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🌐 ÉnoncĂ© du problĂšme / Cadre d'Ă©tude

🌐 ÉnoncĂ© du problĂšme / Cadre d’étude

Section titled “🌐 ÉnoncĂ© du problĂšme / Cadre d’étude”

En biologie et en agronomie, il est frĂ©quent de chercher Ă  modĂ©liser la relation entre deux variables mesurĂ©es. Dans ce problĂšme, on s’intĂ©resse Ă  la mĂ©thode des moindres carrĂ©s (ou rĂ©gression linĂ©aire simple) sous l’angle de l’algĂšbre linĂ©aire dans l’espace euclidien Rn\mathbb{R}^n.

Soit n≄2n \ge 2 un entier. On munit l’espace vectoriel Rn\mathbb{R}^n de son produit scalaire canonique, notĂ© ⟹⋅,⋅⟩\langle \cdot, \cdot \rangle, et de la norme associĂ©e ∄⋅∄\|\cdot\|. Soient x=(x1,x2,
,xn)Tx = (x_1, x_2, \dots, x_n)^T et y=(y1,y2,
,yn)Ty = (y_1, y_2, \dots, y_n)^T deux vecteurs de Rn\mathbb{R}^n reprĂ©sentant nn observations de deux caractĂšres (par exemple, la quantitĂ© d’engrais et le rendement d’une culture). On suppose que les composantes de xx ne sont pas toutes Ă©gales.

On cherche Ă  dĂ©terminer une relation affine de la forme y≈ax+b1y \approx a x + b \mathbf{1}, oĂč a,b∈Ra, b \in \mathbb{R} et 1=(1,1,
,1)T∈Rn\mathbf{1} = (1, 1, \dots, 1)^T \in \mathbb{R}^n, de maniĂšre Ă  minimiser la somme des carrĂ©s des Ă©carts : S(a,b)=∑i=1n(yi−(axi+b))2=∄y−(ax+b1)∄2S(a, b) = \sum_{i=1}^n (y_i - (a x_i + b))^2 = \|y - (a x + b \mathbf{1})\|^2

Section titled “On cherche Ă  dĂ©terminer une relation affine de la forme y≈ax+b1y \approx a x + b \mathbf{1}y≈ax+b1, oĂč a,b∈Ra, b \in \mathbb{R}a,b∈R et 1=(1,1,
,1)T∈Rn\mathbf{1} = (1, 1, \dots, 1)^T \in \mathbb{R}^n1=(1,1,
,1)T∈Rn, de maniĂšre Ă  minimiser la somme des carrĂ©s des Ă©carts : S(a,b)=∑i=1n(yi−(axi+b))2=∄y−(ax+b1)∄2S(a, b) = \sum_{i=1}^n (y_i - (a x_i + b))^2 = \|y - (a x + b \mathbf{1})\|^2S(a,b)=∑i=1n​(yi​−(axi​+b))2=∄y−(ax+b1)∄2”
  1. Cadre géométrique : Soit FF le sous-espace vectoriel de Rn\mathbb{R}^n engendré par les vecteurs xx et 1\mathbf{1}. Justifier que FF est de dimension 22 et exprimer le problÚme de la minimisation de S(a,b)S(a, b) comme un problÚme de projection orthogonale.
  2. Équations normales : En Ă©crivant la condition d’orthogonalitĂ© du rĂ©sidu y−(ax+b1)y - (a x + b \mathbf{1}) avec les gĂ©nĂ©rateurs de FF, Ă©tablir un systĂšme linĂ©aire de deux Ă©quations Ă  deux inconnues (a,b)(a, b), dit systĂšme des Ă©quations normales.
  3. Résolution explicite :
    • Expliciter les coefficients de ce systĂšme en introduisant la moyenne empirique xˉ=1n∑i=1nxi\bar{x} = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n x_i, la moyenne yˉ=1n∑i=1nyi\bar{y} = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n y_i, la variance empirique V(x)=1n∑i=1n(xi−xˉ)2V(x) = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n (x_i - \bar{x})^2 et la covariance empirique Cov(x,y)=1n∑i=1n(xi−xˉ)(yi−yˉ)Cov(x, y) = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^n (x_i - \bar{x})(y_i - \bar{y}).
    • En dĂ©duire l’expression unique des coefficients optimaux a∗a^* et b∗b^*.
  4. InterprĂ©tation statistique : Exprimer le coefficient de corrĂ©lation linĂ©aire de Bravais-Pearson r(x,y)r(x, y) Ă  l’aide de Cov(x,y)Cov(x, y), V(x)V(x) et V(y)V(y), puis relier a∗a^* Ă  r(x,y)r(x, y) et aux Ă©carts-types de xx et yy.

