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Exercice 1 : Champ électromagnétique et équations de Maxwell

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On se place dans le cadre de l’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) ou en régime général, dans le vide ou au sein de milieux matériels. L’objectif de ce problème est d’étudier la propagation et la structure d’un champ électromagnétique cylindrique, modélisant par exemple le champ créé par un câble coaxial infini ou une structure guidée simplifiée.

On considère un système de coordonnées cylindriques (r,θ,z)(r, \theta, z) de base locale (u⃗r,u⃗θ,u⃗z)(\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z). Le champ magnétique régnant dans une région de l’espace est donné par : B⃗(r,t)=B0 f(t) ar u⃗θ\vec{B}(r, t) = B_0 \, f(t) \, \frac{a}{r} \, \vec{u}_\theta où B0B_0 est une constante positive, aa une longueur caractéristique, et f(t)f(t) une fonction du temps, continûment dérivable, sans dimension. On note μ0\mu_0 la perméabilité magnétique du vide et ε0\varepsilon_0 la perméabilité électrique du vide.


  1. Analyse des symétries et invariance : En déduire les invariances et les symétries du champ B⃗\vec{B}, puis justifier la forme choisie pour la dépendance en rr et θ\theta.
  2. Équations de Maxwell - Induction : À l’aide de l’équation de Maxwell-Faraday, déterminer le champ électrique E⃗(r,t)\vec{E}(r, t) associé à B⃗(r,t)\vec{B}(r, t), en supposant qu’il ne possède qu’une composante selon u⃗z\vec{u}_z (on posera la condition de jauge ou une condition aux limites telle que E⃗\vec{E} s’annule à l’infini ou en r=ar=a).
  3. Densité de courant : Dans la région étudiée, on suppose qu’il n’y a pas de charges libres (ρ=0\rho = 0), mais qu’il existe une densité de courant j⃗\vec{j}. En appliquant l’équation de Maxwell-Ampère, exprimer la densité de courant j⃗(r,t)\vec{j}(r, t).
  4. Bilan énergétique et Poynting : Déterminer le vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi} associé à ce champ électromagnétique. Calculer le flux de ce vecteur à travers une surface cylindrique de rayon rr et de hauteur hh centrée sur l’axe zz. Interpréter physiquement le résultat.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Pensez à relier les coordonnées cylindriques aux opérations différentielles usuelles (rotationnel, divergence). Utilisez l’invariance par translation selon zz et la symétrie de révolution autour de l’axe (Oz)(Oz).
  • Question 2 : L’équation de Maxwell-Faraday s’écrit rot(E⃗)=−∂B⃗∂t\text{rot}(\vec{E}) = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}. Exprimez le rotationnel en coordonnées cylindriques en ne gardant que les termes non nuls. Une simple intégration par rapport à rr permettra d’obtenir E⃗\vec{E}.
  • Question 3 : L’équation de Maxwell-Ampère dans le cas général est rot(B⃗)=μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t\text{rot}(\vec{B}) = \mu_0 \vec{j} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}. Calculez le rotationnel de B⃗\vec{B}, puis déduisez-en j⃗\vec{j} en tenant compte du terme de courant de déplacement si nécessaire.
  • Question 4 : Le vecteur de Poynting est défini par Π⃗=1μ0E⃗∧B⃗\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \land \vec{B}. Pour le flux à travers un cylindre fermé, calculez l’intégrale sur la surface latérale (les flux sur les bases supérieure et inférieure s’annulent par symétrie/invariance).

Le champ magnétique est exprimé sous la forme B⃗(r,t)=B0f(t)aru⃗θ\vec{B}(r, t) = B_0 f(t) \frac{a}{r} \vec{u}_\theta.

