(S/\text{R}) = \frac{d\vec{v}}{dt} = L \ddot{\theta} \vec{u}_\theta + L \dot{\theta} \dot{\vec{u}}_\theta = -L \dot{\theta}^2 \vec{u}_r + L \ddot{\theta} \vec{u}_\theta

Par définition, le moment cinétique en OO du point SS est : L⃗O(S)=OA⃗∧p⃗=m(OA⃗∧v⃗)=m(Lu⃗r)∧(Lθ˙u⃗θ)=mL2θ˙u⃗y\vec{L}_O(S) = \vec{OA} \land \vec{p} = m (\vec{OA} \land \vec{v}) = m (L \vec{u}_r) \land (L \dot{\theta} \vec{u}_\theta) = m L^2 \dot{\theta} \vec{u}_y

Appliquons le Théorème du Moment Cinétique galiléen en OO : dL⃗Odt=∑M⃗O(ext)\frac{d\vec{L}_O}{dt} = \sum \vec{\mathcal{M}}_O(\text{ext})

Les forces extérieures s’exerçant sur SS sont :

  1. Le poids P⃗=mg⃗=−mgu⃗z=mg(cos⁡θu⃗r−sin⁡θu⃗θ)\vec{P} = m\vec{g} = -mg\vec{u}_z = mg(\cos\theta \vec{u}_r - \sin\theta \vec{u}_\theta).
  2. L’action de la tige R⃗\vec{R} (qui, la tige étant sans masse et idéale, s’exerce selon u⃗r\vec{u}_r).
  3. Le couple moteur fourni par l’axe : M⃗m=Mmu⃗y\vec{\mathcal{M}}_m = \mathcal{M}_m \vec{u}_y.

Calculons les moments en OO :

  • M⃗O(P⃗)=OA⃗∧(mgcos⁡θu⃗r−sinθu⃗θ)=mgLsin⁡θ u⃗y\vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) = \vec{OA} \land (mg\cos\theta \vec{u}_r - sin\theta \vec{u}_\theta) = m g L \sin\theta \, \vec{u}_y
  • M⃗O(R⃗)=OA⃗∧(Rru⃗r)=0⃗\vec{\mathcal{M}}_O(\vec{R}) = \vec{OA} \land (R_r \vec{u}_r) = \vec{0}
  • M⃗O(moteur)=Mmu⃗y\vec{\mathcal{M}}_O(\text{moteur}) = \mathcal{M}_m \vec{u}_y

En projetant le TMC sur l’axe u⃗y\vec{u}_y : mL2θ¨=−mgLsin⁡θ+Mmm L^2 \ddot{\theta} = -mg L \sin\theta + \mathcal{M}_m

Soit l’équation différentielle : θ¨+gLsin⁡θ=MmmL2\ddot{\theta} + \frac{g}{L} \sin\theta = \frac{\mathcal{M}_m}{m L^2}

Si Mm=0\mathcal{M}_m = 0, l’équation devient : θ¨+gLsin⁡θ=0\ddot{\theta} + \frac{g}{L} \sin\theta = 0

Multiplions cette équation par θ˙\dot{\theta} : θ˙θ¨+gLsin⁡θθ˙=0\dot{\theta} \ddot{\theta} + \frac{g}{L} \sin\theta \dot{\theta} = 0 ddt[12mL2θ˙2−mgLcos⁡θ]=0\frac{d}{dt} \left[ \frac{1}{2} m L^2 \dot{\theta}^2 - m g L \cos\theta \right] = 0

L’expression entre crochets est l’énergie mécanique du système Em=Ec+EpE_m = E_c + Ep avec Ec=12mL2θ˙2E_c = \frac{1}{2} m L^2 \dot{\theta}^2 et Ep=−mgLcos⁡θE_p = -mgL\cos\theta (en choisissant l’origine de l’énergie potentielle en OO). EmE_m est donc une constante du mouvement.

4. Modélisation d’un frottement visqueux et analyse critique

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  • Nouvelle équation différentielle : En ajoutant le moment de frottement Mf=−fθ˙\mathcal{M}_f = -f \dot{\theta}, le TMC projeté sur u⃗y\vec{u}_y s’écrit : mL2θ¨=−mgLsin⁡θ−fθ˙+Mmm L^2 \ddot{\theta} = -mg L \sin\theta - f \dot{\theta} + \mathcal{M}_m θ¨+fmL2θ˙+gLsin⁡θ=MmmL2\ddot{\theta} + \frac{f}{mL^2} \dot{\theta} + \frac{g}{L} \sin\theta = \frac{\mathcal{M}_m}{mL^2}

  • Analyse critique des limites du modèle :

    1. Validité du frottement visqueux linéaire (fθ˙f\dot{\theta}) : Ce modèle n’est valable qu’à faibles vitesses (régime laminaire du lubrifiant dans les paliers). Pour des vitesses angulaires élevées (θ˙≫1\dot{\theta} \gg 1), les forces de frottement aérodynamique sur la masse SS ou les régimes turbulents dans les paliers induisent des termes de frottement en θ˙∣θ˙∣\dot{\theta}|\dot{\theta}| (frottement quadratique).
    2. Hypothèse de la tige rigide et indéformable : En réalité, aucun matériau n’est infiniment rigide. Pour des accélérations angulaires θ¨\ddot{\theta} importantes (mouvements brusques), la tige subit des flexions (oscillations élastiques couplées). Le modèle ponctuel rigide sous-estime les risques de résonance structurelle et de fatigue des matériaux.