Ce problème guidé est conçu dans l’esprit des épreuves écrites de la filière PTSI. Il aborde l’étude d’une suite d’intégrales, son lien avec une fonction génératrice, et la résolution d’une équation différentielle linéaire. L’accent est mis sur la rigueur de la rédaction, la maîtrise des techniques d’intégration (intégration par parties, changement de variable) et l’analyse critique des résultats obtenus.
Pour tout entier naturel n∈N, on définit l’intégrale In par :
In=∫0π/2sinn(t)dt
Calculer I0 et I1.
Corrigé :
- Pour n=0 :
I0=∫0π/21dt=[t]0π/2=2π
- Pour n=1 :
I1=∫0π/2sin(t)dt=[−cos(t)]0π/2=−cos(2π)−(−cos(0))=0+1=1
À l’aide d’une intégration par parties, établir une relation de récurrence entre In et In−2 pour tout entier n≥2.
Corrigé :
Soit n≥2. On écrit sinn(t)=sin(t)×sinn−1(t). On pose :
- u(t)=sinn−1(t)⟹u′(t)=(n−1)cos(t)sinn−2(t)
- v′(t)=sin(t)⟹v(t)=−cos(t)
Les fonctions u et v sont de classe C1 sur [0,π/2]. Par integration par parties :
In=[−cos(t)sinn−1(t)]0π/2+(n−1)∫0π/2cos2(t)sinn−2(t)dt
Le terme tout intégré s’annule en π/2 (car cos(π/2)=0) et en 0 (car sin(0)=0). Ainsi :
In=(n−1)∫0π/2(1−sin2(t))sinn−2(t)dt
In=(n−1)(∫0π/2sinn−2(t)dt−∫0π/2sinn(t)dt)
In=(n−1)In−2−(n−1)In
En regroupant les termes en nIn :
nIn=(n−1)In−2⟹In=nn−1In−2
On considère l’équation différentielle (E) d’inconnue y fonction de la variable réelle x, définie sur l’intervalle ]0,1[ :
(1−x2)y′′(x)−xy′(x)+4y(x)=0
On cherche une solution de (E) sous la forme d’une série entière ∑n=0+∞anxn de rayon de convergence R>0.
Déterminer la relation de récurrence entre les coefficients an.
Corrigé :
Soit y(x)=∑n=0+∞anxn. Supposons R>0. Sur l’intervalle ]−R,R[, on peut dériver terme à terme :
- y′(x)=∑n=1+∞nanxn−1=∑n=0+∞(n+1)an+1xn
- y′′(x)=∑n=2+∞n(n−1)anxn−2=∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn
Substituons ces expressions dans l’équation (E) :
(1−x2)∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn−x∑n=0+∞(n+1)an+1xn+4∑n=0+∞anxn=0
∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn−∑n=0+∞(n+2)(n+1)an+2xn+2−∑n=0+∞(n+1)an+1xn+1+∑n=0+∞4anxn=0
Par un changement d’indice dans les sommes (posant k=n+2 dans la deuxième et k=n+1 dans la troisième), ou en identifiant les coefficients de xn pour n≥2 :
Le coefficient de xn est :
(n+2)(n+1)an+2−n(n−1)an−nan+4an=0
(n+2)(n+1)an+2+(−n2+n−n+4)an=0
(n+2)(n+1)an+2+(4−n2)an=0
D’où la relation de récurrence valable pour tout n≥0 :
an+2=(n+1)(n+2)n2−4an
En déduire l’expression explicite des coefficients an en fonction de a0 et a1. Que remarque-t-on pour a2 ?
Corrigé :
- Pour n=0 :
a2=1×20−4a0=−2a0
- Pour n=2 :
a4=(3)(4)22−4a2=0×a2=0
- Par récurrence immédiate, comme a4=0, tous les coefficients d’indice pair a2k pour k≥2 sont nuls :
a0=0,a2=−2a0,∀k≥2,a2k=0
Pour les indices impairs (n=1,3,5,…) :
- Pour n=1 :
a3=2×312−4a1=6−3a1=−21a1
- Pour n=3 :
a5=4×532−4a3=205a3=41a3
- Quelle est la nature de la solution développable en série entière obtenue lorsque a1=0 ?
- Discuter du lien entre l’intégrale In de la Partie I et les méthodes de résolution d’équations différentielles par changevent de variable.
Corrigé :
- Lorsque a1=0 et a2=−2a0, avec a2k=0 pour k≥2, la série entière s’arrête à l’ordre 2 :
y(x)=a0(1−2x2)
Il s’agit d’un polynôme. C’est une solution polynomiale remarquable de l’équation (E).
- Analyse critique : L’utilisation du changement de variable x=cos(t) (valable sur ]0,π/2[) transforme l’équation différentielle (E) en une équation différentielle à coefficients constants ou plus simples en fonction de t. En effet, dxdy=−sin(t)dy/dt. Les intégrales du type In apparaissent naturellement lors du calcul des solutions par la méthode de variation des constantes ou lors de l’intégration directe de telles équations différentielles issues de problèmes de physique (notamment en coordonnées sphériques ou cylindriques).
Fin du problème.