  • Invariances : Le champ ne dépend ni de la coordoonnée zz (invariance par translation le long de l’axe OzOz) ni de la coordoonnée θ\theta (invariance par rotation autour de l’axe OzOz).
  • Symétries : Le plan méridien (M,u⃗r,u⃗z)(\text{M}, \vec{u}_r, \vec{u}_z) est un plan de antisymétrie pour le champ magnétique B⃗\vec{B} (qui est un pseudovecteur), ce qui impose que B⃗\vec{B} soit orthogonal à ce plan, c’est-à-dire porté par u⃗θ\vec{u}_\theta. La forme en 1/r1/r est caractéristique d’un champ créé par un fil infini porteur d’un courant selon le théorème d’Ampère (en régime stationnaire).

2. Détermination du champ électrique E⃗\vec{E} via Maxwell-Faraday

Section titled “2. Détermination du champ électrique E⃗\vec{E}E via Maxwell-Faraday”

L’équation de Maxwell-Faraday s’écrit : rot⃗(E⃗)=−∂B⃗∂t\vec{\text{rot}}(\vec{E}) = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

Exprimons le rotationnel de E⃗\vec{E} en coordonnées cylindriques, en sachant que E⃗=Ez(r,t) u⃗z\vec{E} = E_z(r, t)\,\vec{u}_z (par hypothèse de l’énoncé) : rot⃗(E⃗)=(1r∂Ez∂θ−∂Eθ∂z)u⃗r+(∂Er∂z−∂Ez∂r)u⃗θ+1r(∂(rEθ)∂r−∂Er∂θ)u⃗z\vec{\text{rot}}(\vec{E}) = \left( \frac{1}{r} \frac{\partial E_z}{\partial \theta} - \frac{\partial E_\theta}{\partial z} \right) \vec{u}_r + \left( \frac{\partial E_r}{\partial z} - \frac{\partial E_z}{\partial r} \right) \vec{u}_\theta + \frac{1}{r} \left( \frac{\partial (r E_\theta)}{\partial r} - \frac{\partial E_r}{\partial \theta} \right) \vec{u}_z

Puisque Er=0E_r = 0, Eθ=0E_\theta = 0 et que EzE_z ne dépend pas de θ\theta : rot⃗(E⃗)=−∂Ez∂ru⃗θ\vec{\text{rot}}(\vec{E}) = -\frac{\partial E_z}{\partial r} \vec{u}_\theta

D’autre part, la dérivée temporelle de B⃗\vec{B} vaut : ∂B⃗∂t=B0df(t)dtaru⃗θ\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = B_0 \frac{df(t)}{dt} \frac{a}{r} \vec{u}_\theta

En identifiant les deux expressions selon u⃗θ\vec{u}_\theta : −∂Ez∂r=−B0df(t)dtar  ⟹  ∂Ez∂r=B0af˙(t)1r-\frac{\partial E_z}{\partial r} = -B_0 \frac{df(t)}{dt} \frac{a}{r} \implies \frac{\partial E_z}{\partial r} = B_0 a \dot{f}(t) \frac{1}{r} où f˙(t)=dfdt\dot{f}(t) = \frac{df}{dt}.

En intégrant par rapport à rr : Ez(r,t)=B0af˙(t)ln⁡(rr0)E_z(r, t) = B_0 a \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{r_0}\right) Si l’on impose une condition physique de régularité ou une référence (par exemple Ez(a,t)=0E_z(a, t) = 0), on obtient : E⃗(r,t)=B0af˙(t)ln⁡(ra)u⃗z\vec{E}(r, t) = B_0 a \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \vec{u}_z

3. Détermination de la densité de courant j⃗\vec{j}

Section titled “3. Détermination de la densité de courant j⃗\vec{j}j​”

L’équation de Maxwell-Ampère s’écrit : rot⃗(B⃗)=μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t\vec{\text{rot}}(\vec{B}) = \mu_0 \vec{j} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

