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Exercice 2 : Circuits RC et RL

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les régimes transitoires en électrocinétique jouent un rôle fondamental dans la compréhension du comportement fréquentiel et temporel des systèmes physiques. Dans ce problème, inspiré des épreuves de concours de la filière PTSI, on s’intéresse à l’association de composants linéaires passifs soumis à des excitations en échelons de tension. L’objectif est d’étudier l’établissement et la relaxation des grandeurs électriques dans un circuit mixte contenant à la fois des effets capacitifs et inductifs, puis d’analyser l’influence de la résistance interne des générateurs réels.

On considère le circuit de la figure ci-dessous (modélisé par l’énoncé textuel) :

  • Un générateur idéal de tension délivrant un échelon de tension de force électromotrice EE à l’instant t=0t = 0.
  • Une résistance de protection R1R_1.
  • Une branche capacitive constituée d’un condensateur parfait de capacité CC initialement déchargé.
  • Une branche inductive constituée d’une bobine réelle modélisée par une inductance LL et une résistance série rr, le tout traversé par un courant nul pour t<0t < 0.

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Établissement de l’équation différentielle : Établir l’équation différentielle vérifiée par la tension aux bornes du condensateur uC(t)u_C(t) pour t>0t > 0. On exprimera les coefficients en fonction de EE, R1R_1, rr, LL et CC.

  2. Analyse dimensionnelle : Vérifier l’homogénéité de l’équation obtenue à la question précédente à l’aide d’une analyse dimensionnelle. Préciser les grandeurs caractéristiques du système (temps caractéristiques).

  3. Résolution analytique : On se place dans le cas particulier où la résistance R1R_1 et les paramètres L,C,rL, C, r sont tels que le régime est apériodique (ou pseudo-périodique). Résoudre l’équation différentielle pour uC(t)u_C(t) avec les conditions initiales adaptées.

  4. Étude du courant dans la branche inductive : En déduire l’expression de l’intensité du courant iL(t)i_L(t) traversant la bobine.

  5. Analyse critique du modèle : Lors de l’établissement de l’équation, on suppose le condensateur initialement déchargé et la bobine sans énergie initiale. Que se passerait-il si l’on ouvrait brutalement l’interrupteur après un régime permanent établi ? Discuter la validité du modèle linéaire face aux surtensions réelles.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Q1 : Utiliser la loi des nœuds et la loi des mailles. Exprimez les courants en fonction des tensions à l’aide des caractéristiques des composants : iC=CduCdti_C = C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} et uL=LdiLdt+riLu_L = L \frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} + r i_L.
  • Q2 : Rappeler les dimensions des grandeurs fondamentales [U],[T],[I][U], [T], [I]. Attention à la dimension de la résistance et de l’inductance ([L]=[U]⋅[T]⋅[I]−1[L] = [\text{U}]\cdot[\text{T}]\cdot[\text{I}]^{-1}).
  • Q3 : Résoudre l’équation linéaire du second ordre à coefficients constants en posant l’équation caractéristique associée. Discuter selon le signe du discriminant Δ\Delta.
  • Q4 : Exploiter la relation entre la tension uC(t)u_C(t) et le courant dans la branche capacitive, puis utiliser la conservation du flux ou la loi des nœuds pour obtenir iL(t)i_L(t).
  • Q5 : Pour l’analyse critique, considérer l’énergie magnétique stockée dans la bobine Em=12Li2E_m = \frac{1}{2}L i^2 et son devenir lors d’une ouverture brusque (didt→−∞\frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} \to -\infty).