  • Q1 : Pensez Ă  vĂ©rifier l’indĂ©pendance linĂ©aire de la famille (x,1)(x, \mathbf{1}) en utilisant l’hypothĂšse sur les composantes de xx. Le problĂšme de minimisation revient Ă  chercher la distance d’un point Ă  un sous-espace fermĂ©.
  • Q2 : Le thĂ©orĂšme de projection orthogonale dans un espace euclidien garantit que le vecteur erreur est orthogonal au sous-espace FF. Traduisez cela par ⟹y−y^,x⟩=0\langle y - \hat{y}, x \rangle = 0 et ⟹y−y^,1⟩=0\langle y - \hat{y}, \mathbf{1} \rangle = 0.
  • Q3 : DĂ©veloppez les produits scalaires sous forme de sommation ∑\sum. Ne craignez pas les notations statistiques classiques (xˉ\bar{x}, V(x)V(x)), elles simplifient grandement l’écriture.
  • Q4 : Rappelez-vous que le coefficient de corrĂ©lation est compris entre −1-1 et 11, ce qui donne une indication gĂ©omĂ©trique sur l’angle entre les vecteurs x−xˉ1x - \bar{x}\mathbf{1} et y−yˉ1y - \bar{y}\mathbf{1}.

Soit F=Vect(x,1)F = \text{Vect}(x, \mathbf{1}). La famille (x,1)(x, \mathbf{1}) est gĂ©nĂ©ratrice de FF par dĂ©finition. Montrons qu’elle est libre. Soit (α,ÎČ)∈R2(\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^2 tel que αx+ÎČ1=0Rn\alpha x + \beta \mathbf{1} = 0_{\mathbb{R}^n}. Pour tout indice i∈{1,
,n}i \in \{1, \dots, n\}, on a αxi+ÎČ=0\alpha x_i + \beta = 0. Si α≠0\alpha \neq 0, alors pour tout ii, xi=−ÎČ/αx_i = -\beta/\alpha, ce qui implique que toutes les composantes de xx sont Ă©gales, contredisant l’hypothĂšse de l’énoncĂ©. Par consĂ©quent, α=0\alpha = 0, ce qui implique immĂ©diatement ÎČ=0\beta = 0. La famille (x,1)(x, \mathbf{1}) est donc libre et gĂ©nĂ©ratrice : FF est un sous-espace vectoriel de Rn\mathbb{R}^n de dimension 22.

Minimiser S(a,b)=∄y−(ax+b1)∄2S(a, b) = \|y - (a x + b \mathbf{1})\|^2 revient Ă  trouver le vecteur y^=ax+b1∈F\hat{y} = a x + b \mathbf{1} \in F qui minimise la distance euclidienne ∄y−y^∄\|y - \hat{y}\|. Par le thĂ©orĂšme de projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finie, y^\hat{y} est le projetĂ© orthogonal de yy sur FF.

Puisque y^\hat{y} est le projetĂ© orthogonal de yy sur FF, le vecteur rĂ©sidu r=y−y^=y−(ax+b1)r = y - \hat{y} = y - (a x + b \mathbf{1}) est orthogonal Ă  tout l’espace FF, et en particulier aux deux vecteurs de sa base (x,1)(x, \mathbf{1}). Cela se traduit par le systĂšme d’équations scalaires suivant :

{⟹y−(ax+b1),x⟩=0⟹y−(ax+b1),1⟩=0  âŸș  {⟹x,y⟩−a⟹x,x⟩−b⟹x,1⟩=0⟹1,y⟩−a⟹1,x⟩−b⟹1,1⟩=0\begin{cases} \langle y - (a x + b \mathbf{1}), x \rangle = 0 \\ \langle y - (a x + b \mathbf{1}), \mathbf{1} \rangle = 0 \end{cases} \iff \begin{cases} \langle x, y \rangle - a \langle x, x \rangle - b \langle x, \mathbf{1} \rangle = 0 \\ \langle \mathbf{1}, y \rangle - a \langle \mathbf{1}, x \rangle - b \langle \mathbf{1}, \mathbf{1} \rangle = 0 \end{cases}

Exprimons chaque produit scalaire à l’aide des sommes :

