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Cours : Analyse asymptotique

Cours de Mathématiques : Analyse asymptotique (PCSI)

Section titled “Cours de Mathématiques : Analyse asymptotique (PCSI)”

Ce chapitre est fondamental en première année de CPGE. Il formalise la notion de “comparaison” de fonctions au voisinage d’un point, outil indispensable pour l’étude des suites, des séries, et des développements limités.


1. Relations de domination et de prépondérance

Section titled “1. Relations de domination et de prépondérance”

Soit II un intervalle de R\mathbb{R}, aa un élément de R∪{−∞,+∞}\mathbb{R} \cup \{-\infty, +\infty\} (éventuellement une extrémité de II), et f,g:I→Kf, g : I \to \mathbb{K} (avec K=R\mathbb{K} = \mathbb{R} ou C\mathbb{C}). On suppose que gg ne s’annule pas sur un voisinage de aa (sauf éventuellement en aa).

  • Domination (f=O(g)f = O(g) au voisinage de aa) : On dit que ff est dominée par gg au voisinage de aa s’il existe un voisinage VV de aa et une constante M≥0M \ge 0 tels que : ∀x∈V∩I,∣f(x)∣≤M∣g(x)∣\forall x \in V \cap I, \quad |f(x)| \le M |g(x)| On note f=O(g)f = O(g) (ou f(x)=O(g(x))f(x) = O(g(x)) quand x→ax \to a).

  • Prépondérance (f=o(g)f = o(g) au voisinage de aa) : On dit que ff est négligeable devant gg au voisinage de aa si, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe un voisinage VV de aa tel que : ∀x∈V∩I,∣f(x)∣≤ε∣g(x)∣\forall x \in V \cap I, \quad |f(x)| \le \varepsilon |g(x)| On note f=o(g)f = o(g) (ou f(x)=o(g(x))f(x) = o(g(x)) quand x→ax \to a).

  • Équivalence (f∼gf \sim g au voisinage de aa) : On dit que ff est équivalente à gg au voisinage de aa si : f(x)−g(x)=o(g(x))(ou f(x)=g(x)(1+o(1)))f(x) - g(x) = o(g(x)) \quad (\text{ou } f(x) = g(x)(1 + o(1))) Si gg ne s’annule pas sur un voisinage épointé de aa, cela équivaut à : lim⁡x→af(x)g(x)=1\lim_{x \to a} \frac{f(x)}{g(x)} = 1 On note f∼gf \sim g.


2. Propriétés algébriques et transitivité

Section titled “2. Propriétés algébriques et transitivité”
  • Réflexivité et Transitivité :
    • La relation ∼\sim est une relation d’équivalence sur l’ensemble des fonctions au voisinage de aa.
    • Les relations OO et oo sont transitives.
  • Compatibilité avec les opérations :
    • Produit : Si f1=O(g1)f_1 = O(g_1) et f2=O(g2)f_2 = O(g_2), alors f1f2=O(g1g2)f_1 f_2 = O(g_1 g_2). (Idem pour oo).
    • Somme : Si f1=o(g)f_1 = o(g) et f2=o(g)f_2 = o(g), alors f1+f2=o(g)f_1 + f_2 = o(g).
    • Attention : On ne peut pas additionner des équivalences de manière générale, ni composer des équivalences par n’importe quelle fonction.

Soit f:I→Rf : I \to \mathbb{R} et n∈Nn \in \mathbb{N}. On dit que ff admet un développement limité à l’ordre nn en 00 (noté DLn(0)\text{DL}_n(0)) s’il existe des coefficients a0,a1,…,an∈Ra_0, a_1, \dots, a_n \in \mathbb{R} et une fonction ε\varepsilon telle que, au voisinage de 00 : f(x)=a0+a1x+a2x2+⋯+anxn+xnε(x)avec lim⁡x→0ε(x)=0f(x) = a_0 + a_1 x + a_2 x^2 + \dots + a_n x^n + x^n \varepsilon(x) \quad \text{avec } \lim_{x \to 0} \varepsilon(x) = 0 Que l’on écrit aussi : f(x)=∑k=0nakxk+o(xn)f(x) = \sum_{k=0}^{n} a_k x^k + o(x^n)

