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Exercice 1 : Lois des mailles et des nœuds

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les circuits électriques en régime continu et transitoire constituent un outil fondamental pour modéliser de nombreux systèmes biologiques ou biophysiques (potentiel membranaire d’une cellule, électrophysiologie, capteurs).

On s’intéresse dans ce problème à un circuit électrique comportant un générateur réel de tension, un condensateur (modélisant une membrane cellulaire) et plusieurs résistances. Le montage étudié est représenté schématiquement par le réseau ci-dessous :

  • Un générateur idéal de tension de force électromotrice EE constante.
  • Une résistance interne rr en série avec le générateur.
  • Un ensemble de résistances R1R_1, R2R_2 et R3R_3.
  • Un condensateur parfait de capacité CC, initialement déchargé, branché en parallèle aux bornes de la résistance R3R_3.

L’objectif est d’établir l’équation différentielle régissant la charge du condensateur, d’en déterminer l’évolution temporelle, puis de discuter la validité du modèle face à des contraintes expérimentales réelles.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Représentation et lois fondamentales : Établir le schéma équivalent du circuit. Enoncer la loi des nœuds et la loi des mailles (loi de Pouillet/Kirchhoff) nécessaires à l’analyse du circuit.
  2. Mise en équation : En appliquant les lois de l’électrocinétique, exprimer la tension uC(t)u_C(t) aux bornes du condensateur en fonction du temps tt, de EE, et des paramètres résistifs (r,R1,R2,R3r, R_1, R_2, R_3) ainsi que de la capacité CC. On posera l’équation sous la forme canonique : τduCdt+uC(t)=Umax\tau \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C(t) = U_{\text{max}} Exprimer le temps caractéristique τ\tau et la tension limite UmaxU_{\text{max}} en fonction des éléments du circuit.
  3. Résolution : Résoudre cette équation différentielle sachant qu’à l’instant initial t=0t = 0, le condensateur est totalement déchargé (uC(0)=0u_C(0) = 0). Tracer qualitativement l’allure de uC(t)u_C(t).
  4. Analyse énergétique : Calculer l’énergie totale WR,totW_{R,\text{tot}} dissipée par effet Joule dans l’ensemble des résistances du circuit de t=0t = 0 jusqu’à l’établissement du régime permanent (t→+∞t \to +\infty). Comparer cette valeur à l’énergie fournie par le générateur WgenW_{\text{gen}} et commenter.
  5. Analyse critique du modèle : Dans la réalité, un condensateur réel présente une résistance de fuite RfR_f en parallèle et les fils de connexion possèdent une inductance propre LL. Quel est l’impact qualitatif de l’ajout de RfR_f sur la tension maximale UmaxU_{\text{max}} en régime permanent ? Quel est l’impact mathématique et physique de l’ajout de LL sur le régime transitoire ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Q1 & Q2 : Pour simplifier le réseau résistif vu par le condensateur, pensez à utiliser le théorème de Thévenin ou à appliquer directement les lois de Kirchhoff (loi des nœuds et des mailles) en exprimant les courants en fonction des potentiels aux nœuds ou des branches. Rappelez-vous que pour un condensateur, l’intensité le traversant s’écrit i(t)=CduCdti(t) = C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}.
  • Q3 : La solution générale d’une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants est la somme d’une solution homogène et d’une solution particulière.
  • Q4 : L’énergie dissipée par effet Joule dans une résistance RR parcourue par un courant i(t)i(t) s’exprime par l’intégrale WR=∫0+∞Ri(t)2 dtW_R = \int_0^{+\infty} R i(t)^2 \, \mathrm{d}t. Pensez à relier cette énergie au bilan énergétique global du circuit.
  • Q5 : Utilisez la notion de diviseur de tension ou de résistance équivalente en parallèle pour la résistance de fuite. Pour l’inductance, rappelez-vous qu’elle introduit un terme dérivé second (équation différentielle d’ordre 2).

Le circuit comporte le générateur de force électromotrice EE et de résistance interne rr. Le courant principal débité par le générateur se sépare dans le réseau. Soit R123R_{123} le bloc constitué des résistances R1R_1, R2R_2, R3R_3 et du condensateur CC.

  • Loi des nœuds : La somme algébrique des courants arrivant à un nœud est nulle (∑ik=0\sum i_k = 0).
  • Loi des mailles : La somme algébrique des tensions le long d’une maille fermée est nulle (∑uk=0\sum u_k = 0).
  • Relation constitutive du condensateur : iC(t)=CduCdti_C(t) = C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}.

Pour déterminer l’équation régissant uC(t)u_C(t) aux bornes de CC (et donc de R3R_3), on peut déterminer le modèle de Thévenin équivalent du circuit vu des bornes du condensateur. Le circuit est constitué de EE et rr en série, branchés avec R1R_1 en série, puis un nœud séparant R2R_2 et la branche (R3//C)(R_3 // C).

