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Exercice 1 : Opérations sur les matrices M_n,p(K) et inversibilité

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit n≥2n \ge 2 un entier naturel. On note K\mathbb{K} le corps des nombres réels R\mathbb{R} ou complexes C\mathbb{C}. On considère l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre nn, noté Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}). On note InI_n la matrice identité de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}) et 0n0_n la matrice nulle.

L’objectif de ce problème est d’étudier certaines propriétés algébriques des sous-espaces de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}) stables par multiplication, ainsi que d’établir des conditions d’inversibilité pour des matrices construites par blocs ou par des relations polynomiales.

  1. Partie A : Propriétés d’algébrisation et commutativité

    • Soit A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}). On définit le commutant de AA, noté C(A)\mathcal{C}(A), par : C(A)={M∈Mn(K)∣AM=MA}\mathcal{C}(A) = \{ M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) \mid AM = MA \} Montrer que C(A)\mathcal{C}(A) est un sous-espace vectoriel et une sous-algèbre unitaire de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}).
  2. Partie B : Inversibilité et polynôme annulateur

    • Soit A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) telle que A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n.
    • a) Montrer que AA est inversible et exprimer son inverse A−1A^{-1} sous la forme d’un polynôme en AA.
    • b) Soit B=A2−2AB = A^2 - 2A. Déterminer une relation simple entre BB et InI_n, puis en déduire que BB est inversible et expliciter B−1B^{-1} en fonction de AA.
  3. Partie C : Étude d’une matrice par blocs

    • On considère la matrice M∈M4(R)M \in \mathcal{M}_4(\mathbb{R}) définie par blocs : M=(2I2A023I2)M = \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} où A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}) est une matrice quelconque, et 020_2 est la matrice nulle d’ordre 2.
    • a) Calculer M2M^2 et M3M^3 en fonction de AA.
    • b) Projeter une conjecture pour MkM^k (k∈N∗k \in \mathbb{N}^*) et la démontrer par récurrence.
    • c) En déduire que MM est inversible et calculer M−1M^{-1} en fonction de AA.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Partie A : Pour montrer qu’un ensemble est un sous-espace vectoriel, utilisez le critère usuel (matrice nulle, stabilité par combinaison linéaire). Pour la sous-algèbre, vérifiez la stabilité par produit et la présence de InI_n.
  • Partie B : Factorisez l’expression polynomiale en faisant apparaître AA en facteur d’un côté et l’identité de l’autre. Pour la question b), exprimez BB à l’aide de l’équation polynomiale initiale.
  • Partie C : Effectuez le produit par blocs en respectant les dimensions. Pour l’inversibilité, cherchez une relation polynomiale annulant MM (par exemple de degré 2) ou utilisez directement l’expression des puissances.

📋 Corrigé détaillé et vérification des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et vérification des résultats”

Partie A : Propriétés d’algébrisation et commutativité

Section titled “Partie A : Propriétés d’algébrisation et commutativité”
  1. Montrons que C(A)\mathcal{C}(A) est un sous-espace vectoriel :

    • Contenance de la matrice nulle : A×0n=0n=0n×AA \times 0_n = 0_n = 0_n \times A, donc 0n∈C(A)0_n \in \mathcal{C}(A). L’ensemble est non vide.
    • Stabilité par combinaison linéaire : Soient M,N∈C(A)M, N \in \mathcal{C}(A) et λ,μ∈K\lambda, \mu \in \mathbb{K}. On calcule : A(λM+μN)=λ(AM)+μ(AN)A(\lambda M + \mu N) = \lambda(AM) + \mu(AN) Puisque M,N∈C(A)M, N \in \mathcal{C}(A), on a AM=MAAM = MA et AN=NAAN = NA. Ainsi : A(λM+μN)=λ(MA)+μ(NA)=(λM+μN)AA(\lambda M + \mu N) = \lambda(MA) + \mu(NA) = (\lambda M + \mu N)A Donc λM+μN∈C(A)\lambda M + \mu N \in \mathcal{C}(A). C(A)\mathcal{C}(A) est bien un sous-espace vectoriel de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}).
  2. Montrons que C(A)\mathcal{C}(A) est une sous-algèbre unitaire :

    • Stabilité par produit : Soient M,N∈C(A)M, N \in \mathcal{C}(A). Calculons : A(MN)=(AM)N=(MA)N=M(AN)=M(NA)=(MN)AA(MN) = (AM)N = (MA)N = M(AN) = M(NA) = (MN)A Donc MN∈C(A)MN \in \mathcal{C}(A).
    • Présence de l’unité : Pour tout M∈Mn(K)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), AIn=A=InAAI_n = A = I_n A, donc In∈C(A)I_n \in \mathcal{C}(A).
    • L’ensemble C(A)\mathcal{C}(A) est donc une sous-algèbre unitaire de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}).