Si ff est de classe Cn\mathcal{C}^n sur un voisinage de 00, alors ff admet un DLn(0)\text{DL}_n(0) donné par : f(x)=∑k=0nf(k)(0)k!xk+o(xn)f(x) = \sum_{k=0}^{n} \frac{f^{(k)}(0)}{k!} x^k + o(x^n)

Formulaires usuels à connaître par cœur (en 00)

Section titled “Formulaires usuels à connaître par cœur (en 000)”
  • ex=1+x+x22!+⋯+xnn!+o(xn)\displaystyle e^x = 1 + x + \frac{x^2}{2!} + \dots + \frac{x^n}{n!} + o(x^n)
  • ln⁡(1+x)=x−x22+x33+⋯+(−1)n−1xnn+o(xn)\displaystyle \ln(1+x) = x - \frac{x^2}{2} + \frac{x^3}{3} + \dots + (-1)^{n-1}\frac{x^n}{n} + o(x^n)
  • 11−x=1+x+x2+⋯+xn+o(xn)\displaystyle \frac{1}{1-x} = 1 + x + x^2 + \dots + x^n + o(x^n)
  • 11+x=1−x+x2−⋯+(−1)nxn+o(xn)\displaystyle \frac{1}{1+x} = 1 - x + x^2 - \dots + (-1)^n x^n + o(x^n)
  • sin⁡(x)=x−x33!+x55!+⋯+(−1)px2p+1(2p+1)!+o(x2p+2)\displaystyle \sin(x) = x - \frac{x^3}{3!} + \frac{x^5}{5!} + \dots + (-1)^p \frac{x^{2p+1}}{(2p+1)!} + o(x^{2p+2})
  • cos⁡(x)=1−x22!+x44!+⋯+(−1)px2p(2p)!+o(x2p+1)\displaystyle \cos(x) = 1 - \frac{x^2}{2!} + \frac{x^4}{4!} + \dots + (-1)^p \frac{x^{2p}}{(2p)!} + o(x^{2p+1})
  • (1+x)α=1+αx+α(α−1)2!x2+⋯+α(α−1)…(α−n+1)n!xn+o(xn)\displaystyle (1+x)^\alpha = 1 + \alpha x + \frac{\alpha(\alpha-1)}{2!} x^2 + \dots + \frac{\alpha(\alpha-1)\dots(\alpha-n+1)}{n!} x^n + o(x^n) (pour α∈R\alpha \in \mathbb{R})

  • Méthode 1 : Obtenir un équivalent par croissances comparées ou factorisation du terme prépondérant.
    • Exemple : Pour P(x)=apxp+⋯+a0P(x) = a_p x^p + \dots + a_0 avec ap≠0a_p \neq 0, au voisinage de +∞+\infty, P(x)∼apxpP(x) \sim a_p x^p.
  • Méthode 2 : Utilisation des DL pour lever une indétermination (type 00\frac{0}{0} ou ∞−∞\infty - \infty).
    • Pousser le développement à l’ordre suffisant (le plus petit ordre non nul où les termes se simplifient).
  • Méthode 3 : Intégration des relations de comparaison (Lemme de Cesàro / Intégration des équivalents).
    • Sous certaines hypothèses de positivité et d’intégrabilité, on peut intégrer des équivalents.

  1. Somme d’équivalents : Il est strictement interdit d’additionner des équivalents.
    • Contre-exemple classique : f(x)=x+x2∼xf(x) = x + x^2 \sim x et g(x)=−x+x3∼−xg(x) = -x + x^3 \sim -x en 00. Cependant, f(x)+g(x)=x2+x3∼x2≠0f(x) + g(x) = x^2 + x^3 \sim x^2 \neq 0.
  2. Passage à l’exponentielle : On ne peut pas composer une équivalence par l’exponentielle en général (sauf si f(x)−g(x)→0f(x) - g(x) \to 0, ce qui est plus fort que f∼gf \sim g).
  3. Négligeabilité et limites : Écrire f=o(1)f = o(1) en aa signifie exactement que lim⁡x→af(x)=0\lim_{x \to a} f(x) = 0. C’est un moyen de rédaction très élégant.
  4. Ordre du DL : Ne jamais garder un o(xn)o(x^n) si l’on effectue des multiplications par des termes en xkx^k qu’on pourrait développer davantage, ou attention à tronquer aux bons ordres lors des divisions.