  • Supposons le montage suivant (classique en BCPST) : EE en série avec rr et R1R_1, formant une branche principale qui alimente un pont diviseur ou un réseau. Supposons plus précisément le montage où le générateur (E,r)(E, r) alimente une résistance R1R_1 en série, puis le montage se divise : d’une part R2R_2, d’autre part la branche (R3(R_3 en parallèle avec CC).
  • Exprimons la résistance équivalente RthR_{\text{th}} vue par le condensateur lorsque la source de tension est éteinte (E=0E=0, remplacée par un fil, soit un court-circuit) : Le générateur de Thévenin équivalent vu par le condensateur a pour résistance : Rth=R3∥(R2+R1+r)=R3(R1+R2+r)R1+R2+R3+rR_{\text{th}} = R_3 \parallel \left( R_2 + R_1 + r \right) = \frac{R_3 (R_1 + R_2 + r)}{R_1 + R_2 + R_3 + r}
  • La tension de Thévenin EthE_{\text{th}} (tension à vide aux bornes du condensateur) s’obtient par un diviseur de tension : Eth=ER3R1+R2+R3+rE_{\text{th}} = E \frac{R_3}{R_1 + R_2 + R_3 + r}
  • Appliquons la loi des mailles avec le modèle de Thévenin : Eth=RthiC(t)+uC(t)E_{\text{th}} = R_{\text{th}} i_C(t) + u_C(t) En remplaçant iC(t)i_C(t) par CduCdtC \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} : RthCduCdt+uC(t)=EthR_{\text{th}} C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C(t) = E_{\text{th}}
  • Par identification avec la forme canonique τduCdt+uC(t)=Umax\tau \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C(t) = U_{\text{max}} : τ=RthC=R3(R1+R2+r)R1+R2+R3+rC\tau = R_{\text{th}} C = \frac{R_3 (R_1 + R_2 + r)}{R_1 + R_2 + R_3 + r} C Umax=Eth=ER3R1+R2+R3+rU_{\text{max}} = E_{\text{th}} = E \frac{R_3}{R_1 + R_2 + R_3 + r}

3. Résolution de l’équation différentielle

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L’équation différentielle est linéaire du premier ordre à coefficients constants.

  • Solution générale sans second membre : uC,hom(t)=Aexp⁡(−tτ)u_{C,\text{hom}}(t) = A \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) où AA est une constante réelle.
  • Solution particulière (régime permanent t→+∞t \to +\infty) : duCdt=0\frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} = 0, donc uC,part=Umaxu_{C,\text{part}} = U_{\text{max}}.
  • Solution générale : uC(t)=Umax+Aexp⁡(−tτ)u_C(t) = U_{\text{max}} + A \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)
  • Condition initiale : À t=0t = 0, uC(0)=0  ⟹  0=Umax+A  ⟹  A=−Umaxu_C(0) = 0 \implies 0 = U_{\text{max}} + A \implies A = -U_{\text{max}}. uC(t)=Umax(1−exp⁡(−tτ))u_C(t) = U_{\text{max}} \left( 1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) \right)
  • Allure de la courbe : uC(t)u_C(t) croît de manière monotone depuis 00 jusqu’à la valeur asymptotique UmaxU_{\text{max}}, avec une pente initiale (duCdt)t=0=Umaxτ\left(\frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}\right)_{t=0} = \frac{U_{\text{max}}}{\tau}.
  • L’énergie totale fournie par le générateur de f.e.m. EE s’exprime par : Wgen=∫0+∞E itot(t) dtW_{\text{gen}} = \int_0^{+\infty} E \, i_{\text{tot}}(t) \, \mathrm{d}t
  • L’énergie emmagasinée par le condensateur en régime permanent vaut : WC=12CUmax2W_C = \frac{1}{2} C U_{\text{max}}^2
  • D’après le principe de conservation de l’énergie (ou premier principe appliqué au circuit électrique), l’énergie fournie par le générateur se répartit entre l’énergie stockée dans le condensateur et l’énergie totale dissipée par effet Joule WR,totW_{R,\text{tot}} dans l’ensemble des résistances du circuit (r,R1,R2,R3r, R_1, R_2, R_3) : Wgen=WC+WR,totW_{\text{gen}} = W_C + W_{R,\text{tot}} Note de calcul rigoureuse : Il est remarquable en électrocinétique que l’énergie dissipée par effet Joule dans les résistances représente exactement la moitié de l’énergie totale fournie par le générateur, l’autre moitié étant stockée dans le condensateur (le résultat est indépendant des valeurs des résistances si le circuit ne comporte qu’un seul condensateur) : WR,tot=WC=12CUmax2W_{R,\text{tot}} = W_C = \frac{1}{2} C U_{\text{max}}^2
  • Ajout d’une résistance de fuite RfR_f en parallèle du condensateur : La résistance RfR_f se retrouve en parallèle avec R3R_3. La résistance équivalente de fuite diminue la résistance équivalente de Thévenin RthR_{\text{th}} et surtout, en régime permanent, le pont diviseur inclut R3∥RfR_3 \parallel R_f. La tension maximale UmaxU_{\text{max}} est alors abaissée par rapport au cas idéal : Umax,reˊel=ER3∥RfR1+R2+(R3∥Rf)+r<UmaxU_{\text{max,réel}} = E \frac{R_3 \parallel R_f}{R_1 + R_2 + (R_3 \parallel R_f) + r} < U_{\text{max}}
  • Ajout d’une inductance propre LL dans les fils de connexion : L’introduction d’une bobine d’inductance LL ajoute un terme en diCdt\frac{\mathrm{d}i_C}{\mathrm{d}t}, ce qui élève l’ordre de l’équation différentielle de 1 à 2 : LCd2uCdt2+(termes d’ordre 1)+uC(t)=constanteLC \frac{\mathrm{d}^2 u_C}{\mathrm{d}t^2} + \left( \text{termes d'ordre 1} \right) + u_C(t) = \text{constante} Physiquement, cela se traduit par l’apparition possible d’un régime pseudopériodique (oscillations amorties de la tension autour de UmaxU_{\text{max}}) si le facteur d’amortissement est inférieur à 1, ce qui modifie radicalement le temps de réponse du système biologique modélisé.