Calculons d’abord rot⃗(B⃗)\vec{\text{rot}}(\vec{B}) en coordonnées cylindriques pour B⃗=Bθ(r,t) u⃗θ\vec{B} = B_\theta(r, t)\,\vec{u}_\theta : rot⃗(B⃗)=1r∂(rBθ)∂ru⃗z\vec{\text{rot}}(\vec{B}) = \frac{1}{r} \frac{\partial (r B_\theta)}{\partial r} \vec{u}_z Ici, rBθ(r,t)=B0af(t)r B_\theta(r, t) = B_0 a f(t), qui ne dépend pas de rr. Par conséquent : rot⃗(B⃗)=0⃗\vec{\text{rot}}(\vec{B}) = \vec{0}

L’équation de Maxwell-Ampère devient alors : 0⃗=μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t  ⟹  j⃗=−ε0∂E⃗∂t\vec{0} = \mu_0 \vec{j} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \implies \vec{j} = -\varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

En dérivant le champ E⃗\vec{E} obtenu à la question 2 par rapport au temps : ∂E⃗∂t=B0af¨(t)ln⁡(ra)u⃗z\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = B_0 a \ddot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \vec{u}_z

On en déduit la densité de courant (qui est un courant de déplacement macroscopique ou une composante de courant liée à la variation temporelle du champ) : \vec{j}(r, t) = -\varepsilon_0 B_0 a \ddot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \vec{u}_z \text{ (\text{A}\cdot\text{m}^{-2})}

4. Vecteur de Poynting et bilan énergétique

Section titled “4. Vecteur de Poynting et bilan énergétique”

Le vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi} est défini par : Π⃗=1μ0E⃗∧B⃗\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \land \vec{B}

Effectuons le produit vectoriel : Π⃗=1μ0[Ezu⃗z∧Bθu⃗θ]=1μ0EzBθ(−u⃗r)\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \left[ E_z \vec{u}_z \land B_\theta \vec{u}_\theta \right] = \frac{1}{\mu_0} E_z B_\theta (-\vec{u}_r)

En remplaçant EzE_z et BθB_\theta : Π⃗(r,t)=−1μ0(B0af˙(t)ln⁡(ra))(B0f(t)ar)u⃗r\vec{\Pi}(r, t) = -\frac{1}{\mu_0} \left( B_0 a \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \right) \left( B_0 f(t) \frac{a}{r} \right) \vec{u}_r \vec{\Pi}(r, t) = -\frac{B_0^2 a^2}{\mu_0 r} f(t) \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \vec{u}_r \text{ (\text{W}\cdot\text{m}^{-2})}

Calculons à présent le flux de Π⃗\vec{\Pi} à travers une surface cylindrique fermée de rayon rr et de hauteur hh.

  • Sur les bases supérieure et subsidiaire (à z=0z=0 et z=hz=h), le vecteur u⃗r\vec{u}_r est orthogonal à u⃗z\vec{u}_z, donc le flux à travers ces bases est nul.
  • Sur la surface latérale Slat\mathcal{S}_{\text{lat}} de rayon rr : \mathrm{d}\vec{S} = r \, \mathrm{d}\theta \, \mathrm{d}z \, \u_r.

Le flux total sortant est : Φ=∬SlatΠ⃗⋅dS⃗=∫02πdθ∫0h(−B02a2μ0rf(t)f˙(t)ln⁡(ra))r dz\Phi = \iint_{\mathcal{S}_{\text{lat}}} \vec{\Pi} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = \int_{0}^{2\pi} \mathrm{d}\theta \int_{0}^{h} \left( -\frac{B_0^2 a^2}{\mu_0 r} f(t) \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right) \right) r \, \mathrm{d}z Φ=−2πhB02a2μ0f(t)f˙(t)ln⁡(ra)\Phi = -2\pi h \frac{B_0^2 a^2}{\mu_0} f(t) \dot{f}(t) \ln\left(\frac{r}{a}\right)

  • Interprétation physique : Ce flux non nul représente la puissance électromagnétique traversant la surface cylindrique par unité de temps. Il traduit le transfert d’énergie électromagnétique à travers l’espace (phénomène de propagation ou d’échange énergétique réactif lié à la variation temporelle du signal f(t)f(t)).