1. Établissement de l’équation différentielle

Section titled “1. Établissement de l’équation différentielle”

Soit i(t)i(t) le courant total débité par le générateur, qui se sépare en un courant iC(t)i_C(t) traversant la branche du condensateur et un courant iL(t)i_L(t) traversant la branche de la bobine. D’après la loi des nœuds : i(t)=iC(t)+iL(t)i(t) = i_C(t) + i_L(t)

exprimons les différentes tensions du circuit en posant la maille principale (générateur - résistance R1R_1 - parallèle (C)∥(L,r)(C) \parallel (L,r)) : E=R1i(t)+uC(t)E = R_1 i(t) + u_C(t) où uC(t)u_C(t) est la tension aux bornes du condensateur. Comme les deux branches sont en parallèle, la tension aux bornes de la branche inductive est également uC(t)u_C(t). Ainsi : uC(t)=LdiLdt+riL(t)u_C(t) = L \frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} + r i_L(t)

De plus, le courant dans le condensateur s’écrit : iC(t)=CduCdti_C(t) = C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}

En combinant ces relations, on exprime iL(t)i_L(t) : iL(t)=i(t)−iC(t)=E−uC(t)R1−CduCdti_L(t) = i(t) - i_C(t) = \frac{E - u_C(t)}{R_1} - C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}

Dérivons cette expression par rapport au temps pour l’injecter dans l’équation de la bobine : diLdt=−1R1duCdt−Cd2uCdt2\frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} = -\frac{1}{R_1}\frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} - C \frac{\mathrm{d}^2u_C}{\mathrm{d}t^2}

Substituons iLi_L et diLdt\frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} dans l’équation de la bobine : uC=L(−1R1duCdt−Cd2uCdt2)+r(E−uCR1−CduCdt)u_C = L \left( -\frac{1}{R_1}\frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} - C \frac{\mathrm{d}^2u_C}{\mathrm{d}t^2} \right) + r \left( \frac{E - u_C}{R_1} - C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} \right)

En réorganisant les termes par ordre croissant de dérivation, on obtient l’équation différentielle du second ordre : d2uCdt2+(rL+1R1C)duCdt+R1+rR1LCuC=rR1LCE\frac{\mathrm{d}^2u_C}{\mathrm{d}t^2} + \left( \frac{r}{L} + \frac{1}{R_1 C} \right) \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + \frac{R_1 + r}{R_1 L C} u_C = \frac{r}{R_1 L C} E

(Note : Si la résistance interne rr de la bobine est négligeable r→0r \to 0, l’équation se simplifie considérablement).

Vérifions l’homogénéité des termes de l’équation différentielle.

  • La tension uCu_C a pour dimension [U][U].
  • Le premier terme d2uCdt2\frac{\mathrm{d}^2u_C}{\mathrm{d}t^2} est homogène à [U]⋅[T]−2[U] \cdot [\text{T}]^{-2}.
  • Le coefficient devant duCdt\frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} doit donc être homogène à [T]−1[\text{T}]^{-1}. Vérifions : [rL]=[U][I]−1[U][T][I]−1=[T]−1et[1R1C]=1([U][I])([I][T][U])=[T]−1\left[ \frac{r}{L} \right] = \frac{[\text{U}][\text{I}]^{-1}}{[\text{U}][\text{T}][\text{I}]^{-1}} = [\text{T}]^{-1} \quad \text{et} \quad \left[ \frac{1}{R_1 C} \right] = \frac{1}{\left(\frac{[\text{U}]}{[\text{I}]}\right) \left(\frac{[\text{I}][\text{T}]}{[\text{U}]}\right)} = [\text{T}]^{-1} L’homogénéité est vérifiée.
  • Le terme constant ω02=R1+rR1LC\omega_0^2 = \frac{R_1 + r}{R_1 L C} est homogène à [T]−2[\text{T}]^{-2}, ce qui définit une pulsation propre caractéristique du système.

L’équation différentielle s’écrit sous la forme canonique : d2uCdt2+ω0QduCdt+ω02uC=A\frac{\mathrm{d}^2u_C}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q} \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 u_C = A avec ω0=R1+rR1LC\omega_0 = \sqrt{\frac{R_1 + r}{R_1 L C}}, ω0Q=rL+1R1C\frac{\omega_0}{Q} = \frac{r}{L} + \frac{1}{R_1 C} et A=rR1LCEA = \frac{r}{R_1 L C} E.

La solution générale est la somme de la solution générale de l’équation sans second membre et d’une solution particulière.

