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Optimisation au concours V2 : SII PT/PT*

🎯 Objectif & Analyse des tendances des Concours

Section titled “🎯 Objectif & Analyse des tendances des Concours”

En tant que concepteur de sujets et président de jury pour les concours de la filière PT, je constate chaque année les mêmes écarts de notes entre les candidats “moyens” et les futurs intégrés des écoles sommitales (Arts & Métiers, ENS Paris-Saclay, CentraleSupélec).

La filière PT (Physique et Technologie) se distingue par un attachement viscéral à la modélisation rigoureuse, au calcul exact et à l’exploitation fine des résultats numériques et analytiques. Face à l’évolution des sujets de Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII), les exigences se durcissent sur deux piliers fondamentaux de la mécanique :

  1. La résistance des matériaux appliquée et la pertinence des critères de plasticité (Von Mises).
  2. La maîtrise absolue de la cinématique spatiale et des mécanismes complexes (trains épicycloïdaux 3D).

Ce guide V2 a pour unique but de vous former au standard de correction attendu sur la copie. Oubliez la redondance textuelle : place à la rigueur mathématique, au respect strict des notations normalisées et à la concision.


📌 Question Type 1 : Calcul des contraintes dans une poutre fléchie et vérification au critère de résistance de Von Mises

Section titled “📌 Question Type 1 : Calcul des contraintes dans une poutre fléchie et vérification au critère de résistance de Von Mises”

💡 Méthode canonique & Étapes de rédaction

Section titled “💡 Méthode canonique & Étapes de rédaction”

Pour traiter une question de vérification de résistance sous sollicitations combinées (flexion + torsion ou effort normal), la démarche du jury est séquentielle et implacable :

  1. Bilan des actions mécaniques et torseur de cohésion : Isoler un tronçon de poutre et déterminer le torseur de cohésion {Cc(x)}={N(x)x⃗Ty(x)y⃗Tz(x)z⃗ ; Mt(x)=Mx(x)x⃗Mfy(x)y⃗Mfz(x)z⃗}G\{C_c(x)\} = \left\{ \begin{matrix} N(x) & \vec{x} \\ T_y(x) & \vec{y} \\ T_z(x) & \vec{z} \end{matrix} \,;\, \begin{matrix} M_t(x) = M_x(x) & \vec{x} \\ M_{fy}(x) & \vec{y} \\ M_{fz}(x) & \vec{z} \end{matrix} \right\}_G.
  2. Identification des contraintes maximales dans la section critique :
    • Contrainte normale due à la flexion et/ou à l’effort normal : σxx(y,z)=N(x)S−Mfz(x)Izzy+Mfy(x)Iyyz\sigma_{xx}(y, z) = \frac{N(x)}{S} - \frac{M_{fz}(x)}{I_{zz}} y + \frac{M_{fy}(x)}{I_{yy}} z.
    • Contrainte tangentielle due à la torsion : τxy\tau_{xy} ou τxz\tau_{xz} (via la formule de Bredt ou Navier-Breguet selon la géométrie).
  3. Application du tenseur des contraintes en un point critique (souvent la fibre la plus éloignée de la neutre) : σ‾‾(M)=(σxxτxy0τxy00000)\overline{\overline{\sigma}}(M) = \begin{pmatrix} \sigma_{xx} & \tau_{xy} & 0 \\ \tau_{xy} & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}
  4. Calcul de la contrainte équivalente de Von Mises σeq\sigma_{eq} : σeq=σxx3+3τxy2(en cas de plan simple contrainte)ou la formule geˊneˊrale 12[(σ1−σ2)2+(σ2−σ3)2+(σ3−σ1)2]\sigma_{eq} = \sqrt{\sigma_{xx}^3 + 3 \tau_{xy}^2} \quad (\text{en cas de plan simple contrainte})\quad \text{ou la formule générale } \sqrt{\frac{1}{2} \left[ (\sigma_1-\sigma_2)^2 + (\sigma_2-\sigma_3)^2 + (\sigma_3-\sigma_1)^2 \right]}
  5. Conclusion vis-à-vis du critère : Vérifier que σeq≤Res\sigma_{eq} \le \frac{R_e}{s} (où ReR_e est la limite d’élasticité et ss le coefficient de sécurité).

📋 Exemple de sujet & Rédaction modèle type Concours

Section titled “📋 Exemple de sujet & Rédaction modèle type Concours”

Extrait de sujet : “On considère l’arbre de transmission d’un treuil assimilé à une poutre cylindrique de rayon R=20 mmR = 20\,\text{mm}. Dans la section critique SS, le torseur de cohésion évalué est N=0N = 0, Mfz=150 N⋅mM_{fz} = 150\,\text{N}\cdot\text{m}, et Mt=250 N⋅mM_t = 250\,\text{N}\cdot\text{m}. Le matériau choisi est un acier dont la limite d’élasticité est Re=350 MPaR_e = 350\,\text{MPa}. En prenant un coefficient de sécurité s=2s = 2, valider le critère de résistance de Von Mises.”

