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Cours : Systèmes différentiels

Fiche de Cours : Systèmes Différentiels (PSI - Mathématiques)

Section titled “Fiche de Cours : Systèmes Différentiels (PSI - Mathématiques)”

La résolution des systèmes différentiels linéaires est un outil fondamental en mathématiques appliquées et en physique (mécanique, automatique). En classe de seconde année PSI, l’étude se focalise principalement sur les systèmes différentiels linéaires à coefficients constants.


I. Généralités et Structure de l’Ensemble des Solutions

Section titled “I. Généralités et Structure de l’Ensemble des Solutions”

Soit II un intervalle de R\mathbb{R}.

  • Un système différentiel linéaire d’ordre 1 sur II est de la forme : ∀t∈I,X′(t)=A(t)X(t)+B(t)(S)\forall t \in I, \quad X'(t) = A(t)X(t) + B(t) \quad (\text{S}) où A∈Mn(K)(K=R ou C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K})(\mathbb{K} = \mathbb{R} \text{ ou } \mathbb{C}) est une matrice continue sur II, B:I→KnB : I \to \mathbb{K}^n est un second membre continu, et X:I→KnX : I \to \mathbb{K}^n est l’inconnue cherchée.
  • Le système homogène (ou sans second membre) associé est : X′(t)=A(t)X(t)(H)X'(t) = A(t)X(t) \quad (\text{H})

2. Théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire (Admis)

Section titled “2. Théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire (Admis)”

Théorème (Cauchy-Lipschitz linéaire global) : Si AA et BB sont continues sur II, alors pour tout t0∈It_0 \in I et pour tout vecteur initial X0∈KnX_0 \in \mathbb{K}^n, il existe un unique maximal solution du problème de Cauchy : {X′(t)=A(t)X(t)+B(t)X(t0)=X0\begin{cases} X'(t) = A(t)X(t) + B(t) \\ X(t_0) = X_0 \end{cases} De plus, cette solution est définie sur le stuc entier II.

3. Structure de l’ensemble des solutions

Section titled “3. Structure de l’ensemble des solutions”

Théorème :

  1. L’ensemble des solutions du système homogène (H)(\text{H}), noté S0\mathcal{S}_0, est un K\mathbb{K}-espace vectoriel de dimension nn.
  2. L’ensemble des solutions du système avec second membre (S)(\text{S}) est un espace affine de direction S0\mathcal{S}_0. Sa solution générale s’obtient comme la somme d’une solution particulière de (S)(\text{S}) et de la solution générale du système homogène associé (H)(\text{H}).

II. Systèmes Linéaires à Coefficients Constants (Cas Homogène)

Section titled “II. Systèmes Linéaires à Coefficients Constants (Cas Homogène)”

On s’intéresse désormais au système (H):X′=AX(\text{H}) : X' = AX où A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) est une matrice constante.

1. Définition de l’exponentielle de matrice

Section titled “1. Définition de l’exponentielle de matrice”

Définition : Pour toute matrice A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}), la série ∑k=0+∞Akk!\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{A^k}{k!} converge normalement dans (Mn(C),∣∣⋅∣∣)(\mathcal{M}_n(\mathbb{C}), ||\cdot||). Sa somme est appelée exponentielle de la matrice AA, notée exp⁡(A)\exp(A) ou eAe^A.

Propriétés fondamentales :

  • Si AB=BAAB = BA, alors eA+B=eAeBe^{A+B} = e^A e^B.
  • Pour toute matrice AA, eAe^A est inversible et (eA)−1=e−A(e^A)^{-1} = e^{-A}.
  • L’application t↦etAt \mapsto e^{tA} est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur R\mathbb{R} et : ddt(etA)=AetA=etAA\frac{d}{dt}\left(e^{tA}\right) = A e^{tA} = e^{tA} A

Théorème : L’unique solution du problème de Cauchy : {X′(t)=AX(t)X(0)=X0\begin{cases} X'(t) = AX(t) \\ X(0) = X_0 \end{cases} est donnée par ∀t∈R,X(t)=etAX0\forall t \in \mathbb{R}, \quad X(t) = e^{tA}X_0.

3. Méthodes pratiques de calcul de la solution générale

Section titled “3. Méthodes pratiques de calcul de la solution générale”

En pratique, on évite de calculer directement etAe^{tA} via la série. On utilise la structure des sous-espaces propres ou caractéristiques.

Cas où AA est diagonalisable (dans C\mathbb{C} ou R\mathbb{R})

Section titled “Cas où AAA est diagonalisable (dans C\mathbb{C}C ou R\mathbb{R}R)”

Si AA admet une base de vecteurs propres (V1,V2,…,Vn)(V_1, V_2, \dots, V_n) associée aux valeurs propres (λ1,λ2,…,λn)(\lambda_1, \lambda_2, \dots, \lambda_n) (éventuellement confondues), alors la solution générale s’écrit : X(t)=∑k=1nCkeλktVkouˋ (C1,…,Cn)∈KnX(t) = \sum_{k=1}^n C_k e^{\lambda_k t} V_k \quad \text{où } (C_1, \dots, C_n) \in \mathbb{K}^n

Cas général (Réduction de Jordan / Dunford)

Section titled “Cas général (Réduction de Jordan / Dunford)”

Si AA n’est pas diagonalisable sur R\mathbb{R}, on peut :

  1. Travailler sur C\mathbb{C} pour diagonaliser ou trigonaliser (Dunford A=D+NA = D + N avec DN=NDDN=ND et NN nilpotente).
  2. Alors etA=etDetN=etD(∑k=0n−1tkk!Nk)e^{tA} = e^{tD} e^{tN} = e^{tD} \left( \sum_{k=0}^{n-1} \frac{t^k}{k!} N^k \right).