  • Solution particulière : En régime permanent (t→+∞t \to +\infty), les dérivées s’annulent : uC,p=Aω02=rR1+rEu_{C,\text{p}} = \frac{A}{\omega_0^2} = \frac{r}{R_1 + r} E
  • Solution sans second membre : On pose l’équation caractéristique : r2+ω0Qr+ω02=0r^2 + \frac{\omega_0}{Q} r + \omega_0^2 = 0 Supposons le régime pseudo-périodique (Q>1/2Q > 1/2, soit un discriminant Δ<0\Delta < 0). Les racines sont complexes conjuguées : r±=−σ±jωDr_\pm = -\sigma \pm j \omega_D, avec σ=ω02Q\sigma = \frac{\omega_0}{2Q} et ωD=ω01−14Q2\omega_D = \omega_0 \sqrt{1 - \frac{1}{4Q^2}}.

La solution générale prend la forme : uC(t)=e−σt(A1cos⁡(ωDt)+A2sin⁡(ωDt))+rR1+rEu_C(t) = e^{-\sigma t} \left( A_1 \cos(\omega_D t) + A_2 \sin(\omega_D t) \right) + \frac{r}{R_1 + r} E

Conditions initiales :

  1. À t=0+t = 0^+, la tension aux bornes du condensateur est continue : uC(0+)=uC(0−)=0u_C(0^+) = u_C(0^-) = 0 (car le condensateur est déchargé).
  2. À t=0+t = 0^+, l’intensité dans la bobine est continue : iL(0+)=iL(0−)=0i_L(0^+) = i_L(0^-) = 0. Or, on a établi que iL(t)=E−uC(t)R1−CduCdti_L(t) = \frac{E - u_C(t)}{R_1} - C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}. En t=0+t = 0^+ : i_L(0^^+) = \frac{E - 0}{R_1} - C \left. \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} \right|_{t=0^+} = 0 \implies \left. \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} \right|_{t=0^+} = \frac{E}{R_1 C}

En appliquant ces conditions à la solution :

  • uC(0)=0  ⟹  A1=−rR1+rEu_C(0) = 0 \implies A_1 = -\frac{r}{R_1 + r} E
  • duCdt∣t=0=−σA1+ωDA2=ER1C  ⟹  A2=1ωD(ER1C+σA1)\left. \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} \right|_{t=0} = -\sigma A_1 + \omega_D A_2 = \frac{E}{R_1 C} \implies A_2 = \frac{1}{\omega_D} \left( \frac{E}{R_1 C} + \sigma A_1 \right)

4. Étude du courant dans la branche inductive

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Une fois uC(t)u_C(t) déterminé, le courant iL(t)i_L(t) s’obtient directement par application de la relation établie à la question 1 : iL(t)=E−uC(t)R1−CduCdti_L(t) = \frac{E - u_C(t)}{R_1} - C \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} Cette expression montre que iL(t)i_L(t) évolue également selon une dynamique pseudo-périodique amortie, tendant vers sa valeur de régime permanent IL,∞=ER1+rI_{L,\infty} = \frac{E}{R_1 + r}.

Supposons que le régime permanent soit établi (iL=IL,∞i_L = I_{L,\infty}) et que l’on ouvre brutalement l’interrupteur principal (ou que l’on isole la branche inductive).

  • Bilan énergétique : La bobine emmagasine une énergie magnétique Em=12LIL,∞2E_m = \frac{1}{2} L I_{L,\infty}^2.
  • Rupture du modèle linéaire : Mathématiquement, imposer une interruption brutale du courant (iLi_L passe de IL,∞I_{L,\infty} à 00 en un temps Δt→0\Delta t \to 0) impliquerait une dérivée diLdt→−∞\frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} \rightarrow -\infty.
  • Conséquence physique : La tension aux bornes de la bobine uL=LdiLdtu_L = L \frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t} tendrait vers −∞-\infty (surtension critique). Dans la réalité, cette surtension provoque un arc électrique au niveau des contacts de l’interrupteur ou la claquage diélectrique des composants semi-conducteurs environnants. Le modèle linéaire de composant parfait trouve ici ses limites, nécessitant l’adjonction d’une diode de roue libre ou d’un dispositif de protection (varistance) dans les montages pratiques.