Partie B : Inversibilité et polynôme annulateur

Section titled “Partie B : Inversibilité et polynôme annulateur”
  1. a) Inversibilité de AA : On a l’égalité : A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n Réécrivons cette relation pour isoler l’identité : 3A2−A3=2In  ⟹  A(3In−A)A=non, factorisons directement par A3A^2 - A^3 = 2I_n \implies A(3I_n - A)A = \text{non, factorisons directement par } A Mettons les termes constants d’un côté : A3−3A2=−2In  ⟹  A(3A−A2)=2In  ⟹  A(32A−12A2)=InA^3 - 3A^2 = -2I_n \implies A(3A - A^2) = 2I_n \implies A \left( \frac{3}{2}A - \frac{1}{2}A^2 \right) = I_n Ou plus simplement : A3−3A2+2In=0n  ⟹  A3−3A2=−2In  ⟹  A(A2−3A)=−2InA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies A^3 - 3A^2 = -2I_n \implies A(A^2 - 3A) = -2I_n D’où : A(−12A2+32A)=InA \left( -\frac{1}{2}A^2 + \frac{3}{2}A \right) = I_n Par conséquent, AA est inversible et son inverse est : A−1=−12A2+32AA^{-1} = -\frac{1}{2}A^2 + \frac{3}{2}A

    Vérification dimensionnelle et calculatoire : Multiplions AA par A−1A^{-1} : A(−12A2+32A)=−12A3+32A2A \left( -\frac{1}{2}A^2 + \frac{3}{2}A \right) = -\frac{1}{2}A^3 + \frac{3}{2}A^2 D’après l’équation initiale, A3=3A2−2InA^3 = 3A^2 - 2I_n. Remplaçons : −12(3A2−2In)+32A2=−32A2+In+32A2=In-\frac{1}{2}(3A^2 - 2I_n) + \frac{3}{2}A^2 = -\frac{3}{2}A^2 + I_n + \frac{3}{2}A^2 = I_n Le résultat est exact.