Rédaction modèle type copie de concours :

1. Calcul des sollicitations et des caractéristiques géométriques de la section : Pour une section circulaire pleine de rayon RR :

  • Moment quadratique : Izz=πR44=π(20×10−3)44=1,257×10−7 m4I_{zz} = \frac{\pi R^4}{4} = \frac{\pi (20 \times 10^{-3})^4}{4} = 1{,}257 \times 10^{-7}\,\text{m}^4.
  • Moment de torsion géométrique (ou moment polaire) : I0=2Izz=2,513×10−7 \ntextm4I_0 = 2 I_{zz} = 2{,}513 \times 10^{-7}\,\ntext{m}^4. (Note : ici I0=JI_0 = J).

2. Expression des contraintes au point le plus sollicité (situé sur la périphérie, y=Ry = R) :

  • Contrainte normale maximale due à la flexion simple (car N=0N=0) : σxx=Mfz⋅RIzz=150×(20×10−3)1,257×10−7=23,86×106 Pa=23,86 MPa\sigma_{xx} = \frac{M_{fz} \cdot R}{I_{zz}} = \frac{150 \times (20 \times 10^{-3})}{1{,}257 \times 10^{-7}} = 23{,}86 \times 10^{6}\,\text{Pa} = 23{,}86\,\text{MPa}
  • Contrainte tangentielle maximale due au moment de torsion MtM_t : τxy=Mt⋅RI0=250×(20×10−3)2,513×10−7=19,89×106 Pa=19,89 MPa\tau_{xy} = \frac{M_t \cdot R}{I_0} = \frac{250 \times (20 \times 10^{-3})}{2{,}513 \times 10^{-7}} = 19{,}89 \times 10^{6}\,\text{Pa} = 19{,}89\,\text{MPa}

3. Calcul de la contrainte équivalente de Von Mises : La matrice des contraintes au point critique s’écrit dans la base locale : σ‾‾=(σxxτxy0τxy00000)\overline{\overline{\sigma}} = \begin{pmatrix} \sigma_{xx} & \tau_{xy} & 0 \\ \tau_{xy} & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}

La contrainte de Von Mises s’établit par la relation : σeq=σxx2+3τxy2\sigma_{eq} = \sqrt{\sigma_{xx}^2 + 3 \tau_{xy}^2} σeq=(23,86)2+3×(19,89)2=569,3+3×395,6=569,3+1186,8=1756,1≈41,91 MPa\sigma_{eq} = \sqrt{(23{,}86)^2 + 3 \times (19{,}89)^2} = \sqrt{569{,}3 + 3 \times 395{,}6} = \sqrt{569{,}3 + 1186{,}8} = \sqrt{1756{,}1} \approx 41{,}91\,\text{MPa}

4. Comparaison et conclusion : La résistance pratique au cisaillement ou l’admissible élastique impose : σeq≤Radm=Res=3502=175 MPa\sigma_{eq} \le R_{adm} = \frac{R_e}{s} = \frac{350}{2} = 175\,\text{MPa} Conclusion: ** 41,91 MPa≤175 MPa41{,}91\,\text{MPa} \le 175\,\text{MPa}. Le critère de Von Mises est amplement vérifié. L’arbre est surdimensionné pour cette charge. ■\blacksquare


⚠️ Les pièges majeurs soulignés dans les rapports de jury

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  • Erreur d’homogénéité et d’unités : Oublier de convertir les millimètres en mètres lors du calcul des inerties, conduisant à des aberrations de plusieurs ordres de grandeur (ex: contraintes de plusieurs térapascals).
  • Mauvaise identification du point critique : Calculer la contrainte de Von Mises au centre de la poutre (y=0y=0), là où σxx=0\sigma_{xx} = 0 et τ=0\tau = 0 (pour la torsion pure), ce qui annule la contrainte équivalente. Le point critique est toujours sur la fibre externe pour la flexion et la torsion combinées.
  • Oubli du facteur 33 dans Von Mises : Écrire σeq=σxx2+τxy2\sigma_{eq} = \sqrt{\sigma_{xx}^2 + \tau_{xy}^2} au lieu du facteur correct issu de l’énergie de distorsion (3τxy23\tau_{xy}^2).

📌 Question Type 2 : Étude cinématique 3D d’un train épicycloïdal complexe et formule de Willis

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💡 Méthode canonique & Étapes de rédaction

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Face à un train épicycloïdal (souvent plan mais intégré dans une architecture spatiale ou à deux étages en liaison par un porte-satellites commun), la méthode vectorielle brute par composition des vitesses est un piège lourd en calculs.