III. Cas Particulier : Systèmes d’ordre 2 à coefficients constants dans R\mathbb{R}

Section titled “III. Cas Particulier : Systèmes d’ordre 2 à coefficients constants dans R\mathbb{R}R”

Soit le système X′=AXX' = AX avec A=(abcd)∈M2(R)A = \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix} \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}). Soit χA(λ)=λ2−Tr(A)λ+det⁡(A)\chi_A(\lambda) = \lambda^2 - \text{Tr}(A)\lambda + \det(A) le polynôme caractéristique.

  1. Deux valeurs propres réelles distinctes (Δ>0\Delta > 0) : λ1,λ2∈R\lambda_1, \lambda_2 \in \mathbb{R}. Solutions de la forme : X(t)=C1eλ1tV1+C2eλ2tV2X(t) = C_1 e^{\lambda_1 t} V_1 + C_2 e^{\lambda_2 t} V_2

  2. Une valeur propre réelle double (Δ=0\Delta = 0) : λ0∈R\lambda_0 \in \mathbb{R}. Si AA est diagonalisable (A=λ0IA = \lambda_0 I), X(t)=Ceλ0tX0X(t) = C e^{\lambda_0 t} X_0. Si AA n’est pas diagonalisable, d’après Cayley-Hamilton, (A−λ0I)2=0(A - \lambda_0 I)^2 = 0. On a : etA=eλ0tet(A−λ0I)=eλ0t(I+t(A−λ0I))e^{tA} = e^{\lambda_0 t} e^{t(A - \lambda_0 I)} = e^{\lambda_0 t} (I + t(A - \lambda_0 I))

  3. Valeurs propres complexes conjuguées (Δ<0\Delta < 0) : λ=α+iβ\lambda = \alpha + i\beta avec β≠0\beta \neq 0. Soit VV un vecteur propre complexe associé à λ\lambda. Une solution complexe est Z(t)=eλtVZ(t) = e^{\lambda t}V. Les solutions réelles s’obtiennent en prenant la partie réelle et la partie imaginaire de Z(t)Z(t) : X(t)=C1Re(e(α+iβ)tV)+C2Im(e(α+iβ)tV)X(t) = C_1 \text{Re}\left(e^{(\alpha + i\beta)t}V\right) + C_2 \text{Im}\left(e^{(\alpha + i\beta)t}V\right)


IV. Méthodes de Résolution avec Second Membre

Section titled “IV. Méthodes de Résolution avec Second Membre”

Pour X′=AX+B(t)X' = AX + B(t), la solution générale est X(t)=XH(t)+Xp(t)X(t) = X_H(t) + X_p(t).

1. Méthode de la variation de la constante

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On cherche une solution particulière sous la forme : Xp(t)=etAK(t)X_p(t) = e^{tA} K(t) où KK est une fonction dérivable à valeurs dans Kn\mathbb{K}^n. En injectant dans l’équation : Xp′(t)=AetAK(t)+etAK′(t)=AXp(t)+B(t)X_p'(t) = A e^{tA} K(t) + e^{tA} K'(t) = A X_p(t) + B(t) D’où etAK′(t)=B(t)e^{tA} K'(t) = B(t), soit : K′(t)=e−tAB(t)  ⟹  K(t)=∫t0te−sAB(s)dsK'(t) = e^{-tA} B(t) \implies K(t) = \int_{t_0}^t e^{-sA} B(s) ds

Formule générale de Duhamel : X(t)=e(t−t0)tX0+∫t0te(t−s)AB(s)dsX(t) = e^{(t-t_0)t} X_0 + \int_{t_0}^t e^{(t-s)A} B(s) ds

2. Principe de superposition (Recherche par analogie)

Section titled “2. Principe de superposition (Recherche par analogie)”

Si B(t)B(t) est de la forme eμtP(t)e^{\mu t} P(t) où PP est un vecteur polynomial, on cherche Xp(t)X_p(t) sous une forme analogue (en tenant compte de l’éventuelle résonance si μ\mu est valeur propre de AA).


⚠️ PIÈGES CLASSIQUES :

  1. Confusion dimensionnelle : S’assurer que le vecteur X(t)X(t) est bien de dimension nn et que la matrice AA est carrée n×nn \times n.
  2. Non-commutativité : Attention, si AA et BB ne commutent pas (AB≠BAAB \neq BA), eA+B≠eAeBe^{A+B} \neq e^A e^B. C’est une erreur fatale fréquente dans les calculs matriciels.
  3. oubli des conditions initiales : Dans un problème de Cauchy, ne pas oublier de déterminer les constantes d’intégration (C1,…,Cn)(C_1, \dots, C_n) en injectant la condition X(t0)=X0X(t_0) = X_0.
  4. Racines complexes : En PSI, on manipule des systèmes réels. Même si le calcul intermédiaire passe par C\mathbb{C} (valeurs propres complexes), le résultat final exprimé dans la base de l’énoncé doit être réel (utiliser Re\text{Re} et Im\text{Im}).

💡 MÉTHODE - Rédaction type concours :

  • Étape 1 : Résoudre l’équation homogène X′=AXX' = AX. Déterminer les valeurs propres de AA, préciser s’il y a diagonalisabilité. Expliciter clairement S0\mathcal{S}_0 sous forme d’une combinaison linéaire de nn solutions indépendantes.
  • Étape 2 : Pour le second membre, identifier une forme évidente (principe de superposition) ou appliquer la variation de la constante.
  • Étape 3 : Conclure en écrivant la solution générale X=XH+XpX = X_H + X_p et utiliser les conditions initiales si elles sont fournies.