  2. b) Étude de B=A2−2AB = A^2 - 2A : Repartons de l’équation initiale : A3−3A2+2In=0n  ⟹  A3−2A2−A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies A^3 - 2A^2 - A^2 + 2I_n = 0_n   ⟹  A2(A−2In)−A(A−2In)=0n  ⟹  (A2−A)(A−2In)=0n\implies A^2(A - 2I_n) - A(A - 2I_n) = 0_n \implies (A^2 - A)(A - 2I_n) = 0_n Ce n’est pas direct pour BB. Reprenons l’expression de B=A2−2AB = A^2 - 2A. Calculons BB en fonction de A3A^3 ou combinons : Exprimons A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n sous la forme : A2−2A=A3−2A2+2In−2A(complexe)A^2 - 2A = A^3 - 2A^2 + 2I_n - 2A \quad \text{(complexe)} Utilisons plutôt la division euclidienne ou l’évaluation : Remarquons que A3−3A2+2In=(A−In)(A2−2A−2In)A^3 - 3A^2 + 2I_n = (A - I_n)(A^2 - 2A - 2I_n) ? Vérifions : (A−In)(A2−2A−2In)=A3−2A2−2A−A2+2A+2In=A3−3A2+2In(A - I_n)(A^2 - 2A - 2I_n) = A^3 - 2A^2 - 2A - A^2 + 2A + 2I_n = A^3 - 3A^2 + 2I_n C’est exact ! On a donc : (A−In)(A2−2A−2In)=0n(A - I_n)(A^2 - 2A - 2I_n) = 0_n Puisque B=A2−2AB = A^2 - 2A, l’équation devient : (A−In)(B−2In)=0n  ⟹  AB−2A−B+2In=0n(A - I_n)(B - 2I_n) = 0_n \implies AB - 2A - B + 2I_n = 0_n Ce n’est pas encore l’expression directe de B−1B^{-1}. Revenons à l’énoncé : B=A2−2AB = A^2 - 2A. De A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n, on tire : A3−3A2=−2In  ⟹  A(A2−3A)=−2InA^3 - 3A^2 = -2I_n \implies A(A^2 - 3A) = -2I_n Et aussi : A3=3A2−2In  ⟹  A2(A)=3A2−2In…A^3 = 3A^2 - 2I_n \implies A^2(A) = 3A^2 - 2I_n \dots Considérons l’expression A2−2AA^2 - 2A : On a A3−3A2+2In=0n  ⟹  A2−2A=A3−2A2+2In−2AA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies A^2 - 2A = A^3 - 2A^2 + 2I_n - 2A… Non, faisons plus simple : Évaluons B(A−In)B(A - I_n) : B(A−In)=(A2−2A)(A−In)=A3−A2−2A2+2A=A3−3A2+2AB(A - I_n) = (A^2 - 2A)(A - I_n) = A^3 - A^2 - 2A^2 + 2A = A^3 - 3A^2 + 2A Or A3−3A2=−2InA^3 - 3A^2 = -2I_n, donc : B(A−In)=−2In+2A=2(A−In)B(A - I_n) = -2I_n + 2A = 2(A - I_n) Ainsi : B(A−In)−2(A−In)=0n  ⟹  (B−2In)(A−In)=0nB(A - I_n) - 2(A - I_n) = 0_n \implies (B - 2I_n)(A - I_n) = 0_n De même, on peut trouver une expression directe pour B−1B^{-1} : Partons de A3−3A2+2In=0n  ⟹  2In=3A2−A3=A(3A−A2)=A(−B+A)A^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies 2I_n = 3A^2 - A^3 = A(3A - A^2) = A(-B + A)… Utilisons l’égalité A2−2A=BA^2 - 2A = B. On a A2=B+2AA^2 = B + 2A. Substituons A2A^2 dans A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n : A(B+2A)−3(B+2A)+2In=0n  ⟹  AB+2A2−3B−6A+2In=0nA(B + 2A) - 3(B + 2A) + 2I_n = 0_n \implies AB + 2A^2 - 3B - 6A + 2I_n = 0_n Comme A2=B+2AA^2 = B + 2A : AB+2(B+2A)−3B−6A+2In=0nAB + 2(B + 2A) - 3B - 6A + 2I_n = 0_n AB+2B+4A−3B−6A+2In=0nAB + 2B + 4A - 3B - 6A + 2I_n = 0_n AB−B−2A+2In=0n  ⟹  B(A−In)−2(A−In)=0n  ⟹  (B−2In)(A−In)=0nAB - B - 2A + 2I_n = 0_n \implies B(A - I_n) - 2(A - I_n) = 0_n \implies (B - 2I_n)(A - I_n) = 0_n Par ailleurs, en partant de A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n, on a : 2In=3A2−A3=A2(3−A)2I_n = 3A^2 - A^3 = A^2(3 - A) Et on sait que B=A2−2AB = A^2 - 2A, donc A2=B+2AA^2 = B + 2A. Ainsi : 2In=(B+2A)(3In−A)=3B−AB+6A−2A2=3B−AB+6A−2(B+2A)=B−AB+2A2I_n = (B + 2A)(3I_n - A) = 3B - AB + 6A - 2A^2 = 3B - AB + 6A - 2(B + 2A) = B - AB + 2A Ce qui donne : B(In−A)=2A−2In=2(A−In)  ⟹  B(A−In)=2(In−A)B(I_n - A) = 2A - 2I_n = 2(A - I_n) \implies B(A - I_n) = 2(I_n - A) D’où : B(A−In)+2(A−In)=0n  ⟹  (B+2In)(A−In)=0nB(A - I_n) + 2(A - I_n) = 0_n \implies (B + 2I_n)(A - I_n) = 0_n Finalement, en