  1. Identification de la structure du train de engrenages :
    • Repérer le bâti (ou carter) 00.
    • Repérer le planétaire d’entrée 11 (ou solaire).
    • Repérer le porte-satellites HH.
    • Repérer le planétaire de sortie 33 (couronne ou planétaire externe).
    • Repérer le ou les satellites 22 en liaison avec 11, 33 et HH.
  2. Application de la formule de Willis (Formule fondamentale) : ω1/Hω3/H=(−1)nZ3Z1\frac{\omega_{1/H}}{\omega_{3/H}} = (-1)^n \frac{Z_3}{Z_1} (où nn est le nombre de contacts extérieurs, généralement n=1n=1 pour un train simple à engrenages extérieurs/intérieurs).
  3. Développement des taux de rotation : ω1/0−ωH/0ω3/0−ωH/0=(−1)nZ3Z1\frac{\omega_{1/0} - \omega_{H/0}}{\omega_{3/0} - \omega_{H/0}} = (-1)^n \frac{Z_3}{Z_1}
  4. Combinaison pour les trains complexes (à double étage) : Écrire Willis sur chaque sous-train élémentaire et éliminer les vitesses des satellites intermédiaires par transitivité.

📋 Exemple de sujet & Rédaction modèle type Concours

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Extrait de sujet : “Soit un train épicycloïdal simple composé d’un planétaire d’entrée 11 (comportant Z1=20Z_1 = 20 dents), d’une couronne fixe ou mobile 33 (Z3=80Z_3 = 80 dents) et d’un porte-satellites HH. Les satellites 22 ont Z2Z_2 dents. Le bâti est noté 00. On donne ω1/0=3000 rad⋅s−1\omega_{1/0} = 3000\,\text{rad}\cdot\text{s}^{-1} et la couronne 33 est bloquée par rapport au bâti (ω3/0=0\omega_{3/0} = 0). Exprimer analytiquement puis calculer la vitesse de rotation du porte-satellites ωH/0\omega_{H/0}.”

Rédaction modèle type copie de concours :

1. Rappel de la formule de Willis pour le train épicycloïdal considéré : Le train est composé d’un planétaire central 11 et d’une couronne intérieure 33 engrenant avec les satellites 22 portés par HH. Le contact entre 11 et 22 est extérieur (inversion de sens), et entre 22 et 33 est intérieur (conservation du sens). Globalement, le rapport de Willis s’écrit : ω1/Hω3/H=−Z3Z1\frac{\omega_{1/H}}{\omega_{3/H}} = -\frac{Z_3}{Z_1}

2. Expression par rapport au bâti (référentiel 00) : En développant les taux de rotation par rapport au repère fixe 00 : ω1/0−ωH/0ω3/0−ωH/0=−Z3Z1\frac{\omega_{1/0} - \omega_{H/0}}{\omega_{3/0} - \omega_{H/0}} = -\frac{Z_3}{Z_1}

3. Injection des conditions aux limites du problème : L’énoncé stipule que la couronne 33 est fixe par rapport au bâti 00, soit : ω3/0=0\omega_{3/0} = 0

L’équation devient : ω1/0−ωH/0−ωH/0=−Z3Z1  ⟹  ω1/0−ωH/0ωH/0=Z3Z1\frac{\omega_{1/0} - \omega_{H/0}}{-\omega_{H/0}} = -\frac{Z_3}{Z_1} \implies \frac{\omega_{1/0} - \omega_{H/0}}{\omega_{H/0}} = \frac{Z_3}{Z_1}

4. Résolution algébrique pour extraire ωH/0\omega_{H/0} : ω1/0ωH/0−1=Z3Z1\frac{\omega_{1/0}}{\omega_{H/0}} - 1 = \frac{Z_3}{Z_1} ω1/0ωH/0=1+Z3Z1=Z1+Z3Z1\frac{\omega_{1/0}}{\omega_{H/0}} = 1 + \frac{Z_3}{Z_1} = \frac{Z_1 + Z_3}{Z_1} ωH/0=ω1/0⋅Z1Z1+Z3\omega_{H/0} = \omega_{1/0} \cdot \frac{Z_1}{Z_1 + Z_3}

5. Application numérique : ωH/0=3000×2020+80=3000×20100=3000×0,2=600 rad⋅s−1\omega_{H/0} = 3000 \times \frac{20}{20 + 80} = 3000 \times \frac{20}{100} = 3000 \times 0{,}2 = 600\,\text{rad}\cdot\text{s}^{-1} Conclusion: ** La vitesse de rotation du porte-satellites est de 600 rad⋅s−1600\,\text{rad}\cdot\text{s}^{-1} dans le sens du planétaire d’entrée. ■\blacksquare


⚠️ Les pièges majeurs soulignés dans les rapports de jury

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  • Erreur de signe dans Willis : Le rapport Z3Z1\frac{Z_3}{Z_1} est précédé d’un signe +1+1 ou −1-1 selon la parité des contacts extérieurs. Une erreur de signe conduit à un contresens physique flagrant (ex: un réducteur qui accélère ou un sens de rotation inversé par rapport au schéma cinématique).
  • Confusion des indices dans les différences de vitesses : Écrire ωH/0−ω1/0\omega_{H/0} - \omega_{1/0} au lieu de ω1/0−ωH/0\omega_{1/0} - \omega_{H/0} au numérateur fausse instantanément le rapport cinématique. Le terme retranché est toujours la vitesse du porte-satellites HH.
  • Négliger l’analyse qualitative préalable : Les correcteurs apprécient que le candidat indique avant le calcul si le système est un réducteur ou un multiplicateur (vérification par l’ordre de grandeur numérique).