Exercice 1 : Suites et fonctions
Problème guidé : Étude d’une suite implicite et de son comportement asymptotique
Section titled “Problème guidé : Étude d’une suite implicite et de son comportement asymptotique”En tant qu’examinateur de concours en CPGE (filière PTSI), je propose ici un problème classique mais exigeant, mêlant l’étude de fonctions à paramètres, le théorème de la bijection, et l’analyse asymptotique de suites. Ce type de problème teste à la fois la rigueur algébrique et l’intuition analytique du candidat.
Enoncé du problème
Section titled “Enoncé du problème”Pour tout entier , on considère la fonction définie sur par :
- Montrer que, pour tout , l’équation admet une unique solution sur , que l’on notera .
- Déterminer la valeur de et .
- Étudier les variations de la suite .
- Montrer que la suite converge vers une limite que l’on précisera.
- Établir un développement asymptotique ou un équivalent simple de la suite lorsque tend vers .
Corrigé et commentaires de l’examinateur
Section titled “Corrigé et commentaires de l’examinateur”Partie 1 : Existence et unicité de la solution
Section titled “Partie 1 : Existence et unicité de la solution”Objectif: Manipuler le théorème de la bijection (ou corollaire des valeurs intermédiaires).*
Soit fixé. La fonction est polynomiale sur , donc de classe sur cet intervalle. Calculons sa dérivée pour tout :
Puisque et , on a , ce qui implique :
La fonction est donc strictement croissante sur .
De plus, évaluons aux bornes :
- (car )
La fonction est continue, strictement croissante, change de signe (passe de à ). D’après le théorème de la bijection (ou corollaire des valeurs intermédiaires), l’équation admet une unique solution dans .
Note de l’examinateur : Attention à bien préciser l’intervalle d’étude et à vérifier la stricte monotonie. C’est un automatisme indispensable en PTSI.
Partie 2 : Calculs pour et
Section titled “Partie 2 : Calculs pour n=1n=1n=1 et n=2n=2n=2”Objectif: Se faire une idée numérique des valeurs.*
-
Pour : L’équation donne immédiatement .
-
Pour : C’est un trinôme du second degré dont le discriminant est . Puisque , on ne retient que la racine positive : (le nombre d’or conjugué).
Partie 3 : Variations de la suite
Section titled “Partie 3 : Variations de la suite (xn)(x_n)(xn)”Objectif: Comparer et en évaluant l’une des fonctions en l’autre point.*
Pour étudier le signe de , évaluons la fonction en . Par définition, vérifie , c’est-à-dire :
Remarquons que (puisqu’on a et , et que ). Considérons maintenant : En remplaçant par :
Puisque (car ), on a :
Or, par définition, . On a donc :
Puisque la fonction est strictement croissante, cela implique directement :
La suite est donc strictement croissante.
Partie 4 : Convergence de la suite
Section titled “Partie 4 : Convergence de la suite”Objectif: Utiliser le théorème de la limite monotone.*
La suite est croissante (d’après la partie 3) et elle est majorée par (puisque et est croissante, donc ).
D’après le théorème de convergence monotone, la suite converge vers un réel tel que .
Déterminons la valeur de . On sait que pour tout , . Étudions le terme . Puisque et que :
- Si , alors , donc .
- Si , en passant à la limite dans l’expression , on obtient une contradiction ou une indétermination qu’il convient de lever rigoureusement.
Plus simplement, écrivons . Puisque (la suite est croissante et ), si , alors . En passant à la limite dans , il vient : Ceci est en contradiction avec l’hypothèse (car étant la limite d’une suite majorée par un terme strictement inférieur à 1… attendez : si , ne peut pas valoir 1). Correction de rédaction rigoureuse : On a . Donc pour tout , ? Non, tend vers . Plus direct : comme , on a . Si la limite était strictement inférieure à 1, alors , donc , ce qui contredit . Par conséquent :
Partie 5 : Comportement asymptotique de
Section titled “Partie 5 : Comportement asymptotique de xnx_nxn”Objectif: Prêter attention aux équivalents, question classique de concours.*
On cherche à préciser comment tend vers . Posons . On sait que et que . L’équation définissant s’écrit :
Passons au logarithme népérien (licite car et , donc ) :
Comme , utilisons le développement limité usuel :
Divisons par :
Puisque , , et . Pour trouver un équivalent, regardons le terme dominant. On a . Comme , alors pour grand. Plus rigoureusement, reprenons . Divisons par ou écrivons : En poussant un peu l’analyse (technique classique de prépa) : On a .
Vérification rapide : Si , alors , et . L’égalité est donc bien vérifiée au premier ordre par . Conclusion: **
Analyse critique des résultats (Regard de l’examinateur)
Section titled “Analyse critique des résultats (Regard de l’examinateur)”- Cohérence des premiers résultats : et . La suite est croissante, ce qui est cohérent avec le graphique implicite des fonctions .
- Le piège de la limite : De nombreux candidats bloquent à la question 4 en n’osant pas exploiter l’équation à la limite. Le passage à la limite requiert de dominer le terme , ce qui se fait proprement par l’encadrement ou par l’unicité de la limite.
- La technique asymptotique : Le passage au logarithme () est le “marronnier” de ce type d’exercice aux concours (type Mines-Ponts ou Centrale). Maîtriser les équivalents avec des logarithmes est un facteur discriminant majeur en PTSI.