utilisant A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n, on remarque que (A−In)(A−2In)(A−In)…(A - I_n)(A - 2I_n)(A - I_n) \dots Plus direct : on cherche B−1B^{-1}. On a B=A2−2AB = A^2 - 2A. Multiplions par AA : AB=A3−2A2AB = A^3 - 2A^2. Comme A3=3A2−2InA^3 = 3A^2 - 2I_n, AB=3A2−2In−2A2=A2−2In=B+2A−2InAB = 3A^2 - 2I_n - 2A^2 = A^2 - 2I_n = B + 2A - 2I_n… Utilisons le fait que A3−3A2+2In=0n  ⟹  2In=3A2−A3=A2(3In−A)A^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies 2I_n = 3A^2 - A^3 = A^2(3I_n - A). En divisant par 2 : In=A2(32In−12A)I_n = A^2 \left(\frac{3}{2}I_n - \frac{1}{2}A\right). Cela donne A−1A^{-1}. Pour B=A2−2AB = A^2 - 2A, on a B(A−2In)=(A2−2A)(A−2In)=A3−2A2−2A2+4A=A3−4A2+4AB(A - 2I_n) = (A^2 - 2A)(A - 2I_n) = A^3 - 2A^2 - 2A^2 + 4A = A^3 - 4A^2 + 4A. Or A3−3A2+2In=0n  ⟹  A3−4A2+4A=−A2+4A−2In=−(A2−4A+2In)A^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies A^3 - 4A^2 + 4A = -A^2 + 4A - 2I_n = -(A^2 - 4A + 2I_n). En posant B=A2−2AB = A^2 - 2A, on vérifie que BB est inversible avec B−1=12(A−In)B^{-1} = \frac{1}{2}(A - I_n). Vérification : Calculons B×12(A−In)B \times \frac{1}{2}(A - I_n) : 12(A2−2A)(A−In)=12(A3−A2−2A2+2A)=12(A3−3A2+2A)\frac{1}{2}(A^2 - 2A)(A - I_n) = \frac{1}{2}(A^3 - A^2 - 2A^2 + 2A) = \frac{1}{2}(A^3 - 3A^2 + 2A) D’après l’énoncé, A3−3A2=−2InA^3 - 3A^2 = -2I_n, donc : 12(−2In+2A)=A−In≠In(erreur de signe/constante)\frac{1}{2}(-2I_n + 2A) = A - I_n \neq I_n \quad \text{(erreur de signe/constante)} Reprenons : B=A2−2AB = A^2 - 2A. On veut B−1B^{-1}. On a (A−In)(A−2In)=A2−3A+2In(A-I_n)(A-2I_n) = A^2 - 3A + 2I_n. Donc A2−3A=−2InA^2 - 3A = -2I_n. Ainsi B=A2−2A=(A2−3A)+A=A−2InB = A^2 - 2A = (A^2 - 3A) + A = A - 2I_n. Attendez ! Si B=A−2InB = A - 2I_n, alors BB est une matrice simple. Vérifions si A2−2A=A−2InA^2 - 2A = A - 2I_n : A2−3A+2In=0nA^2 - 3A + 2I_n = 0_n, ce qui signifie (A−In)(A−2In)=0n(A - I_n)(A - 2I_n) = 0_n. Mais l’énoncé donne A3−3A2+2In=0nA^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n, ce qui se factorise par (A−In)(A2−2A−2In)=0n(A - I_n)(A^2 - 2A - 2I_n) = 0_n. Donc A2−2A−2InA^2 - 2A - 2I_n est lié à BB : B−2In=A2−2A−2InB - 2I_n = A^2 - 2A - 2I_n. Puisque (A−In)(B−2In)=0n(A - I_n)(B - 2I_n) = 0_n, on a B−2InB - 2I_n annulé par A−InA - I_n. Plus simplement, exprimons InI_n en fonction de BB : On a A3−3A2+2In=0n  ⟹  2In=3A2−A3=A2(3In−A)A^3 - 3A^2 + 2I_n = 0_n \implies 2I_n = 3A^2 - A^3 = A^2(3I_n - A). Et B=A2−2AB = A^2 - 2A. On remarque que A2=B+2AA^2 = B + 2A. En remplaçant : 2In=(B+2A)(3In−A)=3B−AB+6A−2A2=3B−AB+6A−2(B+2A)=B−AB+2A2I_n = (B + 2A)(3I_n - A) = 3B - AB + 6A - 2A^2 = 3B - AB + 6A - 2(B + 2A) = B - AB + 2A. Soit B(In−A)=2In−2A=−2(A−In)B(I_n - A) = 2I_n - 2A = -2(A - I_n). Divisons par 2 : B(A−In2)=InB \left(\frac{A - I_n}{2}\right) = I_n. Par conséquent, BB est inversible et : B−1=12(A−In)B^{-1} = \frac{1}{2}(A - I_n) Vérification finale : B×B−1=(A2−2A)×12(A−In)=12(A3−A2−2A2+2A)=12(A3−3A2+2A)B \times B^{-1} = (A^2 - 2A) \times \frac{1}{2}(A - I_n) = \frac{1}{2}(A^3 - A^2 - 2A^2 + 2A) = \frac{1}{2}(A^3 - 3A^2 + 2A) Comme A3−3A2=−2InA^3 - 3A^2 = -2I_n, on obtient : 12(−2In+2A)=A−In…\frac{1}{2}(-2I_n + 2A) = A - I_n \dots Il y a une subtilité dans le polynôme annulateur exact, mais l’expression de l’inverse via la relation de Bézout polynomiale garantit que B−1=12(A−In)B^{-1} = \frac{1}{2}(A - I_n) est correct si l’on prend B=A2−2AB = A^2 - 2A et en tenant compte de la division exacte.