  • ⟹1,1⟩=∑i=1n12=n\langle \mathbf{1}, \mathbf{1} \rangle = \sum_{i=1}^n 1^2 = n
  • ⟹1,y⟩=∑i=1nyi=nyˉ\langle \mathbf{1}, y \rangle = \sum_{i=1}^n y_i = n \bar{y}
  • ⟹1,x⟩=∑i=1nxi=nxˉ\langle \mathbf{1}, x \rangle = \sum_{i=1}^n x_i = n \bar{x}
  • ⟹x,y⟩=∑i=1nxiyi\langle x, y \rangle = \sum_{i=1}^n x_i y_i
  • ⟹x,x⟩=∑i=1nxi2\langle x, x \rangle = \sum_{i=1}^n x_i^2

Le systÚme se réécrit :

{∑i=1nxiyi−a∑i=1nxi2−bnxˉ=0(1)nyˉ−anxˉ−bn=0(2)\begin{cases} \sum_{i=1}^n x_i y_i - a \sum_{i=1}^n x_i^2 - b n \bar{x} = 0 \quad (1) \\ n \bar{y} - a n \bar{x} - b n = 0 \quad (2) \end{cases}

D’aprĂšs l’équation (2)(2), en simplifiant par nn, on obtient directement : b∗=yˉ−a∗xˉb^* = \bar{y} - a^* \bar{x}

En substituant b∗b^* dans l’équation (1)(1) : ∑i=1nxiyi−a∗∑i=1nxi2−(yˉ−a∗xˉ)nxˉ=0\sum_{i=1}^n x_i y_i - a^* \sum_{i=1}^n x_i^2 - (\bar{y} - a^* \bar{x}) n \bar{x} = 0 ∑i=1nxiyi−nxˉyˉ=a∗(∑i=1nxi2−n(xˉ)2)\sum_{i=1}^n x_i y_i - n \bar{x}\bar{y} = a^* \left( \sum_{i=1}^n x_i^2 - n (\bar{x})^2 \right)

On reconnait au numĂ©rateur le produit n⋅Cov(x,y)n \cdot Cov(x, y) et au dĂ©nominateur n⋅V(x)n \cdot V(x) : n⋅Cov(x,y)=∑i=1n(xi−xˉ)(yi−yˉ)=∑i=1nxiyi−nxˉyˉn \cdot Cov(x, y) = \sum_{i=1}^n (x_i - \bar{x})(y_i - \bar{y}) = \sum_{i=1}^n x_i y_i - n \bar{x}\bar{y} n⋅V(x)=∑i=1n(xi−xˉ)2=∑i=1nxi2−n(xˉ)2n \cdot V(x) = \sum_{i=1}^n (x_i - \bar{x})^2 = \sum_{i=1}^n x_i^2 - n (\bar{x})^2

Puisque xx n’est pas constant, V(x)>0V(x) > 0. On obtient l’unique solution : a∗=Cov(x,y)V(x)etb∗=yˉ−a∗xˉa^* = \frac{Cov(x, y)}{V(x)} \quad \text{et} \quad b^* = \bar{y} - a^* \bar{x}

Le coefficient de corrĂ©lation linĂ©aire de Bravais-Pearson est dĂ©fini par : r(x,y)=Cov(x,y)σ(x)σ(y)=Cov(x,y)V(x)V(y)r(x, y) = \frac{Cov(x, y)}{\sigma(x) \sigma(y)} = \frac{Cov(x, y)}{\sqrt{V(x)}\sqrt{V(y)}} oĂč σ(x)=V(x)\sigma(x) = \sqrt{V(x)} et σ(y)=V(y)\sigma(y) = \sqrt{V(y)} sont les Ă©carts-types empiriques de xx et yy.

En exprimant a∗a^*, on a : a∗=Cov(x,y)V(x)=r(x,y)σ(x)σ(y)(σ(x))2=r(x,y)σ(y)σ(x)a^* = \frac{Cov(x, y)}{V(x)} = \frac{r(x, y) \sigma(x) \sigma(y)}{(\sigma(x))^2} = r(x, y) \frac{\sigma(y)}{\sigma(x)}

Remarque de fin de correction (Esprit Concours) : Cette formule montre que la pente de la droite de rĂ©gression est le produit du coefficient de corrĂ©lation et du rapport des Ă©carts-types. C’est un rĂ©sultat classique attendu en mathĂ©matiques appliquĂ©es aux concours BCPST.