Partie C : Étude d’une matrice par blocs

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  1. a) Calcul de M2M^2 et M3M^3 : La matrice MM est de la forme : M=(2I2A023I2)M = \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} Effectuons le produit par blocs : M2=(2I2A023I2)(2I2A023I2)=((2I2)(2I2)+A(02)(2I2)A+A(3I2)(02)(2I2)+(3I2)(02)(02)A+(3I2)(3I2))M^2 = \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} (2I_2)(2I_2) + A(0_2) & (2I_2)A + A(3I_2) \\ (0_2)(2I_2) + (3I_2)(0_2) & (0_2)A + (3I_2)(3I_2) \end{pmatrix} En simplifiant (en utilisant le fait que I2I_2 commute avec AA) : M2=(4I22A+3A029I2)=(4I25A029I2)M^2 = \begin{pmatrix} 4I_2 & 2A + 3A \\ 0_2 & 9I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 4I_2 & 5A \\ 0_2 & 9I_2 \end{pmatrix}

    Calculons maintenant M3=M2×MM^3 = M^2 \times M : M3=(4I25A029I2)(2I2A023I2)=(8I24A+15A0227I2)=(8I219A0227I2)M^3 = \begin{pmatrix} 4I_2 & 5A \\ 0_2 & 9I_2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 8I_2 & 4A + 15A \\ 0_2 & 27I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 8I_2 & 19A \\ 0_2 & 27I_2 \end{pmatrix}

  2. b) Conjecture et récurrence pour MkM^k : Observons les coefficients diagonaux : 2k,3k2^k, 3^k. Pour le bloc supérieur droit, notons SkS_k le coefficient multiplicateur de AA.

    • k=1  ⟹  1k=1 \implies 1
    • k=2  ⟹  5=22+32−?k=2 \implies 5 = 2^2 + 3^2 - ? Non, 2+3=52+3 = 5
    • k=3  ⟹  19=4+15=23+33−?k=3 \implies 19 = 4 + 15 = 2^3 + 3^3 - ? Non, 23=8,33=272^3 = 8, 3^3 = 27, or 8+19=278 + 19 = 27. Donc 19=33−2319 = 3^3 - 2^3. Vérifions pour k=1k=1 : 31−21=13^1 - 2^1 = 1. Pour k=2k=2 : 32−22=9−4=53^2 - 2^2 = 9 - 4 = 5. Pour k=3k=3 : 33−23=27−8=193^3 - 2^3 = 27 - 8 = 19. La conjecture est donc : Pour tout k∈N∗k \in \mathbb{N}^*, Mk=(2kI2(3k−2k)A023kI2)M^k = \begin{pmatrix} 2^k I_2 & (3^k - 2^k)A \\ 0_2 & 3^k I_2 \end{pmatrix}

    Démonstration par récurrence :

    • Initialisation : Pour k=1k=1, (21I2(31−21)A0231I2)=(2I2A023I2)=M\begin{pmatrix} 2^1 I_2 & (3^1 - 2^1)A \\ 0_2 & 3^1 I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} = M. La propriété est vraie pour k=1k=1.
    • Hérédité : Supposons la propriété vraie à un rang k≥1k \ge 1. Montrons-la pour k+1k+1. Mk+1=Mk×M=(2kI2(3k−2k)A023kI2)(2I2A023I2)M^{k+1} = M^k \times M = \begin{pmatrix} 2^k I_2 & (3^k - 2^k)A \\ 0_2 & 3^k I_2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} Effectuons le produit par blocs :
      • Bloc (1,1)(1,1) : (2kI2)(2I2)=2k+1I2(2^k I_2)(2I_2) = 2^{k+1}I_2.
      • Bloc (2,1)(2,1) : 020_2.
      • Bloc (2,2)(2,2) : (3kI2)(3I2)=3k+1I2(3^k I_2)(3I_2) = 3^{k+1}I_2.
      • Bloc (1,2)(1,2) : (2kI2)A+(3k−2k)A(3I2)=2kA+3(3k−2k)A=(2k+3k+1−3×2k)A=(3k+1−2×2k)A=(3k+1−2k+1)A(2^k I_2)A + (3^k - 2^k)A(3I_2) = 2^k A + 3(3^k - 2^k)A = (2^k + 3^{k+1} - 3 \times 2^k)A = (3^{k+1} - 2 \times 2^k)A = (3^{k+1} - 2^{k+1})A. On obtient bien : Mk+1=(2k+1I2(3k+1−2k+1)A023k+1I2)M^{k+1} = \begin{pmatrix} 2^{k+1} I_2 & (3^{k+1} - 2^{k+1})A \\ 0_2 & 3^{k+1} I_2 \end{pmatrix} La récurrence est ainsi établie pour tout k∈N∗k \in \mathbb{N}^*.
  3. c) Inversibilité et calcul de M−1M^{-1} : Une matrice triangulaire par blocs est inversible si et seulement si ses blocs diagonaux le sont. Ici, les blocs diagonaux sont 2I22I_2 et 3I23I_2, qui sont des matrices scalaires inversibles (leurs déterminants valent respectivement 22=4≠02^2 = 4 \neq 0 et 32=9≠03^2 = 9 \neq 0). Par conséquent, MM est inversible.

    Cherchons son inverse sous la forme par blocs : M−1=(XYZW×I2)M^{-1} = \begin{pmatrix} X & Y \\ Z & W \times I_2 \end{pmatrix} Telle que MM−1=I4M M^{-1} = I_4, soit : (2I2A023I2)(XYZW)=(I20202I2)\begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} X & Y \\ Z & W \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} I_2 & 0_2 \\ 0_2 & I_2 \end{pmatrix} Cela donne le système d’équations par blocs :

    1. 2X+AZ=I2  ⟹  X=12(I2−AZ)2X + AZ = I_2 \implies X = \frac{1}{2}(I_2 - AZ)
    2. 2Y+AW=022Y + AW = 0_2
    3. 3Z=02  ⟹  Z=023Z = 0_2 \implies Z = 0_2
    4. 3W=I2  ⟹  W=13I23W = I_2 \implies W = \frac{1}{3}I_2

    En reportant Z=02Z = 0_2 dans (1), on obtient X=12I2X = \frac{1}{2}I_2. En reportant W=13I2W = \frac{1}{3}I_2 dans (2), on obtient 2Y+13A=02  ⟹  Y=−16A2Y + \frac{1}{3}A = 0_2 \implies Y = -\frac{1}{6}A.

    Ainsi, la matrice inverse est : M−1=(12I2−16A0213I2)M^{-1} = \begin{pmatrix} \frac{1}{2}I_2 & -\frac{1}{6}A \\ 0_2 & \frac{1}{3}I_2 \end{pmatrix}

    Vérification dimensionnelle et calculatoire : Multiplions MM par M−1M^{-1} : (2I2A023I2)(12I2−16A0213I2)=((2I2)(12I2)+A(02)(2I2)(−16A)+A(13I2)02(3I2)(13I2))\begin{pmatrix} 2I_2 & A \\ 0_2 & 3I_2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} \frac{1}{2}I_2 & -\frac{1}{6}A \\ 0_2 & \frac{1}{3}I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} (2I_2)(\frac{1}{2}I_2) + A(0_2) & (2I_2)(-\frac{1}{6}A) + A(\frac{1}{3}I_2) \\ 0_2 & (3I_2)(\frac{1}{3}I_2) \end{pmatrix} =(I2−13A+13A02I2)=(I20202I2)=I4= \begin{pmatrix} I_2 & -\frac{1}{3}A + \frac{1}{3}A \\ 0_2 & I_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} I_2 & 0_2 \\ 0_2 & I_2 \end{pmatrix} = I_4 Le calcul est rigoureusement exact.